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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2100309

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2100309

lundi 18 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2100309
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantPASCAL LABROT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 22 janvier 2021 et le 15 septembre 2021, Mme C B, représentée par Me Pascal Labrot, demande au Tribunal :

1°) de condamner le centre hospitalier de Béziers à lui verser la somme de 9 507,70 euros au titre de son préjudice matériel et la somme de 1 500 euros au titre de son préjudice moral et de condamner le centre hospitalier aux entiers dépens ;

2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Béziers la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Elle soutient que

- son action n'est pas tardive, la notification de la décision du bureau de l'aide juridictionnelle étant intervenue le 24 avril 2021 ;

- elle avait droit en application des articles L. 111-3 et R. 111-3 du code de la sécurité sociale à une prise en charge de son hospitalisation par la sécurité sociale, au titre de la protection universelle maladie (PUMA) avec couverture maladie universelle complémentaire (CMUC) ;

- elle est arrivée en France le 22 mars 2019, munie d'un visa de longue durée et se trouvait dès lors en situation régulière ; l'article R. 431-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile la dispensait de souscrire une demande de carte de séjour en qualité de conjointe de ressortissant étranger et elle bénéficiait en application de l'article L. 161-1 du code de la sécurité sociale d'une présomption de stabilité de sa résidence ; elle disposait donc d'un délai de trois mois à compter de son arrivée sur le territoire français le 22 mars 2019 pour procéder à la validation de son visa auprès de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, soit jusqu'au 22 juin suivant.

Par des mémoires enregistrés le 23 avril 2021 et le 14 septembre 2021, le centre hospitalier de Béziers, représenté par Me Zandotti, conclut au rejet de la requête et demande au Tribunal de mettre à la charge de la requérante une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- à titre principal, la requête de Mme B est tardive et que ses demandes sont mal dirigées ; à titre subsidiaire, en l'absence de faute de l'établissement de soins, toutes ses demandes doivent être rejetées.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 20 novembre 2020.

Par un mémoire enregistré le 23 juin 2022, le centre hospitalier de Béziers, représenté par Me Zandotti, a informé le Tribunal que, par une décision du 22 juin 2022, la caisse primaire d'assurance maladie de l'Hérault avait, à titre exceptionnel, accordé à la requérante la rétroactivité des droits à la PUMA à la complémentaire santé solidaire et avait accepté de régler les frais de santé réclamés à la requérante.

Par un mémoire enregistré le 27 juin 2022, Mme B a demandé au Tribunal de prononcer un non-lieu à statuer sur la demande de condamnation du centre hospitalier de Béziers au paiement de la somme de 9 507,70 euros, tout en maintenant l'intégralité de ses autres demandes et tout particulièrement sa demande de condamnation du centre hospitalier à lui verser la somme de 1 500 euros au titre du préjudice moral

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 1er juillet 2022.

Au cours de l'audience publique, ont été entendus :

- le rapport de M. A ;

- les conclusions de M. Lafon, rapporteur public ;

- et les observations de Me Ly Tong Pao, représentant le centre hospitalier de Béziers.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante togolaise, est entrée en France le 22 mars 2019, munie d'un visa de long séjour portant la mention " vie privée et familiale" valable du 15 janvier 2019 au 15 janvier 2020, délivré par le préfet de l'Hérault afin de rejoindre son époux, résidant sur le territoire national depuis le début de l'année 2017. Présentant les signes d'une hémorragie, elle a été admise le 26 mars 2019 au service des urgences du centre hospitalier de Béziers où elle a été prise en charge. La caisse primaire d'assurance maladie de l'Hérault a, par un courrier du 3 mai 2019, rejeté sa demande de prise en charge de ses soins et décidé d'ouvrir ses droits à la CMUc, sans effet rétroactif à compter du 1er juillet 2019. A la suite d'un courrier notifié le 24 août 2020, sollicitant le paiement d'une somme de 9 507,70 euros correspondant aux frais d'hospitalisation pour la période de mars à juin 2019, Mme B a adressé au centre hospitalier de Béziers une demande indemnitaire reçue le 30 octobre 2020, rejetée par une décision explicite du 9 novembre 2020. Par la présente requête Mme B demande la condamnation du centre hospitalier de Béziers à la réparation de l'ensemble de ses préjudices.

Sur le désistement partiel :

2. Il résulte du mémoire enregistré le 27 juin 2022 que Mme B a entendu se désister de ses conclusions tendant à la condamnation du centre hospitalier de Béziers au paiement de la somme de 9507,70 euros correspondant aux frais d'hospitalisation, tout en maintenant ses conclusions tendant à la réparation de son préjudice moral et des frais d'instance. Ce désistement partiel est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur le surplus des conclusions indemnitaires :

3. Aux termes de l'article L. 160-5 du code de la sécurité sociale : " () les établissements de santé, apportent leur concours aux intéressés dans leur demande d'affiliation et sont habilités à transmettre les documents afférents à l'organisme compétent avec l'accord de l'intéressé. ".

4. Il résulte de ces dispositions que les centres hospitaliers sont seulement tenus d'assurer une fonction de conseil et d'accompagnement des patients, dont notamment la coordination avec d'autres institutions ou services sociaux et médico-sociaux, et la transmission de dossiers en vue d'une prise en charge par les organismes de sécurité sociale.

5. Il résulte de l'instruction qu'en l'absence de vignette de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) apposée sur le passeport de Mme B, la prise en charge des frais de santé ne relevait pas du régime de l'assurance maladie et que la caisse primaire d'assurance maladie de l'Hérault a pu à bon droit rejeter, par un courrier du 3 mai 2019, la demande de prise en charge de ces soins transmise par le service social du centre hospitalier de Béziers. Dans ces conditions, Mme B n'est pas fondée à soutenir que le centre hospitalier de Béziers aurait commis une faute de nature à engager sa responsabilité.

6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions de Mme B tendant à la réparation de son préjudice moral doivent être rejetées.

Sur les dépens :

7. En l'absence de dépens au sens de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, les conclusions présentées par la requérante tendant à la condamnation de l'établissement de santé à leur remboursement ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B la somme demandée par le centre hospitalier de Béziers sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement de Mme B de ses conclusions tendant à la condamnation du centre hospitalier de Béziers à lui verser la somme de 9507,70 euros correspondant aux frais d'hospitalisation.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.

Article 3 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier de Béziers au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B et au centre hospitalier de Béziers.

Copie en sera délivrée à la CPAM de l'Hérault.

Délibéré après l'audience du 1er juillet 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Encontre, présidente,

M. Myara, premier conseiller,

Mme Crampe, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2022.

Le rapporteur,

A.A

La présidente,

S.Encontre

La greffière,

C.Arce

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 18 juillet 2022.

La greffière,

C. Arce

N°2100309 lr

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