vendredi 9 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2026683 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | HERRMANN |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance de renvoi, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a transmis au tribunal administratif de Montpellier, en application de l'article R. 351-8 du code de justice administrative, la requête enregistrée au greffe du tribunal administratif de Toulouse le 23 décembre 2020, présentée par Mme C A.
Par cette requête enregistrée le 23 décembre 2020, Mme C A, représentée par Me Marchand, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre départemental de gestion de la fonction publique territoriale de la Haute-Garonne à lui verser la somme globale de 285 163 euros en réparation des préjudices subis du fait de ses manquements à son obligation d'accompagnement et de reclassement ;
2°) de mettre à la charge du centre départemental de gestion de la fonction publique territoriale de la Haute-Garonne la somme de 3 000euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le centre départemental de gestion de la fonction publique territoriale de la Haute-Garonne a manqué à son obligation d'accompagnement et de reclassement découlant des dispositions de l'article 97 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984, faute de lui avoir proposé un projet personnalisé de retour à l'emploi, ce qui est de nature à engager sa responsabilité ;
- elle est en droit d'obtenir le versement de la somme de 30 000 euros au titre du préjudice moral résultant des manquements commis par le centre départemental de gestion de la fonction publique territoriale de la Haute-Garonne dans son obligation d'accompagnement et de reclassement ;
- elle est en droit d'obtenir le versement de la somme de 175 163 euros en réparation du préjudice résultant de la perte de chance de poursuivre sa carrière ;
- elle est en droit d'obtenir le versement de la somme de 50 000 euros en réparation du préjudice résultant de la perte de chance de percevoir l'intégralité de sa pension de retraite ;
- elle est en droit d'obtenir le versement de la somme de 30 000 euros en réparation de son préjudice de carrière.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 décembre 2021, le centre départemental de gestion de la fonction publique territoriale de la Haute-Garonne, représenté par Me Herrmann, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- à titre principal la requête est irrecevable ;
- à titre subsidiaire, la requête n'est pas fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- la loi n° 2019-828 du 6 août 2019 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de Mme Moynier, rapporteure publique,
- et les observations de Me Herrmann, représentant le centre départemental de gestion de la fonction publique territoriale de la Haute-Garonne.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a été recrutée par la commune de Labège pour exercer les fonctions de rédactrice territoriale principale à temps complet, à compter du 1er novembre 1998. Par l'effet d'une délibération municipale du 28 mars 2006, son poste a été supprimé et elle a été maintenue en surnombre pour une durée d'un an, à compter du 10 mai 2006. Par un arrêté du 7 mai 2007, Mme A a été prise en charge par le centre départemental de gestion de la fonction publique territoriale (CDG FPT) de la Haute-Garonne afin de retrouver un emploi correspondant à son grade. Par un courrier du 3 mars 2020, le CDG FPT de la Haute-Garonne a convoqué l'intéressée à un entretien préalable à son licenciement et l'a informée, le 23 juin 2020, qu'en application de la loi du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique modifiant l'article 97 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, sa prise en charge devrait cesser de plein droit le 8 août 2020 et qu'elle serait licenciée à compter de cette date. Par un arrêté du 27 juillet 2020, notifié le 3 août suivant et devenu définitif, Mme A a été licenciée à compter du 8 août 2020 et radiée des cadres de la fonction publique territoriale. Par un courrier du 8 septembre 2020, elle a formé une demande indemnitaire préalable tendant à la réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis durant sa prise en charge par le CDG FPT de la Haute-Garonne, laquelle a été implicitement rejetée. Par la requête susvisée, Mme A demande au tribunal de condamner le CDG FPT de la Haute-Garonne à l'indemniser des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de son manquement à son obligation d'accompagnement et de reclassement, à hauteur de la somme de 285 163 euros.
Sur la responsabilité :
2. Aux termes de l'article 94 de la loi du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique : " () / XVI. - L'article 78 de la présente loi est applicable aux fonctionnaires momentanément privés d'emploi pris en charge à la date de publication de la présente loi par le Centre national de la fonction publique territoriale ou un centre de gestion selon les modalités suivantes : () / 4° Sans préjudice des cas de licenciement prévus à l'article 97 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa rédaction résultant de la présente loi, la prise en charge des fonctionnaires relevant depuis plus de dix ans, à la date de publication de la présente loi, du Centre national de la fonction publique territoriale ou du centre de gestion cesse dans un délai d'un an à compter de cette même date. Dans les autres cas, la durée de prise en charge constatée antérieurement à la date de publication de la présente loi est prise en compte dans le calcul du délai au terme duquel cesse cette prise en charge. La prise en charge cesse selon les modalités définies au IV dudit article 97, dans sa rédaction résultant de la présente loi. () ". Aux termes de l'article 23 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa rédaction en vigueur à la date de la décision attaquée : " () / II.- Les centres de gestion assurent pour leurs agents, y compris ceux qui sont mentionnés à l'article 97, et pour l'ensemble des agents des collectivités territoriales et établissements publics affiliés, les missions suivantes, sous réserve des dispositions du II de l'article 12-1 : () / 5° La prise en charge, dans les conditions fixées aux articles 97 et 97 bis, des fonctionnaires momentanément privés d'emploi de catégories A, B et C ; () ". Aux termes de l'article 97 de cette même loi, dans sa rédaction en vigueur à la date de la décision attaquée : " Dans les trois mois suivant le début de la prise en charge, le fonctionnaire et le Centre national de la fonction publique territoriale ou le centre de gestion élaborent conjointement un projet personnalisé destiné à favoriser son retour à l'emploi. Ce projet fixe notamment les actions d'orientation, de formation et d'évaluation qu'il est tenu de suivre. A ce titre, le fonctionnaire bénéficie d'un accès prioritaire aux actions de formation longues nécessaires à l'exercice d'un nouveau métier dans l'un des versants de la fonction publique ou dans le secteur privé. ".
3. En application des dispositions précitées, la prise en charge des fonctionnaires relevant depuis plus de dix ans d'un centre de gestion au 7 août 2019, date de publication de la loi du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique, cesse de plein droit dans un délai d'un an à compter de cette même date.
4. Mme A, dont le poste de rédactrice principale a été supprimé en 2006, a été maintenue en surnombre dans les effectifs de la commune de Labège pendant une durée d'un an, avant d'être prise en charge par le CDG FPT de la Haute-Garonne, à compter du 11 mai 2007. Si la requérante soutient que le centre de gestion n'aurait rien mis en œuvre pour la reclasser pendant près de 13 ans, il résulte toutefois de l'instruction que le CDG FPT de la Haute-Garonne a mis en place un plan d'action en cinq volets destiné à favoriser son reclassement pendant près de 13 ans. Il est en particulier établi que la prise en charge de l'intéressée s'est traduite, dès l'année 2007, non seulement par l'organisation d'une douzaine d'entretiens individuels, destinés à améliorer ses compétences et à élaborer un projet d'orientation professionnelle et de réinsertion à l'emploi, mais également par l'inscription de Mme A à de nombreuses formations dispensées par le centre national de la fonction publique territoriale. Le CDG FPT de la Haute-Garonne justifie également avoir transmis à l'intéressée près de 248 offres d'emploi, dont il n'est pas contesté qu'elles correspondaient à son profil, son grade et ses qualifications, et l'avoir accompagnée de manière individualisée dans ses différentes pistes d'orientation professionnelle. Enfin, il est constant que Mme A a été mobilisée au cours des six mois qui ont précédé son licenciement afin d'assurer des missions de surveillance et d'accueil des candidats aux concours ou examens professionnels organisés par le centre de gestion. Dans ces conditions, le CDG FPT de la Haute-Garonne justifie avoir rempli les obligations résultant des dispositions de l'article 97 de la loi susvisée du 26 janvier 1984, dans leur version en vigueur avant la publication de la loi du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique. S'il est en revanche constant que l'intéressée n'a pas formellement bénéficié du " projet personnalisé destiné à favoriser son retour à l'emploi " prévu par ces mêmes dispositions dans leur version en vigueur à compter du 8 août 2019, elle n'établit pas avoir subi un préjudice en lien direct et certain résultant de l'absence d'élaboration de ce projet. Par suite, Mme A n'est pas fondée à demander la réparation des préjudices qu'elle prétend avoir subis du fait des manquements de son employeur à son obligation d'accompagnement et de reclassement.
5. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'établit pas que le CDG FPT de la Haute-Garonne a commis une faute de nature à engager sa responsabilité. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, les conclusions indemnitaires présentées par la requérante doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que le CDG FPT de la Haute-Garonne, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, verse à Mme A la somme demandée par elle au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par le CDG FPT de la Haute-Garonne à ce titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Mme A versera au centre départemental de gestion de la fonction publique territoriale de la Haute-Garonne une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au centre départemental de gestion de la fonction publique territoriale de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 18 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Gayrard, président,
Mme Bayada, première conseillère,
Mme Gavalda, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 décembre 2022.
La rapporteure,
A. BLe président,
J-P. Gayrard
La greffière,
B. Flaesch
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 9 décembre 2022.
La greffière,
B. Flaesch
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026