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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2104846

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2104846

mardi 18 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2104846
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantTEBOUL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 septembre 2021, M. D A demande au tribunal de condamner le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) de l'Hérault à lui verser la somme de 21 230,38 euros en réparation du préjudice subi à la suite de l'incendie survenu le 14 août 2019 dans son logement à usage de résidence secondaire avec intérêts à compter de la date de sa demande de réparation du préjudice.

Il soutient que :

- sa requête n'est pas tardive dès lors que la décision du 15 juillet 2021 rejetant son recours hiérarchique ne mentionne pas les voies et délais de recours ;

- l'incendie qui s'est déclaré au niveau de la toiture le 14 août 2019 vers 5 heures du matin constitue une reprise de l'incendie qui s'est déclaré la veille au niveau du rez-de-chaussée ;

- il n'est pas établi que le conduit qui a véhiculé la fumée brûlante était invisible ;

- la présence de fumées aurait dû conduire le SDIS à procéder à une investigation plus poussée ;

- le préjudice subi, correspondant aux honoraires de l'expert et au découvert de vétusté, restés à sa charge, s'élève à 21 230,08 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 janvier 2023, le SDIS de l'Hérault, représenté par Me Teboul, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la requête, présentée plus de deux mois après la décision de refus du 17 juin 2020 et de la décision implicite rejetant le recours gracieux reçu le 20 août 2020, est tardive et, par suite, irrecevable ; la décision de refus du 15 juillet 2021 est purement confirmative de la précédente décision de refus ;

- aucune illégalité constitutive d'une faute de nature à engager sa responsabilité n'a été commise ;

- le lien de causalité entre le second sinistre et l'intervention du service n'est pas établi ;

- le préjudice invoqué n'est pas justifié.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B ;

- les conclusions de Mme Lorriaux, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Lucas, substituant Me Teboul, représentant le SDIS de l'Hérault.

Considérant ce qui suit :

1. Un incendie s'est déclaré le 14 août 2019 dans la toiture de l'immeuble d'habitation situé à Florensac. Estimant que la responsabilité du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) de l'Hérault était engagée, M. A, propriétaire du logement situé aux premier et deuxième étage de cet immeuble, lui a adressé une réclamation indemnitaire, qui a été rejetée par une décision du 17 juin 2020. Le recours gracieux formé par M. A, reçu le 20 août 2020, a été implicitement rejeté. Par une lettre du 15 juillet 2021, le président du conseil d'administration du SDIS a confirmé le refus de prendre en charge les conséquences dommageables de l'incendie. M. A demande la condamnation de ce service à lui verser la somme de 21 230,38 euros en réparation du préjudice qu'il estime avoir subi.

Sur les conclusions indemnitaires :

2. En vertu de l'article L. 1424-2 du code général des collectivités territoriales, les services d'incendie et de secours sont chargés de la prévention, de la protection et de la lutte contre les incendies. Dans le cadre de leurs compétences, ils exercent notamment la prévention et l'évaluation des risques de sécurité civile.

3. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport de la " cellule recherche des causes et circonstances d'un incendie ", que les sapeurs-pompiers du SDIS de l'Hérault, appelés le 13 août 2019 vers 19 heures 40, sont intervenus pour lutter contre un incendie qui s'était déclaré, à partir d'un container à ordures, dans un garage au rez-de-chaussée de l'immeuble d'habitation situé à Florensac, et qui a été à l'origine d'un fort dégagement de fumées. Aucun point chaud dans le logement de M. A n'a été constaté, en dépit de l'utilisation d'une caméra thermique au premier et au deuxième étage. Le service a été appelé le 14 août 2019 à 5 heures 26 pour intervenir sur un nouveau départ de feu, constaté vers 5 heures, qui s'est déclaré dans les combles du même immeuble. En admettant que le second incendie soit la conséquence du premier, dès lors qu'il est fort probable que les fumées générées au rez-de-chaussée se soient élevées au moyen d'un conduit de cheminée inutilisé débouchant dans les combles, où elles se sont accumulées en créant des points chauds sur la poutre porteuse de la charpente, il résulte de l'instruction que, d'une part, ce conduit, dont l'existence n'était pas même connue des copropriétaires, était difficilement visible au moment de l'intervention des sapeurs-pompiers et n'a été mis en évidence que lors des opérations d'analyses et de recherche des causes de l'incendie et que, d'autre part, les fumées présentes dans les combles ne pouvaient être décelées du fait de la présence d'un faux-plafond. Par ailleurs, les sapeurs-pompiers ont pris les mesures de vérification et de contrôle appropriées afin de prévenir le risque d'une reprise du feu qui s'était déclaré au rez-de-chaussée, notamment en utilisant une caméra thermique dans les deux étages du logement de M. A. Ainsi, dans les circonstances de l'espèce, le SDIS de l'Hérault n'a pas commis de faute de nature à engager sa responsabilité.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées par le SDIS de l'Hérault, que la requête de M. A doit être rejetée.

Sur les frais liés au litige :

5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par le SDIS de l'Hérault au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par le service départemental d'incendie et de secours de l'Hérault au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et au service départemental d'incendie et de secours de l'Hérault.

Délibéré après l'audience du 4 avril 2023, à laquelle siégeaient :

M. Charvin, président,

M. Verguet, premier conseiller,

Mme Couégnat, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2023.

Le rapporteur,

H. B

Le président,

J. Charvin

La greffière,

M. C

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier le 18 avril 2023

La greffière,

M. C

mf

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