lundi 2 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2105165 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | WENDY SORIANO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 1er octobre 2021 et le 27 octobre 2022, M. A B, représenté par Me Soriano, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 7161,25 euros assortie des intérêts au taux légal en réparation des préjudices subis à raison des fautes commises par l'administration fiscale ;
2°) d'ordonner la mainlevée des saisies administratives à tiers-détenteur ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la fin de non-recevoir opposée en défense doit être écartée ;
- l'administration fiscale a commis une faute en ne reconnaissant pas que la somme de 44 465 euros versée par son employeur est une indemnité de retraite exonérée d'impôt sur le revenu en vertu des dispositions du 4° du 1 de l'article 80 duodecies du code général des impôts ;
- l'administration fiscale a commis une faute tirée de la méconnaissance du principe d'égalité devant les charges publiques dès lors qu'un autre arbitre professionnel a pu bénéficier d'une exonération de son indemnité de retraite ;
- il a subi un préjudice économique de 5 161,25 euros correspondant aux sommes bloquées ou appréhendées par le comptable public pour le paiement des impositions supplémentaires mises à sa charge soit 4 661,25 euros ainsi que les frais bancaires afférents à la notification de saisies administratives à tiers détenteur soit 500 euros ;
- il a subi un préjudice moral évalué à la somme de 2 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 mai 2022, le ministre de l'économie, des finances et de la relance conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables à concurrence de la somme de 4 661,25 euros, l'exception de recours parallèle s'oppose à ce que M. B puisse engager un contentieux indemnitaire pour obtenir le remboursement de l'impôt qu'il n'est plus recevable à contester ;
- l'administration fiscale n'a commis aucune faute de nature à engager sa responsabilité ;
- le requérant ne justifie pas de la réalité des frais bancaires mis à sa charge ;
- le préjudice moral dont il se prévaut n'est pas établi.
Par une lettre du 11 septembre 2023, le tribunal a informé les parties, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement à intervenir est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce que, dès lors qu'il n'appartient qu'à l'autorité judiciaire, juge de l'exécution, de se prononcer sur une demande de mainlevée de saisies administratives à tiers détenteur, les conclusions à fin de mainlevée doivent être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Par un mémoire, enregistré le 15 septembre 2023, M. B a présenté ses observations en réponse au moyen d'ordre public.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code du sport ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Viallet, rapporteure ;
- les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique.
- et les observations de Me Soriano, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B exerçait la profession d'arbitre rémunéré par la fédération française de football. Il a bénéficié, au mois de juillet 2016, d'une indemnité de fin de carrière d'un montant de 44 465 euros, imposée, à l'issue d'un contrôle de son dossier fiscal, dans la catégorie des bénéfices non commerciaux au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2016. Par sa requête, M. B demande de condamner l'Etat à lui verser la somme de 7 161,25 euros en réparation de préjudices qu'il estime avoir subis en raison de fautes commises par l'administration fiscale et demande la mainlevée des saisies administratives à tiers-détenteur.
Sur les conclusions à fin de mainlevée des saisies administratives à tiers-détenteur
2. Il n'appartient qu'à l'autorité judiciaire, juge de l'exécution, de se prononcer sur une telle demande. Par suite, les conclusions du recours tendant à la mainlevée des saisies administratives à tiers détenteur litigieuses doivent être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
3. Une faute commise par l'administration lors de l'exécution d'opérations se rattachant aux procédures d'établissement et de recouvrement de l'impôt est de nature à engager la responsabilité de l'Etat à l'égard du contribuable ou de toute autre personne si elle leur a directement causé un préjudice. Un tel préjudice, qui ne saurait résulter du seul paiement de l'impôt, peut être constitué des conséquences matérielles des décisions prises par l'administration et, le cas échéant, des troubles dans ses conditions d'existence dont le contribuable justifie. Le préjudice invoqué ne trouve pas sa cause directe et certaine dans la faute de l'administration si celle-ci établit soit qu'elle aurait pris la même décision d'imposition si elle avait respecté les formalités prescrites ou fait reposer son appréciation sur des éléments qu'elle avait omis de prendre en compte, soit qu'une autre base légale que celle initialement retenue justifie l'imposition. Enfin l'administration peut invoquer le fait du contribuable ou, s'il n'est pas le contribuable, du demandeur d'indemnité comme cause d'atténuation ou d'exonération de sa responsabilité.
4. Aux termes de l'article 92 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme provenant de l'exercice d'une profession non commerciale ou comme revenus assimilés aux bénéfices non commerciaux, les bénéfices des professions libérales, des charges et offices dont les titulaires n'ont pas la qualité de commerçants et de toutes occupations, exploitations lucratives et sources de profits ne se rattachant pas à une autre catégorie de bénéfices ou de revenus. 2. Ces bénéfices comprennent notamment : () 6° Les sommes et indemnités perçues par les arbitres ou juges au titre de la mission arbitrale mentionnée à l'article L. 223-1 du code du sport ; () ". Aux termes de l'article 80 duodecies du même code : " 1. Toute indemnité versée à l'occasion de la rupture du contrat de travail constitue une rémunération imposable, sous réserve des dispositions suivantes. Ne constituent pas une rémunération imposable : () 4° La fraction des indemnités de mise à la retraite () ". Aux termes de l'article L. 223-3 du code du sport, issu de la loi n° 2006-1294 du 23 octobre 2006 portant diverses dispositions relatives aux arbitres : " Les arbitres et juges ne peuvent être regardés, dans l'accomplissement de leur mission, comme liés à la fédération par un lien de subordination caractéristique du contrat de travail au sens des articles L. 1221-1 et L. 1221-3 du code du travail. ". Il résulte de ces dernières dispositions que dans le cadre de l'exercice de leurs missions, il n'existe aucun lien de travail salarié entre les arbitres de football et la fédération française de football.
5. D'une part, il résulte de l'instruction que le service a imposé dans la catégorie des bénéfices non commerciaux, sur le fondement des dispositions précitées de l'article 92 du code général des impôts, la somme de 44 465 euros versée en 2016 à M. B par la fédération française de football au terme de sa carrière d'arbitre professionnel. Le requérant soutient que l'administration fiscale a commis une faute en n'exonérant pas cette somme de l'impôt sur le revenu, qui doit être qualifiée d'indemnité de départ à la retraite en vertu des dispositions du 4° du 1 de l'article 80 duodecies du code général des impôts. Toutefois, dès lors que dans le cadre de l'exercice de ses missions d'arbitre professionnel, il n'existe aucun lien de travail salarié entre M. B et la fédération française de football, l'indemnité perçue, à supposer même qu'elle puisse être qualifiée d'indemnité de mise à la retraite, ne relève pas des dispositions du 4° du 1 de l'article 80 duodecies du code général des impôts, applicables aux seules indemnités versées à l'occasion de la rupture d'un contrat de travail, exonérées de l'impôt sur le revenu dans la catégorie des traitements et salaires. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'administration fiscale aurait commis une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat.
6. D'autre part, la circonstance allégée que l'administration fiscale aurait accordé à un autre arbitre professionnel l'exonération de l'indemnité de fin de carrière versée par la fédération française de football est sans influence sur la légalité de l'imposition mise à la charge de M. B, laquelle a été établie conformément à la loi. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'administration fiscale aurait méconnu le principe d'égalité.
7. Il résulte de ce qui précède qu'en l'absence de faute de l'administration lors de l'exécution d'opérations se rattachant aux procédures d'établissement et de recouvrement de l'impôt de nature à engager la responsabilité de l'Etat, M. B n'est pas fondée à demander la condamnation de l'Etat à réparer les préjudices dont il se prévaut.
8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions indemnitaires de la requête doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme quelconque au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : Les conclusions de M. B tendant à ce que soit ordonnée la mainlevée des saisies administratives à tiers détenteurs sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Délibéré après l'audience du 18 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Rabaté, président,
Mme Pater, première conseillère,
Mme Viallet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 octobre 2023
La rapporteure,
ML. VialletLe président,
V. Rabaté
Le greffier,
S. Sangaré
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 3 octobre 2023
Le greffier,
S. Sangaré
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026