mardi 6 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2103270 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | MOULIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 juin 2021 et un mémoire enregistré le 17 mai 2023, Mme D C, représentée par Me Moulin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 avril 2021 par lequel le préfet de l'Hérault lui interdit, pour une durée de dix ans, d'exercer des fonctions à quelque titre que ce soit en vue de l'accueil de mineurs mentionnés à l'article L. 227-4, ou d'exploiter les locaux accueillant ces mineurs ;
2°) de mettre à la charge du département de l'Hérault la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- le rapport d'enquête est entaché d'irrégularités tant sur la forme que sur le fond ; - l'avis du conseil départemental de la jeunesse, des sports et de la vie associative n'est pas joint à la décision en litige et qu'il ne lui a pas été communiqué ;
- la procédure contradictoire et son droit à être entendue ont été méconnus dès lors qu'il n'a pas été tenu compte de ses observations écrites ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'erreurs de fait, les griefs reprochés n'étant pas matériellement établis ;
- il est entaché d'erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 227-10 du code de l'action sociale et des familles et la durée d'interdiction prononcée est disproportionnée.
Par un mémoire en défense et des pièces enregistrés les 23 décembre 2021 et 18 avril 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête au motif que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rousseau, premier conseiller,
- les conclusions de M. Lafay, rapporteur public,
- les observations de Me Moulin, représentant Mme C et les observations de M. B et Mme A, représentants le préfet de l'Hérault.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D C, titulaire du brevet d'aptitude aux fonctions d'animateur en accueils collectifs de mineurs est animatrice de colonies de vacances depuis 2012. Une enquête administrative a été ouverte le 13 janvier 2021 à son encontre à la suite d'un signalement par une structure organisatrice de séjours de vacances, qui a donné lieu à l'établissement d'un rapport en date du 18 février 2021 concluant à la nécessité de prendre à son encontre une mesure afin de protéger les mineurs. À la suite d'un avis de la formation spécialisée du conseil départemental de la jeunesse, des sports et de la vie associative réunie le 23 mars 2021, le préfet de l'Hérault, par un arrêté n° SDJES-2021-04-008 du 21 avril 2021, a interdit à Mme C, pour une durée de dix ans, d'exercer des fonctions à quelque titre que ce soit en vue de l'accueil de mineurs mentionnés à l'article L. 227-4 du code de l'action sociale et des familles, ou d'exploiter les locaux accueillant ces mineurs. Mme C demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ". Aux termes de l'article L. 121-2 du même code : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". Aux termes de l'article L. 211-2 de ce code : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 227-10 du code de l'action sociale et des familles : " Après avis de la commission départementale compétente en matière de jeunesse et de sport, le représentant de l'Etat dans le département peut prononcer à l'encontre de toute personne dont la participation à un accueil de mineurs mentionné à l'article L. 227-4 ou à l'organisation d'un tel accueil présenterait des risques pour la santé et la sécurité physique ou morale des mineurs mentionnés à l'article L. 227-4, () l'interdiction temporaire ou permanente d'exercer une fonction particulière ou quelque fonction que ce soit auprès de ces mineurs, ou d'exploiter des locaux les accueillant ou de participer à l'organisation des accueils. / En cas d'urgence, le représentant de l'Etat dans le département peut, sans consultation de ladite commission, prendre une mesure de suspension d'exercice à l'égard des personnes mentionnées à l'alinéa précédent. ".
4. Il résulte de ces dispositions que la décision d'interdiction temporaire ou permanente d'exercer une fonction particulière ou quelque fonction que ce soit auprès de mineurs constitue une mesure de police qui doit être motivée en application de l'article L. 211-2 précité et, par conséquent, qui doit donner lieu à une procédure contradictoire avant son édiction en application de l'article L. 121-1 précité, sauf si la mesure a été prise dans l'urgence.
5. Il ressort des pièces du dossier que Mme C a été auditionnée, par téléphone, le 4 février 2021 par la direction des services départementaux de l'éducation nationale, entretien au cours duquel elle a été invitée à s'expliquer sur plusieurs manquements lors du séjour qui s'est déroulé du 4 au 8 mars 2019 au centre dénommé " le désert chalet le bienveillant " à La Morte (38350), en particulier, d'avoir enfreint les consignes de sécurité fixées par le directeur du séjour quant au port obligatoire du casque durant l'encadrement de l'activité ski, d'avoir laissé seul un groupe d'enfants et d'avoir eu des comportements portant atteinte à la pudeur. Mme C fait valoir qu'émotionnellement décontenancée par cet entretien auquel elle n'était pas préparée portant sur des faits datant de près de deux ans, elle n'a été en mesure d'apporter que des réponses évasives, imprécises, approximatives voire même contradictoires aux questions qui lui ont été posées. Une convocation à se présenter le 23 mars 2021 devant le conseil départemental de la jeunesse des sports et de la vie associative a été adressée à Mme C le 22 février 2021, lui demandant de présenter ses observations pour le 9 mars 2021 au plus tard. Mme C a fait parvenir à la personne en charge de son dossier à la direction départementale de la cohésion sociale ses observations écrites par un courriel du 22 mars 2021, en réfutant chacun des faits reprochés. Si les observations écrites de Mme C n'ont pas été transmises au service dans le délai qui lui était imparti par le courrier du 22 février 2021, elles ont néanmoins été transmises en temps utile, avant la tenue de la réunion de la formation spécialisée du conseil départemental de la jeunesse, des sports et de la vie associative dont les membres pouvaient ainsi en prendre connaissance. Or, il ressort des pièces du dossier que le service a considéré que la production par Mme C de ses observations était tardive et que ces dernières n'ont pas communiquées aux membres de la formation spécialisée et ne sont pas davantage visées par la décision attaquée, laquelle se borne à faire état du rapport dressé par la direction des services départementaux de l'éducation nationale le 18 février 2021 et des réponses apportées par Mme C aux questions qui lui ont été posées lors de l'entretien téléphonique du 4 février 2021. En outre, si Mme C s'est présentée devant la formation spécialisée du conseil départemental de la jeunesse, des sports et de la vie associative le 23 mars 2021, il ne ressort pas du procès-verbal de cette réunion, qui retrace les réponses données par Mme C aux questions qui lui ont alors été posées, que l'intéressée aurait été invitée à présenter librement ses observations sur les faits reprochés. Dans ces conditions, Mme C est fondée à invoquer la méconnaissance de la procédure contradictoire et à demander l'annulation de l'arrêté en litige.
6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'accorder le bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à Mme C.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté pris par le préfet de l'Hérault le 21 avril 2021 est annulé.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C est rejeté.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à Mme D C et au préfet de l'Hérault.
Copie en sera adressée à Me Moulin.
Délibéré après l'audience du 23 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Encontre, présidente,
Mme Teuly-Desportes, première conseillère,
M. Rousseau, premier conseiller.
Décision rendue publique par mise à disposition au greffe le 6 juin 2023.
Le rapporteur,
M. ROUSSEAU
La présidente,
S. ENCONTRE La greffière,
C. ARCE
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 6 juin 2023
La greffière,
C. ARCE
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026