mardi 29 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2103706 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP LESAGE BERGUET GOUARD-ROBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 juillet 2021, Mme B A demande au tribunal :
1°) de dire que les parcelles AC264 sur la commune d'Estagel et Z0026 et 0648p sur la commune de Montner ne font pas partie du périmètre de l'association syndicale autorisée (ASA) du Canal de la Plaine et ne doivent pas être en conséquence intégrées dans les rôles pour les taxes syndicales 2019, 2020 et 2021 ;
2°) d'annuler pour excès de pouvoir le rôle préparé, voté par le syndicat et rendu exécutoire par le président de l'ASA et constater l'illégalité des bases de répartition ;
3°) de dire illégales les décisions prises par l'assemblée des propriétaires et par le syndicat, à compter de 2013 jusqu'à ce jour ;
4°) de dire sans fondement la rétention des documents demandés, véritable obstacle aux droits de la défense ;
5°) de condamner l'ASA du Canal de la Plaine aux dépens entiers de l'instance et à la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il n'est pas prouvé par l'ASA que la parcelle AC n° 264 sur la commune d'Estagel et les parcelles Z0026 et 0648p sur la commune de Montner font partie du périmètre syndical ; aucune somme ne pouvait donc lui être demandée pour cette parcelle ;
- les bases de répartition des dépenses, dont il n'est pas prouvé qu'elles ont été régulièrement approuvées, notifiées individuellement à chaque propriétaire et transmises à l'autorité préfectorale, sont illégales pour ces motifs et en ce qu'elles prévoient un " minimum de perception " appelé " forfait " ou " minimum gravitaire " dont l'avis 2021 recouvre deux tarifs forfaitaires différents pour les deux communes qui sont cumulables, ce minimum n'est pas fixé en fonction de l'intérêt de chaque propriété à l'exécution des missions de l'association et s'avère pénalisante pour les petits propriétaires souvent les moins intéressés ; chacun des rôles annuels est donc entaché de nullité ;
- toutes les décisions des assemblées en réunion de propriétaires de l'ASA depuis au moins 2013 sont illégales, dont l'élection des syndics et par voie de conséquence de tous ses dirigeants, compte tenu d'une pratique de convocation unique pour les deux assemblées et du non-respect des dispositions du décret de 2006 et des statuts.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 octobre 2021, l'ASA du Canal de la Plaine, représentée par la SCP Lesage Berguet Gouard-Robert, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de Mme A à lui verser la somme de 1 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les conclusions tendant à ce que le tribunal déclare lui-même qu'une parcelle ne fait pas partie du périmètre sont irrecevables, il n'appartient qu'à l'autorité administrative de prendre la décision de distraire une parcelle du périmètre d'une association syndicale de droit public ;
- les conclusions tendant à obtenir l'annulation des redevances syndicales 2019 à 2021 relèvent du plein contentieux et sont irrecevables en ce qu'elles n'ont pas été présentées par l'un des mandataires prévus à l'article R. 431-2 du code de justice administrative ;
- le moyen tiré de l'illégalité des bases de répartition ne peut plus utilement être invoqué, les rôles 2019 et 2020 n'étant pas les premiers à faire application des bases critiquées (CE Avis du 17 juillet 2012 SCI de Pampelone req 357870) ;
- les conclusions tendant à " dire illégales les décisions prises par l'assemblée des propriétaires et par le syndicat, à compter de 2013 jusqu'à ce jour " sont irrecevables, en l'absence de toute précision sur la nature ou même l'existence de ces décisions (article R. 411-1 du code de justice administrative) ;
- les conclusions tendant à ce que le tribunal dise sans fondement la rétention par l'ASA des documents demandés sont irrecevables en application de l'article R 421-1 du code de justice administrative faute d'être dirigées contre une décision ;
- à titre subsidiaire les conclusions ne sont en outre pas fondées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Couégnat, rapporteure,
- et les conclusions de Mme Lorriaux, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par un avis des sommes à payer émis le 23 avril 2021, l'association syndicale autorisée (ASA) du Canal de la Plaine a mis à la charge de Mme A au titre des redevances syndicales de l'année 2021 la somme globale de 81 euros, pour deux parcelles situées sur la commune de Montner et une parcelle située sur la commune d'Estagel.
2. Mme A, qui conteste devoir les sommes réclamées au motif que ces parcelles situées sur Estagel et Montner ne sont pas situées dans le périmètre de l'ASA et compte tenu de l'illégalité des bases de répartition, doit être regardée comme demandant l'annulation de l'avis des sommes à payer et la décharge du paiement des sommes correspondantes, en invoquant notamment l'illégalité de la délibération fixant les bases de répartition. Mme A doit par ailleurs être regardée comme demandant l'annulation de toutes les décisions prises par les assemblées des propriétaires et par le syndicat à compter de 2013 jusqu'à ce jour. Elle demande enfin de " dire sans fondement la rétention des documents demandés, véritable obstacle aux droits de la défense ".
Sur les fins de non-recevoir opposées par l'ASA du Canal de la Plaine :
3. Aux termes de l'article R. 431-2 du code de justice administrative : " Les requêtes et les mémoires doivent, à peine d'irrecevabilité, être présentés soit par un avocat, soit par un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, lorsque les conclusions de la demande tendent au paiement d'une somme d'argent, à la décharge ou à la réduction de sommes dont le paiement est réclamé au requérant () ". Les conclusions de Mme A, qui tendent à la décharge de sommes dues à un établissement public qui n'est rattaché à aucune collectivité publique, entrent dans le champ d'application de l'article R. 431-2 et ne sont pas au nombre de celles qui, en vertu de l'article R. 431-3 du même code, sont dispensées du ministère d'avocat. L'ASA du Canal de la Plaine a opposé une fin de non-recevoir tenant au défaut de présentation de la requête par un avocat dans son mémoire communiqué à la requérante, qui n'a pas régularisé lesdites conclusions en les présentant par le ministère d'un avocat. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense doit être accueillie.
4. Aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. () ". En se bornant à demander au tribunal d'annuler les décisions prises par les assemblées de propriétaires et par le syndicat à compter de 2013 jusqu'à ce jour, sans désigner précisément les décisions visées ni justifier de leur existence, Mme A ne présente pas de conclusions suffisamment précises. Il y a lieu par suite d'accueillir la fin de non-recevoir qui leur est opposée par l'ASA.
5. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ". En demandant au tribunal de " dire sans fondement la rétention des documents demandés, véritable obstacle aux droits de la défense ", Mme A ne présente aucune conclusion qui tendrait à l'annulation d'une décision. Dans ces conditions, et alors que cette " demande " n'est en outre assortie d'aucun moyen il y a lieu d'accueillir la fin de non-recevoir opposée en défense par l'ASA.
6. Il résulte de tout ce qui précède, et alors en tout état de cause, qu'il n'appartient pas au tribunal de se prononcer sur des conclusions aux fins de " dire " une décision illégale, que les conclusions présentées par Mme A doivent être rejetées comme irrecevables.
Sur les frais liés au litige :
7. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions de Mme A tendant à ce que les dépens soient mis à la charge de l'ASA du Canal de la Plaine sont sans objet et doivent donc être rejetées.
8. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de l'ASA du Canal de la Plaine qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par Mme A au titre des frais non compris dans les dépens qu'elle a exposés, ce dont elle ne justifie d'ailleurs pas. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A une somme de 500 euros à verser à l'ASA du Canal de la Plaine au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Mme A versera à l'association syndicale autorisée du Canal de la Plaine une somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à l'association syndicale autorisée du Canal de la Plaine.
Copie en sera adressée au directeur départemental des finances publiques des Pyrénées-Orientales.
Délibéré après l'audience du 15 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Jérôme Charvin, président,
Mme Michelle Couégnat, première conseillère,
Mme Camille Doumergue, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 novembre 202La rapporteure,
M. Couégnat
Le président,
J. Charvin
La greffière,
L. Salsmann
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 29 novembre 202La greffière,
L. Salsmann
Ls
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026