jeudi 2 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2104125 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Président BESLE |
| Avocat requérant | RUIZ |
Vu la procédure suivante :
Par A requête et un mémoire, enregistrés le 2 août 2021 et le 10 janvier 2023, M. D C, représenté par Me Ruiz, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 6 mai 2021 par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault a confirmé la mise à sa charge de deux indus de revenu de solidarité active de montants respectifs de 497,01 euros, pour la période du 1er octobre 2020 au 30 novembre 2020, et de 1 988,04 euros, pour la période du 1er septembre 2020 au 31 décembre 2020 ;
2°) de le décharger totalement des sommes réclamées au titre de ces indus ;
3°) d'enjoindre à l'administration de lui verser le revenu de solidarité active dû au titre du mois de janvier 2021 ;
4°) d'enjoindre à l'administration de lui rembourser les sommes déjà récupérées ;
5°) de mettre à la charge du département de l'Hérault A somme de 1 250 euros à verser à son conseil au titre des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le calcul des indus est opaque et ceux-ci couvrent pour partie la même période ;
- il n'est pas en situation de concubinage mais seulement en colocation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 janvier 2023, le département de l'Hérault, représenté par la SCP Vinsonneau-Paliès Noy Gauer et Associés, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par A décision du 29 juin 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B ;
- les observations de Me Ruiz, représentant M. C.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C a bénéficié d'une ouverture de droits au revenu de solidarité active dans le département de l'Hérault. A la suite d'un contrôle de sa situation retenant qu'il vivait maritalement depuis septembre 2020, il s'est vu notifier, par décision du 25 janvier 2021, un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 1 988,04 euros pour la période de septembre à décembre 2020. La personne avec laquelle il était regardé comme vivant maritalement s'est quant à elle vue notifier un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 497,01 euros pour la période de septembre à novembre 2020. M. C demande l'annulation de la décision du 6 mai 2021 par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault a confirmé la mise à sa charge, au titre du couple, de deux indus de revenu de solidarité active de montants respectifs de 497,01 euros, pour la période du 1er octobre 2020 au 30 novembre 2020, et de 1 988,04 euros, pour la période du 1er septembre 2020 au 31 décembre 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre A décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu d'allocation de revenu de solidarité active, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
3. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un revenu garanti, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre ". L'article L. 262-9 du même code dispose en outre que : " Le montant forfaitaire mentionné au 2° de l'article L. 262-2 est majoré, pendant A période d'une durée déterminée, pour : 1° A personne isolée assumant la charge d'un ou de plusieurs enfants ; 2° A femme isolée en état de grossesse, ayant effectué la déclaration de grossesse et les examens prénataux. La durée de la période de majoration est prolongée jusqu'à ce que le dernier enfant ait atteint un âge limite. Est considérée comme isolée A personne veuve, divorcée, séparée ou célibataire, qui ne vit pas en couple de manière notoire et permanente. Lorsque l'un des membres du couple réside à l'étranger, n'est pas considéré comme isolé celui qui réside en France ". Enfin, aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. () ".
4. L'article 515-8 du code civil dispose que : " Le concubinage est A union de fait, caractérisée par A vie commune présentant un caractère de stabilité et de continuité, entre deux personnes, de sexe différent ou de même sexe, qui vivent en couple ".
5. Il résulte de ces dispositions que pour le bénéfice du revenu de solidarité active, le foyer s'entend du demandeur ainsi que, le cas échéant, de son conjoint, partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou concubin, et des enfants ou personnes de moins de vingt-cinq ans à charge qui remplissent les conditions précisées par l'article R. 262-3 du code de l'action sociale et des familles. Pour l'application de ces dispositions, le concubin est la personne qui mène avec le demandeur A vie de couple stable et continue. La vie maritale peut être établie par un faisceau d'indices concordants, au nombre desquels la circonstance que les intéressés mettent en commun leurs ressources et leurs charges.
6. Les indus litigieux mis à la charge de M. C ont pour origine la prise en compte par la caisse d'allocations familiales d'une situation de concubinage à compter de septembre 2020. Il résulte du rapport d'enquête établi par un contrôleur de la caisse d'allocations familiales le 20 novembre 2020, dont les énonciations font foi jusqu'à preuve du contraire, que la déclaration d'une colocation entre les intéressés fait suite à leur séparation et que cette colocation est maintenue malgré leurs différents changements de logements et de départements. Le rapport indique également que le contrat de l'assurance habitation était au seul nom de la prétendue colocataire, que le loyer n'était acquitté que par cette dernière et que M. C lui reversait sa part du loyer. Enfin, il résulte du rapport que la configuration de leur logement n'aurait pas permis la colocation qui suppose que chaque locataire dispose d'une partie privative.
7. Il résulte cependant de l'instruction que tant l'assurance habitation que le bail mentionnent l'existence d'une colocation. Il en ressort également que le logement comporte trois pièces principales et A surface habitable de 78 m2 qui, contrairement à ce que soutient le département, n'est pas incompatible avec A colocation. En outre, M. C produit deux attestations indiquant qu'il n'est pas en situation de couple. Enfin, si M. C confirme qu'il ne payait pas directement sa part de loyer mais qu'il la remboursait à sa colocataire, c'est en raison de la mesure de surendettement dont il a fait l'objet. Dans ces conditions, il ne résulte pas de l'instruction un faisceau d'indices suffisamment concordants pour établir l'existence de la situation de concubinage alléguée par le département.
8. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, il y a lieu d'accueillir les conclusions à fin d'annulation de la décision du 6 mai 2021 par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault a confirmé la mise à la charge de M. C de deux indus de revenu de solidarité active de montants respectifs de 497,01 euros, pour la période allant du 1er octobre 2020 au 30 novembre 2020, et de 1 988,04 euros pour la période allant du 1er septembre 2020 au 31 décembre 2020.
9. Cette annulation implique, d'une part, le remboursement à M. C des sommes éventuellement retenues au titre des indus de revenu de solidarité active. Il y a lieu d'enjoindre au département de l'Hérault de procéder à ce remboursement dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. En revanche, elle n'implique pas, par elle-même, le versement du revenu de solidarité active dû au titre du mois de janvier 2021, période qui n'était pas en litige. D'autre part, cette annulation implique de prononcer la décharge des indus en litige.
Sur les frais liés au litige :
10. M. C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Ruiz, avocate de M. C, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge du département de l'Hérault le versement à Me Ruiz d'une somme de 1 250 euros.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 6 mai 2021, par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault a confirmé la mise à la charge de M. C de deux indus de revenu de solidarité active de montants respectifs de 497,01 euros, pour la période du 1er octobre 2020 au 30 novembre 2020, et de 1 988,04 euros, pour la période du 1er septembre 2020 au 31 décembre 2020, est annulée.
Article 2 : M. C est déchargé des indus mis à sa charge par cette décision.
Article 3 : Il est ordonné au département de l'Hérault de procéder au remboursement des sommes prélevées à tort pour la récupération des indus de revenu de solidarité active.
Article 4 : Le département de l'Hérault versera à Me Ruiz A somme de 1 250 euros, en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que cette dernière renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête présentée par M. C est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. D C, au département de l'Hérault et à Me Ruiz
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 février 2023.
Le président,
D. BLa greffière,
F. Roman
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 2 février 2023.
La greffière,
F. Roman
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026