lundi 22 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2103385 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | LOUP |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 30 juin 2021, et 29 juillet et 2 novembre 2022, la société à responsabilité limitée Danifruits, représentée par Me Loup, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) de prononcer la décharge des amendes qui lui ont été infligées sur le fondement de l'article 1737 du code général des impôts au titre des exercices clos en 2014, 2015 et 2016 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le caractère intentionnel de l'infraction n'est pas justifié par l'administration ;
- la société a modifié sa pratique dès le contrôle de facturation opéré en 2015 ce qui apporte la preuve que la société n'avait pas connaissance de l'infraction constituée par l'émission de factures à de faux noms de clients ;
- les factures litigieuses sont émises pour des professionnels ;
- le service s'est appuyé sur les procès verbaux de requisition et d'audition issus de la procédure judiciaire afin de justifier le caractère intentionnel du comportement de la société alors que cette procédure a fait l'objet d'une annulation par le juge judiciaire ;
- le premier alinéa du I de l'article 1737 du code général des impôts porte une atteinte disproportionnée au droit au respect des biens garanti par l'article 1er du protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par mémoires, enregistrés les 19 novembre 2021 et 21 octobre 2022, le directeur du contrôle fiscal Sud-Pyrénées conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.
Par des mémoires, enregistrés les 30 juillet 2021 et 2 septembre 2021, la SARL Danifruits représentée par Me Loup a demandé au tribunal de transmettre au Conseil d'Etat la question prioritaire de constitutionnalité relative à l'inconstitutionnalité des 1er et 2ème alinéas du I de l'article 1737 du code général des impôts.
Par une ordonnance du 6 septembre 2021, le président de la 2ème chambre du tribunal a refusé de transmettre cette question prioritaire de constitutionnalité.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et son 1er protocole additionnel ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A ;
- les conclusions de M. Baccati, rapporteur public ;
- et les observations de Me Loup, pour la SARL Danifruits.
Considérant ce qui suit :
1. La société à responsabilité limitée Danifruits exerce une activité de commerce en gros de fruits et légumes. Elle a fait l'objet d'une vérification de comptabilité au titre des exercices clos en 2014, 2015 et 2016. Par la présente requête, elle demande la décharge de l'amende qui lui a été appliquée au titre de ces exercices sur le fondement de l'article 1737 du code général des impôts.
2. Aux termes du I de l'article 1737 du code général des impôts : " Entraîne l'application d'une amende égale à 50 % du montant : / 1. Des sommes versées ou reçues, le fait de travestir ou dissimuler l'identité ou l'adresse de ses fournisseurs ou de ses clients, les éléments d'identification mentionnés aux articles 289 et 289 B et aux textes pris pour l'application de ces articles ou de sciemment accepter l'utilisation d'une identité fictive ou d'un prête-nom ". Il résulte des dispositions du 1 du I de l'article 1737 que l'administration peut mettre l'amende ainsi prévue à la charge de la personne qui a délivré la facture ou à la charge de la personne destinataire de la facture si elle établit que la personne concernée a, soit travesti ou dissimulé l'identité, l'adresse ou les éléments d'identification de son client ou de son fournisseur, soit accepté l'utilisation, en toute connaissance de cause, d'une identité fictive ou d'un prête-nom.
3. En déterminant le montant de cette amende en proportion du montant des sommes versées ou reçues au titre d'une facture irrégulière, les dispositions du 1 du I de l'article 1737 du code général des impôts ont retenu une assiette en rapport avec l'infraction commise tenant au fait, pour l'émetteur ou le destinataire d'une facture, de travestir ou dissimuler l'identité ou l'adresse de ses fournisseurs ou de ses clients, certains éléments d'identification obligatoires ou de sciemment accepter l'utilisation d'une identité fictive ou d'un prête-nom. Par ailleurs, en appliquant au montant des sommes versées ou reçues, un taux de 50 %, les dispositions contestées ont retenu un montant d'amende qui n'est pas disproportionné par rapport à la gravité des manquements que ces dispositions répriment, dès lors que ces manquements, réalisés par des professionnels dans le cadre de leur activité, font obstacle au contrôle des comptabilités tant du vendeur que de l'acquéreur d'un produit ou d'une prestation de service ainsi qu'au recouvrement des impositions dont ils sont le cas échéant redevables. Par suite, la SARL Danifruits n'est pas fondée à soutenir que les dispositions du 1 du I de l'article 1737 du code général des impôts portent une atteinte disproportionnée, au regard de l'objectif poursuivi, au droit au respect des biens garanti par les stipulations de l'article 1er du premier protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
4. Il résulte de l'instruction, et de la proposition de rectification du 21 décembre 2017, que, pour appliquer la pénalité contestée, le service s'est fondé sur l'examen des fichiers des écritures comptables obtenus dans le cadre des opérations de contrôle de vérification et sur les échanges réalisés avec le dirigeant au cours du débat oral et contradictoire, lequel a confirmé l'existence d'une comptabilité parallèle pour des marchandises vendues sans facture et réglées en l'espèce, avec des comptes clients libellés à de faux noms. Et la société se borne à soutenir qu'il appartient au service de justifier que les factures litigieuses ont été adressées à des professionnels. En outre, la circonstance que les résultats de la perquisition, réalisée le 23 novembre 2016 au domicile du dirigeant, ont été annulés par jugement du tribunal correctionnel de Montpellier du 21 janvier 2019 est dépourvue d'incidence, dès lors que le vérificateur ne s'est pas fondé sur ces éléments pour fonder l'application de l'amende litigieuse, mais les a mentionnés pour indiquer qu'ils corroboreaient ses propres constatations. Dans ces conditions, le service établit le bien-fondé de la pénalité appliquée.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la SARL Danifruits n'est pas fondée à demander la décharge de l'amende qui lui a été appliquée sur le fondement de l'article 1737 du code général des impôts.
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme quelconque au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La requête de la SARL Danifruits est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Danifruits, et au directeur du contrôle fiscal Sud-Pyrénées.
Délibéré après l'audience du 9 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Rabaté, président,
Mme Pater, première conseillère,
Mme Viallet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 mai 2023.
Le président-rapporteur,
V. AL'assesseure la plus ancienne,
B. Pater
Le greffier,
F. Balicki
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 23 mai 2023.
Le greffier,
F. Balicki
fb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026