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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2102568

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2102568

vendredi 25 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2102568
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationPrésident BESLE
Avocat requérantVICTOR TELES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 10 mai 2021, 23 juin 2021, 4 août 2021 et 9 novembre 2022, M. C B, représenté par Me Teles, doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle le président du conseil départemental a implicitement rejeté son recours administratif contestant la mise à sa charge d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 12 782,74 euros pour la période allant du mois de janvier 2017 au mois de mai 2019 ;

2°) d'annuler la décision du 20 avril 2021 par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault lui a notifié une amende administrative d'un montant de 1 352 euros ;

3°) à titre subsidiaire, de réduire le montant de l'amende administrative mise à sa charge ;

4°) d'enjoindre à l'administration de lui rembourser les sommes retenues sur ses prestations et de rétablir ses droits ;

5°) de mettre à la charge du département de l'Hérault une somme de 1 500 euros au titre des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête ne saurait être considérée comme tardive dès lors qu'il a été gravement malade, situation qui ne lui a pas permis d'introduire son recours dans le délai requis ; il s'agit d'une circonstance exceptionnelle ;

- les décisions attaquées sont entachées d'une erreur d'appréciation de sa situation ;

- il percevait des sommes dans le cadre d'une colocation et non d'une sous-location et n'avait dès lors pas à déclarer ces ressources ;

- il a bénéficié d'une aide financière temporaire de la part de sa mère dans la mesure où il était gravement malade ;

- il n'a reçu aucune explication de la caisse d'allocations familiales et a envoyé des courriers au département restés sans réponse.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 novembre 2022, le département de l'Hérault, représenté par la SCP Vinsonneau-Paliès Noy Gauer et Associés, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

-les conclusions dirigées à l'encontre de la décision du 3 janvier 2020 sont irrecevables dès lors qu'elles sont tardives ;

- M. B ayant déménagé dans le Gard, son dossier a été transféré au département du Gard qui est seul compétent pour démontrer le bien-fondé de l'indu contesté ;

- aucun des moyens de la requête n'est fondé.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 octobre 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a bénéficié d'une ouverture de droits au revenu de solidarité active dans le département de l'Hérault. En date du 3 janvier 2020, M. B s'est vu notifier un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 12 782,74 euros pour la période allant du mois de janvier 2017 au mois de mai 2019, au motif qu'il n'avait pas déclaré la perception d'aides financières familiales, de revenus fonciers issus de la sous-location de son appartement et d'autres revenus. En date du 20 avril 2021, le requérant s'est vu notifier une amende administrative d'un montant de 1 352 euros. Par la présente requête, M. B doit être regardé comme demandant l'annulation de la décision par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault a implicitement confirmé le bien-fondé de l'indu mis à sa charge et de la décision du 20 avril 2021 lui notifiant une amende administrative.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'indu de revenu de solidarité active :

2. L'affaire étant en état d'être jugée à la date de la présente décision, il n'y a pas lieu de faire application des dispositions de l'article R. 634-1 du code de justice administrative.

3. Lorsque le recours dont est saisi le juge administratif est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

4. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre ". En vertu de l'article de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. () ". Aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ".

5. Il résulte de l'instruction que l'indu de revenu de solidarité active mis à la charge de M. B résulte de l'absence de déclaration par ce dernier de la perception d'aides financières familiales, de revenus fonciers issus de la sous-location de son appartement et d'autres revenus. Si le requérant soutient d'une part qu'il percevait des sommes dans le cadre d'une colocation et non d'une sous-location de son logement, il résulte toutefois du rapport d'enquête établi par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales le 19 décembre 2019, dont les énonciations font foi jusqu'à preuve du contraire, que la propriétaire du logement du requérant l'avait autorisé à sous-louer une partie du logement, ce que ce dernier a effectué entre les mois de novembre 2015 et de juillet 2016 et entre les mois d'août 2017 et de mars 2019. Par suite, et en se bornant à produire à l'appui de sa requête un contrat de colocation dont il s'avère qu'il s'agirait d'un faux document, M. B ne remet pas utilement en cause les conclusions du rapport d'enquête. D'autre part, si l'intéressé fait valoir qu'il a bénéficié d'une aide financière temporaire de la part de sa mère dans la mesure où il était gravement malade, cette circonstance n'est pas de nature à le dispenser de ses obligations déclaratives, alors que les formulaires de déclaration trimestrielle de ressources comportent des rubriques intitulées " pension alimentaire ", " revenus exceptionnels " et " aides et secours financiers réguliers ".

6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault a implicitement confirmé le bien-fondé de l'indu de revenu de solidarité active mis à sa charge.

En ce qui concerne l'amende administrative :

7. M. B est décédé le 17 avril 2022. Eu égard au caractère personnel de l'amende infligée par le président du conseil départemental, les conclusions de la requête dirigée contre la décision du 20 avril 2021 par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault lui a notifié une amende administrative d'un montant de 1 352 euros sont devenues sans objet. Il n'y a dès lors plus lieu de statuer sur l'amende administrative.

Sur les frais liés au litige :

8. Les dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge du département de l'Hérault, qui n'est pas la partie perdante, une quelconque somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur l'amende administrative.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au département de l'Hérault.

Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 novembre 2022.

Le président,

D. ALa greffière,

F. Roman

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 25 novembre 2022.

La greffière,

F. Roman

No 2102568

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