jeudi 22 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2105040 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Magistrat CRAMPE |
| Avocat requérant | FONT & TRILLES AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 septembre 2021, Mme F B demande au tribunal d'annuler la contrainte émise à son encontre le 16 septembre 2021 par le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Aude pour le recouvrement d'un indu d'allocation de logement sociale d'un montant de 1 778 euros, et de la décharger du paiement de cette somme.
Elle soutient que la contrainte porte sur une période durant laquelle elle n'était pas propriétaire du logement concerné, et qu'elle ne connaît pas le locataire dont le nom figure sur la demande de remboursement de la caisse d'allocations familiales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 novembre 2022, la caisse d'allocations familiales de l'Aude conclut au rejet de la requête et demande la condamnation de Mme B à lui verser la somme de 254 euros en remboursement de l'indu et la somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable car elle ne comprend pas de motivation ;
- le montant de l'indu a été ramené à 254 euros, somme réellement versée en raison d'une erreur de la caisse d'allocations familiales à Mme B.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Crampe, première conseillère, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Crampe, magistrate désignée, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Aude a émis le 21 septembre 2021 à l'encontre de Mme B une contrainte d'un montant de 1 778 euros pour le recouvrement d'un trop-perçu d'allocation de logement sociale pour la période du 1er juin au 31 décembre 2020 suite " à une erreur du bailleur concernant le dossier de Me C Max ". Par la présente requête, Mme B forme opposition à cette contrainte.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes de l'article R.411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours. ".
3. A supposer qu'en invoquant l'article R. 133-3 du code de la sécurité sociale, la caisse d'allocations familiales ait entendu se prévaloir de l'obligation pour les requérants d'exposer des moyens au soutien de leur requête tirée de l'article R. 411-1 du code de justice administrative, il résulte de l'instruction que la requête de Mme B comprend la décision attaquée, qui met à sa charge un indu constitué en décembre 1995 relatif à un locataire nommé M. C, et des moyens, tirés de ce qu'elle n'a pas eu affaire à la caisse d'allocations familiales hormis pour une locataire nommée Mme D et que celle-ci est entrée dans le lieux en juillet 2018. La fin de non-recevoir opposée en défense, tirée de ce que la requête serait irrecevable pour ne contenir aucun moyen doit donc être rejetée.
Sur les conclusions à fin d'annulation et de décharge :
4. D'une part, aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement comprennent : () a) L'allocation de logement familiale ". L'article L. 823-9 de ce code dispose que : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés ". Selon l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale : " Pour le recouvrement d'une prestation indûment versée ou d'une prestation recouvrable sur la succession et sans préjudice des articles L. 133-4 du présent code et L. 725-3-1 du code rural et de la pêche maritime, le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut, dans les délais et selon les conditions fixés par voie réglementaire, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère notamment le bénéfice de l'hypothèque judiciaire ".
5. D'autre part, aux termes de l'article L. 842-1 du code de la construction et de l'habitation : " L'allocation de logement est versée, sur leur demande, au prêteur ou au bailleur. () ".
6. Il résulte de l'instruction que Mme B a été destinataire le 30 octobre 2020 d'un courrier de la caisse d'allocations familiales de l'Aude l'informant de ce qu'elle avait perçu à tort 1 778 euros au titre de l'allocation de logement durant le mois de décembre 1995, en raison du départ de son locataire, M. A C. Toutefois, il résulte des écritures de la caisse d'allocations familiales en défense que ce courrier résulte d'une erreur, puisque Mme B n'est pas le bailleur de M. C, que la caisse d'allocations familiales a opéré une confusion en raison d'une homonymie, et que seule une somme de 254 euros a été versée à tort sur son compte bancaire, en décembre 2020. Il y a donc lieu d'annuler la contrainte en litige.
7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B est fondée à former opposition à la contrainte émise le 16 septembre 2021 par la caisse d'allocations familiales de l'Aude et à obtenir la décharge du montant de 1 778 euros mis à sa charge par la contrainte en litige.
DECIDE:
Article 1er : La contrainte émise par la caisse d'allocations familiales de l'Aude du 21 septembre 2021 est annulée, et Mme B est déchargée du paiement d'une somme de 1 778 euros.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme F B et à la caisse d'allocations familiales de l'Aude.
Rendu public par mise à dispositions au greffe le 22 décembre 2022.
La magistrate désignée,
S. Crampe La greffière,
M. E
La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 22 décembre 2022.
La greffière,
M. E
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026