jeudi 20 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2103616 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET D' AVOCATS PHILIPPE AUDOUIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 8 juillet 2021 et le 9 février 2023, Mme B A, représentée par Me Beauvarlet, demande au tribunal :
1°) de condamner Montpellier Méditerranée Métropole à l'indemniser, à hauteur de 165 135,51 euros, de l'ensemble des préjudices subis à raison de à sa chute sur la voie publique le 27 avril 2018 ;
2°) de mettre à la charge de Montpellier Méditerranée Métropole une somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que :
- la matérialité de l'accident est établie par plusieurs attestations et des photographies de l'état de la voie publique ;
- un défaut d'entretien normal de la voie publique est à l'origine de sa chute et elle n'a commis aucune faute au regard notamment de la configuration des lieux et du risque inhérent au trou situé sur la voie ;
- il y a lieu de condamner la commune à l'indemniser de l'entièreté de son préjudice qui ressort des pièces versées au débat et de l'expertise.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 novembre 2022, Montpellier Méditerranée Métropole, représentée par Me Philippe Audouin, conclut au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce que le préjudice subi soit ramené à la somme de 35 857,84 euros et à ce que soit mise à la charge de Mme A une somme de 2 000 euros à lui verser sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la matérialité des faits n'est pas établie compte tenu notamment de l'absence de témoin, l'état de la voie avant l'accident n'est pas rapporté ;
- le lien de causalité entre la chute de Mme A et un défaut d'entretien normal de l'ouvrage n'est pas établi car les circonstances de la chute ne sont pas étayées et la requérante présente des maux qui sont sans lien avec l'incident qu'elle allègue ;
- le défaut d'entretien normal n'est pas établi alors qu'une voie peut comporter des imperfections et que la commune a rapidement réagi lorsqu'elle a été alertée de l'incident ;
- Mme A a commis une faute en étant imprudente, maladroite et inattentive ;
- les préjudices de dépenses de santé, de frais divers, d'agrément et relatifs à l'aide humaine ne sont pas entièrement établis et les autres préjudices sont surévalués.
Par un mémoire en intervention, enregistré le 16 novembre 2021, la caisse primaire d'assurance maladie de l'Hérault conclut à ce que Montpellier Méditerranée Métropole soit condamnée à lui verser une somme de 20 214,92 euros, avec intérêts de droit au jour du jugement, au titre des dépenses de santé ainsi que l'indemnité forfaitaire de gestion prévue par l'ordonnance n° 96-51 du 24 janvier 1996.
Vu :
- l'ordonnance n° 20MA01761 du 26 août 2020 de la cour administrative d'appel de Marseille ordonnant une expertise ;
- l'ordonnance de la présidente de la cour administrative d'appel de Marseille du 2 février 2021, fixant les frais d'expertise à la somme de 1080 euros, à la charge de Mme A.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lesimple, première conseillère,
- les conclusions de M. Lauranson, rapporteur public,
- et les observations de Me Beauvarlet, représentant Mme A et celles de Me Moukoko, représentant Montpellier Méditerranée Métropole.
Considérant ce qui suit :
1. Le 27 avril 2018, Mme A, née le 19 février 1936, résidente de la commune de Cournonterral, a chuté sur la voie publique de sa commune. Par la présente requête elle demande la condamnation de Montpellier Méditerranée Métropole à l'indemniser de l'ensemble de ses préjudices à hauteur de 165 135,51 euros.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
En ce qui concerne la responsabilité de la commune :
2. Il appartient à l'usager d'un ouvrage public qui demande réparation d'un préjudice qu'il estime imputable à cet ouvrage de rapporter la preuve de l'existence d'un lien de causalité entre celui-ci et le préjudice invoqué. Le maître de l'ouvrage ne peut être exonéré de l'obligation d'indemniser la victime qu'en rapportant, à son tour, la preuve soit que cet ouvrage était en état d'entretien normal, soit que le dommage est imputable à une faute de la victime ou à un cas de force majeure.
3. Mme A soutient que le 27 avril 2018, aux environs de 15 heures, alors qu'elle sortait du cabinet médical où elle avait alors rendez-vous, elle est tombée dans un trou de la chaussée d'un m² et d'une profondeur de près de 0,6 mètre. Si la commune fait valoir l'absence de témoin direct de la scène, il ressort de quatre attestations concordantes, établies dans le mois suivant l'incident, qu'une personne est allée alerter le secrétariat du cabinet médical et que plusieurs professionnels de ce cabinet ont alors porté secours à l'intéressée dans l'attente de l'arrivée des pompiers. Les photographies et témoignages versés au débat attestent de l'importance de l'excavation dans laquelle Mme A a trébuché. Dans ces conditions, la seule circonstance que le compte-rendu d'accueil aux urgences médicales mentionne une " chute mécanique de sa hauteur " et le fait qu'une discussion médicale évoque une " chute par maladresse ", ne suffit pas à contester les faits ci-dessus étayés, alors au demeurant que rien ne permet de conclure que ces qualifications de la chute de Mme A par le corps médical procèdent de déclarations faites par l'intéressée ou par des témoins directs de l'accident. Dans ces conditions, la matérialité des faits est rapportée par la requérante et le lien entre sa chute et l'ouvrage public est établi.
4. Par ailleurs, plusieurs attestations rendent compte de l'absence de signalisation ou de dispositif de protection de l'excavation en litige. Notamment, un agent technique de la commune a confirmé qu'une mise en sécurité temporaire avait été mise en place le 1er mai 2018, postérieurement à l'incident, et un dispositif pérenne consistant en une grille de protection et des barrières limitant l'approche du public ont été installées à compter du 4 mai 2018. En outre, il ressort d'un courriel de février 2018, adressé aux services de la métropole, que les services de la commune de Cournonterral avaient été informés par des administrés de la dangerosité de ce site. Si la métropole insiste sur la réactivité dont elle a fait preuve suite à l'accident de Mme A, elle n'établit pas qu'elle aurait satisfait à son obligation d'entretien de la voie publique en litige.
5. Il importe de souligner que cette excavation, qui se situe à l'intersection de deux voies, dont l'une est délimitée par un mur, constituait donc un obstacle pouvant être peu visible pour les usagers. Surtout, il résulte de l'instruction que l'absence de signalisation sur les voies en cause ne permettait pas de délimiter avec précision l'espace réservé aux piétons de sorte qu'un usager prudent pouvait néanmoins être conduit à longer le mur le long duquel est situé le trou en litige. Par ailleurs, alors que le cabinet médical a officiellement été inauguré en juin 2018 et que le médecin qui a reçu Mme A a attesté qu'il s'agissait d'un de ses premiers rendez-vous, il ne résulte pas de l'instruction que Mme A avait une connaissance des lieux qui aurait dû conduire à une plus grande prudence ni qu'elle aurait nécessairement été amenée à relever la présence de cette excavation lors de son trajet jusqu'au cabinet médical. Dès lors, il y a lieu d'écarter les allégations de la métropole selon laquelle Mme A aurait fait preuve d'inattention. Enfin, contrairement à ce que fait valoir la métropole, aucune pièce médicale ne rendait compte, avant l'incident, de difficultés à se mouvoir ou d'un déséquilibre pathologique de l'intéressée, de sorte qu'aucune faute commise par Mme A n'est de nature à exonérer la responsabilité de Montpellier Méditerranée Métropole.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la responsabilité de Montpellier Méditerranée Métropole doit être engagée afin de réparer les préjudices subis par Mme A en lien avec sa chute du 27 avril 2018.
En ce qui concerne le préjudice :
7. Il résulte de l'instruction que la chute de Mme A lui a causé une fracture fémorale, à l'origine d'un descellement de la prothèse totale de hanche gauche.
8. L'expertise diligentée à la demande de la juridiction administrative a conclu à un déficit fonctionnel temporaire à hauteur de 75% pendant deux jours, correspondant à un retour temporaire à domicile, puis à un déficit temporaire de 100% pendant 59 jours correspondant à son hospitalisation et à un séjour en centre de rééducation fonctionnelle, puis à un déficit fonctionnel temporaire de 50% pendant 96 jours alors que Mme A marchait à l'aide de deux béquilles et 25% pendant 99 jours, soit jusqu'au 8 janvier 2019, date de sa consolidation. Sur la base d'une indemnisation journalière de 13,5 euros pour un déficit temporaire total, il sera fait une juste appréciation du déficit temporaire de Mme A en lui allouant la somme de 1784 euros.
9. Mme A, âgée de 82 ans lors de la consolidation de son état de santé, conserve, par ailleurs, un déficit fonctionnel permanent évalué à 25% résultant d'une inégalité de longueur de ses jambes, impliquant une boiterie et une mobilité douloureuse et limitée. Il sera fait une juste appréciation de son préjudice en lui allouant une somme de 29 000 euros.
10. S'agissant du préjudice esthétique de Mme A, il a été estimé à 3/7 jusqu'au 8 janvier 2019, compte tenu du port de béquilles, d'une cicatrice et d'une boiterie puis à 2,5/7 après consolidation sur le fondement de ces mêmes éléments. Il sera fait une juste appréciation du préjudice temporaire, subi pendant moins de neuf mois, et du préjudice permanent en les évaluant à la somme respective de 1500 euros et 2500 euros. Les souffrances endurées, évaluées à 3,5/7 du fait de l'opération chirurgicale, de la rééducation et des difficultés de mobilité conséquentes seront indemnisées à hauteur de 5 400 euros, eu égard à leur nature et à leur durée. Une somme de 3 000 euros sera également versée à Mme A afin de compenser son préjudice d'agrément dans la mesure où elle se trouve désormais privée de ses balades et limitée dans les déplacements utilitaires du quotidien. Si la métropole fait valoir que d'autres maux, sans lien avec la chute en litige, sont susceptibles d'affecter sa mobilité, il résulte de l'instruction que son déficit fonctionnel permanent est seul, de nature à justifier les restrictions qui sont les siennes.
11. Pour ce qui est des dépenses de santé avant consolidation, Mme A justifie d'un reste à charge de 66,14 euros pour l'achat d'orthèse plantaire, équipement médical nécessaire à son état de santé. En revanche, si elle sollicite le remboursement, à hauteur de 3300 euros de prothèses auditives qu'elle aurait perdues lors de l'accident, elle n'établit ni cette perte, ni l'absence, le cas échéant, d'indemnisation alors même qu'elle disposait d'une garantie en cas de casse ou de perte. Egalement, si elle fait état d'un reste à charge sur une facture de 150 euros de réadaptation fonctionnelle, la quittance produite mentionne pourtant une part incombant à l'organisme de sécurité sociale de 103,96 euros et il n'est pas démontré qu'une part de la somme en litige n'aurait pas été acquittée par la mutuelle de Mme A. Dès lors, il y a lieu de limiter les frais de dépenses de santé avant consolidation à la somme de 66,14 euros.
12. Pour ce qui est des frais divers, la requérante n'établit pas que sa chute lui aurait causé un préjudice de 500 euros compte tenu de la dégradation de ses vêtements. Si elle réclame par ailleurs le remboursement des frais de copie de ses dossiers médicaux et les frais kilométriques afin de consulter son avocat, les dits frais, qui peuvent se rattacher à des frais d'instance exposés en défense, sont en revanche sans lien avec le préjudice subi. Enfin, si l'intéressée fait état de frais kilométriques pour se rendre à ses rendez-vous médicaux, à hauteur de 547 euros, il en sera fait une exacte appréciation en condamnant Montpellier Méditerranée Métropole à lui allouer une somme de 343 euros, après déduction des frais engendrés par des consultations médicales sans lien avec le préjudice en litige, et le suivi dont elle a ensuite fait l'objet, et compte tenu des distances réellement parcourues.
13. S'agissant de l'aide humaine, il résulte de l'instruction que l'état de santé de la requérante a nécessité une aide pour la toilette et les tâches quotidiennes à hauteur de deux heures par jour pendant 98 jours et à hauteur d'une heure par jour pendant 99 jours jusqu'à la date de sa consolidation. Après consolidation, il y a lieu de retenir une aide nécessaire à hauteur de 3 heures par semaine pour les tâches quotidiennes.
14. Le coût de cette aide non spécialisée peut être fixé au coût horaire moyen du salaire minimum, majoré afin de tenir compte des charges sociales et des majorations de rémunération dues les dimanches et jours fériés, soit 13,50 euros avant consolidation et 14 euros ensuite. Dès lors, il sera fait une exacte appréciation du coût de cette aide en allouant à Mme A une somme de 3 982,50 euros pour couvrir ses frais jusqu'au 8 janvier 2019, 9 366 euros pour couvrir ses frais depuis cette date jusqu'à la date du présent jugement et enfin, 12 889,97 euros pour ses frais futurs, eu égard à son âge de 87 ans et à l'application d'un prix de l'euro de rente viagère égal à 5,902.
15. S'agissant des dépenses de santé postérieures à sa date de consolidation, il ressort de l'expertise que l'état de santé de Mme A justifie l'achat de deux paires d'orthèses plantaires et de chaussures orthopédiques par an. Si la requérante demande le remboursement des dépenses acquittées jusqu'à la date du jugement, elle n'en justifie nullement. En revanche, pour ses dépenses à venir, en se fondant sur un coût de 66,14 euros pour une paire de semelles et 100 euros pour une paire de chaussure, soit une dépense annuelle de 332,28 euros il y a lieu d'allouer à Mme A une somme de 1961,12 euros, en application du prix de l'euro de vente viagère ci-dessus mentionné.
16. Enfin, si Mme A fait valoir que sa période d'hospitalisation ainsi que le déficit temporaire et permanent, qui l'ont affectée jusqu'au décès de son époux, le 11 septembre 2020, justifient que lui soit accordée une aide humaine de substitution pour la prise en charge de ce dernier, atteint de la maladie de Parkinson, elle ne justifie toutefois pas avec précision de l'état de santé de son mari ni de la nécessité d'une tierce personne.
17. Il résulte de tout ce qui précède que Montpellier Méditerranée Métropole est condamnée à verser à Mme A une somme de 71 792,73 euros en réparation de son entier préjudice.
Sur les conclusions présentées par la caisse primaire d'assurance maladie :
18. En l'absence de toute contestation, il y a lieu de condamner Montpellier Méditerranée Métropole à verser une somme de 19 296,25 euros au titre des dépenses engagées pour les soins de Mme A, en lien direct avec son accident dont elle justifie. S'agissant en revanche des dépenses futures, la prise en charge d'une paire de semelles orthopédiques, au coût de 14,43 euros, à raison de deux fois par an, implique que la somme due à ce titre soit ramenée au montant de 170,33 euros, par application du prix de l'euro de rente viagère visé au point 14 du présent jugement. Ainsi que demandé par la caisse primaire d'assurance maladie, il y a lieu de préciser que Montpellier Méditerranée Métropole sera condamnée aux intérêts dus sur ces sommes à compter de la date du présent jugement.
19. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 454-1 du code de la sécurité sociale : " () En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un montant maximum de 910 euros et d'un montant minimum de 91 euros. A compter du 1er janvier 2007, les montants mentionnés au présent alinéa sont révisés chaque année, par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget () ". En vertu de l'arrêté du 15 décembre 2022 relatif au montant de l'indemnité forfaitaire de gestion, le montant maximal de celle-ci est fixé à 1 162 € au titre des remboursements effectués au cours de l'année 2023.
20. La caisse primaire d'assurance maladie est fondée à demander l'allocation d'une indemnité forfaitaire de gestion à hauteur de 1 162 euros, montant qui n'est pas supérieur au plafond légal en vigueur.
Sur les dépens :
21. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties ". L'article R. 621-13 du même code prévoit que : " () Dans le cas où les frais d'expertise mentionnés à l'alinéa précédent sont compris dans les dépens d'une instance principale, la formation de jugement statuant sur cette instance peut décider que la charge définitive de ces frais incombe à une partie autre que celle qui a été désignée par l'ordonnance mentionnée à l'alinéa précédent ou par le jugement rendu sur un recours dirigé contre cette ordonnance ".
22. Il y a lieu de mettre les frais d'expertise, taxés à la somme de 1080 euros, à la charge définitive de Montpellier Méditerranée Métropole.
Sur les frais du litige :
23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce que la somme réclamée par Montpellier Méditerranée Métropole au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens soit mise à la charge de Mme A, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Montpellier Méditerranée Métropole une somme de 1 500 euros à verser à Mme A sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : Montpellier Méditerranée Métropole est condamnée à verser à Mme A la somme de 71 792,73 euros en réparation des préjudices subis.
Article 2 : Montpellier Méditerranée Métropole versera à Mme A une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Montpellier Méditerranée Métropole versera à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Hérault une somme de 19 466,58 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du présent jugement ainsi qu'une somme de 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
Article 4 : Les frais d'expertise, taxés à la somme de 1080 euros, sont mis à la charge définitive du département de Montpellier Méditerranée Métropole.
Article 5 : Le surplus des conclusions de l'ensemble des parties est rejeté.
Article 6 : La présente décision sera notifiée à Mme B A, à Montpellier Méditerranée Métropole et à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Hérault.
Délibéré après l'audience du 6 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Eric Souteyrand, président,
M. Nicolas Huchot, premier conseiller,
Mme Audrey Lesimple, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 avril 2023.
La rapporteure,
A. Lesimple Le président,
E. Souteyrand
La greffière,
M-A. Barthélémy
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 20 avril 2023.
La greffière,
M-A. Barthélémy
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026