jeudi 6 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2103489 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat GOURSAUD |
| Avocat requérant | BAUTES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 juillet 2021, Mme B C épouse A, représentée par Me Bautes, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 janvier 2021 du directeur de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales portant notification d'une dette relative à un indu d'aide personnalisée au logement du 1er décembre 2016 au 30 septembre 2017 et de prime de fin d'année de décembre 2018 d'un montant de 517,83 euros, après retenues ;
2°) d'annuler la décision du 19 novembre 2020 du directeur de caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales portant notification d'un indu de 6 726,09 euros au titre d'un trop perçu d'aide personnalisée au logement pour un montant de 933 euros et d'un trop perçu de revenu de solidarité active d'un montant de 5 793,09 euros ;
3°) à titre principal, de la décharger totalement de sa dette au regard de sa bonne foi et de la précarité de sa situation ou, subsidiairement, de la décharger partiellement au regard des mêmes critères ;
4°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales une somme de 1 800 euros à verser à Me Bautes au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient qu'elle est de bonne foi et se trouve dans une situation financière précaire qui l'empêche de rembourser sa dette.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 novembre 2022, et des pièces complémentaires enregistrées le 2 décembre 2022, la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- les conclusions de la requête visant à contester le bien-fondé de l'indu au titre de l'aide personnalisée au logement sont irrecevables faut de recours préalable obligatoire ;
- les trop-perçus réclamés sont fondés ;
- Mme A a manqué à ses obligations déclaratives de manière répétée et s'est rendue auteure de fausses déclarations, ce qui fait obstacle à toute remise de dette ; en outre elle ne démontre pas qu'elle serait dans une situation de précarité financière justifiant une remise de dette.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 31 mai 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Goursaud, premier conseiller, pour statuer sur le litige en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Goursaud a été entendu au cours de l'audience publique, l'instruction ayant été close, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire à l'audience, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a fait l'objet d'un contrôle des services de la caisse d'allocations familiales (CAF) des Pyrénées-Orientales ayant révélé qu'elle avait omis de déclarer la pension alimentaire qu'elle perçoit depuis octobre 2007 au profit de son fils D ainsi que les salaires perçus par ce dernier depuis dévier 2018. Le 19 novembre 2020, elle s'est vue notifier un indu global de 6 276,09 euros au titre d'un trop-perçu d'aide personnalisée au logement et du revenu de solidarité active. Par courrier du 30 novembre 2020 réceptionné 7 décembre 2020, Mme A a sollicité une remise totale de sa dette. Par décision du 28 janvier 2021, le directeur de la CAF des Pyrénées-Orientales lui a adressé une notification de dette relative à un indu d'aide personnalisée au logement du 1er décembre 2016 au 30 septembre 2017 et de prime de fin d'année de décembre 2018 d'un montant de 517,83 euros, après retenues. Enfin par décision du 26 mai 2021, la même autorité a refusé de faire droit à sa demande de remise de dette. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal l'annulation des décisions des 19 novembre 2020 et 28 janvier 2021 et de la décharger de l'obligation de payer la somme réclamée au titre de ces indus.
Sur l'étendue du litige :
2. D'une part, en vertu des dispositions combinées des articles L. 812-1, L. 821-1, L. 823-9, L. 825-3, R. 825-2 et R. 825-3 du code de la construction et de l'habitation ainsi que des articles L. 553-2 et R. 142-1 du code de la sécurité sociale, les aides personnelles au logement, au nombre desquelles figure l'aide personnalisée au logement, sont liquidées et payées, pour le compte du fonds national d'aide au logement, c'est-à-dire au nom de l'Etat, par les organismes chargés de gérer les prestations familiales.
3. D'autre part, l'aide exceptionnelle instituée, au titre de l'année 2018, par le décret n° 2018-1150 du 14 décembre 2018 est attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l'Etat, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole notamment pour les allocataires du revenu de solidarité active.
4. Lorsque l'un des organismes mentionnés au point 2 décide de récupérer un paiement indu d'aides personnelles au logement et/ou un paiement indu d'aide exceptionnelle de fin d'année, remettant ainsi en cause des paiements déjà effectués, la personne qui en conteste le bien-fondé doit, avant de saisir le juge, former un recours administratif préalable auprès de la commission de recours amiable de cet organisme et la décision prise par le directeur de cet organisme, après avis de cette commission, se substitue à la décision initiale et est seule susceptible d'être contestée devant le juge administratif. Statuant sur un recours dirigé contre une telle décision, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient également, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
5. Lorsque l'un des organismes mentionnés au point 2 décide de récupérer un paiement indu d'aides personnelles au logement et/ou un paiement indu d'aide exceptionnelle de fin d'année, et que le bénéficiaire concerné, sans contester le principe ou la quotité de l'indu mis à sa charge, présente une demande de remise gracieuse de sa dette, le directeur de cet organisme, après avoir recueilli l'avis de la commission de recours amiable, peut décider d'accorder une remise totale ou de réduire le montant de la créance qu'il détient dans le cas où le débiteur est de bonne foi et que la précarité de sa situation le justifie. Lorsque l'allocataire a fait de fausses déclarations, lesquelles doivent s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives, ou s'est livré à des manœuvres frauduleuses, aucune remise de dette ne peut en revanche lui être accordée. Statuant sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'aide personnelle au logement, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
En ce qui concerne la décision de notification d'indu du 19 novembre 2020 :
6. Il résulte de l'instruction et notamment des termes du courrier du 30 novembre 2020 que Mme A s'est bornée à faire valoir sa précarité financière en sollicitant une remise totale de dette. La requérante ne peut ainsi être regardée comme ayant exercé un recours administratif dirigé contre la décision de récupération d'indu. Il s'ensuit que les conclusions à fin d'annulation dirigées contre cette décision sont irrecevables et doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision de notification de dette du 28 janvier 2021 :
7. La décision litigieuse, si elle n'a pas pour objet de rejeter la demande de remise gracieuse formée par la requérante, doit toutefois être regardée, compte tenu de son intervention deux mois après le dépôt d'une telle demande, comme révélant une telle décision de rejet, au demeurant confirmée expressément par la décision du 26 mai 2021.
8. En l'espèce, il résulte de l'instruction que l'indu de revenu de prime d'activité notifié à Mme A trouve son origine dans la réintégration dans les ressources de l'intéressée des pensions alimentaires perçues par son fils et des salaires perçus par ce dernier depuis le mois de février 2018. Compte tenu de la présentation des formulaires de déclaration des ressources remplis par la requérante au cours de la période litigieuse, du caractère réitéré des omissions et de l'absence d'élément de nature à justifier sa bonne foi, Mme A ne peut prétendre à une remise ou à une réduction de l'indu d'aide personnalisée au logement ou de la prime exceptionnelle ainsi généré, quelle que soit sa situation de précarité au demeurant non démontrée au regard de sa dette résiduelle compte tenu des retenues déjà effectuées. Dans ces conditions, Mme A ne justifie pas être en situation d'obtenir le bénéfice d'une remise gracieuse totale ou partielle.
9. Il résulte de l'ensemble de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions attaquées. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins de décharge doivent être également rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la CAF des Pyrénées-Orientales, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, le versement de la somme que demande Mme A au titre des frais qu'elle a exposés et qui ne sont pas compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C épouse A et à la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2023.
Le magistrat désigné,
F. Goursaud
La greffière,
A. Junon
La République mande et ordonne à la ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 6 juillet 2023.
La greffière,
A. Junon00
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026