lundi 6 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2103390 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | ALAIN BENSOUSSAN AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 30 juin, 24 novembre 2021 et les 22 avril et 23 juin 2022, la société anonyme Viamedis, représentée par Me Bensoussan, demande au tribunal :
1°) de " rejeter " une partie des titres de recettes visés dans les saisies administratives à tiers détenteur qui ont été réglés, n'ont jamais été transmis ou ont été annulés par le centre hospitalier de Perpignan ;
2°) d'annuler une autre partie des titres de recettes visés dans les saisies administratives à tiers détenteur en ce qu'ils sont non fondés ;
3°) d'ordonner la décharge du paiement des sommes visées dans les saisies administratives à tiers détenteurs n°37324232133 et n°37324232233 ;
4°) de mettre à la charge de la trésorerie de Perpignan et du centre hospitalier de Perpignan une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, avec intérêts au taux légal à compter de l'introduction de la requête.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- une partie des titres exécutoires n'est pas fondée, d'autres ont été mis en paiement et soldés, n'ont jamais été transmis ou ont été annulés.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 septembre 2021, le directeur départemental des finances publiques des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête, et doit être regardé comme demandant la condamnation de la société Viamedis aux dépens de l'instance et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à sa charge au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 avril 2022, le centre hospitalier de Perpignan, représenté par Me Constans, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la société Viamedis au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable pour défaut d'intérêt à agir et pour tardiveté ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un courrier du 9 octobre 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur deux moyens relevés d'office tirés d'une part de l'incompétence de la juridiction administrative pour statuer sur l'ensemble du contentieux du recouvrement des créances non fiscales des établissements publics de santé, seules les conclusions relatives au bien-fondé des créances relevant de la compétence du juge administratif, et d'autre part, de l'irrecevabilité des conclusions tendant au " rejet " des titres exécutoires dont la société Viamedis s'est acquittée entre la notification des saisies administratives à tiers détenteur et l'enregistrement de la requête.
Des observations en réponse au moyen d'ordre public ont été produites le 11 octobre 2023 pour la société Viamedis et communiquées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général des impôts ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Viallet, rapporteure ;
- les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Galy, représentant le centre hospitalier de Perpignan.
Considérant ce qui suit :
1. La société anonyme (SA) Viamedis assure, au nom d'organismes d'assurance maladie complémentaire, le bénéfice du tiers payant pour une part de dépenses non couvertes par la sécurité sociale. Le 20 avril 2021, la trésorerie du centre hospitalier de Perpignan, établissement public de santé, a diligenté deux saisies administratives à tiers détenteurs n° n°37324232133 et n°37324232233 afin de recouvrer les créances hospitalières correspondant à des titres de recettes émis entre 2018 et 2020 pour des montants respectifs de 37 447,44 euros et 14 548,71 euros. La société Viamedis demande le rejet ou l'annulation de ces titres ainsi que la décharge du paiement des sommes visées dans les deux saisies administratives à tiers détenteur.
Sur la compétence de la juridiction administrative :
2. Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction résultant de la loi du 28 décembre 2017, " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. / [] / Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : / [] / c) Pour les créances non fiscales des collectivités territoriales, des établissements publics locaux et des établissements publics de santé, devant le juge de l'exécution. ".
3. Il ressort de ces dispositions que l'ensemble du contentieux du recouvrement des créances non fiscales des collectivités territoriales et des établissements publics de santé est de la compétence du juge de l'exécution, tandis que le contentieux du bien-fondé de ces créances est de celle du juge compétent pour en connaître sur le fond.
4. Les conclusions de la requête aux fins de décharge de l'obligation de payer les sommes figurant dans les saisies administratives à tiers détenteur, ainsi que les conclusions aux fins de " rejet " des titres exécutoires n°5277685 et n°5277792 que la société Viamedis soutient, dans le dernier état de ses écritures, avoir réglés le 8 juin 2020 antérieurement à la notification des saisies administratives à tiers détenteur ressortissent au contentieux du recouvrement. Par suite, le juge de l'exécution, juge de l'ordre judiciaire, est seul compétent pour en connaître, sans que puisse être remis en cause devant lui le bien-fondé de la créance. Il s'ensuit que ces conclusions doivent être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Sur la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête :
5. Aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " Les dispositions du présent article s'appliquent également aux établissements publics de santé. / 1° En l'absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l'établissement public local permet l'exécution forcée d'office contre le débiteur / () L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois à compter de la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite. () 4° En application des articles L. 111-2 et L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif mentionne () les voies et délais de recours. ".
6. Il résulte de l'instruction que le service a diligenté des relances et mises de demeure de payer dont la société Viamedis a accusé réception les 22 mars 2019, 18 septembre 2020, 13 octobre 2020, 21 octobre 2020, 15 février 2021 et 26 mars 2021, afin de recouvrer les titres exécutoires émis entre 2018 et 2020 par le centre hospitalier de Perpignan faisant l'objet des deux saisies administratives à tiers détenteur. L'administration fiscale fait valoir sans être contestée que ces envois étaient systématiquement accompagnés d'une copie des titres correspondant, ainsi que le précise à plusieurs reprises par mail l'agente des services fiscaux à la société Viamedis. Le centre hospitalier oppose sans être contredit par la société requérante que chaque titre exécutoire en litige correspondant aux saisies à tiers détenteur n°37324232133 et n°37324232233 portaient mention des voies et délais de recours. Dans ces conditions, la société Viamedis doit être regardée comme ayant reçu les titres exécutoires en cause plus de deux mois avant l'enregistrement de la requête, le 30 juin 2021. A cette date, le délai de recours de deux mois courant à compter de la réception des titres exécutoires ou des actes en procédant était expiré, sans que la société ne puisse utilement invoquer le principe de sécurité juridique susceptible d'ouvrir un délai de recours d'un an. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par le centre hospitalier de Perpignan tirée de la méconnaissance du délai de recours contentieux doit être accueillie.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la demande de décharge du paiement de la société Viamedis ne peut qu'être rejetée, sans qu'il soit besoin d'examiner la seconde fin de non-recevoir opposée par le centre hospitalier de Perpignan et les moyens de la requête.
Sur les frais liés au litige :
8. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions du directeur départemental des finances publiques des Pyrénées-Orientales tendant à la condamnation de la société Viamedis aux entiers dépens doivent être rejetées.
9. La direction départementale des finances publiques des Pyrénées-Orientales n'ayant pas eu recours à un avocat, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat et du centre hospitalier de Perpignan la somme que demande la société Viamedis en application de ces dispositions. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la société Viamedis sur ce fondement la somme de 1 000 euros à verser au centre hospitalier de Perpignan.
DÉCIDE :
Article 1er : Les conclusions aux fins de décharge de l'obligation de payer les sommes figurant dans les saisies administratives à tiers détenteur n°37324232133 et n°37324232233 et les conclusions aux fins de " rejet " des titres exécutoires n°5277685 et n°5277792 que la société Viamedis soutient, dans le dernier état de ses écritures, avoir réglés le 8 juin 2020 antérieurement à la notification des saisies administratives à tiers détenteur sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : La société Viamedis versera une somme de 1 000 euros au centre hospitalier de Perpignan au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Viamedis, au directeur départemental des finances publiques des Pyrénées-Orientales et au centre hospitalier de Perpignan.
Délibéré après l'audience du 16 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Rabaté, président,
Mme Pater, première conseillère,
Mme Viallet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 novembre 2023
La rapporteure,
ML. VialletLe président,
V. Rabaté
Le greffier,
F. Balicki
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 7 novembre 2023.
Le greffier,
F. Balicki
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026