lundi 4 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2101783 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | PONS-SERRADEIL MATHIEU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 9 avril 2021 et 18 mars 2022, M. A B, représenté par Me Pons-Serradeil, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler les titres de recettes émis par le directeur du centre hospitalier de Perpignan les 19 septembre 2016, 29 septembre 2016 et 21 janvier 2020 ;
2°) d'annuler les saisies administratives à tiers détenteur des 17 octobre 2020, 8 janvier 2021 et 13 mars 2021 et de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 47 032,08 euros, résultant de ces actes de poursuite ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le tribunal administratif est compétent pour connaître d'une contestation portant sur le bien-fondé de la créance du centre hospitalier de Perpignan ;
- les saisies administratives à tiers détenteur en litige ne sont pas signées par leur auteur et ne mentionnent ni sa qualité, ni le service auquel il appartient, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- les saisies administratives à tiers détenteur en litige n'indiquent pas les bases de la liquidation de la créance ;
- les titres de recettes ne comportent pas l'indication des bases de la liquidation ;
- les titres de recettes ne lui ont pas été notifiés ;
- les créances sont prescrites, soit par application des dispositions de l'article L. 332-1 du code de la sécurité sociale, soit par application du délai de droit commun de cinq ans ;
- l'action en recouvrement est prescrite en application des dispositions du 3° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, aucun acte de poursuite n'ayant interrompu le délai de la prescription ;
- le centre hospitalier de Perpignan ne pouvait mettre à sa charge le coût du traitement de l'hépatite C dont il était atteint, dès lors qu'une carte individuelle d'admission à l'aide médicale de l'Etat lui a été délivrée pour la période du 23 avril 2015 au 22 avril 2016.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 mars 2022, le directeur départemental des finances publiques des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. B, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
Il soutient que :
- au regard des dispositions de l'article L. 281-1 du livre des procédures fiscales, la juridiction administrative n'est pas compétente pour connaître de la contestation portant sur les saisies administratives à tiers détenteurs des 17 octobre 2020, 8 janvier 2021 et 13 mars 2021 ;
- subsidiairement, les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Verguet, rapporteur ;
- et les conclusions de M. Baccati, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler les titres de recettes émis par le directeur du centre hospitalier de Perpignan les 19 septembre 2016, 29 septembre 2016 et 21 janvier 2020, ainsi que les saisies administratives à tiers détenteur des 17 octobre 2020, 8 janvier 2021 et 13 mars 2021 et de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 47 032,08 euros, résultant de ces actes de poursuite.
Sur les conclusions à fin d'annulation des titres de recettes :
2. En premier lieu, les titres de recettes émis le 19 septembre 2016, le 29 septembre 2016 et le 21 janvier 2020, comportent la mention " pharmacie 100 % PHH ", au titre de prestations servies à M. B durant un séjour à l'hôpital, s'élevant respectivement à 15 677,36 euros, 15 677,36 euros et 15 677,36 euros, pour les journées des 29 juillet 2015, 26 août 2015 et 24 septembre 2015. Contrairement à ce que soutient le requérant, ils comportaient ainsi les bases de liquidation des sommes mises à sa charge par le centre hospitalier de Perpignan.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " Les dispositions du présent article s'appliquent également aux établissements publics de santé./ 1° En l'absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l'établissement public local permet l'exécution forcée d'office contre le débiteur./ Toutefois, l'introduction devant une juridiction de l'instance ayant pour objet de contester le bien-fondé d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local suspend la force exécutoire du titre./ L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois à compter de la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite. () ".
4. Le moyen tiré du défaut de notification des titres de recettes émis par le centre hospitalier de Perpignan ne relève pas de la contestation du bien-fondé de la créance. Dès lors, il ne peut être utilement invoqué devant le juge administratif.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 332-1 du code de la sécurité sociale : " L'action de l'assuré et des ayants droit mentionnés à l'article L. 161-14-1 pour le paiement des prestations de l'assurance maladie se prescrit par deux ans, à compter du premier jour du trimestre suivant celui auquel se rapportent lesdites prestations ; () ". Ces dispositions, qui sont relatives aux créances détenues à l'encontre des organismes de sécurité sociale notamment par les assurés sociaux, ne sont pas applicables aux créances détenues par un établissement de santé sur les personnes prises en charge en son sein. Par suite, M. B ne peut utilement s'en prévaloir.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 2224 du code civil : " Les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer. ".
7. Il résulte de l'instruction, notamment de l'avis de réception de la lettre recommandée adressée le 24 juin 2020 à Me Brunet, que les titres de recettes concernant les prestations servies à M. B les 29 juillet 2015, 26 août 2015 et 24 septembre 2015, émis par le centre hospitalier de Perpignan les 19 septembre 2016, 29 septembre 2016 et 21 janvier 2020, ont été portés à la connaissance du conseil du requérant au plus tard le 29 juin 2020, soit dans un délai de cinq ans. Ainsi la créance du centre hospitalier n'était pas atteinte par la prescription prévue par les dispositions précitées de l'article 2224 du code civil.
8. En cinquième lieu, si M. B, ressortissant moldave, soutient que le centre hospitalier de Perpignan ne pouvait mettre à sa charge le coût du traitement de l'hépatite C dont il était atteint, dès lors qu'une carte individuelle d'admission à l'aide médicale de l'Etat lui a été délivrée pour la période du 23 avril 2015 au 22 avril 2016, il résulte toutefois de l'instruction, notamment de la lettre de la caisse primaire d'assurance maladie des Pyrénées-Orientales du 17 août 2016, qu'il n'a obtenu cette aide qu'au bénéfice de fausses déclarations quant à l'existence d'une résidence stable en France, ce qui n'est pas contesté. Dès lors que sa créance ne pouvait être prise en charge par l'Etat, le centre hospitalier de Perpignan pouvait réclamer à M. B le paiement des prestations servies durant son hospitalisation.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des titres de recettes en litige.
Sur les conclusions à fin d'annulation des saisies administratives à tiers détenteurs et de décharge de l'obligation de payer la somme de 47 032,08 euros :
10. Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. / () Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés: / () c) Pour les créances non fiscales des collectivités territoriales, des établissements publics locaux et des établissements publics de santé, devant le juge de l'exécution. ".
11. Conformément aux dispositions précitées de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales, il n'appartient pas à la juridiction administrative de connaître de la contestation d'un acte de poursuite délivré en vue du recouvrement d'une créance non fiscale d'un établissement public de santé. Par suite, les conclusions de M. B à fin d'annulation des saisies administratives à tiers détenteurs émises les 17 octobre 2020, 8 janvier 2021 et 13 mars 2021 par le comptable public du centre hospitalier de Perpignan et de décharge de l'obligation de payer la somme de 47 032,08 euros, résultant de ces actes, doivent être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme quelconque au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
13. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par le directeur départemental des finances publiques des Pyrénées-Orientales au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : Les conclusions de la requête à fin d'annulation des saisies administratives à tiers détenteurs émises les 17 octobre 2020, 8 janvier 2021 et 13 mars 2021 par le comptable public du centre hospitalier de Perpignan et de décharge de l'obligation de payer la somme de 47 032,08 euros, résultant de ces actes, sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Les conclusions présentées par le directeur départemental des finances publiques des Pyrénées-Orientales au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur départemental des finances publiques des Pyrénées-Orientales.
Délibéré après l'audience du 20 juin 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Besle, président,
- M. Verguet, premier conseiller,
- Mme Teuly-Desportes, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2022.
Le rapporteur,
H. VerguetLe président,
D. Besle
La greffière,
G. Munoz
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 5 juillet 2022.
La greffière,
G. Munoz
gm
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026