jeudi 13 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2103612 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | ENSENAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 8 juillet 2021 et le 13 mai 2022, la commune de Balaruc-les-Bains, la société publique locale d'exploitation (SPLE) des thermes de Balaruc-les-Bains et la SA Axa France IARD, représentées par la SCP Coste, Daude, Vallet, Lambert, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) la condamnation solidaire de la SARL DHA, l'EURL AMG Architecte, la SASU Bureau Michel Forgue, la SA Socotec France, la SASU Sogea Sud Batiments et enfin la SAS Boon Edam France à payer à la commune de Balaruc-les-Bains la somme de 197 003,75 euros toutes taxes comprises en remboursement du cout de réparation des désordres affectant la porte tournante de l'espace thermal de la commune, assortie des intérêts au taux légal à compter du 8 juillet 2021 ;
2°) la condamnation solidaire de la SARL DHA, l'EURL AMG Architecte, la SASU Bureau Michel Forgue, la SA Socotec France, la SASU Sogea Sud Batiments et enfin la SAS Boon Edam France à payer à la commune de Balaruc-les-Bains ainsi qu'à la SPLE des thermes de Balaruc-les-Bains les sommes de 127 641,59 euros hors taxe au titre des mesures conservatoires avec intérêts au taux légal à compter du 26 février 2018 et 916,06 euros de frais d'huissier ;
3°) la condamnation solidaire de la SARL DHA, l'EURL AMG Architecte, la SASU Bureau Michel Forgue, la SA Socotec France, la SASU Sogea Sud Batiments et enfin la SAS Boon Edam France à payer à la commune de Balaruc-les-Bains ainsi qu'à la SPLE des thermes de Balaruc-les-Bains et à la SA Axa France IARD la somme de 9756,06 euros au titre des indemnités versées à un tiers victime de dommages corporels du fait de la porte tournante de l'établissement thermal ;
4°) la condamnation solidaire de la SARL DHA, l'EURL AMG Architecte, la SASU Bureau Michel Forgue, la SA Socotec France, la SASU Sogea Sud Batiments et enfin la SAS Boon Edam France à payer à la commune de Balaruc-les-Bains ainsi qu'à la SPLE des thermes de Balaruc-les-Bains et à la SA Axa France IARD la somme de 9 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens dont les frais d'expertise taxés à la somme de 16 210,46 euros.
Elles soutiennent que :
- la porte de l'établissement thermal, dont les travaux ont été réceptionnés le 11 octobre 2014, est atteinte de désordres de nature décennale ayant notamment conduit à plusieurs incidents corporels ;
- la maitrise d'œuvre et notamment le bureau Michel Forgue, le cabinet DHA et l'EURL AMG Architecte sont responsables du choix de cette porte inadaptée, du défaut d'essais en cours de chantier et d'un défaut de conseil du maitre d'ouvrage quant à sa réception ;
- le contrôleur technique Socotec n'a pas valablement réalisé les missions qui lui ont été confiées relatives au fonctionnement des installations, aux essais en cours de chantier et à l'accessibilité des personnes handicapées ;
- la société Sogea Sud Batiments et son sous-traitant Boon Edam sont responsables pour la conception et la réalisation de la porte tournante défectueuse ;
- les préjudices consistent en :
* la solution de reprise de l'entrée de l'établissement thermal à hauteur de 197 003,75 euros, étant précisé que la taxe sur la valeur ajoutée est due eu égard au régime fiscal auquel est assujetti la commune ;
* la mise en œuvre de mesures conservatoires à hauteur de 127 641,59 euros hors taxes ;
* le paiement d'un constat d'huissier à hauteur de 916,06 euros
* le paiement d'une somme de 9 756,06 euros à un tiers victime de dommages corporels causés par la porte en litige.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 21 février 2022 et le 13 juin 2022, la société Socotec Construction, venant aux droits de la société Socotec France, représentée par la SCP Bène, conclut au rejet de la requête et des conclusions à son encontre, à la condamnation solidaire de la SARL DHA, l'EURL AMG Architecte, la SASU Bureau Michel Forgue et la SASU Sogea Sud Batiments à la relever et garantir de toute condamnation à son encontre et à la condamnation des parties qui succombent à lui verser une somme de 2000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Elle fait valoir que :
- sa responsabilité ne peut être engagée au titre de la mission F relative au fonctionnement des installations car celle-ci ne portait pas sur la porte tambour ;
- elle a régulièrement rempli la mission PV, relative aux contrôles des essais effectués par les entreprises même si les essais dont il s'agit ne lui ont pas été transmis ;
- elle a régulièrement réalisé la mission hand, relative à l'accès par les personnes handicapées car l'établissement respecte les dispositions réglementaires applicables ;
- sa responsabilité ne peut être engagée que dans la limite des missions définies par le contrat le liant au maitre de l'ouvrage.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 24 février 2022, la SASU Sogea Sud Bâtiment, représentée par la SCP SVA, conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à la condamnation solidaire de la SARL DHA, la SARL AMG Architecte, la SASU Bureau Michel Forgue, la SA Socotec France et enfin la SAS Boon Edam France à la garantir des condamnations prononcées à son encontre, incluant les dépens ;
3°) à la condamnation de la SMABTP, assureur dommages-ouvrages de la commune de Balaruc-les-Bains à la garantir des condamnations prononcées à son encontre au titre des mesures conservatoires mises en place et exclure tout recours à son encontre de cet assureur ;
4°) de mettre à la charge des parties succombantes une somme de 3 000 euros ainsi qu'une somme de 5000 euros à la charge de la SMABTP sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- seul son sous-traitant, responsable du lot correspondant à la porte tambour est responsable des désordres et il y a lieu de faire droit à la condamnation directe de ce dernier ou à un appel en garantie à son encontre ;
- le préjudice tiré du remboursement des mesures conservatoires mises en place est irrecevable faute pour la commune d'avoir sollicité son assureur dommages ouvrage qui doit seul prendre en charge ces dépenses ;
- les sommes versées par un tiers sont inopposables en l'espèce et incombe à l'assureur de la commune.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 avril 2022, la SARL DHA, l'EURL AMG Architectes et la SASU Bureau Michel Forgue, représentées par la SCP Aben et Ensenat, concluent au rejet de la requête, à la condamnation solidaire de la SASU Sogea Sud Batiments, de la SA Socotec France et de la SAS Boon Edam à les relever et garantir de toute condamnation à leur encontre incluant les dépens, à titre subsidiaire à ce que le préjudice soit limité à une somme de 161 300 euros et à ce que soit mise à la charge des parties qui succombent une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles font valoir que :
- le bureau Michel Forgue n'avait pas en charge l'analyse des offres et il n'a pas commis de faute ;
- la porte en litige permettait de répondre à l'accueil du flux de visiteurs attendus et aucune faute ne peut être imputée à la société AMG Architecte alors que la conformité de cette porte était attestée par des organismes externes ;
- le cabinet DHA n'avait aucune mission en cours de chantier et la conception de la porte tambour incombait au seul constructeur Boon Edam ;
- l'indemnité allouée au titre des travaux ne doit pas inclure la taxe sur la valeur ajoutée faute de précision sur les conditions d'assujettissement de la commune à cette taxe ;
- les préjudices immatériels liés aux mesures conservatoires incombent aux requérantes qui n'ont pas mobilisé la garantie dommages-ouvrage, ont eu un recours abusif à une agence d'intérim et ont tardé à mettre en œuvre une solution pérenne ;
- la somme versée par l'assureur de la commune à un tiers victime de dommages est inopposable aux constructeurs.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 juillet 2022, la SAS Boon Edam France, représentée par la SCP Cascio, Ortal, Dommé, Marc, Danet, conclut au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce que sa responsabilité soit limitée à 10% des dommages et à condamner la SARL DHA, l'EURL AMG Architectes, la SASU Bureau Michel Forgue et la SA Socotec France à la relever et garantir de toutes sommes mises à sa charge.
Elle fait valoir qu'aucune faute ne peut lui être imputée au titre de la conception de l'entrée de l'établissement puisque cette mission incombait à la maitrise d'œuvre et l'expert a reconnu l'inadaptation de la porte tambour au fonctionnement de l'établissement.
Vu :
- les ordonnances n° 1704157, n° 1705966 et n° 1901392 du juge des référés du tribunal administratif en date du 19 octobre 2017, du 13 février 2018 et du 18 avril 2019 prescrivant une expertise de la porte tambour de l'établissement thermal de la commune de Balaruc-les-Bains ;
- l'ordonnance du 27 février 2020 taxant les frais d'expertise à la somme de 16 210,46 euros toutes taxes comprises ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lesimple, première conseillère,
- les conclusions de M. Lauranson, rapporteur public,
- et les observations de Me Oustric, représentant la commune de Balaruc les bains et autres, celles de Me Ensenat, représentant la SARL DHA, l'EURL AMG Architectes et la SASU Bureau Michel Forgue, celles de Me Danet, représentant la SAS Boon Edam et celles de Me Rigeade, représentant la SASU Sogea Sud Bâtiment.
Considérant ce qui suit :
1. La communauté de Balaruc-les-Bains a fait réaliser sur son territoire un établissement thermal, dont il est constant que les travaux ont été réceptionnés le 11 octobre 2014 et dont la gestion a été confiée à la société publique locale d'exploitation (SPLE) des thermes de Balaruc-les-Bains. Le lot n° 12 du macro-lot n° 1, relatif à la porte tambour destinée à constituer l'entrée principale du bâtiment a été attribué à la société Sogea Sud Bâtiment et a fait l'objet d'une sous-traitance assurée par la société Boon Edam.
2. A la suite de plusieurs accidents corporels liés au fonctionnement de cette porte, les requérantes ont demandé au tribunal administratif la désignation d'un expert afin que ce dernier se prononce sur les désordres et dysfonctionnements l'affectant. Ce dernier a déposé son rapport le 10 février 2020. Sur le fondement de la garantie décennale, les requérantes demandent la condamnation solidaire de la SARL DHA, l'EURL AMG Architecte, la SASU Bureau Michel Forgue, la SA Socotec France, la SASU Sogea Sud Batiments et enfin de la SAS Boon Edam France à les indemniser des préjudices qu'elles estiment en lien avec les désordres affectant cette porte tambour à hauteur de 335 317,46 euros. Les sociétés mises en cause concluent au rejet de ces conclusions et présentent, à titre subsidiaire, des appels en garantie croisés.
Sur l'engagement de la responsabilité décennale des constructeurs :
En ce qui concerne l'ensemble des constructeurs :
3. Aux termes de l'article 1792 du code civil : " Tout constructeur d'un ouvrage est responsable de plein droit, envers le maître ou l'acquéreur de l'ouvrage, des dommages, même résultant d'un vice du sol, qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou qui, l'affectant dans l'un de ses éléments constitutifs ou l'un de ses éléments d'équipement, le rendent impropre à sa destination. Une telle responsabilité n'a point lieu si le constructeur prouve que les dommages proviennent d'une cause étrangère ". L'article 1792-2 du même code prévoit que : " La présomption de responsabilité établie par l'article 1792 s'étend également aux dommages qui affectent la solidité des éléments d'équipement d'un ouvrage, mais seulement lorsque ceux-ci font indissociablement corps avec les ouvrages de viabilité, de fondation, d'ossature, de clos ou de couvert. Un élément d'équipement est considéré comme formant indissociablement corps avec l'un des ouvrages de viabilité, de fondation, d'ossature, de clos ou de couvert lorsque sa dépose, son démontage ou son remplacement ne peut s'effectuer sans détérioration ou enlèvement de matière de cet ouvrage ".
4. Le constructeur dont la responsabilité est recherchée sur le fondement de la garantie décennale ne peut en être exonérée, outre les cas de force majeure et de faute du maître d'ouvrage, que lorsque, eu égard aux missions qui lui étaient confiées, il n'apparaît pas que les désordres lui soient en quelque manière imputables.
5. Il ressort du rapport d'expertise en date du 10 février 2020, non contesté sur ce point, que la porte tambour en litige est affectée de désordres qui consistent en des dispositifs d'arrêt d'urgence insuffisants ou tardifs voire parfois inefficaces et une vitesse des portes trop rapide. Alors que ces vices sont de nature à constituer un danger pour les utilisateurs, ils rendent la porte en litige impropre à sa destination et, dans la mesure où celle-ci fait indissociablement corps avec l'établissement thermal, ils sont susceptibles d'engager la responsabilité décennale des constructeurs.
En ce qui concerne la responsabilité de la maîtrise d'œuvre :
6. Il résulte de l'instruction et de la convention de maitrise d'œuvre que le bureau Michel Forgue avait notamment en charge la rédaction du cahier des clauses techniques particulières et dirigeait l'analyse des offres des entreprises sélectionnées. La société AMG Architecture a participé à cette analyse et avait également pour mission l'examen de la conformité des documents d'exécution, la direction du chantier et l'assistance à maitrise d'ouvrage pour la réception. Enfin, la société DHA avait également pour mission l'examen de la conformité des documents d'exécution et participait à la direction du chantier. Par ailleurs, ces deux sociétés, en qualité d'architectes, ont participé à la définition du projet en litige.
7. D'une part, alors que le cahier des clauses techniques particulières se limitait à faire référence à une porte tambour de type Tournex fabriquée par l'entreprise Boon Edam ou d'un produit techniquement équivalent, sans préciser par exemple la nécessité d'adapter la vitesse de cette porte, et que n'est pas versé au débat le rapport d'analyse des offres, il n'est pas établi que la maitrise d'œuvre aurait valablement rempli son devoir de conseil auprès du maître d'ouvrage afin de vérifier que la porte sélectionnée serait la plus à même d'assurer la sécurité des usagers. Par ailleurs, s'il est soutenu qu'un rapport de juillet 1999, réalisé par un expert technique extérieur, a confirmé la conformité des portes automatique Tournex de la société Boon Edam aux réglementations applicables aux établissements recevant du public, il résulte de l'instruction que cette certification ne portait pas sur le même type de porte que celle installée dans l'établissement thermal. En tout état de cause, ce rapport relève que la procédure de réglage sur place de la porte permet d'assurer " a priori " la qualité du produit et la sécurité des usagers mais il n'est pas établi, en l'espèce, que la porte installée aurait fait l'objet de réglages spécifiques, adaptés au public accueilli ou que des essais relatifs à son fonctionnement auraient été effectués avant que ne soit prononcée sa réception sans réserve. Dès lors, la maitrise d'œuvre n'a pas valablement rempli les missions de direction et de suivi du chantier qui lui étaient confiées.
En ce qui concerne la responsabilité du contrôleur technique :
8. Aux termes de l'article L. 125-2 du code de la construction et de l'habitation, dispositions autrefois codifiées à l'article L. 111-24 du même code : " Le contrôleur technique est soumis, dans les limites de la mission à lui confiée par le maître d'ouvrage, à la présomption de responsabilité édictée par les articles 1792, 1792-1 et 1792-2 du code civil, qui se prescrit dans les conditions prévues à l'article 1792-4-1 du même code. Le contrôleur technique n'est tenu vis-à-vis des constructeurs à supporter la réparation de dommages qu'à concurrence de la part de responsabilité susceptible d'être mise à sa charge dans les limites des missions définies par le contrat le liant au maître d'ouvrage ".
9. En l'espèce, la société Socotec s'est vue confier une mission " F " relative au fonctionnement des installations, une mission " PV " relative au recollement et à l'examen des procès-verbaux des essais effectués sur les installations techniques et une mission " hand " relative à l'accessibilité des constructions pour les personnes handicapées.
10. D'une part, s'agissant de la première mission évoquée, il y a lieu d'écarter toute responsabilité de la société Socotec dans la mesure où celle-ci établit qu'elle n'incluait pas la porte tournante en litige.
11. D'autre part, aux termes de l'article 10 de l'arrêté du 1er aout 2006 fixant les dispositions relatives à l'accessibilité aux personnes handicapées des établissements recevant du public et des installations ouvertes au public lors de leur construction ou de leur création : " Dispositions relatives aux portes, portiques et sas. I. - Toutes les portes situées sur les cheminements doivent permettre le passage des personnes handicapées et pouvoir être manoeuvrées par des personnes ayant des capacités physiques réduites, y compris en cas de système d'ouverture complexe. Les portes comportant une partie vitrée importante doivent pouvoir être repérées par les personnes malvoyantes de toutes tailles et ne pas créer de gêne visuelle. Les portes battantes et les portes automatiques doivent pouvoir être utilisées sans danger par les personnes handicapées. Les sas doivent permettre le passage et la manoeuvre des portes pour les personnes handicapées. Toutefois, lorsqu'un dispositif rendu nécessaire du fait de contraintes liées notamment à la sécurité ou à la sûreté s'avère incompatible avec les contraintes liées à un handicap ou à l'utilisation d'une aide technique, notamment dans le cas de portes à tambour, tourniquets ou sas cylindriques, une porte adaptée doit pouvoir être utilisée à proximité de ce dispositif. () ".
12. Alors que la mission " hand " se limite à s'assurer de l'accessibilité des constructions aux personnes handicapées et donc de l'application des dispositions réglementaires précitées, il n'est pas contesté que l'accès à l'établissement thermal en litige par les personnes handicapées est assuré, le cas échéant, par l'usage des portes battantes situées de part et d'autre de la porte tambour. Dès lors, malgré les désordres affectants la porte tambour en litige, la société Socotec n'a pas failli à la mission qui lui était confiée.
13. Enfin, il n'est pas contesté que les essais devant être réalisés par les constructeurs et vérifiés par le contrôleur technique dans le cadre de sa mission " PV " n'ont pas été transmis à la société Socotec, laquelle a, de ce fait, porté un avis défavorable s'agissant de la vérification de ces essais dans le rapport final du contrôleur technique qu'elle a établi le 13 octobre 2014. Dès lors, en l'absence de toute contestation quant à cet avis défavorable ou aux suites qui lui ont été données, la société Socotec a valablement rempli la mission qui lui avait été confiée.
14. Il résulte de ce qui précède que les désordres en litige ne sont pas imputables au contrôleur technique Socotec.
En ce qui concerne la responsabilité du constructeur et de son sous-traitant :
15. Il appartient, en principe, au maître d'ouvrage qui entend obtenir la réparation des conséquences dommageables d'un vice imputable à la conception ou à l'exécution d'un ouvrage de diriger son action contre le ou les constructeurs avec lesquels il a conclu un contrat de louage d'ouvrage. Il lui est toutefois loisible, dans le cas où la responsabilité du ou des cocontractants ne pourrait pas être utilement recherchée, de mettre en cause, sur le terrain quasi-délictuel, la responsabilité des participants à une opération de construction avec lesquels il n'a pas conclu de contrat de louage d'ouvrage, mais qui sont intervenus sur le fondement d'un contrat conclu avec l'un des constructeurs. S'il peut, à ce titre, invoquer, notamment, la violation des règles de l'art ou la méconnaissance de dispositions législatives et réglementaires, il ne saurait, toutefois, se prévaloir de fautes résultant de la seule inexécution, par les personnes intéressées, de leurs propres obligations contractuelles. En outre, alors même qu'il entend se placer sur le terrain quasi délictuel, le maître d'ouvrage ne saurait rechercher la responsabilité de participants à l'opération de construction pour des désordres apparus après la réception de l'ouvrage et qui ne sont pas de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination.
16. Il résulte de l'instruction que l'expertise a conclu que les dysfonctionnements constatés sont dus à une rotation trop rapide de la porte en litige et aux défaillances de plusieurs systèmes de sécurité pourtant inclus dans l'ouvrage en litige, de sorte que la société Sogea Sud Bâtiment, est, en tant que constructeur, responsable des défauts liés à la conception de la porte en litige, à son installation et à ses réglages. Si le lot n° 12 correspondant à la porte tambour a été intégralement sous-traité par la société Sogea Sud Bâtiment à la société Boon Edam, il n'est ni établi, ni même allégué, que la responsabilité contractuelle de la société Sogea Sud Bâtiment ne pourrait être utilement recherchée. Par suite, les requérantes ne sont pas fondées à rechercher, sur le terrain quasi délictuel, la responsabilité de la société Boon Edam ou de la société Sogea Sud Bâtiment.
Sur le préjudice subi par les requérantes :
17. En premier lieu, le montant du préjudice dont le maître d'ouvrage est fondé à demander la réparation aux constructeurs à raison des désordres affectant l'immeuble qu'ils ont réalisé correspond aux frais qu'il doit engager pour les travaux de réfection. Ces frais comprennent, en règle générale, la taxe sur la valeur ajoutée, élément indissociable du coût des travaux, à moins que le maître d'ouvrage ne relève d'un régime fiscal lui permettant normalement de déduire tout ou partie de cette taxe de celle qu'il a perçue à raison de ses propres opérations.
18. Il résulte des dispositions de l'article 256 B du code général des impôts que les collectivités territoriales ne sont pas assujetties à la taxe sur la valeur ajoutée pour l'activité de leurs services administratifs. Si, en vertu des dispositions de l'article L. 1615-1 du code général des collectivités territoriales, le fonds de compensation pour la taxe sur la valeur ajoutée vise à compenser la taxe sur la valeur ajoutée acquittée par les collectivités territoriales notamment sur leurs dépenses d'investissement, il ne modifie pas le régime fiscal des opérations de ces collectivités. Ainsi, ces dernières dispositions ne font pas obstacle à ce que la taxe sur la valeur ajoutée grevant les travaux de réfection d'un immeuble soit incluse dans le montant de l'indemnité due par les constructeurs à une collectivité territoriale, maître d'ouvrage, alors même que celle-ci peut bénéficier de sommes issues de ce fonds pour cette catégorie de dépenses.
19. Il est établi que les travaux de réparation, consistant en la création d'une nouvelle entrée pour l'établissement thermal s'élèvent à 197 003,75 euros toutes taxes comprises correspondant aux frais de maitrise d'œuvre, de construction et de contrôle technique acquittés par la commune de Balaruc-les-Bains.
20. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction qu'au cours des opérations d'expertises, le SPLE des thermes de Balaruc-les-Bains a exposé des frais d'huissiers à hauteur de 916,06 euros toutes taxes comprises en vue de faire constater un incident. Ce préjudice qui se rattache directement aux opérations d'expertises constitue un préjudice pour le SPLE.
21. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que sur les conseils de l'expert, le SPLE des thermes de Balaruc-les-Bains, qui a placé sous la surveillance continue d'un portier l'usage de la porte tambour de l'établissement dont elle a la gestion, sollicite, à ce titre, une somme de 127 641,59 euros, correspondant aux frais engagés entre février 2018 et décembre 2019. Il résulte de l'expertise que le préjudice dont elle a justifié pour la période allant de février 2018 à septembre 2019 s'élève à 102 686,18 euros. S'il est soutenu que certaines factures, versées au débat, pour la période allant de février 2018 à avril 2018, n'auraient pas été prises en compte, il résulte de l'instruction qu'elles ont bien été incluses dans le calcul de l'expert et il n'y a pas lieu de les ajouter au préjudice arrêté par celui-ci. En revanche, le SPLE est fondé à demander que soient ajoutées les dépenses justifiées pour les mois d'octobre à décembre 2019, non comptabilisées par l'expertise, portant le coût des mesures conservatoires à la somme de 119 144,34 euros.
22. S'il est fait grief aux requérantes de ne pas avoir mobilisé la garantie dommages-ouvrage en vue d'assurer le financement de cette dépense, cette circonstance ne révèle pas une faute de la commune et est sans influence sur le lien existant entre cette dépense et les désordres affectant la porte en litige, dans la mesure où cette dépense a bien été acquittée par le SPLE. Il n'y a donc pas lieu d'écarter ce préjudice ni d'en faire peser la réparation sur la SMABTP en sa qualité d'assureur dommages-ouvrage de la commune. Par ailleurs, alors que le rapport de l'expert a été déposé le 10 février 2020, il ne résulte pas de l'instruction que des travaux de réparation de la porte tambour auraient pu être effectués plus tôt et la période sur laquelle s'étend le préjudice en litige est justifiée. Enfin, le choix de recourir à une agence d'intérim pour le recrutement de portiers se justifie par l'incertitude de la durée de la mission d'expertise. Dès lors, le préjudice de 119 144,34 euros est établi.
23. Enfin, la fin des rapports contractuels entre le maître d'ouvrage et l'entrepreneur, consécutive à la réception sans réserve d'un marché de travaux publics, fait obstacle à ce que, sauf clause contractuelle contraire, l'entrepreneur soit ultérieurement appelé en garantie par le maître d'ouvrage pour des dommages dont un tiers demande réparation à ce dernier, alors même que ces dommages n'étaient ni apparents ni connus à la date de la réception. Il n'en irait autrement que dans le cas où la réception n'aurait été acquise à l'entrepreneur qu'à la suite de manœuvres frauduleuses ou dolosives de sa part. Toutefois, si le dommage subi par le tiers trouve directement son origine dans des désordres affectant l'ouvrage objet du marché, la responsabilité de l'entrepreneur envers le maître d'ouvrage peut être recherchée sur le fondement de la garantie décennale des constructeurs.
24. Il résulte de l'instruction que par jugement du 7 avril 2017, le tribunal de grande instance de Montpellier a reconnu que les préjudices corporels d'un curiste fréquentant l'établissement thermal de Balaruc-les-Bains étaient imputables au dysfonctionnement de la porte tambour. Alors que la commune a été condamnée à indemniser cette tierce personne de l'ensemble de ses préjudices, la société AXA France IARD, en sa qualité d'assureur, a conclu un protocole transactionnel tendant au versement d'une somme totale de 9 756 euros. Dans la mesure où les dommages subis par le tiers sont directement imputables aux désordres justifiant l'engagement de la responsabilité décennale des constructeurs, AXA France IARD subrogée dans les droits de la commune, est fondée à demander l'indemnisation du préjudice ainsi subi.
25. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de condamner solidairement la SARL DHA, l'EURL AMG Architecte, la SASU Bureau Michel Forgue et la SASU Sogea Sud Batiments à verser à la commune de Balaruc-les-Bains une somme de 197 003,75 euros, à verser au SPLE des thermes de Balaruc-les-Bains les sommes de 119 144,34 euros et 916,06 euros soit un total de 120 060,40 euros et à AXA France IARD une somme de 9 756 euros.
Sur les intérêts :
26. Les intérêts moratoires dus en application des dispositions de l'article 1231-6 du code civil, lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, courent à compter du jour où la demande de paiement du principal est parvenue au débiteur ou, en l'absence d'une telle demande préalablement à la saisine du juge, à compter du jour de cette saisine.
27. Il résulte de ce principe que la commune de Balaruc-les-Bains est fondée à demander que les intérêts sur la somme de 197 003,75 euros lui soient versés à compter du 8 juillet 2021, date d'introduction de sa requête devant le tribunal.
28. En revanche, les intérêts sur la somme de 119 144,34 euros ne peuvent être dus à compter du 26 février 2018, date à laquelle les premiers frais ont été exposés. Alors que ces sommes ont été exposées au cours de l'expertise jusqu'en décembre 2019, elles ne sont susceptibles de porter intérêt qu'à compter du 8 juillet 2021, date d'introduction de la présente requête.
Sur les frais d'expertise :
29. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties ". L'article R. 621-13 du même code prévoit que : " () Dans le cas où les frais d'expertise mentionnés à l'alinéa précédent sont compris dans les dépens d'une instance principale, la formation de jugement statuant sur cette instance peut décider que la charge définitive de ces frais incombe à une partie autre que celle qui a été désignée par l'ordonnance mentionnée à l'alinéa précédent ou par le jugement rendu sur un recours dirigé contre cette ordonnance ".
30. Il y a lieu de mettre les frais d'expertise, taxés à la somme de 16 210,46 euros toutes taxes comprises, à la charge définitive et solidaire de la SARL DHA, l'EURL AMG Architecte, la SASU Bureau Michel Forgue et la SASU Sogea Sud Batiments.
Sur les appels en garantie :
31. Le litige né de l'exécution d'un marché de travaux publics et opposant des participants à l'exécution de ces travaux relève de la compétence de la juridiction administrative, sauf si les parties en cause sont unies par un contrat de droit privé. Par suite, l'appel en garantie formulé par la société Sogea Sud Batiment à l'égard de son sous-traitant avec lequel elle est lié par un contrat de droit privé relève de la compétence de la juridiction judiciaire et doit donc être écarté. En revanche, alors que la société Boon Edam est intervenue en qualité de sous-traitant dans le marché de travaux publics en litige, les appels en garantie formés à son encontre par les sociétés avec lesquelles elle n'est liée par aucun contrat de droit privé, ou dirigés réciproquement à leur encontre par la société Boon Edam, relèvent de la compétence de la juridiction administrative.
32. Au vu des responsabilités dégagées aux points 3 à 17 du présent jugement, la SARL DHA, l'EURL AMG Architecte et la SASU Bureau Michel Forgue seront chacune garantie à hauteur de 60% des sommes mises à leur charge par la SASU Sogea Sud Bâtiment et la SAS Boon Edam, de façon solidaire. La SASU Sogea Sud sera solidairement garantie, à hauteur de 40% des sommes mises à sa charge, par SARL DHA, l'EURL AMG Architecte et la SASU Bureau Michel Forgue. La SAS Boon Edam sera garantie à hauteur de 40% des sommes mises à sa charge par la SARL DHA, l'EURL AMG Architectes et la SASU Bureau Michel Forgue, de façon solidaire. Enfin, en l'absence de responsabilité de la SMABTP, assureur dommages ouvrage de la commune de Balaruc-les-Bains, ou de son assuré dans les droits desquels elle serait subrogée, l'appel en garantie dirigée à son encontre par la SASU Sogea Sud ne peut qu'être rejeté.
Sur les frais liés du litige :
33. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge solidaire de la SARL DHA, de l'EURL AMG Architecte, de la SASU Bureau Michel Forgue, de la SASU Sogea Sud Bâtiment et de la SAS Boon Edam une somme de 2 500 euros à verser à la commune de Balaruc-les-Bains et autres au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, par ailleurs, de rejeter le surplus des conclusions présentées par les parties sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La SARL DHA, l'EURL AMG Architecte, la SASU Bureau Michel Forgue et la SASU Sogea Sud Batiments sont solidairement condamnées à verser à la commune de Balaruc-les-Bains une somme de 197 003,75 euros, avec intérêt à taux légal à compter du 8 juillet 2021.
Article 2 : La SARL DHA, l'EURL AMG Architecte, la SASU Bureau Michel Forgue et la SASU Sogea Sud Batiments sont solidairement condamnées à verser au SPLE des thermes de Balaruc-les-Bains la somme de 119 144,34 euros, avec intérêts au taux légal à compter du 8 juillet 2021 ainsi que la somme de 916,06 euros.
Article 3 : La SARL DHA, l'EURL AMG Architecte, la SASU Bureau Michel Forgue et la SASU Sogea Sud Batiments sont solidairement condamnées à verser à AXA France IARD une somme de 9 756 euros.
Article 4 : Les frais d'expertises, taxés à la somme de 16 210,46 euros toutes taxes comprises, sont mis à la charge définitive et solidaire de la SARL DHA, l'EURL AMG Architecte, la SASU Bureau Michel Forgue et la SASU Sogea Sud Batiments.
Article 5 : La SARL DHA, l'EURL AMG Architecte et la SASU Bureau Michel Forgue seront chacune garantie, à hauteur de 60%, solidairement par la SASU Sogea Sud Bâtiment et la SAS Boon Edam.
Article 6 : La SASU Sogea Sud sera solidairement garantie, à hauteur de 40%, des sommes mises à sa charge, par SARL DHA, l'EURL AMG Architecte et la SASU Bureau Michel Forgue.
Article 7 : La SAS Boon Edam sera solidairement garantie, à hauteur de 40%, des sommes mises à sa charge par la SARL DHA, l'EURL AMG Architectes et la SASU Bureau Michel Forgue.
Article 8 : Il est mis à la charge solidaire de la SARL DHA, l'EURL AMG Architecte, la SASU Bureau Michel Forgue et la SASU Sogea Sud Batiments une somme de 2 500 euros à verser à la commune de Balaruc-les-Bains, à la SPLE des thermes de Balaruc les bains et à la SA AXA France IARD sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 9 : Le surplus des conclusions de l'ensemble des parties est rejeté.
Article 10 : La présente décision sera notifiée à la commune de Balaruc-les-Bains, la société publique locale d'exploitation des thermes de Balaruc-les-Bains, la SA Axa France IARD, la SARL DHA, l'EURL AMG Architecte, la SASU Bureau Michel Forgue, la SA Socotec France, la SASU Sogea Sud Batiments et la SAS Boon Edam.
Copie en sera transmise pour information à l'expert, M. A.
Délibéré après l'audience du 29 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Eric Souteyrand, président,
M. Nicolas Huchot, premier conseiller,
Mme Audrey Lesimple, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2023.
La rapporteure,
A. Lesimple Le président,
E. Souteyrand
La greffière,
M-A. Barthélémy
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 13 juillet 2023.
La greffière,
M-A. Barthélémy
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026