jeudi 23 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2101920 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | Vice-président RIGAUD |
| Avocat requérant | SANCHEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 12 avril 2021, le 17 mai 2021 et le 14 mars 2023, Mme A D, représentée par Me Sanchez, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler les décisions du directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault en date du 20 novembre 2020 lui notifiant un indu de prime d'activité d'un montant de 5 048,20 euros pour la période de décembre 2018 à octobre 2020 et celle en date du 24 mars 2021 familiales lui accordant une remise de dette partielle, laissant à sa charge une somme de 2 424, 10 euros ;
2°) d'ordonner la restitution de la somme de 200 euros imputée le 1er décembre 2020 sur le montant du revenu de solidarité active ;
3°) lui accorder une remise de dette en application de l'article L. 845-3 8e du code de la sécurité sociale.
Elle soutient que :
- elle conteste l'existence de l'indu de prime d'activité, la caisse d'allocations familiales n'ayant pas justifié de la cause et du montant de ce dernier ;
- il ne ressort pas de la déclaration trimestrielle du 16 septembre 2020 qu'elle aurait déclaré à tort sa fille B C comme étant à sa charge, indiquant au contraire le montant des ressources de cette dernière ;
- la caisse n'indique aucun fondement juridique pour justifier l'indu ;
- la caisse ne justifie pas du caractère frauduleux de ses déclarations ;
- le calcul de l'indu est erroné ;
- elle est de bonne foi et n'a effectué aucune déclaration mensongère ; elle a en effet déclaré les revenus de sa fille ;
- sa dette résulte d'une erreur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault ;
- elle rencontre des difficultés financières importantes ; elle perçoit en effet des ressources mensuelles d'un montant total de 776,58 euros pour un total de charges de 587,16 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mars 2023, la caisse d'allocations familiales de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- l'origine de l'indu se trouve dans les fausses déclarations trimestrielles faites par Mme D ;
- Mme D ne justifie pas d'une situation financière actuelle précaire qui lui ouvrirait une éventuelle remise de dette supplémentaire.
Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 juin 2022.
Les parties ayant été averties le 15 mars 2023 que le jugement était susceptible d'être fondé sur le caractère irrecevable des conclusions tendant à l'annulation de la décision du 20 novembre 2020 prononçant un indu de prime d'activité en raison du défaut de recours administratif préalable obligatoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 16 mars 2023 à 14 heures :
- le rapport de Mme E ;
- et les observations de Me Sanchez, représentant Mme D.
La caisse d'allocations familiales de l'Hérault n'étant ni présente, ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D est allocataire de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault depuis le mois de janvier 1986 et perçoit notamment la prime d'activité. Elle s'est vu notifier, par courrier du 20 novembre 2020, un indu de prime d'activité d'un montant de 5 048,20 euros pour la période de décembre 2018 à octobre 2020. Par une décision du 24 mars 2021, le directeur de la caisse d'allocations familiales lui a accordé une remise de dette partielle, laissant à sa charge une somme de 2 424, 10 euros. Par la présente requête, Mme D demande une remise totale de sa dette ainsi que l'annulation de la décision du 20 novembre 2020.
Sur la recevabilité des conclusions relatives à l'indu de prime d'activité :
2. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. /Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité prise par l'un des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission de recours amiable, composée et constituée au sein du conseil d'administration de cet organisme et qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1. / () ".
3. Il est constant que le seul recours administratif exercé par Mme D, le 11 décembre 2020 par courrier adressé au directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault, ne tendait qu'à la remise gracieuse de sa dette prime d'activité. Ce courrier ne contenait aucune contestation relative au bien-fondé de l'indu réclamé. Par suite, Mme D n'ayant pas formé le recours administratif préalable prévu par les dispositions précitées de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale, ses conclusions tendant à l'annulation de la décision du 20 novembre 2020 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault lui a notifié un indu de prime d'activité sont irrecevables.
Sur la remise gracieuse :
4. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service (). La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".
5. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de prime d'activité, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Les conditions tenant, d'une part, à la bonne foi du demandeur et, d'autre part, à la précarité de sa situation ne peuvent être regardées comme alternatives.
6. En l'état du dossier, il ne résulte pas de l'instruction que Mme D serait à l'origine de l'indu. Dès lors, elle peut être regardée comme étant de bonne foi. En l'espèce, Mme D justifie le montant de ses ressources mensuelles d'un montant de 776,58 euros et celui de ses charges d'un montant mensuel de 587,16 euros. Par suite, eu égard aux difficultés financières avérées de la requérante, il y a lieu de prononcer une remise de sa dette pour un montant de 2 424,10 euros demeurant à sa charge après l'octroi d'une remise de dette partielle. Il résulte de tout ce qui précède que la décision du 24 mars 2021 est annulée en ce qu'elle refuse une remise totale de dette et d'accorder une remise totale de la dette mise à la charge de Mme D à hauteur de 4 848,20 euros.
7. Enfin, dans le cas où le juge administratif, saisi d'un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'aide sociale, d'aide au logement ou d'un indu au titre des dispositions en faveur des travailleurs privés d'emploi, annule cette décision et accorde lui-même une remise gracieuse totale ou partielle et que tout ou partie de l'indu a été recouvré avant que le caractère suspensif du recours n'y fasse obstacle, il appartient au juge, s'il est saisi de conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à l'administration de rembourser la somme déjà recouvrée ou s'il décide de prescrire cette mesure d'office, de déterminer le délai dans lequel l'administration, en exécution de sa décision, doit procéder à ce remboursement.
8. En l'espèce, il résulte de l'instruction que l'indu de prime d'activité en litige a fait l'objet d'un prélèvement de 200 euros le 1er décembre 2020. Par suite, en égard au motif d'annulation de la décision du 24 mars 2021 et de la remise totale de dette prononcée par le présent jugement, il y a lieu d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault de rembourser à Mme D cette somme de 200 euros dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 24 mars 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Hérault n'a fait que partiellement droit à la demande de remise de dette formulée par Mme D est annulée en ce qu'elle refuse une remise totale de dette.
Article 2 : Une remise totale de sa dette est accordée à Mme D.
Article 3 : Il est enjoint à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault de restituer à Mme D la somme de 200 euros déjà recouvrée au titre de l'indu de prime d'activité mis à sa charge dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D et au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mars 2023.
La vice-présidente désignée,
L. ELa greffière,
A. Junon
La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées en en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 23 mars 2023
La greffière,
A. Junon
No 2101920
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026