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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2104071

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2104071

vendredi 16 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2104071
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantSCP DESFILIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 2 août 2021 et le 7 mars 2022, M. A B, représenté par Me Lamarre, demande au tribunal de prononcer la réduction de la cotisation d'impôt sur le revenu acquittée au titre de l'année 2019, par restitution d'une fraction supplémentaire de crédit d'impôt dit " de modernisation du recouvrement ".

Il soutient que :

- l'administration fiscale commet une erreur de droit en exigeant cumulativement le respect des deuxième et troisième conditions posées par le F du II de l'article 60 de la loi de finance pour 2017 du 29 décembre 2016 car ces conditions sont indépendantes et alternatives ;

- il est éligible au crédit d'impôt de modernisation du recouvrement complémentaire dès lors que le montant de ses revenus de l'année 2019 est inférieur à celui de l'année 2018 mais supérieur à celui de l'année 2015 ; il n'a pas à justifier de la hausse de sa rémunération de l'année 2018 ;

- l'administration méconnaît la doctrine référencée BEI-IR-PASS-50-10-20-30 du 12 décembre 2020 paragraphes 100 à 140, et en particulier le paragraphe n°120.

Par un mémoire en défense enregistré le 3 décembre 2021, le directeur départemental des finances publiques de l'Hérault conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête de sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- la loi n° 2016-1917 du 29 décembre 2016 portant loi de finances pour 2017 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Viallet, rapporteure ;

- et les conclusions de M. Baccati, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, gérant et unique associé de l'EURL CG Consulting, perçoit des rémunérations imposables dans la catégorie des traitements et salaires. Au titre de l'année 2018, il a été imposé à l'impôt sur le revenu conformément à sa déclaration du 27 mai 2019 faisant mention d'un revenu de 500 000 euros. Le 14 octobre 2019, M. B a souscrit une déclaration rectificative portant à 954 100 euros ses revenus perçus pour l'année 2018. Un avis d'imposition rectificatif a été mis en recouvrement et l'intéressé a bénéficié d'un crédit d'impôt de modernisation du recouvrement d'un montant de 198 231 euros. M. B demande au tribunal de prononcer la réduction de la cotisation d'impôt sur le revenu qu'il a acquittée au titre de l'année 2019, par restitution d'une fraction supplémentaire de ce crédit d'impôt.

Sur le terrain de la loi fiscale :

2. D'une part, l'article 60 de la loi du 29 décembre 2016 a instauré, à compter des revenus de l'année 2018 et pour ceux qui entrent dans son champ d'application, le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu. Le II de cet article énonce : " A. - Les contribuables bénéficient, à raison des revenus non exceptionnels entrant dans le champ du prélèvement mentionné à l'article 204 A du code général des impôts, tel qu'il résulte de la présente loi, perçus ou réalisés en 2018, d'un crédit d'impôt modernisation du recouvrement destiné à assurer, pour ces revenus, l'absence de double contribution aux charges publiques en 2019 au titre de l'impôt sur le revenu. B. - Le crédit d'impôt prévu au A du présent II est égal au montant de l'impôt sur le revenu dû au titre de l'année 2018 () multiplié par le rapport entre les montants nets imposables des revenus non exceptionnels mentionnés au 1 de l'article 204 A dudit code, les déficits étant retenus pour une valeur nulle, et le revenu net imposable au barème progressif de l'impôt sur le revenu, hors déficits, charges et abattements déductibles du revenu global. (). C. - Sont pris en compte au numérateur du rapport prévu au B du présent II, pour le calcul du crédit d'impôt prévu au A, les montants nets imposables suivant les règles applicables aux salaires (). F. - 1. Les montants nets imposables suivant les règles applicables aux salaires perçus dans les conditions mentionnées au 2 du présent F à retenir au numérateur du rapport prévu au B du présent II pour le calcul du crédit d'impôt prévu au A, après application du C, sont retenus dans la limite du plus faible des deux montants suivants : 1° Leur montant net imposable au titre de l'année 2018 ; 2° Le plus élevé de ces revenus imposables au titre des années 2015,2016 ou 2017. 2. Les dispositions du 1 du présent F sont applicables : 1° Aux rémunérations perçues par les personnes qui, au sens des a et c du 2° du III de l'article 150-0 B ter du code général des impôts, contrôlent en 2018 la société qui les leur verse au cours de cette même année ; () 4. En cas d'application du 2° du 1 du présent F, lorsque les rémunérations imposables suivant les règles applicables aux salaires perçues de la même société en 2019 sont supérieures ou égales à celles perçues en 2018, le contribuable peut demander, par voie de réclamation, la restitution de la fraction du crédit d'impôt dont il n'a pas pu bénéficier en application du 1. Dans le cas où les rémunérations imposables suivant les règles applicables aux salaires perçues de la même société en 2019 sont inférieures à celles perçues en 2018 mais supérieures à la plus élevée des rémunérations perçues au titre des années 2015, 2016 ou 2017 retenues en application du 2° du 1 du présent F, le contribuable peut demander, par voie de réclamation, la restitution d'une partie de la fraction du crédit d'impôt dont il n'a pas pu bénéficier en application du 1, à hauteur de la différence constatée entre les rémunérations perçues en 2019 et, selon le cas, celles perçues en 2015,2016 ou 2017. A défaut, la restitution de la fraction du crédit d'impôt dont le contribuable n'a pas pu bénéficier en application du même 1 peut également être demandée, sous réserve qu'il justifie, d'une part, que la hausse des rémunérations déclarées en 2018 par rapport à celles perçues de la même société les trois années précédentes correspond à une évolution objective des responsabilités qu'il a exercées ou à la rémunération normale de ses performances au sein de cette société en 2018 et, d'autre part, que la diminution de cette même rémunération en 2019 est également justifiée. () ".

3. D'autre part, aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré. / Il en est de même lorsqu'une imposition a été établie d'après les bases indiquées dans la déclaration souscrite par un contribuable ou d'après le contenu d'un acte présenté par lui à la formalité de l'enregistrement. ".

4. Il est constant que la rémunération de 691 844 euros perçue en 2019 par M. B est inférieure à celle perçue en 2018 pour un montant de 954 100 euros. Par ailleurs, l'intéressé a perçu des rémunérations de 414 780 euros en 2015, 247 000 euros en 2016 et 330 000 euros en 2017. Sa rémunération de l'année 2019 est dès lors supérieure à celle de la plus élevée de ces trois années, en l'espèce l'année 2015. Sa situation entre donc dans le champ de l'alinéa 2 du 4 du F du II de l'article 60 de la loi du 29 décembre 2016 précité, excluant l'application du troisième alinéa. Toutefois, en se bornant à faire valoir qu'il n'a pas à justifier des conditions prévues au troisième alinéa précité, M. B, qui supporte la charge de la preuve du caractère exagéré des impositions mises à sa charge, ne justifie pas de la rémunération dont il se prévaut dans la déclaration rectificative de ses revenus de l'année 2018. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à demander la restitution d'un complément de crédit d'impôt de modernisation du recouvrement.

Sur le terrain de la doctrine fiscale :

5. M. B ne peut utilement se prévaloir de la doctrine référencée BEI-IR-PASS-50-10-20-30 du 12 décembre 2020 paragraphes 100 à 140, et en particulier le paragraphe n°120, qui ne donne pas de la loi fiscale une interprétation différente de celle dont il a été fait application dans le présent jugement.

6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. B doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur départemental des finances publiques de l'Hérault.

Délibéré après l'audience du 22 mai 2023, à laquelle siégeaient :

M. Gayrard, président,

Mme Pater, première conseillère,

Mme Viallet, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juin 2023.

La rapporteure,

ML. VialletLe président,

JP. Gayrard

La greffière,

G. Munoz

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 19 juin 2023.

La greffière,

G. Munozfb

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