mardi 11 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2101354 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Président BESLE |
| Avocat requérant | BAUTES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 mars 2021, Mme B C, représentée par Me Bautes, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 24 novembre 2020 par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault a refusé de lui accorder une remise gracieuse de sa dette d'un montant de 818,61 euros correspondant à un indu de revenu de solidarité active au titre de la période du 1er décembre 2018 au 31 mai 2019 ;
2°) à titre principal, de prononcer la remise totale de sa dette ;
3°) à titre subsidiaire, de prononcer la remise partielle de sa dette ;
4°) de mettre à la charge du département de l'Hérault le versement à Me Bautes de la somme de 1 800 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision a été prise par une autorité incompétente faute de pouvoir vérifier l'identité de son auteur par l'indication de ses nom et prénom ;
- la décision du 9 juin 2020 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a notifié l'indu de revenu de solidarité active est entachée d'un vice de forme pour ne pas comporter la signature de son auteur et l'indication du délai imparti au débiteur pour s'acquitter des sommes dues ;
- elle est de bonne foi dès lors qu'elle a toujours effectué ses déclarations trimestrielles auprès de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault et qu'elle n'a que des ressources extrêmement faibles ;
- elle est dans une situation précaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mai 2022, le département de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- Mme C n'est pas recevable à contester la décision initiale de notification d'indu du 9 juin 2020 ;
- aucun des moyens de la requête de Mme C n'est fondé.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 25 janvier 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A ;
- les observations de Me Misslin, représentant Mme C.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C est bénéficiaire du revenu de solidarité active dans le département de l'Hérault depuis le mois de décembre 2018. Suite à la réintégration dans ses ressources d'une pension versée depuis le 2 octobre 2018, le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault lui a notifié, notamment, un indu de 818,61 euros de revenu de solidarité au titre de la période du 1er décembre 2018 au 31 mai 2019. Par la présente requête, Mme C demande une remise gracieuse de sa dette.
Sur le périmètre du litige :
2. En premier lieu, l'illégalité d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, ne peut être utilement invoquée par voie d'exception à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative ultérieure que si cette dernière décision a été prise pour l'application du premier acte ou s'il en constitue la base légale. S'agissant d'un acte réglementaire, une telle exception peut être formée à toute époque, même après l'expiration du délai du recours contentieux contre cet acte. S'agissant d'un acte non réglementaire, l'exception n'est, en revanche, recevable que si l'acte n'est pas devenu définitif à la date à laquelle elle est invoquée, sauf dans le cas où l'acte et la décision ultérieure constituant les éléments d'une même opération complexe, l'illégalité dont l'acte serait entaché peut être invoquée en dépit du caractère définitif de cet acte.
3. Mme C soutient que la décision du 9 juin 2020 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a notifié l'indu de revenu de solidarité active mis à sa charge et dont elle demande, dans le cadre de la présente instance, la remise, est irrégulière faute de comporter la signature de son auteur et l'indication du délai imparti au débiteur pour s'acquitter des sommes dues. Toutefois, la décision du 9 juin 2020 ne constitue nullement la base légale de la décision du 24 novembre 2020 et cette dernière n'a pas été prise pour l'application de la première. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision du 9 juin 2020 doit être écarté.
4. En second lieu, lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active, de prime d'activité ou d'aide exceptionnelle de fin d'année, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre partie à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.
5. Dans ces conditions le moyen tiré de ce que la décision du 24 novembre 2020 portant refus de remise de dette a été prise par une autorité incompétente, en tant qu'il tend à établir l'existence d'un vice propre de cette décision, et inopérant et doit par suite être écarté.
Sur la demande de remise de dette :
6. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active ". Aux termes de l'article L. 262-2 de ce code : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre ". L'article R. 262-6 du même code prévoit : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux () ". Aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ".
7. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a omis de déclarer certaines de ses ressources, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des ressources dépourvues d'incidence sur le droit de l'intéressé au revenu de solidarité active ou sur son montant, de tenir compte de la nature des ressources ainsi omises, de l'information reçue et de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises. À cet égard, si l'allocataire a pu légitimement, notamment eu égard à la nature du revenu en cause et de l'information reçue, ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises, la réitération de l'omission ne saurait alors suffire à caractériser une fausse déclaration.
8. Il résulte de l'instruction que l'indu de revenu de solidarité active mis à la charge de Mme C résulte de la réintégration d'une pension de retraite complémentaire perçue depuis le mois d'octobre 2018. Si Mme C ne conteste pas les faits, elle fait valoir qu'elle a toujours réalisé ses déclarations de situation auprès de la caisse d'allocations familiales et que le montant omis s'élève à moins de 250 euros par mois. Toutefois, alors que les allocataires du revenu de solidarité active sont tenus de déclarer l'ensemble des revenus de leur foyer et que la notice explicative accompagnant les formulaires de déclaration trimestrielle de ressources transmise aux allocataires indique expressément que les pensions de retraite doivent être reportées dans la rubrique " autres ressources ", il résulte de l'instruction que cette dernière n'a jamais déclaré cette pension, ni dans sa déclaration initiale, ni dans ses déclarations postérieures. Dans ces conditions, la requérante ne pouvait de bonne foi ignorer qu'elle était tenue de déclarer de telles sommes et doit ainsi être regardée comme responsable de fausses déclarations.
9. Dès lors que les conditions tenant, d'une part, à la bonne foi du demandeur et, d'autre part, à la précarité de sa situation ne peuvent être regardées comme alternatives, il résulte de ce qui précède que M. C n'établit pas être en situation de bénéficier d'une remise de dette et que sa requête ne peut, par suite, qu'être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge du département de l'Hérault, qui n'est pas la partie perdante, une quelconque somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, au département de l'Hérault et à Me Bautes.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2022.
Le président,
D. ALa greffière,
F. Roman
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 11 octobre 2022.
La greffière,
F. Roman
No 2101354
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026