vendredi 1 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2101350 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Président BESLE |
| Avocat requérant | KOÇ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 mars 2021, Mme D C, représentée par Me Koç, doit être regardée comme demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 décembre 2020 par laquelle la présidente du conseil départemental des Pyrénées-Orientales a refusé de lui accorder une remise gracieuse de sa dette d'un montant de 4 630,69 euros correspondant à un indu de revenu de solidarité au titre de la période du 1er janvier 2019 au 30 juin 2020 ;
2°) d'annuler la décision implicite par laquelle la présidente du conseil départemental des Pyrénées-Orientales a rejeté son recours administratif du 12 octobre 2020 et confirmé le bien-fondé de l'indu de revenu de solidarité active.
Elle soutient que le département a commis une erreur de fait en considérant qu'elle a perçu une pension alimentaire de la part de M. B.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 janvier 2022, le département des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête présentée par Mme C n'est fondé.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 février 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C est allocataire de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales. Ses droits ont été révisés à la suite d'un contrôle de sa situation réalisé par les services de la caisse d'allocations familiales ayant révélé qu'elle percevait une aide financière de la part de M. B. Par une décision du 6 octobre 2020, le directeur de la caisse d'allocations familiales lui a notifié un indu de 4 755,79 euros au titre du revenu de solidarité active pour la période du 1er janvier 2019 au 30 juin 2020. Par un courrier du 12 octobre 2020, Mme C a formé un recours administratif tendant à contester cet indu. Par la présente requête, Mme C doit être regardée comme demandant, d'une part, l'annulation de la décision du 15 décembre 2020 par laquelle la présidente du conseil départemental des Pyrénées-Orientales a refusé de lui accorder une remise gracieuse de sa dette dont le solde s'élève à 4 630 euros et, d'autre part, l'annulation de la décision implicite par laquelle la même autorité a confirmé le bien-fondé de l'indu litigieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Lorsque le recours dont est saisi le juge administratif est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, de prime d'activité et d'aide exceptionnelle de fin d'année, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
3. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre ". En vertu de l'article de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. () ". Aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ".
4. Il résulte de l'instruction que l'indu de revenu de solidarité active mis à la charge de Mme C a pour origine la réintégration au sein de ses ressources des aides financières qu'elle aurait régulièrement perçues de la part de M. B et qu'elle aurait omis de porter à la connaissance de la caisse d'allocations familiales. Cependant, alors que l'intéressée conteste avoir personnellement bénéficié qu'une quelconque aide financière de la part de ce dernier, et alors même que par un courrier du 18 mars 2021, le département a expressément été invité, en vertu des dispositions de l'article R. 772-8 du code de justice administrative, à communiquer au tribunal l'ensemble des éléments du dossier constitué pour l'instruction de la demande de l'allocataire, ce dernier ne produit, au soutien de son mémoire en défense, ni les pièces sur lesquelles il s'est fondé pour remettre en cause les droits de l'intéressée au revenu de solidarité active, ni aucun autre élément de nature à établir que celle-ci aurait perçu les sommes d'argent litigieuses, alors même qu'il a expressément été invité à la faire. Dans ces conditions, en se bornant à affirmer que Mme C aurait omis de déclarer une partie de ses ressources, le département des Pyrénées-Orientales a entaché sa décision d'erreurs de fait et de droit.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il ne soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que Mme C est fondée à demander pour ce motif l'annulation de la décision du 15 décembre 2020 par laquelle la présidente du conseil départemental des Pyrénées-Orientales a refusé de lui accorder une remise gracieuse de sa dette, ainsi que celle de la décision implicite par laquelle la même autorité a confirmé le bien-fondé de l'indu de revenu de solidarité active en litige.
Sur les frais liés au litige :
6. Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Koç, avocate de Mme C, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge du département des Pyrénées-Orientales le versement à Me Koç de la somme de 1 200 euros.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 15 décembre 2020 par laquelle la présidente du conseil départemental des Pyrénées-Orientales a refusé d'accorder à Mme C une remise gracieuse de l'indu de revenu de solidarité active mis à sa charge au titre de la période du 1er janvier 2019 au 30 juin 2020 est annulée.
Article 2 : La décision implicite par laquelle la présidente du conseil départemental des Pyrénées-Orientales a confirmé le bien-fondé de ce même indu est annulée.
Article 3 : Le département des Pyrénées-Orientales versera à Me Koç, avocate de Mme C, la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve de la renonciation de cette dernière à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C, au département des Pyrénées-Orientales, à la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales et à Me Koç.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juillet 2022.
Le président,
D. A
La greffière,
F. Roman
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Montpellier, le 1er juillet 2022.
La greffière,
F. Roman
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026