mardi 7 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2104139 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Président BESLE |
| Avocat requérant | TEMPLET-TEISSIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 juillet 2021 sous le n° 2104139, Mme E A et M. C D, représentés par Me Templet-Teissier, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 27 février 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault leur a notifié un indu de 320,14 euros d'aide exceptionnelle de fin d'année 2019 ;
2°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault de leur rembourser l'ensemble des retenues opérées à titre de remboursement de cette créance ;
3°) de condamner la caisse d'allocations familiales de l'Hérault à leur verser la somme de 11 500 euros à titre de dommages et intérêts ;
4°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la caisse d'allocations familiales et le département de l'Hérault ne rapportent pas la preuve des sommes dont ils demandent le remboursement ;
- il résulte du rapport d'enquête que leurs ressources ont été prises en compte deux fois ;
- le montant des indus réclamés n'est pas cohérent au regard des sommes qui leur ont été versées ;
- la caisse d'allocations familiales et le département de l'Hérault disposent de l'ensemble des éléments comptables ;
- la caisse d'allocations familiales a commis dans le traitement de leur dossier de multiples erreurs et négligences constitutives de fautes.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 janvier 2023, la caisse d'allocations familiales de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- les conclusions indemnitaires présentées par Mme A et M. D sont irrecevables faute d'avoir été précédées d'une demande préalable ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le décret n° 2019-1323 du 19 décembre 2019 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B ;
- les observations de Me Templet-Teissier, représentant Mme A et M. D.
La clôture de l'instruction a été différée au 2 février 2023 à 12 heures.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A et M. D sont bénéficiaires du revenu de solidarité active, de la prime d'activité et de l'aide exceptionnelle de fin d'année dans le département de l'Hérault. A la suite d'un réexamen de leur situation, le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a notifié à Mme A et M. D, par une décision du 18 février 2021, des indus de revenu de solidarité active, d'un montant de 7 736,04 euros pour la période du 1er avril 2019 au 31 mars 2020, et de prime d'activité, d'un montant de 2 406,66 euros pour la période du 1er avril 2019 au 31 mars 2020. Par une décision du 27 février 2021, le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault leur a notifié un indu de 320,14 euros d'aide exceptionnelle de fin d'année 2019.
2. Mme A et M. D demandent, d'une part, l'annulation la décision en date du 27 février 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault leur a notifié l'indu d'aide exceptionnelle de fin d'année 2019 et, d'autre part, la condamnation de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault à leur verser la somme de 11 500 euros à titre de dommages et intérêts.
Sur recevabilité des conclusions indemnitaires :
3. L'article R. 421-1 du code de justice administrative dispose que : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. ".
4. Par la présente requête, Mme A et M. D demandent la condamnation de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault à leur verser la somme de 11 500 euros à titre de dommages et intérêts. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que de telles conclusions ont été précédées d'une demande préalable adressée à l'administration susceptible de faire naître, à la date du présent jugement, une décision préalable. Dans ces conditions, et ainsi que le fait valoir en défense la caisse d'allocations familiales de l'Hérault, les conclusions indemnitaires présentées par Mme A et M. D sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.
Sur l'indu en litige :
5. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, de prime d'activité ou d'aide exceptionnelle de fin d'année, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu qu'il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
6. L'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles dispose que : " () Le revenu de solidarité active est une allocation qui porte les ressources du foyer au niveau du montant forfaitaire () ". Aux termes de l'article L. 262-3 du même code: " () L'ensemble des ressources du foyer, y compris celles qui sont mentionnées à l'article L. 132-1, est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active, dans des conditions fixées par un décret en Conseil d'Etat qui détermine notamment : / () 2° Les modalités d'évaluation des ressources () ". Le premier alinéa de l'article L. 132-1 de ce code dispose que : " Il est tenu compte, pour l'appréciation des ressources des postulants à l'aide sociale, des revenus professionnels et autres et de la valeur en capital des biens non productifs de revenu, qui est évaluée dans les conditions fixées par voie réglementaire. () ". Aux termes de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. / Les dispositions de l'article R. 132-1 sont applicables au revenu de solidarité active ". Enfin, l'article R. 132-1 de ce code prévoit que : " Pour l'appréciation des ressources des postulants prévue à l'article L. 132-1, les biens non productifs de revenu, à l'exclusion de ceux constituant l'habitation principale du demandeur, sont considérés comme procurant un revenu annuel égal à 50 % de leur valeur locative s'il s'agit d'immeubles bâtis, à 80 % de cette valeur s'il s'agit de terrains non bâtis et à 3 % du montant des capitaux ".
7. Pour l'application de ces dispositions, lorsque le bénéficiaire du revenu de solidarité active détient des parts d'une société à responsabilité limitée ou d'une entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée et n'est pas soumis aux dispositions des articles R. 262-18 ou R. 262-19 du code de l'action sociale et des familles applicables aux revenus professionnels relevant de l'impôt sur le revenu dans la catégorie des bénéfices agricoles, des bénéfices industriels et commerciaux ou des bénéfices non commerciaux, du fait des bénéfices dégagés par cette société, il y a lieu, pour déterminer le montant des ressources qu'il retire de ces parts, de tenir compte des seuls bénéfices de la société dont il a effectivement disposé, c'est-à-dire qui lui ont été distribués. A défaut de distribution de tout ou partie des bénéfices réalisés par la société, ces ressources ne peuvent être évaluées que sur la base forfaitaire, applicable aux biens non productifs de revenus, prévue par les articles L. 132-1 et R. 132-1 du code de l'action sociale et des familles. Pour déterminer la valeur des parts sociales à laquelle appliquer le taux de 3 %, l'administration et, le cas échéant, le juge peuvent tenir compte de leur valeur nominale, sauf à disposer d'éléments leur permettant de déterminer une valeur aussi proche que possible, à la date où les ressources sont évaluées, de celle qu'aurait entraîné le jeu normal de l'offre et de la demande, par exemple en s'appuyant sur le montant de l'actif net comptable de la société.
8. En outre, aux termes de l'article 3 du décret n° 2019-1323 du 10 décembre 2019 : " Une aide exceptionnelle est attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre 2019 ou, à défaut, du mois de décembre 2019, sous réserve que le montant dû au titre de ces périodes ne soit pas nul et à condition que les ressources du foyer, appréciées selon les dispositions prises en vertu de l'article L. 262-3 du code de l'action sociale et des familles, n'excèdent pas le montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 du même code. Une seule aide est due par foyer ".
9. Mme A et M. D, s'ils ne discutent pas les modalités de détermination de leurs ressources, font néanmoins valoir que le montant de l'indu mis à leur charge ne correspond pas aux sommes qui leur ont été versées. Ils produisent pour l'établir un tableau récapitulant les sommes qu'ils ont, d'une part, perçues sur leur compte bancaire et, d'autre part, celles figurant sur les attestations de paiement délivrées par la caisse d'allocations familiales pour la période du 1er avril 2019 au 30 avril 2020. En défense, la caisse d'allocations familiales ne conteste pas l'exactitude de ce tableau. Il en ressort que l'indu de revenu de solidarité active n'est pas justifié. En défense, la caisse d'allocations familiales se borne à exposer les modalités de calcul des ressources prises en compte, sans justifier, alors qu'il est contesté, du montant même de l'indu de revenu de solidarité active.
10. Dans ces conditions, dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction que Mme A et M. D ne pouvaient pas bénéficier du revenu de solidarité active pour les mois de novembre et décembre 2019, la décision du 27 février 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a notifié aux requérants un indu de 320,14 euros d'aide exceptionnelle de fin d'année 2019 doit être annulée. Cette annulation implique la décharge de la totalité de l'indu.
Sur les frais liés au litige :
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault une somme de 500 euros à verser à Mme A et à M. D en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 27 février 2021 est annulée en ce que le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a notifié un indu d'aide exceptionnelle de fin d'année 2019.
Article 2 : Mme A et M. D sont déchargés de l'indu d'aide exceptionnelle de fin d'année 2019.
Article 3 : La caisse d'allocations familiales de l'Hérault versera à Mme A et M. D la somme de 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme E A et M. C D, au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées, à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault et à Me Templet-Teissier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 février 2023.
Le président,
D. BLa greffière,
F. Roman
La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 7 février 2023.
La greffière,
F. Roman
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026