lundi 19 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2103756 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BERTRAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 16 juillet 2021 et 20 janvier 2022, M. A B et Mme C B, représentés par Me Bertrand, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et des pénalités correspondantes auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2011, 2014 et 2015 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens de l'instance.
Ils soutiennent que :
- le service n'a pas motivé le rejet de leur réclamation ;
- ils n'ont exercé aucune activité occulte en 2011, 2014 et 2015 ;
- l'administration ne rapporte pas la preuve qui lui incombe de la prétendue activité non déclarée et de la nature des revenus en cause ; elle se contente de faire référence à des documents qu'elle aurait consultés sans les produire aux débats ;
- ils ne sont pas à l'origine et n'ont jamais eu connaissance des factures jointes à la proposition de rectification du 24 novembre 2017.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 novembre 2021, le directeur du contrôle fiscal Sud-Pyrénées conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Viallet, rapporteure ;
- et les conclusions de M. Baccati, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme B ont fait l'objet, en 2017, d'un examen contradictoire de leur situation fiscale personnelle à l'issu duquel le service les a assujettis à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre des années 2014 et 2015. La même année, les époux ont aussi fait l'objet d'un contrôle sur pièces portant sur l'année 2011, à l'issu duquel le service a imposé des revenus dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux selon la procédure d'évaluation d'office. M. et Mme B demandent la décharge de ces cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et des pénalités correspondantes auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2011, 2014 et 2015.
Sur les conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne la régularité de la procédure d'imposition :
2. Aux termes de l'article R.198-10 du livre des procédures fiscales : " () En cas de rejet total ou partiel de la réclamation, la décision doit être motivée. () ". Les irrégularités qui peuvent entacher la décision prise par le service sur la réclamation du contribuable sont sans influence sur la validité de l'imposition contestée et ont pour seul effet de priver l'administration et, après elle, le juge, de la possibilité d'opposer au contribuable la tardiveté de ses conclusions devant le tribunal administratif. Par suite, le moyen soulevé par les requérants, tiré de l'insuffisance de motivation de la décision statuant sur leur réclamation préalable doit être écarté comme inopérant.
En ce qui concerne le bien-fondé de l'imposition :
S'agissant des rectifications portant sur l'année 2011 :
3. Aux termes de l'article 34 du code général des impôts : " Sont considérés comme bénéfices industriels et commerciaux, pour l'application de l'impôt sur le revenu, les bénéfices réalisés par des personnes physiques et provenant de l'exercice d'une profession commerciale, industrielle ou artisanale. () " Aux termes de l'article L .68 du livre des procédures fiscales : " La procédure de taxation d'office prévue aux 2° et 5° de l'article L. 66 n'est applicable que si le contribuable n'a pas régularisé sa situation dans les trente jours de la notification d'une mise en demeure. Toutefois, il n'y a pas lieu de procéder à cette mise en demeure : () 3° Si le contribuable s'est livré à une activité occulte, au sens du deuxième alinéa de l'article L. 169 ;" Aux termes de l'article L.73 de ce livre: " Peuvent être évalués d'office : 1° Le bénéfice imposable des contribuables qui perçoivent des revenus provenant d'entreprises industrielles, commerciales ou artisanales, ou des revenus d'exploitations agricoles imposables selon un régime de bénéfice réel, lorsque la déclaration annuelle prévue à l'article 53 A du code général des impôts n'a pas été déposée dans le délai légal ; () " Aux termes de l'article L. 169 de ce livre : " () L'activité occulte est réputée exercée lorsque le contribuable n'a pas déposé dans le délai légal les déclarations qu'il était tenu de souscrire et soit n'a pas fait connaître son activité à un centre de formalités des entreprises ou au greffe du tribunal de commerce, soit s'est livré à une activité illicite. () ".
4. Aux termes de l'article L. 193 du même livre : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office, la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition. ". Aux termes de l'article R. 193-1 de ce livre : " Dans le cas prévu à l'article L.193 le contribuable peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition mise à sa charge en démontrant son caractère exagéré. ". Il résulte de ces dispositions que dans tous les cas où une imposition a été établie d'office, la charge de la preuve incombe au contribuable qui, pour obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition mise à sa charge, doit démontrer le caractère exagéré de cette imposition. Toutefois, si le principe même de l'imposition d'office est contesté par le contribuable, il incombe à l'administration, pour bénéficier de la présomption d'exactitude du montant des impositions établies d'office, d'établir au préalable que le contribuable se trouvait bien en situation d'être imposé d'office.
5. Il résulte de l'instruction que les opérations de contrôle ont révélé que M. B avait encaissé sur un compte bancaire détenu en Lettonie la somme de 431 931 euros, facturée auprès de trois sociétés commerciales, pour une activité d'apporteur d'affaires ou de commissionnaire. Si les requérants soutiennent que le service n'apporte aucun justificatif, il est toutefois établi que pour asseoir l'imposition en litige, l'administration s'est appuyée sur des factures de commissions émises au nom de M. B correspondant aux encaissements bancaires, un contrat de commissionnement et un accord de représentation. Ces éléments, joints à la proposition de rectification du 24 novembre 2017 dont les requérants ont eu connaissance, sont notamment issus de la procédure d'information judiciaire ouverte en 2015 par le tribunal de grande instance de Paris à l'encontre de M. B. Ainsi, le service démontre l'exercice, par le requérant, d'une activité d'apporteur d'affaires entrant dans le champ de l'article 34 du code général des impôts. Par ailleurs, l'administration fiscale a relevé que M. B n'a pas fait connaître son activité commerciale auprès du centre de formalité des entreprises. Dans ces conditions, c'est à bon droit que le service a qualifié d'occulte cette activité d'apporteur d'affaires au sens des dispositions de l'article L. 169 du livre des procédures fiscales. Enfin, M. B n'ayant pas déposé, dans le délai légal, de déclaration de bénéfices industriels et commerciaux découlant de cette activité, le service était fondé à procéder d'office à leur évaluation, conformément aux dispositions de l'article L. 73 du livre des procédures fiscales. Dès lors, l'administration établit que les contribuables se trouvaient bien en situation d'être imposés d'office, et il incombe alors aux requérants, en application des dispositions précitées de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales, d'établir le caractère exagéré des impositions litigieuses.
6. En se bornant à affirmer que la charge de la preuve incombe à l'administration et qu'ils ne sont pas à l'origine des factures de commissions dont ils ignoraient l'existence avant que le service ne les joigne à la proposition de rectification, M. et Mme B ne produisent aucun élément de nature à établir la preuve qui leur incombe, du caractère exagéré des impositions litigieuses.
S'agissant des rectifications portant sur les années 2014 et 2015 :
7. Aux termes de l'article 1 A du code général des impôts : " Il est établi un impôt annuel unique sur le revenu des personnes physiques désigné sous le nom d'impôt sur le revenu. Cet impôt frappe le revenu net global du contribuable déterminé conformément aux dispositions des articles 156 à 168. () " Aux termes de l'article 111 de ce code : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : () c. Les rémunérations et avantages occultes (). ".
8. Il résulte de l'instruction que les impositions supplémentaires mises à la charge des requérants au titre des années 2014 et 2015 résultent de la réintégration, dans leurs revenus imposables, d'une part, de salaires non déclarés perçus par Mme B et, d'autre part, de sommes et de crédits portés sur les comptes bancaires et d'associés de M. et Mme B qui, ainsi qu'ils l'ont d'ailleurs reconnu, ont été regardés comme des revenus distribués imposables dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers. Contrairement à que soutiennent M. et Mme B, ils n'ont pas été imposés à raison d'une activité occulte qu'ils auraient exercée mais à raison de revenu de capitaux mobiliers qui leur ont été distribués par diverses sociétés et qu'ils n'avaient pas déclarés. Par suite, le moyen tiré de ce qu'ils n'avaient pas exercé d'activité occulte est inopérant et doit être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède que M. et Mme B ne sont pas fondés à solliciter la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu mises à leur charge au titre des années 2011, 2014 et 2015.
Sur les frais liés au litige :
10. La présente instance n'ayant occasionné aucun dépens, les conclusions de M. et Mme B tendant à ce que les entiers dépens de l'instance soient mis à la charge de l'État ne peuvent qu'être rejetées.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Mme C B et au directeur de contrôle fiscal sud-Pyrénées.
Délibéré après l'audience du 5 juin 2023 à laquelle siégeaient :
M. Besle, président,
Mme Pater, première conseillère,
Mme Viallet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juin 2023.
La rapporteure,
ML. VialletLe président,
D.Besle
Le greffier,
S. Sangaré
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 20 juin 2023.
Le greffier,
S. Sangaré
gm
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026