lundi 19 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2104194 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SELARL MAILLOT AVOCATS & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 août 2021, et un mémoire en réplique, enregistré le 20 février 2022, M. et Mme E et A C ainsi que leur fille B C, représentés par la SELARL Maillot Avocats et Associés, demandent au juge des référés de prescrire une mesure d'expertise aux fins d'apprécier les préjudices de tous ordres subis par Mme E C du fait de son agression, imputable au service, survenue le 2 novembre 2017 à la mairie d'Agde, ainsi que les préjudices subis également par M. C, son époux et leur fille, B.
Ils soutiennent que :
- Mme E C a été victime d'une agression sur son lieu de travail, le 2 novembre 2017 à la suite de laquelle elle a complètement et définitivement perdu la vue dans le cadre d'une neuropathie optique post-traumatique non résolutive ;
- elle a été placée en retraite pour invalidité à compter du 1er août 2020 et admise à une rente d'invalidité dont le taux est fixé à 99 % ;
- son époux, qui a dû cesser son activité professionnelle pour s'occuper d'elle, et sa fille, qui a dû arrêter ses études d'infirmière en Belgique pour venir également les assister, subissent aussi des préjudices extrêmement lourds ;
- une expertise est utile à la détermination de l'intégralité des préjudices présentés à la suite l'accident de service de Mme C ;
- en outre, même en l'absence de faute de l'administration, Mme C est en droit de solliciter la réparation de ses préjudices extra-patrimoniaux et de ses préjudices patrimoniaux d'une autre nature que les pertes de revenus et l'incidence professionnelle résultant de l'incapacité physique ; par ailleurs, est également reconnu le droit à indemnisation des préjudices subis par les ayants-droits ou les proches des fonctionnaires concernés.
Par un mémoire, enregistré le 29 novembre 2021, la commune d'Agde, représentée par la SCP d'avocats CGCB et Associés, conclut, à titre principal, au rejet de la requête et à la condamnation des requérants à lui verser la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761- 1 du code de justice administrative, et à titre subsidiaire, formule les plus expresses protestations et réserves d'usage sur la mesure d'expertise sollicitée et demande que la mission de l'expert soit complétée dans les termes qu'elle précise.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Franck Thévenet, vice-président, comme juge des référés.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ". Il appartient, en vertu de ces dispositions, au juge des référés saisi d'une demande d'expertise de rechercher dans quelle mesure cette expertise peut être utile à la solution d'un éventuel litige, en tenant compte, notamment, de l'existence d'une perspective contentieuse recevable, des possibilités ouvertes au demandeur pour arriver au même résultat par d'autres moyens, de l'intérêt de la mesure pour le contentieux né ou à venir.
2. Mme C, agente territoriale au sein de la commune d'Agde, a été victime sur son lieu de travail, le 2 novembre 2017, d'une agression, qui a été reconnue comme imputable au service, à la suite de laquelle elle a complètement et définitivement perdu la vue dans le cadre d'une neuropathie optique post-traumatique non résolutive. Elle demande une expertise complète pour évaluer le préjudice qu'elle a subi du fait de cet accident. L'expertise sollicitée a pour objet de déterminer et d'évaluer les préjudices non couverts par la règle du forfait de pension que sont les souffrances physiques et morales endurées ainsi que les préjudices esthétique et d'agrément consécutifs à l'accident de service. Elle demande, également, que soient évalués les préjudices subis par son époux et sa fille du fait de sa situation.
3. Il est institué, en faveur des fonctionnaires victimes d'accidents de service ou de maladies professionnelles, une rente viagère d'invalidité en cas de mise à la retraite et une allocation temporaire d'invalidité en cas de maintien en activité. Ces dispositions doivent être regardées comme ayant pour objet de réparer les pertes de revenus et l'incidence professionnelle résultant de l'incapacité physique causée par un accident de service ou une maladie professionnelle. Les dispositions instituant ces prestations déterminent forfaitairement la réparation à laquelle les fonctionnaires concernés peuvent prétendre, au titre de ces chefs de préjudice, dans le cadre de l'obligation qui incombe aux collectivités publiques de garantir leurs agents contre les risques qu'ils peuvent courir dans l'exercice de leurs fonctions. Ces dispositions ne font en revanche pas obstacle à ce que le fonctionnaire qui subit, du fait de l'invalidité ou de la maladie, des préjudices patrimoniaux d'une autre nature ou des préjudices personnels, obtienne de la personne publique qui l'emploie, même en l'absence de faute de celle-ci, une indemnité complémentaire réparant ces chefs de préjudice. Il en va de même s'agissant du préjudice moral subi par ses ayants droits. Ces dispositions ne font pas davantage obstacle à ce qu'une action de droit commun, pouvant aboutir à la réparation intégrale de l'ensemble du dommage, soit engagée contre la collectivité, dans le cas notamment où l'accident ou la maladie serait imputable à une faute de nature à engager la responsabilité de cette collectivité. Dès lors, et dans la perspective d'une action en responsabilité tendant à la réparation intégrale du préjudice subi par les requérants du fait de l'accident en service dont a été victime Mme C, la mesure d'expertise médicale sollicitée par M. et Mme C et leur fille présente un caractère d'utilité au sens des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Par suite, il y a lieu d'y faire droit dans les conditions précisées au dispositif de la présente ordonnance.
Sur les frais liés au litige :
4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la commune d'Agde sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : Le docteur D F, domicilié au Carré d'Hort bâtiment C 62 avenue Jean-Moulin à Béziers (34500), est désigné comme expert avec pour mission de :
* se faire communiquer l'entier dossier médical se rapportant à l'état de santé de Mme C ;
* procéder à l'examen de la requérante et décrire les lésions et séquelles constatées à la suite de son agression en service survenue le 2 novembre 2017 ;
* déterminer, d'une part, la date de consolidation de son état de santé, d'autre part, la durée de l'incapacité temporaire totale, le taux d'incapacité permanente partielle, le préjudice esthétique, les souffrances physiques, psychiques et morales, le préjudice d'agrément, et l'ensemble des autres préjudices qui sont en relation directe avec son accident ;
* donner son avis sur la répercussion de l'incapacité médicalement constatée sur la vie personnelle et professionnelle de la requérante ;
* indiquer si l'état de santé de Mme C est susceptible de modification en aggravation ou en amélioration et préciser s'il nécessite une aide temporaire ou permanente ;
* donner son avis sur l'existence de dépenses relatives à la réduction d'autonomie (frais de logement ou de véhicule adapté) ;
* évaluer les préjudices matériels et moraux de son époux et de sa fille (pertes de revenus, frais divers, préjudice d'affection, préjudices extra-patrimoniaux exceptionnels.)
* donner, plus généralement, tous éléments susceptibles de permettre d'éclairer le juge du fond.
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : L'expertise aura lieu en présence de Mme E C, de M. A C, de Mme B C et de la commune d'Agde.
Article 5 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative et déposera son rapport en deux exemplaires au greffe du Tribunal dans le délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 6 : Les frais et honoraires dus à l'expert seront taxés ultérieurement par ordonnance du président du Tribunal qui désignera la ou les parties qui en assumeront la charge conformément à l'article R. 621-11 du code susvisé.
Article 7 : Les conclusions de la commune d'Agde présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme E C, à M. A C, à Mme B C, à la commune d'Agde et à l'expert.
Fait à Montpellier, le 19 septembre 2022.
Le juge des référés,
F. Thévenet
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 19 septembre 2022,
L'attachée
C. Lemaire
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026