mardi 28 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2103344 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Vice-Président ENCONTRE |
| Avocat requérant | JOSEPH MASSENA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 28 juin 2021 et 17 octobre 2022, Mme C B, née A D, représentée par Me Joseph-Massena, demande au tribunal :
1°) de condamner le département de l'Hérault à lui verser la somme de 1 000 euros en réparation du préjudice découlant d'un manquement à l'article L. 223-1 du code de l'action sociale et des familles ;
2°) d'ordonner au département de l'Hérault de lui communiquer son entier dossier et celui de son enfant, F A D, à l'exception des actes revêtant un caractère judiciaire, en application des articles L. 311-1 et L. 311-6 du code des relations entre le public et l'administration ;
3°) de mettre à la charge du département les entiers dépens ainsi que la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la responsable du service des solidarités du département de l'Hérault a refusé de permettre à son conseil de l'assister lors du rendez-vous fixé le 12 février 2021 en méconnaissance de l'article L. 223-1 du code de l'action sociale et des familles, en justifiant ce refus par les conseils juridiques de son institution ; elle a été informée qu'une mesure de placement de son enfant serait demandée par un message difficilement audible laissé sur son répondeur téléphonique ; par courriel du 12 février 2021, son conseil a demandé la communication de son entier dossier et celui de son enfant et la transcription écrite du message téléphonique ; la demande de placement de l'enfant par les services sociaux du département a été rejetée à deux reprises par ordonnances du juge des enfants ;
- le département a commis une faute de nature à engager sa responsabilité dès lors qu'il a méconnu son droit d'être assistée de son conseil et son droit à communication de son dossier et de celui de sa fille, ce qui constitue des manquements graves et manifestement illégaux ;
- le préjudice moral qu'elle a subi est certain puisque le rendez-vous visant le placement de sa fille n'a pas pu avoir lieu par la faute de l'administration ;
- elle se réserve le droit de saisir la commission d'accès aux documents administratifs.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 juillet 2022, le département de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- le 12 février 2021, les services de solidarité départementale ont informé l'avocat de Mme B qu'il n'était pas possible de le recevoir à la date prévue de l'entretien prévue le jour-même et ont proposé de convenir d'une autre date de rendez-vous ;
- par une ordonnance du 29 mars 2021, le juge des enfants a ordonné une mesure d'investigation pour faire un bilan de la situation, afin de savoir quelle serait la mesure de protection la mieux à même de répondre aux besoins de l'enfant et aux difficultés éducatives rencontrées par sa mère ;
- Mme B ne justifie pas de la nature du préjudice subi et du montant de la somme réclamée ;
- la demande de communication de documents administratifs est irrecevable, Mme B devant saisir au préalable la commission d'accès aux documents administratifs.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Encontre, vice-présidente, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Encontre, rapporteure ;
- et les observations de Me Joseph-Massena, pour Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présenté requête, Mme B demande la condamnation du département de l'Hérault à lui verser la somme de 1 000 euros en réparation du préjudice moral qu'elle estime avoir subi en raison du refus du service de solidarité départementale de permettre à son avocat de l'assister lors de l'entretien fixé le 12 février 2021 dans le cadre du suivi de son enfant, F A D. Elle conteste également le refus du département de lui communiquer son entier dossier et celui de sa fille et demande qu'il lui soit enjoint de lui communiquer ces dossiers, à l'exception des actes revêtant un caractère judiciaire.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 223-1 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne qui demande une prestation prévue au présent titre ou qui en bénéficie est informée par les services chargés de la protection de la famille et de l'enfance des conditions d'attribution et des conséquences de cette prestation sur les droits et obligations de l'enfant et de son représentant légal. / Elle peut être accompagnée de la personne de son choix, représentant ou non une association, dans ses démarches auprès du service () ".
3. Il résulte de l'instruction que, par un courriel du 11 février 2021, le conseil de Mme B a informé le service de solidarité départementale qu'il assisterait sa cliente lors de l'entretien fixé le lendemain à 16 heures, dans le cadre du suivi de sa fille mineure, E D, en demandant de lui faire savoir si le service ne souhaitait pas que sa cliente soit accompagnée d'un avocat. Il informait en outre le service que sa cliente avait reconsidéré son accord pour un placement provisoire de l'enfant dès lors qu'elle avait obtenu son admission en internat au sein d'un établissement adapté aux troubles dont elle souffre. Par courriel du 12 février 2021, la responsable du service a indiqué au conseil de Mme B qu'il n'était pas possible de le recevoir ce jour-là mais qu'il pourrait être convenu d'un autre rendez-vous à partir du 23 février. Par courriel du même jour, le conseil de Mme B a pris acte de ce refus en rappelant les dispositions de l'article L. 223-1 du code de l'action sociale et des familles, en indiquant que sa cliente entendait mettre en œuvre les recours appropriés pour sanctionner le manquement à ces dispositions et en demandant la transmission de l'entier dossier tant de Mme B que de sa fille, à l'exception des actes revêtant un caractère judiciaire. Par un courriel du même jour, la responsable du service de solidarité départementale a précisé ne pas avoir refusé de recevoir Mme B mais que l'intéressée n'avait pas souhaité être reçue sans son conseil. Par ce même courriel, elle rappelait sa proposition de fixer un nouveau rendez-vous, à son retour de congé, dès lors qu'elle souhaitait être présente à cette rencontre avec les travailleurs sociaux.
4. Il résulte de ces échanges de courriels que, pour regrettable qu'ait été le refus de la responsable du service de solidarité départementale de permettre au conseil de Mme B de l'assister lors du rendez-vous fixé le 12 février 2021, Mme B, qui ne s'est d'ailleurs pas rendue à cet entretien, ne peut être regardée comme ayant été privée, de ce seul fait, du droit d'être accompagnée par la personne de son choix en application des dispositions de l'article L. 223-1 du code de l'action sociale et des familles, dès lors qu'un nouveau rendez-vous en présence de son avocat lui a été proposé et qu'elle n'a donné aucune suite à cette proposition, ce qui lui aurait pourtant permis de se voir délivrer l'information des mesures envisagées dans le cadre du suivi de son enfant en bénéficiant de l'assistance de son conseil. Dans ces conditions, dès lors qu'il lui était loisible de fixer un nouveau rendez-vous afin de faire valoir ses droits, notamment au regard des dispositions de l'article L. 223-1 du code de l'action sociale et des familles, Mme B n'est pas fondée à se prévaloir d'une faute commise par l'administration susceptible de lui ouvrir droit à réparation au titre d'un préjudice moral qu'elle aurait subi.
5. D'autre part, si Mme B se prévaut de ce que le service de solidarité départementale n'a pas fait droit à sa demande de communication de son dossier et de celui de sa fille, elle ne fait état d'aucun préjudice direct et certain qui aurait résulté, pour elle ou sa fille, de l'absence de cette communication.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires de Mme B ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Mme B demande au tribunal d'enjoindre au département de l'Hérault de lui communiquer son entier dossier et celui de son enfant, à l'exception des actes revêtant un caractère judiciaire, en application des articles L. 311-1 et L. 311-6 du code des relations entre le public et l'administration. Toutefois, les conclusions ainsi présentées à titre principal par Mme B, à qui il appartient, ainsi que le fait valoir le département en défense, de saisir préalablement la commission d'accès aux documents administratifs en application de l'article L. 342-1 du code des relations entre le public et l'administration, sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les dépens :
8. La présente instance n'a pas généré de dépens. Par suite, les conclusions présentées par Mme B au titre de l'article R. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Mme B étant la partie perdante dans la présente instance, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit à ses conclusions présentées au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au département de l'Hérault.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2023.
La magistrate désignée,
S. Encontre
La greffière,
L. Rocher
La magistrate désignée,
S. Encontre
La greffière,
L. Rocher
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 28 mars 2023.
La greffière,
L. Rocher lr
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026