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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2100399

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2100399

mardi 27 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2100399
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationPrésident BESLE
Avocat requérantFONT & TRILLES AVOCATS ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 janvier 2021, Mme B C demande au tribunal d'annuler la décision du 24 novembre 2020 par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales de l'Aude a refusé de lui accorder une remise gracieuse de sa dette de 4 375,41 euros de prime d'activité.

Elle soutient qu'elle se trouve dans une situation précaire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 août 2022, la caisse d'allocations familiales de l'Aude, représentée par la SELARL Olivier Trilles Victor Font, demande au tribunal :

1°) de rejeter la requête de Mme C ;

2°) de condamner Mme C à lui verser une somme de 4 375,41 euros en remboursement des indus de prime d'activité pour la période du 1er juillet 2018 au 30 juin 2019 ;

3°) de mettre à la charge de Mme C une somme de 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C est allocataire de la prime d'activité dans le département de l'Aude. Alors que Mme C avait persisté à se déclarer célibataire auprès des services de la caisse d'allocations familiales de l'Aude, cette dernière a indiqué, le 11 juillet 2019, être pacsée depuis le 25 mai 2018. En conséquence, par décision du 23 juin 2019, la directrice de la caisse d'allocations familiales de l'Aude a notifié à Mme C un indu de 4 375,41 euros de prime d'activité pour la période du 1er juillet 2018 au 30 juin 2019. Par la présente requête, Mme C demande l'annulation de la décision du 24 novembre 2020 par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales de l'Aude a refusé de lui accorder une remise gracieuse de sa dette de 4 375,41 euros de prime d'activité.

Sur la demande de remise gracieuse :

2. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. ". Les conditions tenant, d'une part, à la bonne foi du demandeur et, d'autre part, à la précarité de sa situation ne peuvent être regardées comme alternatives.

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active, de prime d'activité ou d'aide exceptionnelle de fin d'année, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide sociale, d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre partie à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.

4. Il résulte de l'instruction que l'indu de prime d'activité mis à la charge de Mme C résulte d'omissions dans la déclaration de ses ressources. À supposer qu'elle soit de bonne foi, Mme C fait valoir que la situation financière de son foyer s'est dégradée dès lors qu'elle est au chômage et que le quotient familial de son foyer ne s'élève plus, ainsi que l'avait retenu la décision attaquée, à 3 560 euros. Mme C fait également valoir que sa situation de surendettement a été constatée par une décision de la commission de surendettement des particuliers de l'Aude qu'elle produit partiellement. Il ressort toutefois des termes de cette décision que la commission préconise le rééchelonnement de tout ou partie des créances sur une durée maximum de 84 mois, au taux de 0,0 % et évalue sa capacité mensuelle de remboursement à hauteur de 563,80 euros. Dans ces conditions, la requérante ne justifie pas se trouver dans une situation de précarité telle qu'elle serait dans l'impossibilité de rembourser l'indu de prime d'activité mis à sa charge, le cas échéant selon un échéancier qu'il lui appartient de solliciter auprès de la caisse d'allocations familiales de l'Aude.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme C doit être rejetée.

Sur les conclusions reconventionnelles présentées par la caisse d'allocations familiales de l'Aude :

6. En application du principe selon lequel une personne publique ou une personne privée chargée d'une mission de service public est irrecevable à demander au juge administratif de prononcer une mesure qu'elle a le pouvoir de prendre elle-même, la caisse d'allocations familiales de l'Aude n'est pas recevable à demander au tribunal de condamner la requérante au paiement de cet indu, dès lors, notamment, qu'elle dispose du pouvoir d'émettre une contrainte qui, sauf opposition fondée, comportent les effets d'un jugement, pour le recouvrement desdites sommes. Ses conclusions tendant au paiement des indus de prime d'activité ne peuvent par suite qu'être rejetées.

Sur les conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative :

7. Il n'y pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la caisse d'allocations familiales de l'Aude sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Les conclusions reconventionnelles de la requête de la caisse d'allocations familiales de l'Aude sont rejetées.

Article 3 : Les conclusions de la caisse d'allocations familiales de l'Aude présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées.

Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de l'Aude.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2022.

Le président,

D. ALa greffière,

F. Roman

La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 27 septembre 202La greffière,

F. Roman

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