vendredi 25 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2102896 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Président BESLE |
| Avocat requérant | FONT & TRILLES AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 2 et 29 juin 2021, M. B C demande au tribunal que lui soit accordée une remise totale de sa dette correspondant à des indus d'aide personnalisée au logement et de complément familial.
Il soutient que :
- les indus mis à sa charge ont pour origine une erreur de la caisse d'allocations familiales qui a signalé que sa conjointe était en situation de chômage alors qu'il a bien indiqué dans ses déclarations qu'elle était salariée ;
- la caisse d'allocations familiales a elle-même reconnu avoir commis une erreur.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 novembre 2022, la caisse d'allocations familiales de l'Aude conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- le tribunal administratif est matériellement incompétent pour statuer sur l'indu de complément familial ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C est allocataire de la caisse d'allocations familiales de l'Aude. Estimant que la compagne du requérant avait perçu l'allocation d'aide au retour à l'emploi sans la déclarer, la caisse d'allocations familiales de l'Aude a notifié à M. C plusieurs indus d'aide personnalisée au logement et de complément familial. En date du 29 mai 2021, la caisse d'allocations familiales a notifié à M. C une remise totale du solde de l'indu restant à sa charge s'élevant à 82,98 euros. Par la présente requête, M. C demande au tribunal que lui soit accordée une remise totale du montant initial de sa dette.
Sur l'exception d'incompétence opposée par la caisse d'allocations familiales de l'Aude :
2. Aux termes des dispositions de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale : " Le contentieux de la sécurité sociale comprend les litiges relatifs : 1° A l'application des législations et réglementations de sécurité sociale et de mutualité sociale agricole () / ". Aux termes de l'article L. 511-1 de ce code : " Les prestations familiales comprennent : () 3°) le complément familial () ". Aux termes de l'article L. 142-8 de ce même code : " Le juge judiciaire connaît des contestations relatives : 1° Au contentieux de la sécurité sociale défini à l'article L. 142-1 () ".
3. Il résulte de ces dispositions que les litiges relatifs aux prestations familiales relèvent de la compétence du tribunal judiciaire. Par suite, et ainsi que le fait valoir la caisse d'allocations familiales en défense, les conclusions de la requête, en tant qu'elles concernent des indus de complément familial doivent être rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaitre.
Sur la demande de remise de dette :
4. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " () Les aides personnelles au logement comprennent : 1° L'aide personnalisée au logement ; () ". En outre, aux termes de l'article L. 825-3 du même code : " Le directeur de l'organisme payeur statue, dans des conditions fixées par voie réglementaire, sur : / () / 2° Les demandes de remise de dettes présentées à titre gracieux par les bénéficiaires des aides personnelles au logement. ". Enfin aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, rendu applicable par l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " () par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations () ".
5. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu d'aide personnalisée au logement, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.
6. Il résulte de l'instruction que les indus mis à la charge de M. C ont pour origine la prise en compte par la caisse d'allocations familiales de l'Aude des indemnités de chômage perçues par sa compagne. Dans sa requête, M. C soutient que les indus en cause résultent d'une erreur de la caisse d'allocations familiales qui a considéré à tort que sa compagne se trouvait en situation de chômage alors qu'il avait déclaré qu'elle était salariée. Toutefois et d'une part, la bonne foi du requérant a été reconnue par l'autorité administrative, laquelle lui a accordé une remise totale du solde de l'indu restant à sa charge s'élevant à 82,98 euros. D'autre part, le requérant ne produit aucun justificatif permettant d'évaluer la nature et l'importance de ses ressources et de ses charges. Par suite, M. C n'établit pas se trouver dans une situation de précarité qui aurait fait obstacle à ce qu'il rembourse les indus litigieux, lesquels sont à ce jour soldés par le biais de retenues sur prestations.
7. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander une remise totale de sa dette correspondant à des indus d'aide personnalisée au logement d'un montant total de 475 euros.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de la requête de M. C en tant qu'elles concernent des indus de prestations familiales sont rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaitre.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la caisse d'allocations familiales de l'Aude.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 novembre 2022.
Le président,
D. ALa greffière,
F. Roman
La République mande et ordonne au ministre délégué à la ville et au logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 25 novembre 2022.
La greffière,
F. Roman
No 2102896
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026