mardi 13 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2102068 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP CAUDRELIER-CANIEZ-ESTEVE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 23 avril 2021 et 25 février 2022, M. A D et Mme C B épouse D, représentés par Me Caudrelier, demandent au tribunal :
1°) de condamner l'association syndicale autorisée (ASA) du canal de Gignac à leur payer la somme de 22 627,11 euros, augmentée des intérêts au taux légal à compter du 22 décembre 2020 ;
2°) de mettre à la charge de l'ASA du canal de Gignac la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les créances qu'ils détiennent sur l'ASA du canal de Gignac, correspondant aux taxes syndicales au titre des années 2015 à 2020, ne sont pas prescrites en vertu des dispositions de l'article 1er de la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 ;
- l'ASA a commis une faute de nature à engager sa responsabilité, au regard des dispositions de l'article 5 du cahier de charges, en n'installant pas un point de livraison supplémentaire en limite de leur propriété ; son préjudice, correspondant au coût des travaux de raccordement au point de livraison existant distant de trente mètres, s'élève à 4 200 euros ;
- l'absence d'alimentation en eau du point de livraison desservant la parcelle B 1051 constitue une faute de nature à engager la responsabilité de l'ASA ; elle justifie de la réalité de son préjudice, consistant en la perte de vingt-quatre arbres fruitiers plantés sur cette parcelle, et du lien de causalité avec la faute commise ; ce préjudice s'élève à 16 608 euros.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 28 septembre 2021 et 29 mars 2022, l'ASA du canal de Gignac, représentée par Me Dillenschneider, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la réclamation du 22 décembre 2020 est tardive en ce qui concerne les taxes syndicales dont les requérants demandent le remboursement au titre des années 2015 à 2020 ;
- elle a fourni l'eau au point de livraison situé au droit de la parcelle A 1053, conformément aux dispositions de l'article 3 du règlement pour le service des arrosages et la police du canal, de sorte qu'aucune faute de nature à engager sa responsabilité ne peut être retenue à son encontre ;
- les requérants ne démontrent ni que la parcelle B 1051 était plantée de vingt-quatre arbres fruitiers en 2015, ni qu'un défaut de fourniture d'eau est survenu en 2015, ni que ce défaut d'arrosage aurait entraîné la perte de ces arbres fruitiers.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'ordonnance n° 2004-632 du 1er juillet 2004 relative aux associations syndicales de propriétaires ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Verguet, rapporteur,
- les conclusions de Mme Lorriaux, rapporteure publique,
- et les observations de Me Dillenschneider, représentant l'association syndicale autorisée du canal de Gignac.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme D, propriétaires des parcelles cadastrées A 1046, A 1051, A 1054 et B 1051 sur le territoire de la commune de Tressan, incluses dans le périmètre de l'ASA du canal de Gignac, doivent être regardés comme demandant, d'une part, la condamnation de cette association syndicale à leur rembourser la somme de 1 819,11 euros correspondant au montant total des taxes syndicales dont ils se sont acquittés au titre des années 2015 à 2020, d'autre part, sa condamnation à leur payer la somme de 20 808 euros en réparation des préjudices résultant de la faute commise dans l'exécution de ses obligations.
Sur les conclusions tendant au remboursement de la somme de 1 819,11 euros :
2. Les taxes syndicales prélevées par les ASA ont pour objet d'assurer la répartition entre les propriétaires, membres de l'association, des dépenses, essentiellement constituées par des frais de réalisation de travaux ou d'ouvrages et d'entretien de ceux-ci, qu'elles assument conformément à leur mission, de telle sorte que chaque propriété soit imposée en raison de l'intérêt qu'elle a à l'exécution desdites dépenses. Par suite, si le défaut d'accomplissement par une association syndicale de ses missions peut être de nature à entraîner la décharge de taxes syndicales, la circonstance qu'une telle association n'accomplirait qu'incomplètement ses missions ou les accomplirait de manière défectueuse, ne saurait conduire à accorder la décharge des taxes syndicales réclamées à un membre de l'association.
3. Pour demander le remboursement de la somme de 1 819,11 euros, correspondant au montant total des taxes syndicales dont ils se sont acquittés au titre des années 2015 à 2020, M. et Mme D se prévalent de l'absence d'alimentation en eau de leurs parcelles. Il résulte toutefois de l'instruction et n'est pas contesté que l'ASA du canal de Gignac remplissait ses obligations statutaires relatives à l'entretien du canal et des ouvrages permettant le transport et la distribution d'eau pour l'irrigation des propriétés appartenant aux membres de l'association sur le territoire de son périmètre syndical. La seule circonstance que les parcelles appartenant à M. et Mme D situées dans le périmètre de l'association syndicale n'auraient pas été irriguées par l'eau en provenance du canal de Gignac n'est pas de nature à entraîner par elle-même la décharge des taxes syndicales. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par l'association syndicale autorisée du canal de Gignac, les conclusions de M. et Mme D tendant au remboursement de la somme de 1 819,11 euros doivent être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
4. En premier lieu, aux termes de l'article 5 du cahier des charges d'exploitation du canal de Gignac : " Le syndicat concessionnaire est tenu d'exécuter et d'entretenir à ses frais, risques et périls, tous les travaux destinés à amener et à distribuer les eaux en tête de chaque propriété à desservir. () ".
5. Il résulte de l'instruction que les parcelles A 1046, A 1051 et A 1054 appartenant aux requérants sont desservies par un point de livraison situé, non pas en tête de cette unité foncière, mais au droit de la parcelle A 1053. Ainsi, contrairement à ce que soutient l'ASA du canal de Gignac, nonobstant la faible distance de 30 mètres séparant le point de livraison existant de la propriété des requérants, l'installation d'un point de livraison supplémentaire était nécessaire afin de desservir les trois parcelles contigües leur appartenant. Par suite, M. et Mme D sont fondés à soutenir que l'ASA du Canal de Gignac a commis une faute de faute de nature à engager sa responsabilité en se bornant à procéder, dans le courant de l'année 2017, au dédoublement du point de livraison existant.
6. Il résulte de l'instruction, notamment du devis établi le 4 décembre 2020 par la société Les Clés d'Arnoémie, que le préjudice subi par les requérants, correspondant au coût des travaux destinés à amener l'eau, provenant du canal de Gignac, en tête de leur propriété, s'élève à 4 200 euros toutes taxes comprises. Par suite, il y a lieu de condamner l'association syndicale autorisée du canal de Gignac à leur payer cette somme.
7. En second lieu, en dépit des mentions du rapport rédigé le 25 septembre 2019 par un expert désigné par la compagnie d'assurance des requérants, contestées par l'ASA du canal de Gignac, il ne résulte pas de l'instruction qu'un défaut d'alimentation en eau du point de livraison, survenu en 2015, serait à l'origine de la mort de vingt-quatre arbres fruitiers, âgés de quinze ans, plantés sur la parcelle B 1051 appartenant aux requérants. Par suite, M. et Mme D ne sont pas fondés à demander la condamnation de l'association syndicale autorisée du Canal de Gignac à leur payer la somme de 16 608 euros en réparation de ce préjudice.
Sur les intérêts :
8. Lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, les intérêts courent à compter du jour où la sommation de payer le principal est parvenue au débiteur ou, en l'absence d'une telle demande préalablement à la saisine du juge, à compter du jour de cette saisine.
9. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire droit aux conclusions de M. et Mme D tendant à assortir la somme mise à la charge de l'association syndicale autorisée du canal de Gignac des intérêts au taux légal à compter du 25 décembre 2020, date de la réception de leur réclamation préalable.
Sur les frais liés au litige :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'association syndicale autorisée du canal de Gignac la somme de 1 500 euros, à verser à M. et Mme D, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. et Mme D, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance, une somme quelconque au titre des frais exposés par l'ASA du canal de Gignac et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : L'association syndicale autorisée du canal de Gignac est condamnée à verser à M. et Mme D une somme de 4 200 euros en réparation de leur préjudice. Cette somme sera assortie des intérêts au taux légal à compter du 25 décembre 2020.
Article 2 : L'association syndicale autorisée du canal de Gignac versera à M. et Mme D une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. et Mme D est rejeté.
Article 4 : Les conclusions présentées par l'association syndicale autorisée du canal de Gignac au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, premier dénommé de la requête, pour l'ensemble des requérants, et à l'association syndicale autorisée du Canal de Gignac.
Délibéré après l'audience du 29 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Charvin, président,
- M. Verguet, premier conseiller,
- Mme Couégnat, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 décembre 2022.
Le rapporteur,
H. VerguetLe président,
J. Charvin
La greffière,
L. Salsmann
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 13 décembre 202La greffière,
L. Salsmann
Ls
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026