vendredi 14 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2100746 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | MANYA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 février 2021, Mme B C, représentée par Me Manya, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 12 février 2020 par laquelle la direction des ressources humaines du ministère de l'intérieur lui a indiqué qu'en raison de sa mutation à la circonscription de sécurité publique (CSP) de Perpignan, les sommes perçues à hauteur de 3 000 euros au titre du complément d'indemnité de fidélisation doivent être remboursées, une première partie devant faire l'objet d'une retenue sur traitement selon la quotité saisissable sur la paye du mois de janvier 2020 et une seconde partie devant donner lieu à l'émission d'un titre de perception ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente en l'absence de délégation régulière ;
- la décision attaquée méconnaît l'article 1er du décret n° 99-1055 du 15 décembre 1999 portant attribution d'une indemnité de fidélisation en secteur difficile aux fonctionnaires actifs de la police nationale ;
- l'administration ne pouvait retirer la décision attaquée au-delà d'un délai de quatre mois ;
- la décision attaquée est injuste dès lors qu'elle n'a pas demandé sa mutation pour convenance personnelle mais en raison de l'obligation de se rapprocher de son frère dont elle est la tutrice légale afin de lui permettre de poursuivre ses études ;
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 99-1055 du 15 décembre 1999 ;
- le décret n° 2004-1439 du 23 décembre 2004 ;
- l'arrêté du 6 janvier 2011 fixant les montants forfaitaires de l'indemnité de fidélisation en secteur difficile attribuée aux fonctionnaires actifs de la police nationale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de Mme Moynier, rapporteure publique,
- les observations de Me Pion-Riccio, représentant Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C est gardien de la paix suite à sa réussite au concours national à affectation régionale en Ile-de-France et était affectée dans le 16ème arrondissement de Paris depuis le 16 octobre 2017. Elle a perçu sur son bulletin de paye du mois de décembre 2018 le premier versement du complément de fidélisation en application de l'article 1er du décret n° 99-1055 du 15 décembre 1999. Par un arrêté du 6 février 2020, elle a été affectée à compter du 1er septembre 2019 à la circonscription de sécurité publique (CSP) de Perpignan. Par une décision du 12 février 2020, la direction des ressources humaines du ministère de l'intérieur lui a indiqué qu'en raison de sa mutation à la circonscription de sécurité publique (CSP) de Perpignan, les sommes perçues à hauteur de 3 000 euros au titre du complément d'indemnité de fidélisation doivent être remboursées, une première partie devant faire l'objet d'une retenue sur traitement selon la quotité saisissable sur la paye du mois de janvier 2020 et une seconde partie devant donner lieu à l'émission d'un titre de perception. L'Etat a procédé à une retenue sur traitement de 795,47 euros au titre du complément d'indemnité de fidélisation irrégulièrement versé à la requérante sur son bulletin de paye du mois de janvier 2020. Mme C demande au tribunal d'annuler la décision du 12 février 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation dirigées contre le courrier du 12 février 2020 en tant qu'il informe Mme C que le solde du trop-perçu constaté suite à la retenue sur traitement sera régularisé par l'émission d'un titre exécutoire :
2. La lettre par laquelle l'administration informe un agent qu'il doit rembourser une somme indûment payée et qu'en l'absence de paiement spontané de sa part, un titre de perception lui sera notifié, est une mesure préparatoire de ce titre, qui n'est pas susceptible de recours. Par suite, Mme C n'est pas recevable à demander l'annulation du courrier du 12 février 2020, qui annonce l'émission d'un titre de perception pour recouvrer une partie du trop-perçu au titre du complément de fidélisation, la seule voie contentieuse s'ouvrant à la requérante étant celle du recours de plein contentieux dirigé contre le titre exécutoire après recours préalable obligatoire devant le comptable public chargé du recouvrement de ce titre.
3. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation du courrier du 12 février 2020 en tant qu'il informe la requérante que le solde du trop-perçu constaté suite à la retenue sur traitement sera régularisé par l'émission d'un titre exécutoire doivent être rejetées.
En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision du 12 février 2020 en tant qu'elle a donné lieu à une retenue de 795,47 euros selon la quotité saisissable sur le bulletin de paye du mois de janvier 2020 :
4. Aux termes de l'article 1er du décret du 15 décembre 1999 portant attribution d'une indemnité de fidélisation en secteur difficile aux fonctionnaires actifs de la police nationale : " () Après la première, la sixième et la dixième année révolue de service continu en secteur difficile, les fonctionnaires du corps d'encadrement et d'application nommés à l'issue de la réussite au concours national à affectation régionale en Ile-de-France prévu par le décret n° 2004-1439 du 23 décembre 2004 portant statut particulier du corps d'encadrement et d'application de la police nationale peuvent bénéficier d'un complément d'indemnité de fidélisation. () ". Aux termes de l'article 2 du même décret : " Sont considérés comme affectés en secteur difficile au sens du présent décret les fonctionnaires actifs de la police nationale exerçant, de façon permanente, quel que soit leur service d'affectation, leurs attributions dans le ressort territorial des circonscriptions de sécurité publique dont la liste est fixée aux annexes I et II du présent décret. () ". Il résulte de l'annexe 1 au décret du 15 décembre 1999 que la circonscription de sécurité publique de Paris est classée en secteur difficile ouvrant droit au bénéfice de l'indemnité de fidélisation. Par ailleurs, aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 6 janvier 2011 fixant les montants forfaitaires de l'indemnité de fidélisation en secteur difficile attribuée aux fonctionnaires actifs de la police nationale, modifié par l'arrêté du 13 décembre 2011 : " Le montant du complément d'indemnité de fidélisation prévu au dernier alinéa de l'article 1er du décret du 15 décembre 1999 précité est fixé à 9 000 euros versé par tiers comme suit : 3 000 euros à l'issue de la première année révolue de service continu ; 3 000 euros à l'issue de la sixième année révolue de service continu ; 3 000 euros à l'issue de la dixième année révolue de service continu. ". Enfin, l'article 6 du décret du 23 décembre 2004 portant statut particulier du corps d'encadrement et d'application de la police nationale : " () II. - Les concours mentionnés au I peuvent être ouverts pour une affectation régionale en Ile-de-France. Les gardiens de la paix recrutés par un tel concours sont affectés dans cette région pendant une durée minimale de huit ans à compter de leur nomination en qualité de gardien de la paix stagiaire. () ".
5. Il résulte de l'instruction que Mme C a perçu la somme de 3 000 euros correspondant au complément d'indemnité de fidélisation servi à l'issue de sa première année révolue de service continu en Ile-de-France, dans la circonscription de sécurité publique de Paris, classée en secteur difficile ouvrant droit au bénéfice de l'indemnité de fidélisation et à son complément. Il est constant qu'à la date à laquelle cette somme lui a été versée, elle remplissait toutes les conditions pour bénéficier de ce complément d'indemnité. Il ne résulte d'aucune des dispositions du décret du 15 décembre 1999, ni de celles du décret du 23 décembre 2004, que cet avantage financier puisse être légalement retiré au motif, retenu par l'administration dans la décision en litige, que l'intéressée a rompu son engagement de servir huit années dans la région Ile-de-France prévu par le décret du 23 décembre 2004. Une telle circonstance n'est de nature, le cas échéant, qu'à justifier que les deux autres parties du montant total du complément d'indemnité de fidélisation ne soient pas à l'avenir versées à l'agent. Mme C est donc fondée à soutenir que la décision en litige, ayant donné lieu à une retenue de 795,47 euros sur le traitement du mois de janvier 2020, est entachée d'erreur de droit.
6. Il résulte de ce qui précède que la décision du 12 février 2020 en tant qu'elle a donné lieu à une retenue de 795,47 euros selon la quotité saisissable sur le bulletin de paye de la requérante du mois de janvier 2020 doit être annulée.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 750 euros à verser à la requérante au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 12 février 2020 en tant qu'elle a donné lieu à une retenue de 795,47 euros selon la quotité saisissable sur le bulletin de paye de la requérante du mois de janvier 2020 est annulée.
Article 2 : L'Etat versera à Mme C une somme de 750 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au ministre de l'intérieur.
Copie sera adressée au préfet de police de Paris pour information.
Délibéré après l'audience du 30 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Gayrard, président,
Mme Bayada, première conseillère,
Mme Bossi, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 octobre 2022.
La rapporteure,
M. BossiLe président,
J. P. Gayrard
La greffière,
I. Laffargue
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 14 octobre 2022.
La greffière,
I. Laffargueil
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026