mardi 11 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2101387 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Président BESLE |
| Avocat requérant | BONAFOS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 15 mars 2021 et 18 juin 2022, M. A C, représenté par Me Bonafos, doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la présidente du conseil départemental des Pyrénées-Orientales a rejeté ses recours administratifs des 3 novembre et 17 décembre 2020 tendant à contester la mise à sa charge d'une somme de 864 euros correspondant à un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 635,05 euros au titre de la période du 1er février 2020 au 31 mai 2020 et au solde d'un précédent indu s'élevant à 228,95 euros ;
2°) d'enjoindre au département de lui reverser les sommes prélevées sur ses prestations pour le recouvrement des indus litigieux ;
3°) de condamner la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales au paiement d'une somme de 864 euros en réparation des préjudices subis.
Il soutient que :
- la caisse d'allocations familiales ne pouvait légalement opérer des retenus sur son allocation de logement sociale pour le recouvrement des indus de revenu de solidarité active mis à sa charge ;
- le recouvrement de la somme de 229 euros correspondant au solde d'un indu de revenu de solidarité active mis à sa charge au titre du mois de septembre 2016 est prescrit ;
- la somme de 158,75 euros prise en compte par la caisse d'allocations familiales pour réviser ses droits au revenu de solidarité active sur la période du 1er février 2020 au 31 mai 2020 ne lui a été versée qu'en une seule fois ;
- il a subi un préjudice du fait des erreurs commises par la caisse d'allocations familiales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 août 2022, le département des Pyrénées-Orientales, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête présentée par M. C est irrecevable ;
- aucun des moyens présentés par le requérant n'est fondé.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 avril 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, né le 26 juillet 1953, a bénéficié d'une ouverture de droit au revenu de solidarité active dans le département des Pyrénées-Orientales. Par décision du 11 juin 2020, le directeur de la caisse d'allocations familiales l'a informé d'une mise à jour de ses droits et lui a notifié un indu de revenu de solidarité active, référencé INK 004, d'un montant de 635,05 euros au titre de la période du 1er février 2020 au 31 mai 2020 venant s'ajouter à un précédent indu de revenu de solidarité active mis à sa charge au titre du mois de septembre 2016 d'un montant initial de 470,95 euros et dont le solde s'élève à 270 euros. Par courriers des 3 novembre et 17 décembre 2020, l'intéressé a formé un recours tendant à contester ces indus ainsi que les retenues effectuées par la caisse sur ses prestations pour leur recouvrement. Par la présente requête, M. C doit être regardé comme demandant au tribunal l'annulation de la décision par laquelle le président du conseil départemental des Pyrénées-Orientales a rejeté ses recours gracieux ainsi que la condamnation de la caisse d'allocations familiales à lui verser la somme de 864 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subi.
Sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir soulevée en défense :
Sur les conclusions relatives au revenu de solidarité active :
2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bienfondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
En ce qui concerne le bien-fondé de l'indu de revenu de solidarité active au titre de la période du 1er février 2020 au 31 mai 2020 :
3. Il résulte de l'instruction que M. C a bénéficié du revenu de solidarité active dans l'attente de la liquidation de ses droits à pension de retraite. Sa retraite lui ayant été octroyée par décisions des 27 mars et 2 avril 2020 avec effet rétroactif à compter d'octobre 2019, une somme de 666,87 euros, correspondant à un rappel de retraite personnelle pour la période d'octobre à mars 2020, lui a été versée au mois de mars 2020 et une somme de 4 589,01 euros, correspondant à un rappel d'allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) sur la période d'octobre à mars 2020, lui a été versée au mois d'avril 2020. La prise en compte de ces ressources a généré un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 635 euros pour la période du 1er février au 31 mai 2020.
4. Pour contester l'indu en litige, M. C fait valoir qu'il n'a perçu qu'en une seule fois la somme de 158,18 euros de la caisse d'assurance retraite. Il ressort toutefois de la notification de révision de retraite de base qu'il lui est dû un rappel de 666,87 euros. Il ne résulte pas de l'instruction que le calcul de l'indu notifié à M. C serait fondé sur une base erronée.
En ce qui concerne la récupération de l'indu de revenu de solidarité active mis à sa charge au titre du mois de septembre 2016 :
5. Aux termes de l'article L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles : " L'action en vue du paiement du revenu de solidarité active se prescrit par deux ans. Cette prescription est également applicable, sauf en cas de fraude ou de fausse déclaration, à l'action intentée par l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active ou le département en recouvrement des sommes indûment payées () ".
6. En l'espèce, M. C conteste être redevable de la somme de 228,95 euros correspondant au solde d'un précédent indu de revenu de solidarité active mis à sa charge au titre du mois de septembre 2016. Il soutient que le recouvrement de cette créance est prescrit en l'application des dispositions de l'article L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles précité. Toutefois, il résulte de l'instruction que la notification de cet indu est intervenue dans le délai de prescription et que ce délai a été interrompu en raison du caractère suspensif de son recours devant le tribunal administratif puis par ses réclamations. Par suite, le moyen de M. C tiré de la prescription ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne les retenues opérées sur l'allocation de logement sociale :
7. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " () Sauf si le bénéficiaire opte pour le remboursement de l'indu en une seule fois, l'organisme mentionné au premier alinéa procède au recouvrement de tout paiement indu de revenu de solidarité active par retenues sur les montants à échoir. / A défaut, l'organisme mentionné au premier alinéa peut également, dans des conditions fixées par décret, procéder à la récupération de l'indu par retenues sur les échéances à venir dues au titre () des aides personnelles au logement mentionnées à l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation. () Les retenues mentionnées aux troisième et quatrième alinéas du présent article sont déterminés en application des règles prévues au troisième alinéa de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale. () ". L'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation prévoit que " () Les aides personnelles au logement comprennent : () / 2° Les allocations de logement : () b) L'allocation de logement sociale. ".
8. A l'appui de sa requête, M. C soutient que les retenues de 270 euros opérées par la caisse d'allocations familiales sur l'allocations de logement sociale qui lui était due au titre des mois de juillet, août et septembre 2020 sont illégales. Il fait valoir qu'aucunes retenues ne peuvent être effectuées sur une telle prestation. Toutefois, il résulte de la combinaison des dispositions des articles L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles et L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation précitées que l'organisme payeur peut, à défaut de remboursement de l'indu de revenu de solidarité active par l'allocataire en une fois ou par retenues sur les montants à échoir au titre de cette prestation, procéder à la récupération de l'indu par retenues sur les échéances à venir dues au titre d'autres prestations et notamment au titre de l'allocation de logement sociale. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.
Sur les conclusions indemnitaires :
9. En l'espèce, il ne résulte pas de l'instruction que la caisse d'allocations familiales et le département des Pyrénées-Orientales ont commis des fautes dans la gestion du dossier de M. C. Dans ces conditions, les conclusions indemnitaires présentées par le requérant doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, au département des Pyrénées-Orientales, à la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales et à Me Bonafos.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2022.
Le président,
D. BLa greffière,
F. Roman
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 11 octobre 2022.
La greffière,
F. Roman
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026