vendredi 14 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2103105 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | CACCIAPAGLIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 juin 2021, M. A B, représenté par Me Cacciapaglia demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 14 292,95 euros en réparation des préjudices subis avec intérêts à compter de la réception de la demande préalable et capitalisation des intérêts ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'Etat a commis une faute en émettant un titre exécutoire afin de récupérer un indu de rémunération alors qu'il n'était redevable d'aucune somme ;
- son préjudice moral peut être chiffré à hauteur de 10 000 euros ;
- il justifie d'un préjudice matériel à hauteur d'une somme de 4 292,95 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juin 2021, le ministre de l'intérieur demande à être mis hors de cause.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er février 2022, le préfet de la zone de défense et de sécurité Sud conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est tardive en méconnaissance des articles 117 et suivants du décret n°2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- la requête est irrecevable faute pour le requérant de justifier d'une demande préalable indemnitaire liant le contentieux ;
- aucune faute n'a été commise de nature à engager la responsabilité de l'Etat en émettant un titre exécutoire afin de récupérer le trop-versé de rémunération ;
- les préjudices ne sont pas établis.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code des relations entre le public et l'administration ;
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bayada, première conseillère,
- les conclusions de Mme Moynier, rapporteure publique,
- et les observations de Me Delepine représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, gardien de la paix en fonction à la circonscription de sécurité publique de Perpignan, a été placé en congé maladie ordinaire à compter du 1er septembre 2017, puis par un arrêté du 7 novembre 2018 du préfet de la zone de défense et de sécurité Sud, en disponibilité d'office pour raison de santé, en raison de l'épuisement de ses droits statutaires à compter du 1er septembre 2018. A la suite de ce placement en disponibilité d'office, un titre de perception a été émis le 27 mars 2019 afin d'obtenir le remboursement d'un trop-perçu de rémunération d'un montant de 5 787,98 euros. Par un arrêté du 17 septembre 2019, le préfet de la zone de défense a retiré l'arrêté du 7 novembre 2018 et placé M. B en congé longue durée du 1er septembre 2017 au 31 août 2018 à plein traitement puis a prolongé ledit congé longue durée jusqu'au 28 février 2020. Par sa requête M. B demande au tribunal de condamner l'Etat à réparer les préjudices qu'il estime avoir subis du fait de l' illégalité du titre de perception à hauteur d'une somme globale de 14 292,95 euros.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. (). Et aux termes de l'article R 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
3. D'autre part, aux termes de l'article R. 421-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. Toutefois, lorsqu'une décision explicite de rejet intervient avant l'expiration de cette période, elle fait à nouveau courir le délai de recours. La date du dépôt de la demande à l'administration, constatée par tous moyens, doit être établie à l'appui de la requête. " Aux termes de l'article L. 231-4 du même code : " Par dérogation à l'article L. 231-1, le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet : () 2° Lorsque la demande ne s'inscrit pas dans une procédure prévue par un texte législatif ou réglementaire ou présente le caractère d'une réclamation ou d'un recours administratif ". Aux termes de l'article L. 112-3 de ce code : " Toute demande adressée à l'administration fait l'objet d'un accusé de réception. " Toutefois, suivant les termes de l'article L. 112-2 dudit code : " Les dispositions de la présente sous-section ne sont pas applicables aux relations entre l'administration et ses agents ". Enfin, aux termes de l'article L. 114-2 du même code : " Lorsqu'une demande est adressée à une administration incompétente, cette dernière la transmet à l'administration compétente et en avise l'intéressé ". Toutefois suivant les dispositions de l'article L. 114-1 du même code : " Les dispositions des sections 1 et 2 du présent chapitre ne sont pas applicables aux relations entre l'administration et ses agents ". Il résulte de l'ensemble de ces dispositions qu'en cas de naissance d'une décision implicite de rejet résultant du silence gardé par l'administration à l'issue de la période de deux mois suivant la réception d'une demande, le délai de deux mois pour se pourvoir contre une telle décision implicite court dès sa naissance à l'encontre d'un agent public, alors même que l'administration n'a pas accusé réception de la demande de cet agent, les dispositions désormais codifiées à l'article L. 112-3 du code des relations entre le public et l'administration n'étant pas applicables aux agents publics. Dans le cas où, dans le délai de deux mois ainsi décompté, l'auteur de la demande adressée à l'administration reçoit notification d'une décision expresse de rejet, il dispose alors, à compter de ladite notification, d'un nouveau délai de recours.
4. En l'espèce, il ressort des pièces versées au dossier que M. B a présenté une réclamation préalable auprès de la direction des finances publiques des Bouches-du Rhône par courrier du 24 novembre 2020, reçu le 3 décembre suivant, et qu'aucune réponse n'a été faite à sa demande. Ainsi, l'intéressé avait jusqu'au 4 avril 2021 pour contester le rejet implicitement opposé à sa demande indemnitaire. Par suite, les conclusions de M. B, enregistrées le 15 juin 2021 sont tardives et donc irrecevables. Et la fin de non-recevoir soulevée en défense par le préfet de la zone de défense et de sécurité Sud doit être accueillie.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par M. B doivent être rejetées, en ce compris les conclusions tendant au versement des intérêts au taux légal et à la capitalisation de ces intérêts.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que le requérant demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera transmise au préfet de la zone de défense et sécurité Sud.
Délibéré après l'audience du 24 mars 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Rabaté, président,
- Mme Bayada, première conseillère,
- Mme Gavalda, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 avril 2023.
La rapporteure,
A. Bayada Le président,
V. Rabaté
La greffière,
B. Flaesch
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 14 avril 2023.
La greffière,
B. Flaesch
N°2103105
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026