lundi 12 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2105106 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL CHATEL & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 29 septembre 2021, 19 et 25 août 2022, M. A B, représenté par Me Miralves-Boudet, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler le titre de perception n° 034000 006 053 485571 2020 0005377 émis le 14 décembre 2020, pour la somme de 10 843,53 euros, par le rectorat de Montpellier à raison d'un trop perçu de rémunération, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) de le décharger de la somme de 10 843,53 euros ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le titre de perception est entaché d'un vice de forme pour méconnaitre les dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, en l'absence de production d'un état revêtu de la formule exécutoire signé par l'ordonnateur ;
- le titre de perception est entaché d'une erreur de droit pour méconnaître les dispositions des article 43 et 47 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 3 janvier et 6 septembre 2022, le directeur départemental des finances publiques de l'Hérault, conclut à sa mise hors de cause et au rejet des conclusions formulées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que l'administration fiscale doit uniquement avoir la qualité d'observateur dans la présente affaire compte tenu du fait qu'il s'agit d'un litige d'assiette alors qu'elle n'est chargée que du recouvrement du titre de perception pris par le rectorat de Montpellier.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juin 2022, la rectrice de l'académie de Montpellier conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le décret n°2012-1246 du 7 novembre 201- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pater, première conseillère ;
- et les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique ;
Considérant ce qui suit :
1. M. B, professeur certifié, a été placé en congé de longue durée non imputable au service pour la période globale du 29 mars 2013 au 22 août 2019. Avant l'expiration de ses droits à congé maladie, il a sollicité son placement à la retraite pour invalidité. La commission de réforme départementale a émis un avis favorable en sa réunion du 14 janvier 2020. Par un arrêté du 11 mars 2020, il a été admis à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 23 août 2019. Un titre de perception a été émis le 14 décembre 2020 par le rectorat de Montpellier pour un montant de 10 843,53 euros correspondant à un trop-perçu de rémunération pour la période comprise entre le 23 août 2019 et le 31 mai 2020. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler le titre de perception émis le 14 décembre 2020 par le rectorat de Montpellier, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux et de le décharger de la somme de 10 843,53 euros.
Sur la mise en cause de la direction départementale des finances publiques :
2. Selon l'article 11 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable, les ordonnateurs constatent les droits et obligations, liquident les recettes et émettent les ordres de les recouvrer. Selon l'article 18 du même décret, le comptable public est seul chargé du recouvrement des ordres de recouvrer et des créances constatées par un titre exécutoire. Dès lors, les moyens soulevés par M. B tiré du vice de forme du titre de recette et du bien-fondé relèvent de la compétence de l'ordonnateur. Par suite, l'Etat (direction départementale des finances publiques chargé du recouvrement) doit être mis hors de cause.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article 42 du décret n°86-442 du 14 mars 1986 : " Si, au vu du ou des avis prévus ci-dessus, le fonctionnaire est reconnu inapte à exercer ses fonctions, le congé continue à courir ou est renouvelé. Il en est ainsi jusqu'au moment où le fonctionnaire sollicite l'octroi de l'ultime période de congé rétribué à laquelle il peut prétendre. Le comité médical doit alors, en même temps qu'il se prononce sur la prolongation du congé, donner son avis sur l'aptitude ou l'inaptitude présumée du fonctionnaire à reprendre ses fonctions à l'issue de cette prolongation. Si le fonctionnaire n'est pas présumé définitivement inapte, il appartient au comité médical de se prononcer, à l'expiration de la période de congé rémunéré, sur l'aptitude du fonctionnaire à reprendre ses fonctions. A l'expiration de la dernière période de congé de longue maladie ou de longue durée, le fonctionnaire reconnu apte à exercer ses fonctions par le comité médical reprend son activité. S'il est présumé définitivement inapte, son cas est soumis à la commission de réforme qui se prononce, à l'expiration de la période de congé rémunéré, sur l'application de l'article 47 ci-dessous. ". Aux termes de l'article 47 du même décret : " Le fonctionnaire ne pouvant, à l'expiration de la dernière période de congé de longue maladie ou de longue durée, reprendre son service est soit reclassé dans un autre emploi, en application du décret n° 84-1051 du 30 novembre 1984 pris en application de l'article 63 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat en vue de faciliter le reclassement des fonctionnaires de l'Etat reconnus inaptes à l'exercice de leurs fonctions, soit mis en disponibilité, soit admis à la retraite après avis de la commission de réforme. Pendant toute la durée de la procédure requérant soit l'avis du comité médical, soit l'avis de la commission de réforme, soit l'avis de ces deux instances, le paiement du demi-traitement est maintenu jusqu'à la date de la décision de reprise de service ou de réintégration, de reclassement, de mise en disponibilité ou d'admission à la retraite. ".
4. Il résulte des dispositions précitées, que lorsque le fonctionnaire, à l'issue d'un congé de maladie, ne peut reprendre ses fonctions, il a droit au versement d'un demi-traitement pendant la durée de la procédure nécessitant l'avis du comité médical ou de la commission de réforme ou, le cas échéant, de la caisse nationale de retraite des collectivités territoriales (CNRACL) pour ce qui concerne son admission à la retraite. La circonstance que la décision prononçant l'admission à la retraite rétroagisse à la date de fin des congés de maladie n'a pas pour effet de retirer le caractère créateur de droits du maintien du demi-traitement prévu par les dispositions de l'article 27 du décret du 14 mars 1986. Aucune disposition législative ou règlementaire ne permet d'adapter la règle prévue par les dispositions précitées dans l'hypothèse où un fonctionnaire bénéficierait, sur une même période et de manière cumulative d'une pension de retraite, versée rétroactivement après avis favorable de la caisse nationale de retraite des agents de collectivités locales et d'un demi-traitement servi par l'Etat. Par suite, le demi-traitement versé au titre de cet article ne présente pas un caractère provisoire et reste acquis à l'agent alors même que celui-ci a, par la suite, été placé rétroactivement dans une position statutaire n'ouvrant pas par elle-même droit à ce versement. Il s'ensuit que lorsque l'agent est admis rétroactivement à la retraite par la CNRACL et qu'à ce titre il bénéficie d'un versement d'arriérés de pension, son employeur n'est pas pour autant en droit de demander le reversement de ces demi-traitements qui restent acquis à l'agent.
5. Il est constant que M. B a, en application des dispositions précitées, pendant la période de mise en œuvre de la procédure de mise à la retraite, bénéficié du versement d'un demi-traitement depuis le 23 août 2019, date à laquelle il avait épuisé ses droits à congé de maladie ordinaire. Par arrêté du 11 mars 2020, il a été admis à faire valoir ses droits à la retraite pour invalidité rétroactivement à compter du 23 août 2019. Par courrier du 8 décembre 2020, le rectorat l'a informé que sa situation administrative étant régularisée, il convenait de procéder à la régularisation d'un trop perçu correspondant aux paiements de demi traitement durant la période du 23 août 2019 au 30 mai 2020. Le 14 décembre 2020, le rectorat a émis à cette fin le titre de perception litigieux pour un montant de 10 843,43 euros.
6. Il résulte toutefois de ce qui vient d'être dit au point 4 que le demi-traitement versé à M. B doit lui rester acquis après son admission rétroactive à la retraite. Ni la règle du service fait édictée par les dispositions de l'article 20 de la loi du 13 juillet 1983, à laquelle les dispositions qui viennent d'être citées dérogent, ni la circulaire ministérielle du 4 septembre 2019 citée par la défense ne peuvent être opposées à M. B.
7. La somme de 10 843,43 euros qui ne constituait dès lors pas un indu de rémunération, ne pouvait, en conséquence, être légalement répétée, par le titre exécutoire litigieux.
8. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'autre moyen, le titre de perception n° 034000 006 053 485571 2020 0005377 émis le 14 décembre 2020 par le rectorat de Montpellier doit être annulé. En conséquence, M. B est fondé à demander la décharge de la somme de 10 843,43 euros.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La direction départementale des finances publiques de l'Hérault est mise hors de cause.
Article 2 : Le titre de perception n° 034000 006 053 485571 2020 0005377 émis le 14 décembre 2020 à l'encontre de M. B est annulé.
Article 3 : M. B est déchargé du paiement de la somme de 10 843,43 euros.
Article 4 : L'Etat versera à M. B la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de M. B est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse, des sports, et des jeux olympiques et paralympiques, et au directeur départemental des finances publiques de l'Hérault.
Copie en sera transmise à la rectrice de l'académie de Montpellier.
Délibéré après l'audience publique du 29 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Rabaté, président,
Mme Pater, première conseillère,
Mme Viallet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 février 2024.
La rapporteure,
B. Pater
Le président,
V. Rabaté
Le greffier,
F. Balicki
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse, des sports, et des jeux olympiques et paralympiques, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 13 février 2024.
Le greffier,
F. Balicki
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N° 1901371
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N° 1901371
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026