vendredi 23 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2104042 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat PASTOR |
| Avocat requérant | BONAFOS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et trois mémoires, enregistrés les 1er août 2021, 8 septembre 2022, 18 janvier et 16 mars 2023, Mme C D, représentée par Me Bonafos, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision en date du 23 juin 2021 par laquelle la rectrice de l'académie de Montpellier a implicitement rejeté sa réclamation préalable ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1808,90 euros en réparation du préjudice financier et celle de 600 euros en réparation du préjudice moral, préjudices qu'elle estime avoir subis par le versement tardif ou l'absence de versement du montant exact de l'indemnité compensatrice de CSG auquel elle a droit ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il n'y a pas non-lieu à statuer dès lors que ses demandes n'ont pas toutes été entendues par la rectrice ;
- sa demande de réparation des préjudices résultant du même fait générateur est recevable ;
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation et devait être motivée sur le fondement de l'article L. 211-2 6° du code des relations entre le public et l'administration ; en effet elle refuse un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui en remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; elle a sollicité la communication des motifs par courrier du 30 juillet 2021, en vain ;
- s'agissant de l'indemnisation du préjudice financier : elle a subi un préjudice financier de 3432,32 euros décomposé comme suit, la somme de 2 236,25 euros pour la période du septembre 2018 à mars 2021 et de 1196,07 euros pour la période du 1er mars 2021 au mois d'aout 2022.
Par deux mémoires en défense, enregistré le 9 décembre 2022 et le 8 février 2023, la rectrice de l'académie de Montpellier conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- il n'y a plus lieu de statuer en raison de la régularisation réalisée en juillet 2022 ;
- la requête est irrecevable ;
- les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le décret n° 2017-1889 du 30 décembre 2017 pris en application de l'article 113 de la loi n° 2017-1837 du 30 décembre 2017 de finances pour 2018 et instituant une indemnité compensatrice de la hausse de la contribution sociale généralisée dans la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de Mme Delon, rapporteure publique,
- les observations de Me Bonafos, représentant Mme D.
Considérant ce qui suit :
1. Par courrier du 15 avril 2021 Mme D, professeure exerçant au lycée français comte B à Andorre-la-Vieille, a saisi le rectorat de l'académie de Montpellier d'une demande préalable indemnitaire tendant à l'indemnisation de son préjudice financier à hauteur de 2 2236,25 euros au 31 mars 2021 lié à la perception d'un montant sous-évalué de l'indemnité compensatrice de CSG. Suite au rejet implicite opposé par le rectorat, Mme D demande au tribunal de condamner le rectorat de l'académie de Montpellier, en dernier lieu, à lui verser la somme globale de 2 408,90 euros.
Sur l'étendue du litige :
2. Le rectorat de l'académie de Montpellier se prévaut, dans ses écritures en défense, de ce qu'il a versé à Mme D la somme de 2 022,44 euros à titre de régularisation et qu'ainsi, elle a obtenu satisfaction. Toutefois il résulte des écritures de l'intéressée qu'elle sollicite la condamnation de l'Etat à lui verser au titre de son préjudice financier la somme de 1 808,90 euros, déduction faite des 2 022,44 euros qu'elle reconnait avoir perçus. Par suite, alors au demeurant qu'elle sollicite également la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 600 euros en réparation de son préjudice moral, elle ne peut être regardée comme ayant obtenu satisfaction par le versement de la somme de 2 022,44 euros. Dans ces conditions, l'exception de non-lieu à statuer ne peut être accueillie.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
3. D'une part la décision par laquelle l'administration rejette une réclamation tendant à la réparation des conséquences dommageables d'un fait qui lui est imputé lie le contentieux indemnitaire à l'égard du demandeur pour l'ensemble des dommages causés par ce fait générateur. D'autre part, un requérant peut se borner à demander à l'administration réparation d'un préjudice qu'il estime avoir subi pour ne chiffrer ses prétentions que devant le juge administratif.
4. Il résulte des principes rappelés au point précédent qu'en sollicitant le 15 avril 2021 la réparation du seul préjudice financier, chiffré à 2 236,25 euros, en raison du versement d'un montant erroné de l'indemnité compensatrice de CSG depuis le 1er septembre 2018 au 31 mars 2021, Mme D a lié le contentieux indemnitaire pour l'ensemble des préjudices liés à ce fait générateur. Par suite, alors qu'elle n'était pas tenue de chiffrer son préjudice à ce stade, et qu'elle a légalement pu augmenter ses prétentions liées au même fait générateur devant le tribunal, les fins de non-recevoir tirés de ce que le contentieux n'aurait pas été lié pour les sommes sollicitées au-delà de celles sollicitées dans la réclamation indemnitaire et pour le préjudice moral doivent être écartées.
Sur les conclusions indemnitaires :
5. En premier lieu, le moyen tiré de ce que le refus implicite opposé à sa demande préalable indemnitaire serait entaché d'un défaut de motivation, malgré la demande qu'elle a formulée en ce sens, doit être, s'agissant d'un litige indemnitaire, écarté comme inopérant.
6. En second lieu, aux termes de l'article 113 de la loi n° 2017-1837 du 30 décembre 2017 de finances pour 2018 et instituant une indemnité compensatrice de la hausse de la contribution sociale généralisée dans la fonction publique : " A compter du 1er janvier 2018, les agents publics civils et les militaires perçoivent une indemnité compensatrice tenant compte de la hausse du taux de la contribution sociale généralisée, prévue à l'article 8 de la loi n° 2017-1836 du 30 décembre 2017 de financement de la sécurité sociale pour 2018, de la suppression de la contribution exceptionnelle de solidarité et de la suppression de la cotisation salariale d'assurance maladie ainsi que de la baisse ou de la suppression de la contribution salariale d'assurance chômage, en application du même article 8. Un décret, pris après avis du Conseil commun de la fonction publique et du Conseil supérieur de la fonction militaire, fixe les conditions d'application du présent article. ". Le décret susvisé du 30 décembre 2017 modifié en 2020 dispose en son article 5 que : " Au 1er janvier de chaque année, si la rémunération mentionnée au premier alinéa du IV de l'article 2 a évolué entre l'année civile écoulée et la précédente, le montant de l'indemnité est réévalué proportionnellement à cette évolution. Lorsqu'un changement de quotité de travail est intervenu au cours de l'année civile écoulée ou que l'agent a connu une évolution de sa rémunération liée à un congé maladie sur cette même période, l'incidence de ces évolutions est neutralisée pour la réalisation de cette comparaison. ".
7. Il résulte de l'instruction que le rectorat a, en procédant au paiement de la somme de 2 022,44 euros en juillet 2022, régularisé le paiement de l'indemnité compensatrice de la CSG, conformément aux demandes de l'intéressée pour la période comprise entre janvier et décembre 2020. Si le rectorat fait valoir que le montant de cette indemnité a été réduit à compter de janvier 2021, en application des dispositions du décret du 18 décembre 2020 modifiant celui du 30 décembre 2017, il ne résulte pas de ces dispositions, citées au point précédent, qu'elles fixent une réduction du montant de l'indemnité mais opèrent la prise en compte des évolutions de rémunération entre l'année juste écoulée et celle précédente, permettant ainsi de faire évoluer, dans les mêmes proportions, l'indemnité compensatrice de CSG. Il résulte de l'instruction que le rectorat a reconnu une évolution de la rémunération de l'intéressée entre 2019 et 2020, puisqu'il a augmenté l'indemnité litigieuse de 44.32 euros à 45.28 euros, et entre 2020 et 2021, puisqu'il a augmenté l'indemnité litigieuse de 45.28 à 47.22 euros. Dans ces conditions, Mme D a droit à une réévaluation de cette indemnité dans les mêmes proportions pour les années 2021 et 2022, et elle est ainsi fondée à soutenir que le rectorat devait lui verser s'agissant de l'année 2021, la somme mensuelle de 119,075 euros en lieu et place des 45,28 versés, et s'agissant de l'année 2022, la somme mensuelle de 124,17 en lieu et place des 47,22 euros versés. Dans ces conditions, Mme D est fondée à demander la condamnation de l'Etat la somme de 1808,90 euros en réparation du préjudice financier subi jusqu'au 31 décembre 2022.
8. En revanche en se bornant à demander la réparation d'un préjudice moral lié au fait que le litige aurait pu se résoudre plus rapidement, Mme D ne démontre pas la réalité du préjudice invoqué en lien avec le versement d'un montant erroné de l'indemnité compensatrice de CSG.
9. Il résulte de tout ce qui précède que Mme D est seulement fondée à demander la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 1 808,90 euros.
Sur les frais liés au litige :
10. En application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre à la charge du rectorat de Montpellier la somme de 1 000 euros à verser à Mme D au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'Etat versera la somme de 1808,90 euros à Mme D en réparation du préjudice financier subi du fait du versement d'une indemnité compensatrice de CSG sous-évaluée jusqu'au mois de décembre 2022.
Article 2 : L'Etat versera à Mme D une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D et à la rectrice de l'académie de Montpellier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 février 2024.
La magistrate désignée,
I. ALa greffière,
E. Tournier
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 23 février 2024.
La greffière,
E. Tournier
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026