jeudi 10 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2104145 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Président BESLE |
| Avocat requérant | BAUTES |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête enregistrée le 19 avril 2021 sous le n° 2101972, M. B C, représenté par Me Bautes, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault a rejeté son recours administratif du 19 août 2020 tendant à contester la mise à sa charge de deux indus de revenu de solidarité active de montants respectifs de 4 363,38 euros (INK/003) et 5 249,62 euros (INK/004) au titre de la période du 1er août 2017 au 31 mars 2019 ;
2°) de le décharger du paiement des indus litigieux ;
3°) à titre subsidiaire, de faire application de la prescription biennale s'agissant des trop-perçus implantés sur la période antérieure au mois de mai 2018 ;
4°) de mettre à la charge du département de l'Hérault une somme de 1 800 euros au titre des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision du 25 mai 2020 est entachée de vices de forme et de procédure ;
- le département a commis une erreur d'appréciation en considérant que les sommes d'argent ponctuellement versées par sa mère et sa grand-mère étaient constitutives d'une pension alimentaire ;
- à titre subsidiaire, en raison de sa bonne foi, la prescription biennale prévue à l'article L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles doit lui être appliquée s'agissant de la période antérieure au mois de mai 2018.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 août 2022, le département de l'Hérault, représenté par la SCP Vinsonneau-Paliès Noy Gauer et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. C une somme de 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- les conclusions de la requête dirigées contre la décision du 25 mai 2020 sont irrecevables ;
- aucun des autres moyens présentés par M. C n'est fondé.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 février 2021.
II. Par une requête enregistrée le 12 juillet 2021 sous le n° 2104144, M. B C, représenté par Me Bautes, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a rejeté son recours administratif du 25 janvier 2021 tendant à contester la mise à sa charge de deux indus d'aide au logement (IN4/004 et IN5/001) d'un montant global de 3 569 euros et d'un indu de prime d'activité (IM3/002) d'un montant de 1 519,53 euros au titre de la période du 1er janvier 2019 au 31 décembre 2020 ;
2°) de le décharger des indus d'aide au logement et de prime d'activité litigieux ;
3°) de mettre à la charge du département de l'Hérault une somme de 1 800 euros au titre des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision du 10 décembre 2020 est entachée de vices de forme et de procédure ;
- la caisse d'allocations familiales a commis une erreur d'appréciation en considérant que les sommes d'argents ponctuellement versées par sa mère et sa grand-mère étaient constitutives d'une pension alimentaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 septembre 2022, la caisse d'allocations familiales de l'Hérault conclut au rejet de la requête
Elle fait valoir qu'aucun des moyens présentés par M. C n'est fondé.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 juin 2021.
III. Par une requête enregistrée le 12 juillet 2021 sous le n° 2104145, M. B C, représenté par Me Bautes, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault a rejeté son recours administratif du 25 janvier 2021 tendant à contester la mise à sa charge d'un indu de revenu de solidarité active (INK005) d'un montant de 2 221,17 euros au titre de la période du 1er avril 2019 au 31 décembre 2019.
2°) de le décharger de l'indu de revenu de solidarité active litigieux ;
3°) de mettre à la charge du département de l'Hérault une somme de 1 800 euros au titre des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision du 10 décembre 2020 est entachée de vices de forme et de procédure ;
- le département a commis une erreur d'appréciation en considérant que les sommes d'argents ponctuellement versées par sa mère et sa grand-mère étaient constitutives d'une pension alimentaire.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 août 2022, le département de l'Hérault, représenté par la SCP Vinsonneau-Paliès Noy Gauer et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. C une somme de 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- les conclusions de la requête dirigées contre la décision du 10 décembre 2020 sont irrecevables ;
- aucun des autres moyens présentés par M. C n'est fondé.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 juin 2021.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A ;
- les observations de Me Misslin, représentant M. C.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes n° 2101972, n° 2104144 et n° 2104145 de M. C présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
2. M. C, né le 7 juin 1992, est allocataire de la caisse d'allocations familiales et bénéficie de diverses prestations. A la suite d'un contrôle de sa situation, le directeur de la caisse d'allocations familiales lui a notifié, par décisions du 12 février 2020, 22 février 2020 et 10 décembre 2020 plusieurs indus de revenu de solidarité active, de prime d'activité, d'aide au logement et d'aide exceptionnelle de fin d'année pour un montant global de 17 573,58 euros. Par courriers des 19 août 2020 et 25 janvier 2021, M. C a contesté le bien-fondé des indus de revenu de solidarité active, de prime d'activité et d'aide au logement mis à sa charge. Par les présentes requêtes, ce dernier doit être regardé comme demandant au tribunal l'annulation, d'une part, de la décision du 5 mars 2021 par laquelle le président du conseil départemental a confirmé le bien-fondé de l'indu de revenu de solidarité active référencé INK/005, d'un montant de 2 221,17 euros, et d'autre part, des décisions implicites par lesquelles tant le président du conseil départemental que le directeur de la caisse d'allocations familiale ont, par leur silence gardé pendant plus de deux mois, rejeté ses différents recours administratifs s'agissant des autres indus.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, de prime d'activité et d'aide au logement, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
En ce qui concerne les conclusions dirigées contre les décisions des 25 mai et 10 décembre 2020 :
4. Aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental () ". Aux termes de l'article L. 842-2 du code de la sécurité sociale : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité prise par l'un des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission de recours amiable () ". Enfin, l'article L.825-2 du code de la construction et de l'habitation dispose que : " Les contestations des décisions prises en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement par les organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur, selon des modalités fixées par voie réglementaire. ". L'article L. 821-1 du même code précisant que : " () Les aides personnelles au logement comprennent : / 1° L'aide personnalisée au logement ; / 2° Les allocations de logement : / () / b) L'allocation de logement sociale. ".
5. L'institution par ces dispositions d'un recours administratif préalable obligatoire à la saisine du juge a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il suit de là que la décision par laquelle celle-ci rejette, implicitement ou expressément, ce recours se substitue à la décision initiale et est seule susceptible d'être déférée au juge.
6. Ainsi, dans la mesure où M. C a exercé le 19 août 2020 et le 25 janvier 2021 des recours administratifs contre les décisions de la caisse d'allocations familiales des 25 mai et 10 décembre 2020, ayant donné lieu à une décision expresse de rejet du président du conseil départemental en date du 5 mars 2021, s'agissant de l'indu de revenu de solidarité active référencé INK/005, et à des décisions implicites de rejet, s'agissant des autres indus, les conclusions des requêtes présentées par M. C doivent être regardées, comme étant dirigées uniquement contre ces dernières décisions, lesquelles se sont entièrement substituées aux décisions initiales de la caisse d'allocations familiales. Il en résulte que les moyens tirés du défaut de motivation, de signature, de précision quant au délai imparti au débiteur pour s'acquitter de la somme due, et de mention de la possibilité pour l'allocataire de présenter des observations, en tant qu'ils tendent à établir l'existence de vices propres des décisions des 25 mai et 10 décembre 2020 ne peuvent être utilement invoqués. Ces moyens doivent, par suite, être écartés comme étant inopérants.
En ce qui concerne le bien fondé des indus :
7. En premier lieu et d'une part, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre ". En vertu de l'article de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. () ". En outre, il résulte des dispositions des articles L. 262-2, L. 262-3, R. 262-6 et R. 262-37 du code de l'action sociale et des familles que les aides apportées par des amis ou des parents ne sauraient être assimilées à des " aides et secours financiers dont le montant et la périodicité n'ont pas de caractère régulier " ou à des " aides et secours affectés à des dépenses concourant à l'insertion des bénéficiaires () dans le domaine du logement ", au sens du 14° de l'article R. 262-11 du même code.
8. D'autre part, aux termes de l'article L. 842-3 du code de la sécurité sociale : " La prime d'activité est égale à la différence entre : 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer () / 2° Les ressources du foyer () ". Aux termes des dispositions de l'article L. 842-4 du même code : " les ressources mentionnées à l'article 842-3 prises en compte pour le calcul de la prime d'activité sont : 1° les ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou qui en tiennent lieu / 2° les revenus de remplacement des revenus professionnels / 3° l'avantage en nature que constitue la disposition d'un logement à l'exception de certaines d'entre elles en raison de leur finalité sociale particulière / 4° Les prestations et aides sociales, à l'exception de certaines d'entre elles en raison de leur finalité sociale particulière / 5° les autres revenus soumis à l'impôt sur le revenu ". Aux termes de l'article R. 844-2 de ce code : " Ont le caractère de revenus de remplacement en application du 2° de l'article L. 842-4 : () 6° Les pensions alimentaires ou rentes fixées sur le fondement des articles 205, 212, 276 et 371-2 du code civil () ". Enfin, aux termes de l'article 371-2 du code civil : " Chacun des parents contribue à l'entretien et à l'éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l'autre parent, ainsi que des besoins de l'enfant. Cette obligation ne cesse pas de plein droit lorsque l'enfant est majeur ". Il résulte des dispositions précitées que les pensions ou rentes versées sur le fondement de l'article 371-2 du code civil, correspondant à la contribution des parents à l'entretien et à l'éducation de leurs enfants, même majeurs, sont prises en compte dans le calcul de la prime d'activité.
9. Enfin, l'article L. 823-1 du code de la construction et de l'habitation dans sa version applicable au litige dispose que : " Le montant des aides personnelles au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. / Ce barème est établi en prenant en considération : 1° La situation de famille du demandeur () ; 2° Ses ressources et la valeur en capital de son patrimoine () ".
10. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'enquête établi le 27 novembre 2020 par un contrôleur assermenté de la caisse d'allocations familiales, dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, que M. C a, au titre des années 2017, 2018, 2019 et 2020 perçu de sa mère et de sa grand-mère des sommes d'argent pour un montant total de 33 315 euros, lesquelles n'ont pas été déclarées par l'intéressé au titre de ses prestations sociales. Si M. C ne conteste pas avoir perçu de telles ressources et ne pas les avoir mentionnées dans ses déclarations trimestrielles, il fait valoir que celles-ci correspondent à des cadeaux ou à des aides financières ponctuelles de membres de sa famille et qu'elles ne peuvent être qualifiées de " pensions alimentaires " en absence de versement réguliers. Toutefois, il résulte des dispositions législatives et réglementaires précitées que les aides apportées par des amis ou des parents ne sauraient être assimilées à des " aides et secours financiers dont le montant et la périodicité n'ont pas de caractère régulier ". Dès lors, ces aides doivent être prises en compte dans le calcul des ressources pour la détermination du montant des allocations en litige. Par suite, c'est à bon droit que l'administration a estimé, après réintégration au sein des ressources de M. C des sommes perçues de sa mère et de sa grand-mère, que ce dernier avait bénéficié du revenu de solidarité active, de la prime d'activité et de l'aide au logement sur la période litigieuse pour un montant supérieur à celui auquel il avait droit et ainsi mis à sa charge les indus litigieux.
11. En deuxième lieu, Selon l'article L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles : " L'action en vue du paiement du revenu de solidarité active se prescrit par deux ans. Cette prescription est également applicable, sauf en cas de fraude ou de fausse déclaration, à l'action intentée par l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active, ou le département en recouvrement de sommes indûment payées ". Il résulte de ces dispositions qu'en cas de fausse déclaration ou de fraude, la prescription biennale n'est pas applicable au revenu de solidarité active.
12. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a omis de déclarer certaines de ses ressources, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des ressources dépourvues d'incidence sur le droit de l'intéressé au revenu de solidarité active ou sur son montant, de tenir compte de la nature des ressources ainsi omises, de l'information reçue et de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises. A cet égard, si l'allocataire a pu légitimement, notamment eu égard à la nature du revenu en cause et de l'information reçue, ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises, la réitération de l'omission ne saurait alors suffire à caractériser une fausse déclaration.
13. Il résulte de l'instruction qu'en dépit de l'information figurant sur le formulaire de déclaration trimestrielle de ressources, M. C n'a pas déclaré les sommes assimilées à des pensions alimentaires versées depuis plusieurs années par sa mère et sa grande mère. Dans ces conditions, eu égard au caractère réitéré sur une longue période des manquements à ses obligations déclaratives, et eu égard à l'importance des sommes non déclarées, M. C doit être regardé comme étant responsable de fausses déclarations faisant obstacle à l'application de la prescription biennale prévue par les dispositions de l'article L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles précité. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 262-45, cité au point précédent, doit être écarté. Pour le même motif, sa demande de remise gracieuse ne peut qu'être rejetée.
14. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à contester le bien-fondé des indus de revenu de solidarité active, de prime d'activité et d'aide au logement mis à sa charge sur la période de mai 2017 à décembre 2020 et notifiés par décision des 25 mai et 10 décembre 2020.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
15. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C, n'implique aucune mesure d'exécution au sens des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative. Par suite, les conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais d'instance :
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge du département de l'Hérault et de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault, qui ne sont pas, dans la présente instance, les parties perdantes, une somme quelconque au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En outre, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. C les sommes que demande le département de l'Hérault au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes présentées par M. C sont rejetées.
Article 2 : Les conclusions du département de l'Hérault tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées, au département de l'Hérault, à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault et à Me Bautes.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.
Le président,
D. ALa greffière,
F. Roman
La République mande et ordonne au ministre délégué chargé de la ville et du logement, au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées et au préfet de l'Hérault, chacun en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 10 novembre 2022.
La greffière,
F. Roman
Nos 2101972, 2104144, 2104145[0]
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026