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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2103845

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2103845

mardi 31 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2103845
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantSALVIGNOL ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 22 juillet 2021 et le 21 avril 2022, Mme B A, représentée par Me Salvignol, demande au tribunal :

1°) de condamner la commune de Montpellier à lui verser une indemnité de 47 400 euros augmentée des intérêts à compter de la date de réception de la réclamation ;

2°) de condamner la commune de Montpellier à lui verser une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

Elle soutient que :

- la responsabilité de la commune de Montpellier est engagée à raison de sa carence fautive dans l'exercice de ses pouvoirs de police, aucune mesure n'ayant été prise pour réduire les nuisances sonores subies en raison d'une occupation illicite du terrain de sport qui jouxte son appartement ;

- elle a subi en lien avec cette faute un préjudice matériel qu'elle évalue à 42 400 euros ainsi qu'un préjudice moral évalué à 5 000 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 avril 2022, la commune de Montpellier conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- aucune carence fautive ne peut lui être reprochée dès lors qu'elle justifie des actions préventives et répressives mises en place, incluant des travaux et installations pour des dépenses totales de 68 500 euros TTC depuis septembre 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Couégnat, rapporteure,

- les conclusions de Mme Lorriaux, rapporteure publique,

- et les observations de Me Julie, représentant Mme A.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, propriétaire d'un appartement à Montpellier, se plaint des nuisances subies depuis son emménagement à l'été 2020 résultant de l'occupation illicite du plateau sportif jouxtant son immeuble hors des horaires scolaires, alors qu'il est réservé à l'école voisine. Par courrier du 31 mars 2021, son conseil a adressé à la commune une demande préalable indemnitaire sur le fondement de la responsabilité pour faute de la commune, résultant de la carence du maire à prendre les mesures propres à garantir la tranquillité publique, par laquelle elle sollicite l'indemnisation de ses préjudices matériels et moraux à hauteur de 20 000 euros. Cette demande étant restée sans réponse, Mme A demande au tribunal de condamner la commune de Montpellier à lui verser une indemnité de 47 400 euros augmentée des intérêts à compter de la date de réception de la réclamation.

Sur les conclusions indemnitaires

2. Aux termes de l'article L. 2212-1 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est chargé, sous le contrôle administratif du représentant de l'Etat dans le département, de la police municipale () ". Aux termes de l'article L. 2212-2 du même code : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment : () 2° Le soin de réprimer les atteintes à la tranquillité publique telles que les rixes et disputes accompagnées d'ameutement dans les rues, le tumulte excité dans les lieux d'assemblée publique, les attroupements, les bruits, les troubles de voisinage, les rassemblements nocturnes qui troublent le repos des habitants et tous actes de nature à compromettre la tranquillité publique ; () ".

3. Mme A a saisi les services de la commune de Montpellier à de nombreuses reprises depuis son installation à l'été 2020 afin de les alerter sur l'occupation illicite du terrain sportif voisin de son appartement et réservé à l'usage des scolaires par de nombreux jeunes, à partir de la fin d'après-midi jusqu'en début de soirée, voire en journée pendant les vacances scolaires, évoquant des nuisances sonores insupportables, outre le dépôt d'une main courante en mars 2021.

4. Il résulte de l'instruction que la commune de Montpellier justifie notamment de l'indication sur le panneau du terrain sportif scolaire en cause de la présence d'un terrain multisports ouvert au public à proximité rue de Malbosc, de la réfection en novembre 2021 de la clôture avec pose de grilles barreaudées scellées et de frais engagés pour réparer et/ou remplacer des serrures des portillons d'accès suite à des actes de vandalisme. Elle justifie également de l'installation à proximité d'un dispositif de télésurveillance pour prévenir les intrusions et faciliter l'intervention de la police. Ainsi, et même si elle n'a pas répondu à tous les messages de la requérante et si certaines des factures produites sont étrangères à la problématique du respect de la fermeture au public du site, la commune, qui expose être confrontée à de nombreuses dégradations sur l'ensemble des installations de cette école, justifie de plusieurs actions engagées afin d'empêcher l'utilisation du terrain de l'école par des tiers.

5. Par ailleurs, si la réalité de l'occupation régulière de ce terrain par des groupes de jeunes assez importants est apportée par la requérante, il ne résulte pas de l'instruction, en l'absence de tout élément de nature à en mesurer l'intensité ainsi qu'à justifier de la présence évoquée de diffusion de musique, que les bruits résultant de cette occupation, en période diurne selon la requérante, créeraient des nuisances sonores telles que malgré les mesures déjà prises, la commune serait susceptible de voir sa responsabilité engagée pour carence fautive dans l'exercice par son maire de ses pouvoirs de police municipale.

6. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les préjudices invoqués, que la responsabilité de la commune de Montpellier n'est pas susceptible d'être engagée à l'égard de Mme A. Par suite, ses conclusions indemnitaires doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce soit mise à la charge de la commune de Montpellier, qui n'est pas la partie perdante, quelque somme que ce soit au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Montpellier.

Délibéré après l'audience du 17 janvier 2023 à laquelle siégeaient :

M. Jérôme Charvin, président,

M. Hervé Verguet, premier conseiller,

Mme Michelle Couégnat, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 janvier 2023

La rapporteure,

M. Couégnat

Le président,

J. Charvin

La greffière,

L. Salsmann

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier le 31 janvier 2023

La greffière,

L. Salsmann

Ls

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