jeudi 2 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2103036 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Président BESLE |
| Avocat requérant | BAUTES |
Vu les procédures suivantes :
I - Par une requête et un mémoire, enregistrés les 11 juin 2021 et 27 août 2021 sous le n° 2103036, M. C G, représenté par Me Bautes, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 12 janvier 2021 par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault a confirmé la radiation de ses droits au revenu de solidarité active à compter du 1er juillet 2017 ainsi que la mise à sa charge de deux indus de revenu de solidarité active de montants respectifs de 198,33 euros pour la période du 1er septembre 2018 au 30 novembre 2018 et de 16 957,17 euros pour la période du 1er juillet 2017 au 31 mai 2020 ;
2°) d'annuler la décision du 19 juin 2020 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault lui a notifié un indu d'un montant total de 17 414,52 euros pour la période de juillet 2017 à mai 2020 ;
3°) d'enjoindre au département de l'Hérault de le décharger totalement des sommes réclamées au titre du revenu de solidarité active et de procéder à la réouverture de ses droits à compter du 1er juillet 2017 ;
4°) de mettre à la charge du département de l'Hérault une somme de 1 800 euros à verser à son conseil au titre des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision du 12 janvier 2021 est entachée d'un vice d'incompétence à défaut pour son signataire de justifier d'une délégation de signature ;
- la décision du 19 juin 2020 est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle ne comporte aucune signature ;
- la décision du 19 juin 2020 est entachée d'un vice de forme dès lors qu'elle ne précise pas le délai dans lequel il doit s'acquitter des sommes dues ;
- il n'a pas effectué de séjours à l'étranger pour une durée excédant trois mois par année civile et réside donc bien de manière stable et effective en France ;
- il a pu acheter son appartement suite à l'héritage reçu au décès de son père, qui a été déclaré au service des impôts.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 décembre 2022, le département de l'Hérault, représenté par la SCP Vinsonneau-Paliès Noy Gauer et Associés, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
M. G a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 avril 2021.
II - Par une requête, enregistrée le 20 août 2021 sous le n° 2104405, M. C G, représenté par Me Bautes, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 30 mars 2021 par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault lui a notifié une amende administrative d'un montant de 1 306 euros ;
2°) d'enjoindre au département de l'Hérault de le décharger totalement des sommes réclamées au titre de cette amende administrative ;
3°) de mettre à la charge du département de l'Hérault une somme de 1 800 euros à verser à son conseil au titre des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice d'incompétence à défaut pour son signataire de justifier d'une délégation de signature ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il n'a jamais quitté le territoire français pour une durée supérieure à trois mois par année civile et n'a ainsi jamais effectué de fausses déclarations.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 décembre 2022, le département de l'Hérault, représenté par la SCP Vinsonneau-Paliès Noy Gauer et Associés, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
M. G a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 juin 2021.
III - Par une requête et un mémoire, enregistrés les 24 septembre et 8 décembre 2021 sous le n° 2105004, M. C G, représenté par Me Bautes, demande au tribunal :
1°) d'annuler la contrainte émise le 9 septembre 2021 par le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault pour le recouvrement d'une somme de 457,35 euros au titre de l'aide exceptionnelle de fin d'année pour 2017, 2018 et 2019 ;
2°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault une somme de 1 800 euros à verser à son conseil au titre des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- la caisse d'allocations familiales a fait une mauvaise application des dispositions de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale en lui notifiant une contrainte alors qu'il est de bonne foi et se trouve dans une situation précaire.
M. G a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 novembre 2021.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A ;
- les observations de Me Misslin, représentant M. G.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. G a bénéficié d'une ouverture de droits au revenu de solidarité active dans le département de l'Hérault. Par une décision du 8 juin 2020, il s'est vu notifier un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 198,33 euros pour la période du 1er septembre 2018 au 30 novembre 2018, en raison d'une erreur de versement imputable à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault. A la suite d'un contrôle de sa situation, la caisse d'allocations familiales a informé M. G, par une décision du 19 juin 2020, de la radiation de ses droits au revenu de solidarité active à compter du 1er juillet 2017 et lui a notifié un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 16 957,17 euros pour la période du 1er juillet 2017 au 31 mai 2020. Par décision du 30 mars 2021, M. G s'est vu notifier une amende administrative d'un montant de 1 306 euros. Enfin, le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a émis, le 17 novembre 2021, une contrainte pour le recouvrement d'indus d'aide exceptionnelle de fin d'année au titre de 2017, 2018 et 2019 pour un montant de 457,35 euros. M. G demande l'annulation de la décision du 12 janvier 2021 par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault a confirmé la radiation de ses droits au revenu de solidarité active ainsi que la mise à sa charge d'un indu au titre de cette prestation. Il demande également l'annulation des décisions du 30 mars 2021 et du 17 novembre 2021.
Sur l'indu de revenu de solidarité active :
En ce qui concerne la régularité de la décision de récupération de l'indu :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental () ". L'institution par les dispositions précitées de recours administratifs préalables obligatoires à la saisine du juge, a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement le positionnement de l'administration. Il s'ensuit que les décisions prises à la suite des recours préalables sont seules susceptibles d'être déférées au juge en ce qu'elles se substituent à la décision initiale.
3. Ainsi, dans la mesure où M. G a exercé le 14 août 2020 un recours administratif préalable contre la décision de la caisse d'allocations familiales du 19 juin 2020 lui notifiant la mise à sa charge de l'indu litigieux, sur lequel le président du conseil départemental de l'Hérault a statué par décision du 12 janvier 2021, les conclusions de la requête présentées par M. G tendant à l'annulation de la décision du 19 juin 2020 doivent être regardées comme étant dirigées uniquement contre la décision du 12 janvier 2021, laquelle s'est entièrement substituée à la décision de la caisse d'allocations familiales. Dans ces conditions, ainsi que le soutient le département en défense, les moyens tirés du défaut de signature de cette dernière et de l'existence de vices de forme et de procédure, en tant qu'ils tendent à établir l'existence de vices propres de cette décision, sont inopérants.
4. En second lieu, il résulte de l'instruction que, par un arrêté du 22 octobre 2020, publié le 27 octobre 2020, le président du conseil départemental de l'Hérault a donné délégation de signature à Mme E B, directrice des solidarités actives, pour " tous actes, décisions et documents relatifs à la gestion des indus, les recours administratifs et les dossiers de présomption de fraudes ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de Mme B, signataire de la décision du 12 janvier 2021, manque en fait et doit être écarté.
En ce qui concerne le bien-fondé :
5. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active et d'aide exceptionnelle de fin d'année, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
6. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre ". Aux termes de l'article R. 262-5 dudit code : " Pour l'application de l'article L. 262-2, est considérée comme résidant en France la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois. () ". Aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. ".
7. Il résulte de ces dispositions que, pour bénéficier de l'allocation de revenu de solidarité active, une personne doit remplir la condition de ressources qu'elles mentionnent et résider en France de manière stable et effective. Pour apprécier si cette seconde condition est remplie, il y a lieu de tenir compte de son logement, de ses activités, ainsi que de toutes les circonstances particulières relatives à sa situation, parmi lesquelles le nombre, les motifs et la durée d'éventuels séjours à l'étranger et ses liens personnels et familiaux. La personne qui remplit les conditions pour bénéficier de l'allocation de revenu de solidarité active a droit, lorsqu'elle accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois, au versement sans interruption de cette allocation. En revanche, lorsque ses séjours à l'étranger excèdent cette durée de trois mois, le revenu de solidarité active ne lui est versé que pour les mois civils complets de présence en France. En toute hypothèse, le bénéficiaire du revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation, outre l'ensemble des ressources dont il dispose, sa situation familiale et tout changement en la matière, toutes informations relatives au lieu de sa résidence, ainsi qu'aux dates et motifs de ses séjours à l'étranger lorsque leur durée cumulée excède trois mois.
8. Il résulte de l'instruction qu'à la suite d'un contrôle réalisé au mois de janvier 2020, la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a estimé, sur le fondement des conclusions du rapport d'enquête établi par un agent assermenté, que M. G ne remplissait pas, depuis juillet 2017, la condition de résidence stable et effective en France prévue par les dispositions de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles et qu'il avait ainsi bénéficié indument de 16 957,17 euros de revenu de solidarité active pour la période du 1er juillet 2017 au 31 mai 2020.
9. Il résulte des termes du rapport d'enquête établi le 30 avril 2020 que pour conclure à l'absence de résidence stable et effective sur le territoire français, l'agent assermenté a relevé que l'analyse des relevés bancaires de M. G révélait de nombreux séjours à l'étranger (retraits d'espèce, achats en carte bleue, règlements d'hôtels et de billets d'avions) et qu'il ne réalisait aucun de ses achats quotidiens sur le territoire français. Le rapport indique également que les relevés de consommation en eau et en électricité du logement en France déclaré de M. G sont amplement en-deçà des consommations moyennes pour une seule personne. Enfin, le rapport relève que M. G a acheté un appartement pour un montant total de 102 351 euros financé en totalité avec un don numéraire de sa famille dont les services fiscaux ne trouvent aucune trace.
10. Afin de contester les conclusions du rapport d'enquête, M. G, qui se dit économe et responsable, soutient vivre de façon effective à Montpellier, profiter de la générosité de sa mère afin de faire des économies sur ses charges courantes et effectuer de courts séjours à l'étranger afin de rechercher un emploi dans le commerce international. Il soutient enfin qu'il a perçu des sommes d'argent au titre d'une succession lui permettant d'acheter un bien immobilier pour une somme de 102 351 euros. Enfin, le requérant, après avoir soutenu qu'il n'avait pas de passeport puis l'avoir perdu sans pouvoir déclarer sa perte, a finalement présenté une copie de son passeport qui fait apparaître de nombreux séjours à l'étranger, notamment à Chypre, en Turquie, en Biélorussie, en Lituanie, en Ukraine, en Moldavie, à Bahrein, en Italie, aux Emirats Arabes Unis, au Qatar, à Singapour, en Malaisie, en Corée, au Japon ou aux Etats-Unis. Si M. G soutient que ces séjours à l'étranger, dont il avait initialement nié l'existence, sont inférieurs à trois mois, les différents timbres apposés sur son passeport ne permettent pas de l'établir. Enfin les justificatifs de séances de kinésithérapie effectuées en France ne suffisent pas pour établir sa résidence en France. Dans ces conditions, le requérant ne remet pas utilement en cause les constatations du rapport d'enquête dont les constatations font foi jusqu'à preuve du contraire.
11. Par ailleurs et au surplus, dès lors que ses absences du territoire suffisent pour le priver du droit au revenu de solidarité active, M. G ne justifie pas de l'origine des fonds qui lui ont permis d'acquérir un bien immobilier par la seule production d'un avis de taxe foncière.
12. Il résulte de ce qui précède que M. G n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 12 janvier 2021 par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault a confirmé la radiation de ses droits au revenu de solidarité active à compter du 1er juillet 2017 ainsi que la mise à sa charge de deux indus de revenu de solidarité active de montants respectifs de 198,33 euros pour la période du 1er septembre au 30 novembre 2018 et de 16 957,17 euros pour la période du 1er juillet 2017 au 31 mai 2020.
Sur l'amende administrative :
En ce qui concerne la régularité :
13. Il résulte de l'instruction que, par un arrêté du 1er février 2021, publié le même jour, le président du conseil départemental de l'Hérault a donné délégation de signature à Mme F D, directrice du pôle politiques d'insertion, pour " Tous actes, décisions et documents concernant la gestion des indus, les recours administratifs et les dossiers de présomption de fraude ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision du 30 mars 2021 manque en fait et doit être écarté.
En ce qui concerne le bien-fondé :
14. Aux termes de l'article L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles : " La fausse déclaration ou l'omission délibérée de déclaration ayant abouti au versement indu du revenu de solidarité active est passible d'une amende administrative prononcée et recouvrée dans les conditions et les limites définies, en matière de prestations familiales, aux sixième, septième, neuvième et dixième alinéas du I, à la seconde phrase du onzième alinéa du I et au II de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale. (). ".
15. Il appartient au juge du fond, saisi d'une contestation portant sur une sanction que l'administration inflige à un administré, de se prononcer, eu égard à son office de juge de plein contentieux, sur les manquements qui sont à l'origine du prononcé de cette sanction. En vertu de l'article L. 262-52 précité du code de l'action sociale et des familles, une amende administrative peut être infligée à l'allocataire qui a perçu indument le revenu de solidarité active à la suite de fausses déclarations ou d'omissions délibérées. La fausse déclaration ou l'omission délibérée doit s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives.
16. En l'espèce, il résulte de ce qui a été dit aux points 8 à 11 du présent jugement que, contrairement à ce que soutient M. G à l'appui de sa requête, celui-ci s'est absenté du territoire français pendant plus de trois mois au cours de la période litigieuse. Le caractère constant des omissions de déclaration de ses séjours à l'étranger sur une longue période, l'importance des sommes indument perçues et le fait que le requérant ne pouvait ignorer qu'une telle situation devait être déclarée auprès des services de la caisse d'allocations familiales pour la détermination de ses droits, établissent l'existence de fausses déclarations de nature à justifier le prononcé d'une amende administrative.
17. Par suite, M. G n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 30 mars 2021 par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault lui a notifié une amende administrative d'un montant de 1 306 euros.
Sur la contrainte :
En ce qui concerne la régularité :
18. La contrainte en litige mentionne qu'elle est émise pour le recouvrement d'indus de prime exceptionnelle de fin d'année au titre de 2017, 2018 et 2019 résultant de l'absence de droits au revenu de solidarité active pour les mois de novembre et décembre de ces années. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la contrainte manque en fait et doit être écarté.
En ce qui concerne le bien-fondé :
19. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que les indus de revenu de solidarité active sont fondés et que M. G n'avait pas droit au revenu de solidarité active pour les mois de novembre et décembre des années 2017, 2018 et 2019. Par suite, il ne remplissait pas les conditions pour percevoir les primes exceptionnelles de fin d'année au titre de 2017, 2018 et 2019.
20. En deuxième lieu, aucune disposition ne prévoit que la contestation d'un indu d'aide exceptionnelle, qui n'est pas soumise à la présentation obligatoire d'un recours préalable à la saisine du juge, aurait un caractère suspensif.
21. En troisième lieu, la situation de précarité dont se prévaut le requérant est sans incidence sur le bien-fondé de la contrainte contestée.
22. Il résulte de ce qui précède que l'opposition à contrainte formée par M. G doit être rejetée.
Sur les conclusions relatives aux frais de procès :
23. Le département et la caisse d'allocations familiales n'étant pas les parties perdantes, aucune somme ne peut être mise à leur charge sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de M. G sont rejetées.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. G, au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées, au département de l'Hérault et à Me Bautes.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 février 2023.
Le président,
D. ALa greffière,
F. Roman
La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées et au préfet de l'Hérault, chacun en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 2 février 2023.
La greffière,
F. Roman
Nos 2103036, 2104405, 2105004
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026