jeudi 22 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2103209 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Président BESLE |
| Avocat requérant | ANEGAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 21 juin 2021 et 12 décembre 2022, Mme C B, représentée par Me Anegas, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision 16 décembre 2020 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales a mis à sa charge un indu d'un montant total de 56 634,39 euros dont 31 285,89 euros au titre du revenu de solidarité active pour la période allant de décembre 2017 à novembre 2020, 15 092 euros au titre de l'allocation de logement familiale pour la période allant de décembre 2017 à novembre 2020, 9 921,11 euros au titre des prestations familiales pour la période allant de décembre 2017 à novembre 2020 et 335,39 euros au titre de l'aide exceptionnelle de fin d'année 2017 ;
2°) d'annuler la décision du 30 mars 2021 par laquelle la présidente du conseil départemental des Pyrénées-Orientales a confirmé la mise à sa charge d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 31 285,89 euros pour la période allant de décembre 2017 à novembre 2020 ;
3°) d'annuler la décision par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales a implicitement confirmé la mise à sa charge d'un indu d'allocation de logement familiale d'un montant de 15 092 euros pour la période allant de décembre 2017 à novembre 2020 et d'un indu d'aide exceptionnelle de fin d'année au titre de 2017 d'un montant de 335,39 euros ;
4°) de la rétablir rétroactivement dans ses droits, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge du département des Pyrénées-Orientales et de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision du 16 décembre 2020 est entachée d'un vice d'incompétence ;
- les décisions attaquées sont dépourvues de motivation en droit et en fait ;
- elle n'a jamais eu connaissance du détail de calcul de l'indu qui lui est réclamé ;
- aucun titre n'a été pris pour procéder à des retenues sur des prétendues sommes indues et lui réclamer le paiement d'une créance ;
- l'indu est prescrit ;
- les motifs de fait sur lesquels repose la décision du 16 décembre 2020 sont erronés ;
- la caisse d'allocations familiales ne rapporte pas la preuve d'un contrôle contradictoire ;
- la caisse d'allocations familiales ne rapporte nullement la preuve du bien-fondé de ses prétentions.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mars 2022, le département des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 octobre 2022, la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- le tribunal administratif est matériellement incompétent pour statuer sur les indus de prestations familiales ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le décret n° 2017-1785 du 27 décembre 2017 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a bénéficié d'une ouverture de droits à diverses prestations sociales dans le département des Pyrénées-Orientales. A la suite d'un contrôle de sa situation retenant qu'elle n'avait pas déclaré vivre en Espagne, détenir des parts dans plusieurs sociétés et percevoir des aides financières, la requérante s'est vue notifier, par une décision du 16 décembre 2020, un indu de prestations familiales d'un montant total de 56 634,39 euros. Les recours administratifs formés par l'intéressée à l'encontre de cette décision ont fait l'objet d'une décision implicite de rejet de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales et d'une décision explicite de rejet du département des Pyrénées-Orientales en date du 30 mars 2021. Par la présente requête, Mme B doit être regardée comme demandant l'annulation de ces deux dernières décisions.
Sur la compétence juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article L. 142-8 du code de la sécurité sociale : " Le juge judiciaire connaît des contestations relatives :1° Au contentieux de la sécurité sociale défini à l'article L. 142-1 () ". Aux termes de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale : " Le contentieux de la sécurité sociale comprend les litiges relatifs : 1° A l'application des législations et réglementations de sécurité sociale et de mutualité sociale agricole () ". Aux termes de l'article L. 511-1 de ce code : " Les prestations familiales comprennent : () 2°) les allocations familiales ; 3°) le complément familial ; () 7°) l'allocation de rentrée scolaire () ".
3. Il résulte de ces dispositions que le juge judiciaire est seul compétent pour connaître des litiges auxquels donne lieu l'application de la législation sur la sécurité sociale qui ne relèvent pas, par leur nature, d'un autre contentieux. Il en est ainsi de la contestation relative aux indus d'allocations familiales, de complément familial et d'allocation de rentrée scolaire. Il suit de là que les conclusions de la requête relatives à ces prestations doivent être rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître. Par suite, et ainsi que le fait valoir la caisse d'allocations familiales en défense, les conclusions de la requête, en tant qu'elles concernent ces indus doivent être rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaitre.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la régularité des décisions de récupération des indus :
S'agissant de la décision du 16 décembre 2020 :
4. Aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental () ". Aux termes de l'article L. 825-2 du code de la construction et de l'habitation : " Les contestations des décisions prises en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement par les organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur, selon des modalités fixées par voie réglementaire. ".
5. L'institution par ces dispositions de recours administratifs, préalables obligatoires à la saisine du juge, a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il suit de là que les décisions explicites ou implicites prises à la suite de tels recours se substituent nécessairement aux décisions initiales, et sont seules susceptibles d'être déférées au juge.
6. En l'espèce, il est constant que Mme B a exercé des recours administratifs préalables contre la décision de la caisse d'allocations familiales du 16 décembre 2020, lesquels ont donné lieu à une décision implicite de rejet de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales et a une décision explicite de rejet du département des Pyrénées-Orientales en date du 30 mars 2021. Dans cette mesure, les conclusions de la requête doivent être regardées comme dirigées contre ces décisions de rejet, lesquelles se sont entièrement substituées à la décision initiale de la caisse d'allocations familiales du 16 décembre 2020. Par suite, la requérante ne peut utilement se prévaloir des vices propres dont serait entachée la décision du 16 novembre 2020 à l'appui de ses conclusions.
S'agissant de la décision implicite de rejet de la caisse d'allocations familiales :
7. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () imposent des sujétions () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Aux termes de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ".
8. Il résulte de ces dispositions que lorsqu'un recours préalable obligatoire fait l'objet d'une décision implicite de rejet, cette décision se trouve entachée d'illégalité si son auteur n'en communique pas les motifs à l'intéressé dans le délai d'un mois qui suit la demande formée par ce dernier à cette fin dans le délai de recours contentieux. Il ne résulte pas de l'instruction que Mme B aurait demandé la communication des motifs de la décision implicite qu'elle conteste. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision confirmant l'indu mis à sa charge ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne le bien-fondé des indus :
S'agissant des indus de revenu de solidarité active et d'allocation de logement familiale :
9. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, d'allocation de logement familiale et d'aide exceptionnelle de fin d'année, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
10. En premier lieu, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. () ". Aux termes de l'article R. 262-5 du même code : " Pour l'application de l'article L. 262-2, est considérée comme résidant en France la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois. () En cas de séjour hors de France de plus de trois mois, l'allocation n'est versée que pour les seuls mois civils complets de présence sur le territoire. ".
11. Il résulte de ces dispositions que, pour bénéficier de l'allocation de revenu de solidarité active, une personne doit remplir une condition de ressources et résider en France de manière stable et effective. Pour apprécier si cette seconde condition est remplie, il y a lieu de tenir compte de son logement, de ses activités, ainsi que de toutes les circonstances particulières relatives à sa situation, parmi lesquelles le nombre, les motifs et la durée d'éventuels séjours à l'étranger et ses liens personnels et familiaux. La personne qui remplit les conditions pour bénéficier de l'allocation de revenu de solidarité active a droit, lorsqu'elle accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois, au versement sans interruption de cette allocation. En revanche, lorsque ses séjours à l'étranger excèdent cette durée de trois mois, le revenu de solidarité active ne lui est versé que pour les mois civils complets de présence en France. En toute hypothèse, le bénéficiaire du revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation, outre l'ensemble des ressources dont il dispose, sa situation familiale et tout changement en la matière, toutes informations relatives au lieu de sa résidence, ainsi qu'aux dates et motifs de ses séjours à l'étranger lorsque leur durée cumulée excède trois mois.
12. Aux termes de l'article R. 822-23 du code de la construction et de l'habitation : " Est considéré comme résidence principale, pour l'application du premier alinéa du II de l'article L. 822-2, le logement effectivement occupé soit par le bénéficiaire de l'aide personnelle au logement, soit par son conjoint, soit par une des personnes à charge au sens de l'article R. 823-4, au moins huit mois par an, sauf obligation professionnelle, raison de santé ou cas de force majeure. ".
13. En second lieu, aux termes de l'article L. 262-3 du code de l'action sociale et des familles, l'ensemble des ressources du foyer est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active, dans des conditions fixées par un décret en Conseil d'Etat. L'article R. 262-6 de ce code prévoit : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux () ". L'article R. 262-12 du même code précise que : " Ont le caractère de revenus professionnels ou en tiennent lieu () 1° L'ensemble des revenus tirés d'une activité salariée ou non salariée ; () ".
14.
Aux termes de l'article L. 823-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le montant des aides personnelles au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. / Ce barème est établi en prenant en considération : / 1° La situation de famille du demandeur et le nombre de personnes à charge vivant habituellement au foyer ; / 2° Ses ressources et la valeur en capital de son patrimoine et, s'il y a lieu, de son conjoint () " Aux termes des dispositions de l'article R. 822-2 du même code : " Les ressources prises en compte pour le calcul de l'aide personnelle au logement sont celles dont bénéficient le demandeur ou l'allocataire, son conjoint et les personnes vivant habituellement au foyer. / Sont considérées comme vivant habituellement au foyer les personnes y ayant résidé plus de six mois au cours de la période mentionnée au 1° de l'article R. 822-3 précédant la période de paiement prévue par l'article R. 823-6 et qui y résident encore au moment de la demande de l'aide ou du réexamen du droit à celle-ci. ".
15. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles : " L'action en vue du paiement du revenu de solidarité active se prescrit par deux ans. Cette prescription est également applicable, sauf en cas de fraude ou de fausse déclaration, à l'action intentée par l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active, le département ou l'Etat en recouvrement des sommes indûment payées. / La prescription est interrompue par une des causes prévues par le code civil () ".
16. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'enquête établi par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales le 17 novembre 2020, dont les énonciations font foi jusqu'à preuve du contraire, que Mme B a séjourné plus de trois mois en Espagne de 2017 à 2020. Il résulte du rapport que pour les périodes comprises d'août 2017 au 13 avril 2020, du 14 avril 2020 au 19 mai 2020 et du 3 juin 2020 au 17 septembre 2020, les opérations bancaires effectuées par la requérante ont été localisées en Espagne. En outre, ses deux enfants sont scolarisés en Espagne, l'un depuis septembre 2017, l'autre depuis septembre 2018. La requérante a également perçu des virements bancaires émanant de sa fille. Enfin, la requérante n'a pas déclaré sa situation de travailleur indépendant en Espagne depuis juillet 2020, ni le fait qu'elle détient des parts dans une société avec sa fille depuis 2015. Si la requérante soutient à l'appui de sa requête qu'elle n'a jamais cessé de vivre en France et que la société dans laquelle elle détient des parts n'a généré aucun bénéfice, elle ne produit aucun élément de nature à établir la réalité de ses allégations. Par suite, Mme B doit être regardée comme s'étant livrée à de fausses déclarations, lesquelles font obstacle à l'application de la prescription biennale prévue par les dispositions de l'article L. 553-1 du code de la sécurité sociale. Par suite, le moyen tiré de ce que la demande de remboursement serait prescrite doit être écarté.
17. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 30 mars 2021 par laquelle la présidente du conseil départemental des Pyrénées-Orientales a confirmé la mise à sa charge d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 31 285,89 euros pour la période allant de décembre 2017 à novembre 2020, ni de la décision par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales a implicitement confirmé la mise à sa charge d'un indu d'allocation de logement familiale d'un montant de 15 092 euros pour la période allant de décembre 2017.
S'agissant de l'indu d'aide exceptionnelle de fin d'année 2017 :
18. L'article 3 du décret n° 2017-1785 du 27 décembre 2017 dispose qu' : " une aide exceptionnelle est attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre 2017 ou, à défaut, du mois de décembre 2017, sous réserve que le montant dû au titre de ces périodes ne soit pas nul et à condition que les ressources du foyer, appréciées selon les dispositions prises en vertu de l'article L. 262-3 du code de l'action sociale et des familles, n'excèdent pas le montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 du même code ".
19. Il résulte de ce qui a été dit aux points 16 et 17 du présent jugement que Mme B ne remplissait pas les conditions pour être bénéficiaire du revenu de solidarité active au cours des mois de novembre et décembre 2017. Par suite, Mme B n'est pas d'avantage fondée à demander l'annulation de la décision implicite de la caisse d'allocations familiales en tant qu'elle confirme l'indu d'aide exceptionnelle de fin d'année 2017.
En ce qui concerne les retenues sur prestations :
20. Aucun texte ni principe n'impose que des retenues soient précédées de l'émission d'un titre ou d'une mise en demeure. Par suite, le moyen tiré de ce que les retenues sur prestations opérées par l'administration n'auraient pas été précédées de l'émission d'un titre ou d'une mise en demeure est inopérant et ne peut qu'être écarté.
Sur les frais liés au litige :
21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du département des Pyrénées-Orientales et de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales qui ne sont pas, dans la présente instance, les parties perdantes, une somme quelconque au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, au département des Pyrénées-Orientales et à la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2022.
Le président,
D. ALa greffière,
F. Roman
La République mande et ordonne au ministre délégué chargé de la ville et du logement et au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 22 décembre 2022.
La greffière,
F. Roman
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026