vendredi 31 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2103065 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | BETROM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 juin 2021, M. B A, représenté par Me Betrom, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Palavas-les-Flots à lui verser la somme de 5 500 euros en réparation des préjudices subis du fait du recours abusif à des contrats à durée déterminée ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Palavas-les-Flots la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le recours abusif de la commune de Palavas-les-Flots aux contrats à durée déterminée de 2016 à 2020 est constitutif d'une faute de nature à engager sa responsabilité ;
- il est en droit d'obtenir le versement de la somme de 5 500 euros en réparation des préjudices qu'il a subis du fait du recours abusif à des contrats à durée déterminée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juillet 2022, la commune de Palavas-les-Flots, représentée par Me Merland, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge du requérant en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que la requête n'est pas fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de Mme Moynier, rapporteure publique,
- et les observations de Me Charre, représentant la commune de Palavas-les-Flots.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a été recruté par la commune de Palavas-les-Flots en qualité d'adjoint technique territorial dans le cadre de contrats à durée déterminée qui ont été renouvelés du 31 mai 2016 au 30 mars 2020, sur le fondement de l'article 3 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, afin de faire face à des accroissements temporaires ou saisonniers d'activité. Par un courrier du 28 février 2021, M. A a formé une demande indemnitaire préalable tendant à ce que la commune de Palavas-les-Flots soit condamnée à l'indemniser des préjudices qu'il estime avoir subis du fait du recours abusif à des contrats à durée déterminée, laquelle a été implicitement rejetée. Par sa requête, M. A demande au tribunal de condamner la commune de Palavas-les-Flots à réparer les préjudices qu'il estime avoir subis du fait de ses différents agissements fautifs, à hauteur de la somme globale de 5 500 euros.
Sur la responsabilité :
2. Aux termes de l'article 3 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires applicables à la fonction publique territoriale, alors applicable : " I. - Les collectivités et établissements mentionnés à l'article 2 peuvent recruter temporairement des agents contractuels sur des emplois non permanents pour faire face à un besoin lié à : / 1° Un accroissement temporaire d'activité, pour une durée maximale de douze mois, compte tenu, le cas échéant, du renouvellement du contrat, pendant une même période de dix-huit mois consécutifs ; / 2° Un accroissement saisonnier d'activité, pour une durée maximale de six mois, compte tenu, le cas échéant, du renouvellement du contrat, pendant une même période de douze mois consécutifs. () ".
3. Ces dispositions ne font pas obstacle à ce qu'un renouvellement abusif de contrats à durée déterminée ouvre à l'agent concerné un droit à l'indemnisation du préjudice qu'il subit lors de l'interruption de la relation d'emploi, évalué en fonction des avantages financiers auxquels il aurait pu prétendre en cas de licenciement s'il avait été employé dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée.
4. Il incombe aux juges du fond, pour apprécier si le recours, en application des dispositions de l'article 3 de la loi du 26 janvier 1984 citées ci-dessus, à des contrats à durée déterminée successifs, présente un caractère abusif, de prendre en compte l'ensemble des circonstances de fait qui lui sont soumises, notamment la nature des fonctions exercées, le type d'organisme employeur ainsi que le nombre et la durée cumulée des contrats en cause.
5. Il résulte de l'instruction, et n'est au demeurant pas contesté, que M. A a été employé en qualité d'adjoint technique territorial du 31 mars 2016 au 30 mars 2020 sous couvert de neuf contrats conclus au titre des 1° et 2° de l'article 3 de la loi du 26 janvier 1984, afin de faire face à des accroissements temporaires ou saisonniers d'activité au sein de la fourrière animale de la commune de Palavas-les-Flots. Ainsi, la relation de travail avec la collectivité employeur de M. A s'est traduite, sur une période inférieure à quatre ans, par la passation de neufs contrats à durée déterminée, qui ne caractérise pas, en l'espèce, une situation d'abus. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la commune de Palavas-les-Flots a abusivement recouru à des contrats à durée déterminée et à demander la réparation des préjudices en résultant.
Sur les préjudices :
6. Il résulte de ce qui précède que la commune de Palavas-les-Flots n'a pas commis de faute engageant sa responsabilité à l'égard de M. A. Par suite, en l'absence de faute susceptible d'engager sa responsabilité, le requérant n'est pas fondé à demander que la commune de Palavas-les-Flots soit condamnée à lui verser une somme en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis. Il s'ensuit que les conclusions indemnitaires de la requête doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Palavas-les-Flots, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, verse à M. A la somme demandée par lui au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du requérant une somme au titre des frais exposés par la commune de Palavas-les-Flots au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Palavas-les-Flots sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Palavas-les-Flots.
Délibéré après l'audience du 24 mars 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Rabaté, président,
- Mme Bayada, première conseillère,
- Mme Gavalda, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mars 2023.
La rapporteure,
A. CLe président,
V. RABATÉ
La greffière,
B. FLAESCH
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
B. FLAESCH
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026