lundi 6 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2105108 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | GUILLERM |
Vu la procédure suivante :
Par requête, enregistrée le 29 septembre 2021, M. et Mme A B, représentés par Me Guillerm, demandent la réduction des cotisations supplémentaires à l'impôt sur le revenu et des pénalités y afférentes mises à leur charge au titre des années 2016 à 2018, et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils n'ont pas bénéficié du crédit d'impôt modernisation du recouvrement pour 2018, alors que les revenus de 39 551 euros qu' il a perçus comme salarié de la société EB Isolation sont des revenus non exceptionnels imposables en France et inclus dans le champ du prélèvement à la source, au sens de la doctrine BOI-IR-PAS-50-10 n° 1 du 25 octobre 2018 ;
- la proposition de rectification n'est pas suffisamment motivée quant aux charges déductibles ;
- un montant de charge de 79,56%, tenant compte de la proportionnalité de déduction, doit être retenu pour les 3 années imposées ;
- la pénalité de 40% de l'article 1729 du code général des impôts n'est pas suffisamment motivée ;
- elle n'est pas justifiée, le défaut de collaboration lors du contrôle ne peut être retenu, ils n'ont pas cherché à éluder l'impôt, des factures de fournisseurs sont manquantes, mais sans défaut d'écritures ;
- dans leur réclamation soumise d'office au tribunal par le service, ils soutiennent que la pénalité de 10% pour 2018 doit être dégrevée, car ils ont respecté les instructions du vérificateur.
Par mémoire en défense, enregistré le 10 février 2022, le directeur départemental des finances publiques de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 15 août 2023 la clôture d'instruction a été fixée au 5 septembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rabaté ;
- et les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme B demandent la réduction, d'un montant de 148 988 euros, des cotisations supplémentaires à l'impôt sur le revenu, et des intérêts de retard et des pénalités y afférents mises à leur charge au titre des années 2016 à 2018.
2. Aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. () ". Aux termes de l'article R*57-1 de ce livre : " La proposition de rectification prévue par l'article L. 57 fait connaître au contribuable la nature et les motifs de la rectification envisagée () ". Il résulte de ces dispositions que pour être régulière, une proposition de rectification doit comporter la désignation de l'impôt concerné, de l'année d'imposition et de la base d'imposition et énoncer les motifs sur lesquels l'administration entend se fonder pour justifier les redressements envisagés, de façon à permettre au contribuable de formuler ses observations.
3. En l'espèce, les propositions de rectification des 13 décembre 2019, 6 février 2020 et 13 mars 2020 précisent l'impôt concerné, la période d'imposition, la nature des rectifications proposées, les motifs de fait et de droit qui les fondent ainsi que leurs montants. Cette motivation était ainsi suffisante pour permettre aux requérants de présenter utilement leurs observations. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que les propositions de rectification en cause seraient insuffisamment motivées doit être écarté.
4. Si les intéressés soutiennent qu'ils n'ont pas bénéficié du crédit d'impôt modernisation du recouvrement pour les revenus de 39 551 euros perçus par le requérant comme salarié au titre de 2018 il résulte de l'instruction, et de la proposition de rectification du 20 mars 2020 produite, que ce moyen manque en fait.
5. Les intéressés, qui se prévalent d'un prétendu principe de proportionnalité de déduction des charges, n'apportent aucun justificatif de nature à établir qu' un montant de charges déductibles de 79,56%, devait être retenu par le service pour les 3 années imposées. Dès lors, ce moyen sera écarté.
6. En vertu de l'article 1728 du code général des impôts, dans sa rédaction alors applicable : " 1. Le défaut de production dans les délais prescrits d'une déclaration ou d'un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt entraîne l'application, sur le montant des droits mis à la charge du contribuable ou résultant de la déclaration ou de l'acte déposé tardivement, d'une majoration de : a. 10 % en l'absence de mise en demeure ou en cas de dépôt de la déclaration ou de l'acte dans les trente jours suivant la réception d'une mise en demeure, notifiée par pli recommandé, d'avoir à le produire dans ce délai ".
7. M.et Mme B, assujettis à bon droit pour 2018 à la majoration de 10% pour retard de déclaration prévue par l'article cité au point précédent, ne peuvent utilement soutenir qu'ils ont respecté les instructions du vérificateur.
8. En vertu de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : a. 40 % en cas de manquement délibéré ". Aux termes de l'article L. 80 D du livre des procédures fiscales : " Les décisions mettant à la charge des contribuables des sanctions fiscales sont motivées au sens des articles L. 211-2 à L. 211-7 du code des relations entre le public et l'administration, quand un document ou une décision adressés au plus tard lors de la notification du titre exécutoire ou de son extrait en a porté la motivation à la connaissance du contribuable. () ".
9. Les propositions de rectification des 13 décembre 2019 et 6 février 2020 pour les années 2016 et 2017 énoncent les motifs de fait et de droit qui fondent la majoration de 40%. Par suite, elles sont suffisamment motivées.
10. Ces propositions de rectification font valoir l'importance de l'omission des recettes, de la majoration des charges d'exploitation, et, l'importance de l'omission du résultat imposable, alors que les contribuables tenant leur comptabilité ne pouvaient ignorer leurs obligations comptables. Par suite, le service justifie du bien-fondé de cette majoration.
11. Il ne résulte pas de l'instruction que les intéressés aient été assujettis à la majoration de 40% pour l'année 2018. Par suite, la demande de décharge de cette majoration ne peut qu'être rejetée.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à demander la réduction des suppléments d'impôt sur le revenu, intérêts de retard et pénalités, mis à leur charge au titre des années 2016, 2017 et 2018. Par voie de conséquence, leurs conclusions relatives à l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent aussi être rejetées.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A B et au directeur départemental des finances publiques de l'Hérault.
Délibéré après l'audience du 16 octobre 2023 à laquelle siégeaient :
M. Rabaté, président,
Mme Pater, première conseillère,
Mme Viallet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe 6 novembre 2023
Le président rapporteur,
V. RabatéL'assesseure la plus ancienne,
B. Pater
Le greffier,
F. Balicki
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 7 novembre 2023.
Le greffier,
F. Balicki
fb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026