jeudi 6 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2104490 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | magistrat ROUSSEAU |
| Avocat requérant | BARDON & DE FAY AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique enregistrés les 27 août 2021 et 25 mars 2022, Mme F A, représentée par la Selarl Lambert et Crochet, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 juillet 2021 par lequel la présidente de la région Occitanie a prononcé une exclusion temporaire de fonctions d'un jour à son encontre, avec toutes les conséquences de droit qui en découlent ;
2°) de condamner la région Occitanie à lui verser la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure dès lors qu'elle a été privée de son droit d'être assistée du défenseur de son choix et n'a pas été mise à même de faire valoir ses observations en défense ; n'ayant pu obtenir la consultation de son dossier que le 1er juillet 2021, elle n'a pas disposé d'un délai suffisant pour organiser sa défense ;
- la sanction prononcée à son encontre est disproportionnée dès lors qu'elle a seulement voulu, avec M. C, faire une blague à Mme G qui s'inscrit dans un contexte plus large d'une plaisanterie venant de cette dernière ; elle est la victime collatérale d'un contentieux existant entre M. C et M. E, qui seul a témoigné en sa défaveur lors de l'enquête administrative alors même qu'il ne faisait plus partie de l'établissement au moment des faits ; elle n'a jamais fait l'objet de sanctions disciplinaires et les agissements qui lui sont reprochés, certes inadaptés dans le cadre du travail, ne justifiaient l'infliction que d'un avertissement.
Par un mémoire enregistré le 23 février 2022, la région Occitanie, représentée par le Cabinet Bardon et de Faÿ, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme 2 000 euros soit mise à la charge de Mme A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés par Mme A n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 89-677 du 18 septembre 1989 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Rousseau, premier conseiller, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rousseau, premier conseiller ;
- et les conclusions de M. Lafay, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, Mme A, fonctionnaire territoriale de la région Occitanie affectée à un poste d'agent d'entretien au sein du lycée Paul Sabatier à Carcassonne, demande l'annulation de l'arrêté du 13 juillet 2021 par lequel la présidente de la région Occitanie a prononcé à son encontre une exclusion temporaire de fonctions d'un jour.
2. Aux termes de l'article 19 de de la loi susvisée du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires alors en vigueur : " Le pouvoir disciplinaire appartient à l'autorité investie du pouvoir de nomination. () / Le fonctionnaire à l'encontre duquel une procédure disciplinaire est engagée a droit à la communication de l'intégralité de son dossier individuel et de tous les documents annexes et à l'assistance de défenseurs de son choix. L'administration doit informer le fonctionnaire de son droit à communication du dossier. Aucune sanction disciplinaire autre que celles classées dans le premier groupe par les dispositions statutaires relatives aux fonctions publiques de l'Etat, territoriale et hospitalière ne peut être prononcée sans consultation préalable d'un organisme siégeant en conseil de discipline dans lequel le personnel est représenté. / L'avis de cet organisme de même que la décision prononçant une sanction disciplinaire doivent être motivés. ". Aux termes de l'article 4 du décret susvisé du 18 septembre 1989 relatif à la procédure disciplinaire applicable aux fonctionnaires territoriaux : " " L'autorité investie du pouvoir disciplinaire informe par écrit l'intéressé de la procédure disciplinaire engagée contre lui, lui précise les faits qui lui sont reprochés et lui indique qu'il a le droit d'obtenir la communication intégrale de son dossier individuel au siège de l'autorité territoriale et la possibilité de se faire assister par un ou plusieurs conseils de son choix. L'intéressé doit disposer d'un délai suffisant pour prendre connaissance de ce dossier et organiser sa défense. Les pièces du dossier et les documents annexés doivent être numérotés. A sa demande, une copie de tout ou partie de son dossier est communiqué à l'agent dans les conditions prévues par l'article 14 du décret n° 2011-675 du 15 juin 2011 relatif au dossier individuel des agents publics et à sa gestion sur support électronique. ".
3. Une sanction ne peut être légalement prononcée à l'égard d'un agent public sans que l'intéressé ait été mis en mesure de présenter utilement sa défense. S'agissant des sanctions du premier groupe, dont fait partie, pour les fonctionnaires territoriaux, l'exclusion temporaire de fonctions en vertu des dispositions précitées de l'article 89 de la loi du 26 janvier 1984, cette garantie procédurale est assurée, en application des dispositions de l'article 19 de la loi du 13 juillet 1983, par l'information donnée par l'administration à l'intéressé qu'une procédure disciplinaire est engagée, et qu'il dispose du droit à la communication de son dossier individuel et de tous les documents annexes, ainsi qu'à l'assistance des défenseurs de son choix.
4. Il ressort des pièces du dossier que, par un courrier en date du 15 juin 2021, la région Occitanie a indiqué à Mme A qu'elle avait décidé d'engager à son encontre une procédure disciplinaire en raison d'un comportement portant atteinte à la dignité de ses fonctions et que l'infliction de la sanction disciplinaire du 1er groupe d'exclusion de fonctions d'un jour était envisagée. Ce même courrier indiquait à Mme A qu'elle avait droit à la communication intégrale de son dossier et qu'elle disposait de la faculté de se faire assister des défenseurs de son choix et de produire d'éventuelles observations sur les faits lui étant reprochés, en précisant que si, dans un délai de sept jours à compter de la réception du courrier, Mme A n'avait pas manifesté son souhait de consulter son dossier ou de produire des observations, l'instruction de la procédure disciplinaire serait close. Si Mme A soutient qu'elle a tenté en vain d'obtenir communication de son dossier dès réception de ce courrier le 18 juin 2021, elle n'apporte aucun élément à l'appui de ses allégations, et il est constant, en tout état de cause, qu'elle a obtenu communication de son dossier le 1er juillet 2021. Par ailleurs, elle n'a pas produit d'observations dans le délai de sept jours indiqué dans le courrier du 15 juin 2021, qui constituait un délai suffisant pour lui permettre d'organiser sa défense, y compris avec l'assistance de son conseil, et la circonstance que ce dernier ait adressé un courrier à la région le 12 juillet 2021, reçu le 13 juillet 2021, par lequel il indiquait vouloir présenter des observations à la demande de Mme A, ne saurait révéler une méconnaissance des droits de la défense compte tenu du délai dans lequel ce courrier a été adressé à la région. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure dont serait entaché l'arrêté attaqué, tenant à la méconnaissance des droits de la défense, doit être écarté.
5. Aux termes de l'article 89 de la loi susvisée du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes : / Premier groupe : / () l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée maximale de trois jours () ".
6. Il ressort des pièces du dossier qu'en décembre 2020, Mme B G, agent d'entretien au sein du lycée Paul Sabatier de Carcassonne, a alerté la direction de l'administration et du pilotage des ressources humaines de la région Occitanie au sujet de ses relations avec deux de ses collègues, M. D C et Mme F A, en mettant en cause leur comportement inapproprié à son égard. Au terme d'une enquête administrative au sein du service, la présidente de la région Occitanie a décidé d'infliger à Mme A une sanction d'exclusion temporaire de fonctions d'un jour, sanction du 1er groupe, la présidente de la région Occitanie s'est fondée sur le fait qu'il lui est reproché " d'avoir eu, dans le cadre professionnel, un comportement déplacé à connotation sexuelle en décembre 2020 à l'égard d'une de ses collègues, en lui offrant un sex-toys et en se livrant à des " jeux " avec les équipements professionnels de l'intéressée et son téléphone portable " et que " ce comportement outre qu'il perturbe le bon fonctionnement du service, constitue un manquement aux obligations du fonctionnaire telles qu'elles résultent des dispositions de la loi du 13 juillet 1983 et notamment l'obligation de dignité prévue à l'article 25 de la loi susvisée ".
7. Mme A, qui ne conteste pas la matérialité des faits qui lui sont reprochés, fait valoir qu'elle souhaitait seulement, avec M. C, faire une plaisanterie à Mme G dans un contexte de franche camaraderie entre collègues que cette dernière avait elle-même initiée dans la salle de pause en décembre 2020, qu'elle a présenté à plusieurs reprises ses excuses à sa collègue et que la sanction prononcée est disproportionnée, les faits reprochés justifiant tout au plus un avertissement. Toutefois, eu égard au caractère déplacé des agissements de Mme A envers une collègue, la sanction prononcée à son encontre, à savoir une exclusion temporaire de fonctions d'un jour, sanction du 1er groupe, ne peut être regardée comme présentant un caractère disproportionné. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation ne peut qu'être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 13 juillet 2021 doivent être rejetées.
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées sur leur fondement par Mme A. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A la somme de 500 euros à verser à la région Occitanie en application des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Mme A versera la somme de 500 euros à la région Occitanie au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à Mme F A et à la région Occitanie.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2023.
Le magistrat désigné,
M. RousseauLe greffier,
D. Lopez
La République mande et ordonne au préfet de la région Occitanie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 6 juillet 2023
Le greffier,
D. Lopez
dl
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026