lundi 13 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2100988 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | AARPI SYSTHEMIS CONSEIL - RICHELET - |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 février 2021, Mme B C, représentée par Me Richelet, avocat, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) - la réduction de la cotisation d'impôt sur le revenu à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2019 ;
2°) - la mise à la charge de l'Etat de la somme de 750 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le revenu perçu en 2019 provenant de la distribution des réserves décidée par la société à responsabilité limitée (SARL) BetJ dans laquelle elle est associée, revêt un caractère exceptionnel ;
- si, contrairement aux dispositions de l'article 200 A du code général des impôts, elle n'a pas opté dans le délai pour une imposition de ce revenu selon le barème progressif, elle se prévaut de la réponse A : AN 25-2-2020, n°24560.
Par mémoire en défense, enregistré le 30 avril 2021, le directeur départemental des finances publiques de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il expose que :
- la nature exceptionnelle du revenu est admise ;
- elle n'a pas opté dans le délai prévu et la réponse A : AN 25-2-2020, n°24560 n'apporte aucune mesure d'assouplissement.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rabaté, rapporteur ;
- et les conclusions de M. Baccati, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C demande la réduction de la cotisation d'impôt sur le revenu à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2019.
Sur l'application de la loi fiscale :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 200 A du code général des impôts : " 1. L'impôt sur le revenu dû par les personnes physiques fiscalement domiciliées en France au sens de l'article 4 B à raison des revenus, gains nets, profits, distributions, plus-values et créances énumérés aux 1° et 2° du A du présent 1 est établi par application du taux forfaitaire prévu au B du présent 1 à l'assiette imposable desdits revenus, gains nets, profits, distributions, plus-values et créances. () B. 1° Le taux forfaitaire mentionné au premier alinéa du présent 1 est fixé à 12,8 % ; (). 2. Par dérogation au 1, sur option expresse et irrévocable du contribuable, l'ensemble des revenus, gains nets, profits, plus-values et créances mentionnés à ce même 1 est retenu dans l'assiette du revenu net global défini à l'article 158. Cette option globale est exercée lors du dépôt de la déclaration prévue à l'article 170, et au plus tard avant l'expiration de la date limite de déclaration. () ". Il est constant que Mme C a exercé l'option afin que le revenu de capitaux mobiliers de nature exceptionnelle qu'elle a perçu au cours de l'année 2019 soit soumis au barème progressif le 20 novembre 2020, soit au-delà de la date limite de déclaration. Ainsi, c'est par une exacte application des dispositions précitées de l'article 200 A du code général des impôts que l'administration a soumis ce revenu de nature exceptionnelle au taux forfaitaire de 12,8%. Par suite, Mme C n'est pas fondée à obtenir, sur le terrain de la loi fiscale, la réduction de la cotisation d'impôt sur le revenu mise à sa charge au titre de l'année 2019.
Sur l'application de la doctrine fiscale :
3. Aux termes de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales : " Il ne sera procédé à aucun rehaussement d'impositions antérieures si la cause du rehaussement poursuivi par l'administration est un différend sur l'interprétation par le redevable de bonne foi du texte fiscal et s'il est démontré que l'interprétation sur laquelle est fondée la première décision a été, à l'époque, formellement admise par l'administration. () Lorsque le redevable a appliqué un texte fiscal selon l'interprétation que l'administration avait fait connaître par ses instructions ou circulaires publiées et qu'elle n'avait pas rapportée à la date des opérations en cause, elle ne peut poursuivre aucun rehaussement en soutenant une interprétation différente. () ".
4. Mme C se prévaut de la réponse publiée le 25 février 2020 du ministre de l'action et des comptes publics à la question posée par Mme A aux termes de laquelle : " () dans le cadre du droit à l'erreur, les contribuables qui n'ont pas opté pour l'imposition au barème au moment de leur déclaration de revenus, peuvent le faire en formulant une demande à leur service ou depuis leur espace sécurisé sur impots.gouv.fr. Bien que l'option au moment de la déclaration soit en théorie irrévocable, il a en effet été décidé de donner une suite favorable à de telles demandes, sans pénalité. Des actions de communication sont engagées par la DGFiP afin de mieux accompagner les usagers dans le choix de l'imposition de leurs revenus de capitaux mobiliers et plus-values mobilières. Ces actions ont pour objectif d'inciter les usagers qui y auraient intérêt à utiliser l'option d'imposition au barème si celle-ci leur est plus favorable. Ainsi, pour la prochaine campagne déclarative des revenus 2019 qui débutera en avril 2020 : le site oups.gouv.fr sera enrichi afin d'intégrer cette thématique ; les documents papier envoyés aux usagers mettront l'accent sur la possibilité d'opter pour le barème progressif ; dans le cadre de la déclaration en ligne, pour les usagers qui n'auraient pas spontanément opté pour l'imposition au barème, un calcul sera automatiquement réalisé en simulant l'option et un message invitera explicitement le déclarant à opter si l'option s'avère plus favorable ; les services seront de nouveau sensibilisés sur cette problématique. ". Il résulte de cette réponse qu'elle se borne à dresser un bilan quantitatif des déclarations souscrites en 2019 au titre de l'année 2018, qui n'est pas l'année en litige, et qu'elle ne relève pas les contribuables du défaut d'exercice de l'option dans le délai de déclaration au titre de l'année 2019. Par suite, cette réponse ne comporte pas une interprétation de la loi différente de celle dont il a été fait application à la requérante.
5.Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander par la doctrine fiscale, la réduction de la cotisation d'impôt sur le revenu à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2019.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante à l'instance, la somme de 750 euros que demande Mme C.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au directeur départemental des finances publiques de l'Hérault.
Délibéré après l'audience du 30 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Rabaté, président,
- Mme Moynier, première conseillère,
- Mme Viallet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2023.
Le président,
V. Rabaté
L'assesseure la plus ancienne,
C. Moynier Le greffier,
F. Balicki
La République mande et ordonne au ministre des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 14 février 2023.
Le greffier,
F. Balickifbfb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026