mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2100310 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | magistrat ROUSSEAU |
| Avocat requérant | S.C.P. CHICHET-HENRY AVOCATS - HG&C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 22 janvier 2021 et 15 mars 2022, M. A B, représenté par la SELARL d'avocats Chatel et Associés, agissant par Me Miralves-Boudet, demande au tribunal :
A titre principal,
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la commune de Pollestres a rejeté sa demande d'indemnisation des préjudices subis à son mur de clôture à hauteur de 2.436 euros ;
2°) condamner la commune de Pollestres à lui verser la somme de 2.436 euros assortie des intérêts au taux légal à compter de la réception de la demande préalable le 30 septembre 2020 ;
A titre subsidiaire,
3°) d'ordonner avant dire droit une expertise ;
En tout état de cause,
4°) de mette à la charge de la commune de Pollestres la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Il soutient que :
- en limite séparative de sa propriété, se trouve la rue des Constellations, bordée d'un trottoir et flanquée d'une bande d'espace verts constituée de pins ; la croissance des pins a endommagé son mur de clôture qui s'est fissuré ;
- la commune de Pollestres a commis une faute tenant à l'absence d'entretien normal de l'ouvrage public constitué par les arbres plantés sur le domaine public ;
- contrairement aux assertions de la commune de Pollestres, les pins litigieux sont bien situés sur le domaine public ;
- la commune de Pollestres a admis être en charge de l'entretien des pins litigieux et a même procédé à leur suppression postérieurement aux dommages causés ce qui démontre que la compétence en matière de voirie n'a pas été transférée à la communauté urbaine Perpignan Méditerranée Métropole ;
Par des mémoires en défense, enregistrés le 12 mai 2021 et le 14 avril 2022, la commune de Pollestres, représentée par la SCP d'avocats Chichet-Henry-Paillès-Garidou-Renaudin, agissant par le ministère de Me Renaudin, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. B la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa responsabilité ne saurait être recherchée pour défaut d'une obligation d'entretien qui ne lui incombe pas ; en effet les pins en litige sont implantés sur la parcelle de M. B et lui appartiennent en conséquence ; la lecture du plan du lot n° 48 de la ZAC Pou Del Gel Portes Catalanes II démontre que les plantations ont été prévues sur des espaces vert privatifs non clos et que la limite parcellaire de sa propriété va au-delà de son mur de clôture et comprend un espace vert privatif non-clos sur lequel sont plantés les pins en litige ;
- le schéma de la ZAC Pou Del Gel Portes Catalanes II s'applique à l'ensemble de la ZAC notamment le lot n°48 et le requérant ne démontre pas que son lot serait exclu de l'application de la servitude de plantations sur espaces verts privatifs non clos prévue par ce schéma global ;
- si le requérant fait valoir que la commune entretiendrait les pins et en aurait supprimé certains, une telle circonstance ne permet pas pour autant de faire regarder la commune comme propriétaire en charge de l'entretien des pins ;
- il a été admis par la Cour de cassation (Cass. Civ. 1ère, 28 mars 1962 n°60-12.182) que les mentions du cadastre constituent des présomptions sur lesquelles les juges du fond sont autorisés à fonder leur conviction, par une appréciation souveraine ;
- à supposer que les pins en litige ne soient pas situés sur la parcelle du requérant, ils constituent un accessoire de la voirie de la ZAC et sont donc à ce titre toujours propriété du concessionnaire, la société Horizons ;
- s'il s'avérait que la société Horizons n'était plus propriétaire de la parcelle AK 137 qui constitue l'assiette du réseau de voirie de la ZAC c'est la communauté urbaine Perpignan Métropole Méditerranée qui en serait propriétaire et qui serait chargée de l'entretien des pins ; le règlement de voirie communautaire de la communauté urbaine de Perpignan Métropole Méditerranée établit que l'entretien des arbres et palmiers de voirie relève du domaine d'intervention de la communauté urbaine Perpignan Métropole ;
- compte tenu de ces derniers éléments la demande d'expertise présentée par M. B ne saurait prospérer.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les litiges visés audit article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rousseau, premier conseiller,
- et les conclusions de M. Lauranson, rapporteur public,
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme B sont propriétaires dans la commune de Pollestres (Pyrénées-Orientales) au 30 rue des Etoiles de la propriété bâtie cadastrée section AK n° 201 constituant le lot n°48 de la ZAC " Pou Del Gel portes Catalanes II ". Leur maison d'habitation est longée en limite séparative par la rue des Constellations laquelle est bordée d'un trottoir et pourvue d'une bande d'espaces vert constituée de pin parasols. M. B a constaté l'apparition de fissures sur son mur de clôture situé rue des Constellations qu'il impute à la croissance des pins se trouvant à proximité. Il a, par l'intermédiaire de son assureur, fait procéder à une expertise amiable les 12 novembre 2019 et 28 janvier 2020. Par un courrier recommandé du 28 septembre 2020, réceptionné le 30 septembre suivant, il a adressé à la commune de Pollestres une demande indemnitaire préalable sur laquelle la commune de Pollestres a gardé le silence. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler la décision implicite par laquelle la commune de Pollestres a rejeté sa demande d'indemnisation des préjudices subis à son mur de clôture à hauteur de 2.436 euros, de condamner la commune de Pollestres à lui verser cette somme assortie des intérêts au taux légal à compter de la réception de la demande préalable le 30 septembre 2020 et subsidiairement à ce qu'il soit ordonné une expertise.
Sur la responsabilité :
2. Le maître de l'ouvrage est responsable, même en l'absence de faute, des dommages que les ouvrages publics dont il a la garde peuvent causer aux tiers tant en raison de leur existence que de leur fonctionnement. Il ne peut dégager sa responsabilité que s'il établit que ces dommages résultent de la faute de la victime ou d'un cas de force majeure. Ces tiers ne sont pas tenus de démontrer le caractère grave et spécial du préjudice qu'ils subissent lorsque le dommage présente un caractère accidentel. Ils ne sont tenus de le faire que lorsque le dommage présente un caractère permanent.
3. Il résulte de l'instruction, notamment des suites de deux expertises, que les pins qui ont été implantés le long de la propriété de M. B, situés à une trentaine de centimètres de son mur de clôture sont à l'origine par le développement racinaire de fissures sur cet ouvrage. Pour autant la commune de Pollestres objecte que sa responsabilité ne se trouve pas engagée dès lors que les pins en litige ont été édifiés sur la parcelle de M. B et lui appartiennent en conséquence. La commune de Pollestres produit au dossier la légende accompagnant le plan du lot n°48 de la ZAC " Pou Del Gel Portes Catalanes II " indiquant que les plantations sont prévues sur des espaces verts privatifs non clos. Le schéma de ladite ZAC concerne l'ensemble des lots à l'intérieur desquels ils se situent et s'applique éminemment au lot n° 48 propriété de M. B. Il n'est nullement démontré que le lot n° 48 de la ZAC précitée serait exclu de l'application de la servitude de plantations sur espaces verts privatifs non clos prévue par le schéma global. Et la circonstance que la parcelle du requérant a été clôturée par un mur surmonté d'un grillage ne fait pas obstacle à l'application de ce schéma. Par ailleurs sur l'extrait de plan cadastral de la parcelle AK 201, est formalisée, du côté de la rue des Constellations mais à l'intérieur des limites cadastrales de la parcelle AK 201, en pointillé discontinu, l'existence d'un chemin ou d'un sentier correspondant précisément à l'emplacement des pins. Si le plan cadastral est un document administratif utilisé pour recenser et identifier les immeubles en vue de l'établissement des bases des impôts locaux et possède une finalité essentiellement fiscale et si donc les énonciations cadastrales ne sauraient constituer par elles-mêmes un titre de propriété, il peut servir d'indices à défaut d'être une preuve irréfragable de la propriété. M. B n'apporte aucun élément tendant à démontrer que les pins en litige ne seraient pas implantés sur son lot. Dès lors, en l'état des éléments produits au dossier et à défaut d'apporter toute preuve contraire, il doit être considéré que les pins en litige à l'origine de la dégradation du mur de clôture de la propriété de M. B sont implantés sur l'espace vert privatif non-clos à l'intérieur même des limites de sa propriété de sorte que l'entretien de ces arbres relève non pas de la responsabilité de la commune de Pollestres mais lui incombe personnellement.
4. Il résulte de ce qui précède et sans qu'il soit utile de recourir à une expertise que M. B n'est pas fondé à rechercher la responsabilité de la commune de Pollestres pour les dommages affectant son mur de clôture. Par suite la requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.
Sur les frais de l'instance :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Pollestres, qui n'est pas la partie perdante, la somme que M. B demande au titre des frais qu'il a engagés pour la présente instance et qui ne sont pas compris dans les dépens.
6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. B la somme que la commune de Pollestres demande à ce titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Pollestres au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. A B et à la commune de Pollestres.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.
Le magistrat désigné,
M. CLa greffière,
M-A. BARTHELEMY
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme.
Montpellier, le 13 juillet 2022.
La greffière,
M-A. BARTHELEMY
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026