mardi 9 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2103384 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SLATKIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 juin 2021, la SCI Charlemagne patrimoine, représentée par Me Slatkin demande au tribunal :
1°) de la décharger de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés mise à sa charge au titre de l'exercice clos en 2016 et des intérêts et pénalités correspondants ;
2°) de décharger M. A de la cotisation supplémentaire de l'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux et des intérêts et pénalités y afférents établis au titre de l'année 2016 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les bases d'imposition retenues par l'administration fiscale ont été taxées d'office de manière discrétionnaire par le service, en méconnaissance de l'article L. 74 du livre des procédures fiscales ;
- sur le déficit dégagé sur l'année 2015, reporté sur l'exercice 2016 vérifié, le montant retenu par l'administration fiscale est injustifié ;
- la procédure est entachée d'une irrégularité tirée de ce que la réponse à la réclamation est insuffisamment motivée ;
- les sommes considérées comme étant des revenus distribués constituent un prêt de la société envers M. A, associé majoritaire, et ne doivent pas être imposées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 décembre 2021, le directeur départemental des finances publiques de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il oppose deux fins de non-recevoir sur les conclusions dirigées contre les impositions relatives à l'impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux de M. A, alors que la requérante est un autre contribuable, et sur l'absence de liaison par la réclamation quant à l'objet du litige.
Il fait valoir en outre que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B ;
- les conclusions de M. Baccati, rapporteur public ;
- et les observations de Me Slatkin, pour la requérante.
Considérant ce qui suit :
1. La société civile immobilière (SCI) Charlemagne patrimoine exerce l'activité d'acquisition, de vente et de location de biens et autres biens immobiliers. Elle a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur l'ensemble des déclarations fiscales susceptibles d'être examinées et contrôlées au titre de la période allant du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2018. Par sa requête, la société demande la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés mises à sa charge au titre de l'exercice clos en 2016, en droits et pénalités, ainsi que la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, de prélèvements sociaux et des pénalités y afférentes mises à la charge de M. A, associé majoritaire de la société, au titre de l'année 2016.
Sur la recevabilité des conclusions :
2. La SCI Charlemagne patrimoine n'a pas qualité pour demander au juge de l'impôt la décharge des suppléments d'impôt sur le revenu, des prélèvements sociaux, et des pénalités y afférentes auxquels un autre contribuable, son associé, M. A, a été assujetti. Par suite, il y a lieu d'accueillir la fin de non-recevoir opposée en défense, tirée de l'irrecevabilité des conclusions à fin de décharge de ces impositions.
Sur la régularité du rejet de la réclamation :
3. Aux termes de l'article R. 198-10 du livre des procédures fiscales : " () en cas de rejet total ou partiel de la réclamation, la décision doit être motivée () ". La circonstance que l'administration omette de motiver la décision par laquelle elle rejette une réclamation tendant à la décharge ou à la réduction d'une imposition est sans influence sur la régularité ou le bien-fondé de cette imposition.
Sur le bien-fondé des impositions à l'impôt sur les sociétés :
4. Aux termes de l'article L. 66 du livre des procédures fiscales : " Sont taxés d'office : () 2° à l'impôt sur les sociétés, les personnes morales passibles de cet impôt qui n'ont pas déposé dans le délai légal leur déclaration, sous réserve de la procédure de régularisation prévue à l'article L. 68 ; ". Aux termes de l'article L. 68 du même livre : " La procédure de taxation d'office prévue aux 2° () de l'article L. 66 n'est applicable que si le contribuable n'a pas régularisé sa situation dans les trente jours de la notification d'une mise en demeure. ". Les dispositions de l'article L. 193 du même livre précisent que : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition ". L'article R. 193-1 du même livre précise que : " Dans le cas prévu à l'article L. 193 le contribuable peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition mise à sa charge en démontrant son caractère exagéré ".
5. En premier lieu, il résulte de l'instruction qu'en l'absence de dépôt des déclarations de résultats dans le délai de trente jours suivant la notification du courrier de mise en demeure de déposer, l'administration fiscale a fait une exacte application des dispositions de l'article L. 66-2 du livre des procédures fiscales en taxant d'office la société. Il appartient à la requérante qui entend contester les bases taxées d'office, de justifier du caractère exagéré des montants retenus.
6. Les bases imposables retenues par l'administration fiscale étant celles mentionnées par la déclaration déposée par la société requérante, le caractère exagéré et discrétionnaire des bases retenues par le service n'est pas démontré.
7. En deuxième lieu, aux termes du I de l'article 209 du code général des impôts, relatif à la détermination de la base de l'impôt sur les sociétés : " () en cas de déficit subi pendant un exercice, ce déficit est considéré comme une charge de l'exercice suivant et déduit du bénéfice réalisé pendant ledit exercice. Si ce bénéfice n'est pas suffisant pour que la déduction puisse être intégralement opérée, l'excédent du déficit est reporté sur les exercices suivants jusqu'au cinquième exercice qui suit l'exercice déficitaire (). ". Il résulte de ces dispositions que le report des déficits peut constituer une charge déductible du bénéfice imposable d'un exercice non prescrit et concourt, alors, à la détermination des résultats imposables de cet exercice non prescrit. Dès lors, l'administration est en droit de contrôler la réalité des déficits d'exercices prescrits reportés et il appartient au contribuable qui entend imputer sur les résultats d'un exercice le montant de déficits d'exercices antérieurs de justifier de la réalité de ces déficits, ainsi que de la réunion des conditions auxquelles leur report est subordonné.
8. Il résulte de l'instruction que la société Charlemagne patrimoine a retenu, dans sa déclaration de résultats pour l'exercice clos le 31 décembre 2016, un déficit reporté de l'exercice clos le 31 décembre 2015, d'un montant de 43 249 euros. Le service a remis en cause le montant de ce déficit reporté en fixant le montant du déficit à celui figurant effectivement sur la liasse au titre de 2015, et pour lequel il a pu corroborer le montant correspondant à un déficit admis en report sur l'exercice de 2016, à hauteur de 22 333 euros. L'administration était donc en droit de remettre en cause le montant du déficit reportable sur l'exercice 2016.
9. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article 111.a du code général des impôts : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : a. Sauf preuve contraire, les sommes mises à la disposition des associés directement ou par personnes ou sociétés interposées à titre d'avances, de prêts ou d'acomptes. ". Il est constant que M. A, associé majoritaire, bénéficiait pour un montant total de 110 469,54 euros de sommes mises à sa disposition par la société Charlemagne patrimoine dans un but de projet d'acquisition pour la société. La circonstance que ce projet n'ait pu aboutir est sans incidence sur le caractère imposable à l'impôt sur le revenu du bénéficiaire de ces sommes. Par suite, la société requérante n'est pas davantage fondée à soutenir que les revenus distribués ne présentent pas le caractère d'une distribution imposable entre les mains de l'associé majoritaire, M. A.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la société Charlemagne patrimoine tendant à la décharge des compléments d'impôt sur les sociétés et des pénalités y afférentes mises à sa charge, sans qu'il soit besoin de statuer sur leur recevabilité, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. L'Etat n'étant pas, dans la présente instance, la partie perdante, les conclusions de la société Charlemagne patrimoine tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
DECIDE :
Article 1er : La requête de la SCI Charlemagne patrimoine est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière Charlemagne patrimoine et au directeur départemental des finances publiques de l'Hérault.
Délibéré après l'audience du 17 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Rabaté, président,
Mme Doumergue, première conseillère,
Mme Viallet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mai 2023.
Le président-rapporteur,
V. BL'assesseure la plus ancienne,
C. Doumergue
Le greffier,
F. Balicki
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 10 mai 2023.
Le greffier,
F. Balicki
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026