jeudi 9 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2100079 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET TEISSONNIERE - TOPALOFF - LAFFORGUE - ANDREU ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 janvier 2021, M. B, représenté par Me Labrunie, demande au tribunal :
1°) l'annulation de la décision du 10 novembre 2020 par laquelle le comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires (CIVEN) a rejeté sa demande d'indemnisation au titre de la loi du 5 janvier 2010 relative à la reconnaissance et à l'indemnisation des victimes des essais nucléaires ;
2°) de condamner le CIVEN à lui verser la somme de 215 399 euros en réparation de ses préjudices, assortie des intérêts au taux légal à compter du 30 juin 2020 et capitalisation des intérêts ;
3°) dans l'hypothèse d'un jugement avant dire droit ordonnant la réalisation d'une expertise, de condamner le CIVEN à lui verser une provision de 10 000 euros et de mettre à sa charge les frais d'expertise ;
4°) de mettre à la charge du CIVEN la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a été affecté à Mururoa sur le site des essais nucléaires français en Polynésie française, entre le 29 mars 1995 et le 15 avril 1997, où son activité l'a amené à être exposé aux rayonnements ionisants ; il a été victime de cancers cutanés récidivant dont le premier a été diagnostiqué en 2017 ;
- il a adressé une demande d'indemnisation au CIVEN le 30 juin 2020 au titre de la loi n°2010-2 du 5 janvier 2010 modifiée ; sa demande a été rejetée le 10 novembre 2020 ;
- il bénéficie de la présomption de causalité en application de l'article 4 de la loi du 5 janvier 2010 et le CIVEN admet qu'il a séjourné en Polynésie, en particulier sur les deux atolls d'expérimentation de Mururoa, Fangataufa ainsi qu'à Papeete, entre le 29 mars 1995 et le 15 avril 1997 en qualité de légionnaire et qu'il est atteint de plusieurs cancers cutanés primitifs ; au cours de cette période six tirs nucléaires souterrains ont eu lieu ;
- il a été exposé à un risque de contamination interne par inhalation et ou ingestion de poussières de gaz radioactifs ; ;
- il était notamment chargé du transport du matériel nucléaire avant et après les tirs ;
- les trois relevés anthropogammamétriques et le relevé de radiotoxicologie des selles ont été faits de façon aléatoire, alors qu'ils auraient dû être réalisés rapidement après la suspicion de la contamination eu égard à la période de vie biologique des radioéléments et de leur élimination naturelle ; de surcroit ces examens ne détectent qu'une partie des rayons gammas, et non les rayons alpha et bêta particulièrement dangereux ;
- dans la mesure où le CIVEN ne peut établir avec certitude " que la dose annuelle de rayonnements ionisants aux essais nucléaires français " qu'il a reçue a été inférieure à 1mSv par an, il ne peut renverser la présomption de causalité ;
- il a été victime d'un premier cancer cutané sur l'arrête nasale en mai 2017 à l'âge de 60 ans, puis sur le vertex et son état peut être considéré comme consolidé depuis le 1er janvier 2021 ;
- il a subi des préjudices avant consolidation :
*en ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :
- son préjudice au titre des dépenses de santé et frais divers reste à déterminer ;
- s'agissant de son préjudice d'assistance à tierce personne, il a eu besoin d'une aide, entre le 29 mai 2017 (date de exérèse) et le 30 juin 2017 date de fin de traitement avec pansement, de la part de sa femme et de son entourage pour l'aider à se lever, laver, s'habiller et se déplacer à raison d'une heure par jour pendant 32 jours, soit la somme de 576 euros à raison d'un taux horaire de 18 euros ;
*en ce qui concerne les préjudices extra-patrimoniaux :
- il a subi un déficit fonctionnel temporaire dont il réserve le calcul ;
- il a subi des souffrances endurées en raison de l'exérèse de ses carcinomes et eu égard aux traitements lourds et astreignants ; son préjudice peut être évalué à 30 000 euros ;
- il a subi un préjudice esthétique temporaire estimé à 20 000 euros ;
- il a subi des préjudices après consolidation :
*en ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :
- son préjudice au titre des dépenses de santé et frais divers reste à déterminer ;
*en ce qui concerne les préjudices extra-patrimoniaux :
- son incapacité permanente partielle peut être évaluée à 10% à compter du 1er janvier 2021, son préjudice s'établit à 64 823 euros ;
- il subit un préjudice d'agrément à hauteur de 10 000 euros dès lors qu'il ne peut plus s'exposer au soleil ;
- il subit un préjudice esthétique permanent estimé à 10 000 euros ;
- il subit un préjudice d'anxiété lié à une pathologie évolutive ; son préjudice moral est évalué à 50 000 euros ;
- dans l'hypothèse de la désignation d'un expert pour évaluer les préjudices, le tribunal accordera une provision de 10 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistrés le 2 mars 2021, le comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires conclut :
- à titre principal au rejet de la requête ;
- à titre subsidiaire, à ce qu'un expertise soit ordonnée avant dire droit sur les préjudices de M. A.
Il soutient que :
- il a considéré que M. A ne pouvait avoir reçu qu'une dose inférieure à un millisievert ; c'est bien la loi du 5 janvier 2010, telle que modifiée par l'article 232 de la loi du 28 décembre 2018 qui s'applique ; la présomption de causalité peut être renversée ;
- les règles de suivi étaient différentes pour les personnes en activité sur les sites d'essais ou en dehors de ces mêmes sites ;
- pendant sa présence à Papeete, son exposition n'était pas différente de celle des autres habitants de l'île de Tahiti, il n'a pas subi de contamination externe et interne ;
- pendant sa présence à Mururoa et Fangataufa, cinq essais souterrains ont eu lieu ; concernant l'exposition externe, M. A n'est pas entré dans la zone contrôlée si bien qu'il n'était pas nécessaire de porter un dosimètre externe ; s'agissant de la contamination interne, elle est normalement exclue pendant les essais souterrains, sauf incident particulier ou poste de travail exposé, le poste de travail de Monsieur A n'était pas radiologiquement exposé ; aucun incident particulier n'a été documenté pendant ces cinq essais ; les examens de M. A étaient normaux et n'ont pas montré de signe de contamination interne ;
- en ce qui concerne l'indemnisation, si le lien de causalité devait être retenu, il conviendra d'ordonner une expertise afin d'évaluer les préjudices de M. A.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- la loi n° 2010-2 du 5 janvier 2010 ;
- la loi n° 2017-256 du 28 février 2017 ;
- la loi n° 2018-1317 du 28 décembre 2018 ;
- la loi n°2020-734 du 17 juin 2020 ;
- le décret n° 2014-1049 du 15 septembre 2014 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Huchot ;
- les conclusions de M. Lauranson, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a été affecté en Polynésie française, en qualité de légionnaire au 5e régiment étranger, du 29 mars 1995 au 15 avril 1997, période pendant laquelle ont eu lieu des essais nucléaires. Il a adressé le 30 juin 2020 une demande d'indemnisation au comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires (CIVEN) en raison de cancers cutanés diagnostiqués en 2017. Par une décision du 10 novembre 2020, le CIVEN a rejeté cette demande. Par sa requête, M. A demande l'annulation de cette décision et l'indemnisation de ses préjudices à hauteur de 215 399 euros.
Sur la responsabilité :
2. Aux termes de l'article 1er de la loi du 5 janvier 2010 relative à la reconnaissance et à l'indemnisation des victimes des essais nucléaires français, dans sa rédaction issue de la loi du 28 décembre 2018, applicable aux instances en cours au lendemain de la publication de cette loi, comme en l'espèce : " I- Toute personne souffrant d'une maladie radio-induite résultant d'une exposition à des rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français et inscrite sur une liste fixée par décret en Conseil d'État conformément aux travaux reconnus par la communauté scientifique internationale peut obtenir réparation intégrale de son préjudice dans les conditions prévues par la présente loi. () III.- Lorsqu'une demande d'indemnisation fondée sur le I de l'article 4 a fait l'objet d'une décision de rejet par le ministre de la défense ou par le comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires avant l'entrée en vigueur de la loi n° 2017-256 du 28 février 2017 de programmation relative à l'égalité réelle outre-mer et portant autres dispositions en matière sociale et économique, le demandeur ou ses ayants droit, s'il est décédé, peuvent présenter une nouvelle demande d'indemnisation avant le 31 décembre 2020.". Aux termes de l'article 2 de cette même loi : " La personne souffrant d'une pathologie radio-induite doit avoir résidé ou séjourné :/ 1° Soit entre le 13 février 1960 et le 31 décembre 1967 au Centre saharien des expérimentations militaires, ou entre le 7 novembre 1961 et le 31 décembre 1967 au Centre d'expérimentations militaires des oasis ou dans les zones périphériques à ces centres ;/ 2° Soit entre le 2 juillet 1966 et le 31 décembre 1998 en Polynésie française./ Un décret en Conseil d'État délimite les zones périphériques mentionnées au 1°. ". L'article 4 de ladite loi dispose que : " I. Les demandes d'indemnisation sont soumises au comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires (). V. Ce comité examine si les conditions sont réunies. Lorsqu'elles le sont, l'intéressé bénéficie d'une présomption de causalité, à moins qu'il ne soit établi que la dose annuelle de rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français reçue par l'intéressé a été inférieure à la limite de dose efficace pour l'exposition de la population à des rayonnements ionisants fixée dans les conditions prévues au 3° de l'article L. 1333-2 du code de la santé publique. () ". Enfin, aux termes de l'article R. 1333-11 du code de la santé publique : " I.- Pour l'application du principe de limitation défini au 3° de l'article L. 1333-2, la limite de dose efficace pour l'exposition de la population à des rayonnements ionisants résultant de l'ensemble des activités nucléaires est fixée à 1 mSv par an, à l'exception des cas particuliers mentionnés à l'article R. 1333-12./ II.- La limite de dose équivalente est fixée pour : 1° Le cristallin à 15 mSv par an ; 2° La peau à 50 mSv par an en valeur moyenne pour toute surface de 1 cm2 de peau, quelle que soit la surface exposée. ".
3. L'annexe au décret du 15 septembre 2014 relatif à la reconnaissance et à l'indemnisation des victimes des essais nucléaires français liste les maladies radio-induites mentionnées à l'article 1er de la loi du 5 janvier 2010 précitées : " Leucémies (sauf leucémie lymphoïde chronique car considérée comme non radio-induite). Myélodysplasies. Cancer du sein. Cancer du corps thyroïde pour une exposition pendant la période de croissance. Cancer cutané sauf mélanome malin. Cancer du poumon. Cancer du côlon. Cancer des glandes salivaires. Cancer de l'œsophage. Cancer de l'estomac. Cancer du foie. Cancer de la vessie. Cancer de l'ovaire. Cancer du cerveau et système nerveux central. Cancer des os et du tissu conjonctif. Cancer de l'utérus. Cancer de l'intestin grêle. Cancer du rectum. Cancer du rein. Cancer de la vésicule biliaire. Cancer des voies biliaires. Lymphomes non hodgkiniens. Myélomes ".
4. Il résulte de ces dispositions que le législateur a entendu que, dès lors qu'un demandeur satisfait aux conditions de temps, de lieu et de pathologie prévues par l'article 2 de la loi du 5 janvier 2010 modifiée, il bénéficie de la présomption de causalité entre l'exposition aux rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français et la survenance de sa maladie. Cette présomption ne peut être renversée que si l'administration établit que la dose annuelle de rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français reçue par l'intéressé a été inférieure à la limite de dose efficace pour l'exposition de la population à des rayonnements ionisants fixée, dans les conditions prévues au 3° de l'article L. 1333-2 du code de la santé publique, à 1 mSv par an.
5. Il résulte des termes mêmes des décisions attaquées que M. A remplit les conditions de lieu, de temps et de maladie fixées par les dispositions précitées et qu'il bénéficie ainsi d'une présomption de causalité entre l'exposition aux rayonnements ionisants dus aux cinq essais nucléaires français réalisés pendant sa période d'affectation, du 29 mars 1995 au 15 avril 1997, et la survenue de sa maladie, en l'espèce un cancer cutané, sur l'arête du nez et le sommet du crâne, diagnostiqué en 2017.
6. Pour rejeter la demande du requérant, le CIVEN fait valoir que pendant le séjour de M. A à Papeete, au cours de la période d'affectation du 29 mars 1995 au 15 avril 1997, les doses efficaces engagées selon l'Institut de radioprotection et de sureté nucléaire mesurant l'exposition externe et la contamination interne, étaient inférieures à 1mSv sur 12 mois consécutifs. S'agissant du séjour de M. A à Mururoa et Fangataufa, le CIVEN indique qu'il n'était pas nécessaire de l'équiper d'un dosimètre dès lors qu'il n'était pas entré dans les zones contrôlées où ont eu lieu les essais nucléaires et que d'autre part les examens anthroporadiométriques réalisés le 6 avril 1995, 21 septembre 1995 et 10 septembre 1996 étaient normaux, ainsi que les examens radiotoxicologiques de selles réalisés en avril, mai et septembre 1995. Toutefois, si la contamination interne apparait effectivement écartée eu égard à ces examens, à tous le moins en ce qui concerne les rayons gamma, il n'est pas contesté que M. A était affecté à la sécurité des sites où ont lieu les essais nucléaires et présent à son poste lors de ces essais, si bien que M. A était ainsi à proximité des zones des essais nucléaires, bien qu'il n'ait pas pénétré les zones contrôlées et qu'il n'ait pas directement participé à la réalisation des essais nucléaires. Or, le CIVEN n'apporte aucun élément concret permettant d'établir que M. A n'aurait pas subi une exposition externe supérieure à 1 mSv en l'absence soit de données comparatives avec du personnel exposé dans des conditions de lieu et de date similaires à M. A, soit de mesures individuelles de surveillance de contamination externe par le port de dosimètre par M. A. Dans ces conditions, le CIVEN n'apporte pas les éléments de nature à considérer que M. A aurait reçu une dose inférieure à 1 mSv et n'était dès lors pas fondé à remettre en cause la présomption de causalité dont bénéficie M. A.
7. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 10 novembre 2020 par lequel le CIVEN a rejeté sa demande d'indemnisation et à obtenir la réparation de ses préjudices.
Sur les préjudices :
8. Aux termes de l'article R. 621-1 du code de justice administrative : " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision. L'expert peut se voir confier une mission de médiation. Il peut également prendre l'initiative, avec l'accord des parties, d'une telle médiation ".
9. Les pièces du dossier ne permettent pas d'évaluer les préjudices de M. A. Par suite, il y a lieu d'ordonner une expertise, aux frais du CIVEN, aux fins indiquées, à l'article 2 du dispositif du présent jugement.
Sur la demande de provision :
10. Il résulte de ce qui précède que l'existence des préjudices de M. A n'est pas sérieusement contestable. Il y a dès lors lieu de condamner le CIVEN à lui verser une somme de 2 000 euros à titre de provision sur l'indemnité réparant ses préjudices.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 10 novembre 2020 par laquelle le CIVEN a rejeté la demande d'indemnisation de M. A est annulée.
Article 2 : Le CIVEN est condamné à verser la somme de 2 000 euros à M. A à titre de provision sur l'indemnité réparant ses préjudices.
Article 3 : Avant de statuer sur les demandes indemnitaires de M. A, il sera procédé à une expertise médicale afin de :
1°) se faire communiquer les dossiers et tous documents relatifs aux cancers cutanés dont M. A a été atteint ;
2°) décrire l'évolution de la pathologie de M. A, les soins, examens, traitements, actes médicaux et chirurgicaux qu'elle a nécessités, jusqu'à la guérison éventuelle ;
3°) fixer la date de consolidation de la pathologie de M. A et dire si celle-ci a entraîné les préjudices patrimoniaux et extra-patrimoniaux avant et après consolidation invoqués par M. A et en fixer les éléments de calculs, à savoir :
- les préjudices patrimoniaux avant consolidation (le préjudice au titre des dépenses de santé et frais divers restant à la charge de M. A en lien avec sa pathologie, le préjudice au titre de l'assistance à tierce personne),
- les préjudices extrapatrimoniaux avant consolidation (le préjudice au titre d'un déficit fonctionnel temporaire, le préjudice au titre des souffrances endurées et le préjudice esthétique temporaire),
- le préjudice patrimonial après consolidation au titre des dépenses de santé et frais divers restant à la charge de M. A en lien avec sa pathologie ;
- les préjudices extrapatrimoniaux après consolidation (le préjudice au titre d'un déficit fonctionnel partiel permanent, le préjudice d'agrément, le préjudice esthétique définitif et le préjudice moral lié à sa pathologie évolutive) ;
Article 4 : Les opérations d'expertise auront lieu contradictoirement en présence de M. A et du CIVEN.
Article 5 : L'expert sera désigné par le président du tribunal. Après avoir prêté serment, il accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-1 et suivants du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 6 : L'expert déposera son rapport en deux exemplaires au greffe du tribunal. Il en notifiera des copies aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. L'expert n'établira un pré-rapport que s'il l'estime indispensable.
Article 7 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 8 : La présente décision sera notifiée à M. C A et au comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires.
Copie en sera adressée au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 16 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Souteyrand, président,
M. Huchot, premier conseiller,
Mme Lesimple, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mars 2023.
Le rapporteur,
N. Huchot
Le président,
E. Souteyrand La greffière,
M.-A Barthélémy
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 9 mars 2023,
La greffière,
M.-A Barthélémy
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026