lundi 2 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2105299 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SLATKIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 octobre 2021, M. B A, représenté par la SAS Slatkin avocat, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux mis à sa charge au titre des années 2016 et 2017.
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la proposition de rectification du 16 décembre 2019 est irrégulière ;
- la réponse aux observations du contribuable du 9 juillet 2020 est insuffisamment motivée ;
- il a apporté la preuve du caractère causé des sommes considérées comme des revenus distribués et imposées dans la catégorie des revenus des capitaux mobiliers ;
- les rectifications n'étant pas fondées, les majorations appliquées sont inapplicables.
Par mémoire en défense, enregistré le 6 avril 2022, le directeur départemental des finances publiques de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 22 mai 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 7 juin 2023.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pater,
- les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteur publique ;
- et les observations de Me Morales Torre Grossa, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI Charlemagne Patrimoine, exerçant une activité de location de terrains et d'autres biens immobiliers, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2016 au 21 décembre 2018 révélant un solde débiteur du compte n° 467000 " acompte acquisition terrain " de 110 469,54 euros au 31 décembre 2016 et de 143 469,54 euros au 31 décembre 2017. L'administration a considéré ces sommes mises à disposition de M. A, associé majoritaire, comme des revenus distribués imposables dans la catégorie des capitaux mobiliers. Par la présente requête, M. A doit être regardé comme demandant au tribunal de prononcer la décharge, en droits et pénalités des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux mises à sa charge au titre des années 2016 et 2017.
Sur la régularité de la procédure :
En ce qui concerne l'application de la loi fiscale :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L.47 du livre des procédures fiscales : " Un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle d'une personne physique au regard de l'impôt sur le revenu, une vérification de comptabilité ou un examen de comptabilité ne peut être engagé sans que le contribuable en ait été informé par l'envoi ou la remise d'un avis de vérification ou par l'envoi d'un avis d'examen de comptabilité. ". Aux termes de l'article L.55 du livre des procédures fiscales : " Sous réserve des dispositions de l'article L. 56, lorsque l'administration des impôts constate une insuffisance, une inexactitude, une omission ou une dissimulation dans les éléments servant de base au calcul des impôts, droits, taxes, redevances ou sommes quelconques dues en vertu du code général des impôts ou de l'article L. 2333-55-2 du code général des collectivités territoriales, les rectifications correspondantes sont effectuées suivant la procédure de rectification contradictoire définie aux articles L. 57 à L. 61 A. ".
3. Il résulte de l'instruction, que la procédure de vérification de comptabilité de la SCI Charlemagne Patrimoine, a révélé un compte " débiteur créditeur divers " présentant un solde débiteur aux 31 décembre 2016 et 2017 retraçant des avances de la société sur la cession d'un terrain dont M. A est propriétaire et que l'analyse des comptes bancaires de la société a fait ressortir plusieurs opérations au débit du compte bancaire de la société dont M. A a été destinataire. Les sommes ainsi appréhendées par M. A, considérées par l'administration fiscale, à la suite d'un contrôle sur pièces, comme constituant des revenus distribués, ont été réintégrées dans le revenu imposable de M. A, ce qui a donné lieu à deux propositions de rectification de l'impôt sur le revenu et de prélèvement sociaux au titre des deux années 2016 et 2017 à destination de M. A. Par suite, dès lors qu'il n'a ainsi pas été procédé à un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle de M. A, le moyen tiré de ce qu'il a été fait application des dispositions de l'article 47 du livre des procédures fiscales sans notification préalable d'un avis de vérification doit être écarté pour être inopérant.
4. En second lieu, en vertu du 5ème alinéa de l'article 57 du livre des procédures fiscales, les réponses par lesquelles l'administration rejette les observations du contribuable doivent être motivées. L'administration doit, ainsi dans sa réponse, indiquer les raisons pour lesquelles elle rejette les observations du contribuable.
5. Il résulte de l'instruction, que deux propositions de rectification n° 2120 des 16 décembre 2019 et 21 février 2020 ont été adressées à M. A portant respectivement sur les années 2016 et 2017, rappelant notamment que celui-ci détenait 98% des parts de la SCI et en assurait la gestion, et qu'à défaut de preuve contraire apportée à l'occasion des opérations de contrôle, les virements de la SCI à son profit ont été considérés comme des revenus distribués imposables dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers. Par l'intermédiaire de son avocat, M. A a formulé ses observations en réponse. Ainsi, par courrier du 13 février 2020 relatif à l'année 2016, il a contesté l'application faite par l'administration de l'article 111 du code général des impôts en soulignant apporter la preuve du contraire de la distribution en faisant valoir, que nonobstant le fait que l'acquisition de terrain n'avait finalement pas pu avoir lieu, il y avait une contrepartie à la somme inscrite en compte courant d'associé, puisque les virements sont constitutifs d'une avance validée par l'assemblée générale de la SCI, sur l'acquisition du terrain lui appartenant. Dans ses observations du 16 juin 2020 relatives à l'année 2017 en réponse à la proposition de rectification du 21 février 2020, Me Slatkin déclarait expressément reprendre la même argumentation que dans son courrier du 13 février 2020. Aux termes de la réponse aux observations du contribuable daté du 9 juillet 2020, il avait été convenu, lors de la remise en mains propres de la proposition de rectification à M. A le 21 février 2020 et en présence de Me Slatkin, de traiter globalement les réponses aux deux propositions de rectification. Le courrier litigieux du 9 juillet 2020 tend ainsi à répliquer aux observations du contribuable des 13 février 2020 et 16 juin 2020 relatives respectivement aux années 2016 et 2017. Bien qu'il n'y soit pas fait mention de la validation de l'avance par l'assemblée générale de la SCI, il y est précisément répondu que la preuve du contraire de l'appréhension des sommes sans contrepartie n'avait toujours pas été apportée par le contribuable et qu'en l'absence d'élément nouveau permettant de modifier la position de l'administration, les rappels notifiés étaient confirmés. Par cette formulation, l'administration entendait dès lors rejeter la qualification de " preuve contraire " donnée par M. A au procès-verbal d'assemblée générale, ce qui, au regard des dispositions de l'article 47 précitées constitue une motivation suffisante. Par suite, le moyen soulevé par M. A, tiré de l'insuffisance de motivation de la réponse par laquelle l'administration rejette les observations du contribuable concernant son opposition à l'application des dispositions de l'article 111 du code général des impôts en matière de revenus distribués doit être écarté.
En ce qui concerne l'interprétation de la loi fiscale :
6. M. A ne saurait davantage utilement se prévaloir, sur le fondement des dispositions de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, des énonciations contenues dans la documentation administrative référencée au BOI-CF-PGR-20-10 n° 240 et BOI-CF-PGR-20-10 n° 20 qui portent sur la procédure d'imposition.
Sur le bien-fondé de l'imposition :
7. Aux termes de l'article 111 du code général des impôts : Sont notamment considérés comme revenus distribués : a. Sauf preuve contraire, les sommes mises à la disposition des associés directement ou par personnes ou sociétés interposées à titre d'avances, de prêts ou d'acomptes. Les sommes inscrites au crédit du compte courant d'un associé ont, sauf preuve contraire apportée par l'associé titulaire du compte, le caractère de revenus imposables dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers.
8. Il résulte de l'instruction que l'administration a imposée au titre des années 2016 et 2017 les avances consenties par la SCI Charlemagne Patrimoine à M. A, son associé majoritaire, pour des montants respectivement de 110 469 euros et 33 000 euros. M. A soutient renverser la présomption de distribution en faisant valoir que ces avances ne sont pas sans contrepartie pour correspondre à des avances sur le paiement du prix d'acquisition à venir par la SCI d'un terrain lui appartenant, précisant que finalement l'opération avait avorté. A l'appui de son argumentation, il produit le procès-verbal de la délibération de l'assemblée générale extraordinaire du 24 février 2016 autorisant la gérante de la société à procéder à l'acquisition des parcelles dont il est propriétaire. Toutefois, outre que ce procès-verbal non enregistré n'a pas date certaine, il en ressort que M. A a reçu la somme de 30 000 euros à titre d'avance, et la somme de 80 469,54 euros pour lui permettre de procéder par anticipation au remboursement du prêt affecté à l'achat par lui du terrain et qu'en cas de non réalisation de l'acte d'acquisition, il lui sera demandé de procéder au remboursement. Il en résulte ainsi que l'avance de la somme de 80 469,54 euros n'était pas occasionnée par l'intérêt de la société mais par celui personnel de M. A. En outre, bien que soulignant que la vente n'a pu avoir lieu, il n'est ni allégué ni justifié d'une demande de la société tendant au remboursement des sommes ainsi versées à son associé majoritaire. Par suite, contrairement à ce qui est soutenu, M. A n'apporte pas la preuve contraire de la distribution des sommes litigieuses à son profit. Dès lors, le moyen tiré de ce que les avances consenties n'ont pas le caractère de revenus distribués doit être écarté.
Sur les pénalités :
9. Il a été fait application à M. A de la majoration de 10 % prévue par des dispositions de l'article 1758 A sanctionnant les inexactitudes ou les omissions relevées dans les déclarations, qui ont pour effet de minorer l'impôt dû par le contribuable ou de majorer une créance à son profit.
10. Si M. A doit être regardé comme contestant l'application de cette majoration, en l'absence de moyen propre soulevé et eu égard à ce qui précède, ces conclusions doivent être rejetées.
11. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions en décharge doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat une somme quelconque au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur départemental des finances publiques de l'Hérault.
Délibéré après l'audience du 18 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Rabaté, président,
Mme Pater premier conseiller,
Mme Vialllet, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 octobre 2023.
La rapporteure,
B. Pater
Le président,
V. Rabaté
Le greffier,
S. Sangaré
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 3 octobre 2023
Le greffier,
S. Sangaré
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026