vendredi 20 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2105336 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | PONS-SERRADEIL MATHIEU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 11 octobre 2021 et 21 février 2023, M. A C, représenté par Me Pons-Serradeil, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme globale de 57 864 euros, assortie des intérêts légaux, en réparation des préjudices subis du fait de son absence de promotion à la classe exceptionnelle des professeurs des écoles pour les années 2018, 2019 et 2020 ;
2°) de mettre à la charge du rectorat de l'académie de Montpellier une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la rectorat a commis une faute de nature à engager sa responsabilité en refusant illégalement de le nommer à la classe exceptionnelle ; les reproches faits par le rectorat sont tous postérieurs à la rédaction de l'appréciation littérale litigieuse de 2018 ;
- il a subi un préjudice de carrière qu'il évalue à la somme de 52 000 compte tenu du montant de sa pension de retraite, de ce qu'il aurait dû percevoir et ce pendant 23 ans ; cette somme devra être augmentée des intérêts au taux légal ;
- il a subi un préjudice moral à hauteur de 5 000 euros.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 27 juin 2022 et 17 avril 2023, la rectrice de l'académie de Montpellier conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat ;
- le décret n° du 1er août 1990 relatif au statut particulier des professeurs des écoles
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, professeur des écoles ayant atteint le 6ème échelon hors classe, a fait valoir ses droits à la retraite à compter du 1er septembre 2020. Par courrier du 9 juin 2021, il a adressé au rectorat de l'académie de Montpellier une demande préalable tendant à l'indemnisation des préjudices financiers et moraux qu'il estime avoir subis en raison de la faute que l'administration aurait commise en ne le promouvant pas au grade de professeur des écoles de classe exceptionnelle. Le rectorat ayant implicitement rejeté sa demande, par la présente requête, M. C demande au tribunal d'engager la responsabilité de l'Etat et de le condamner à lui verser la somme globale de 47 524 euros en réparation des préjudices matériels et moraux subis.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Aux termes de l'article 58 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat : " () Sauf pour les emplois laissés à la décision du Gouvernement, l'avancement de grade a lieu, selon les proportions définies par les statuts particuliers, suivant l'une ou plusieurs des modalités ci-après : 1° Soit au choix, par voie d'inscription à un tableau annuel d'avancement, établi après avis de la commission administrative paritaire, par appréciation de la valeur professionnelle et des acquis de l'expérience professionnelle des agents () ". L'article 25-1 du décret du 1er août 1990 relatif au statut particulier des professeurs des écoles dispose que : " () IV. - Le tableau d'avancement est arrêté chaque année, dans chaque département, par le recteur, après avis de la commission administrative paritaire compétente, selon des orientations définies par le ministre chargé de l'éducation nationale. Les promotions sont prononcées, dans l'ordre d'inscription au tableau annuel d'avancement, par le recteur ".
3. En premier lieu, aux termes de l'article 3.4 de la note de service du ministre de l'éducation nationale du 24 novembre 2017 relative à l'accès à la classe exceptionnelle des professeurs certifiés, des professeurs de lycées professionnels, des professeurs d'éducation physique et sportive et des conseillers principaux d'éducation - années 2017-2020, prise en application de l'article 25-1 du décret du 1er août 1990 cité au point précédent, et qui présente un caractère réglementaire : " L'appréciation arrêtée par l'IA-Dasen : Vous formulerez une appréciation qualitative à partir du CV I-Prof de l'enseignant et des avis rendus. Pour le premier vivier : L'appréciation qualitative porte sur le parcours professionnel, l'exercice des fonctions (durée, conditions, notamment dans le cadre de l'éducation prioritaire) et la valeur professionnelle de l'agent au regard de l'ensemble de la carrière. L'examen du parcours professionnel de chaque agent doit permettre d'apprécier, sur la durée, son investissement professionnel, compte tenu par exemple des éléments suivants : activités professionnelles, implication en faveur de la réussite des élèves et dans la vie de l'école/établissement, richesse et diversité du parcours professionnel, formations et compétences. Pour le second vivier : L'appréciation qualitative porte sur le parcours et la valeur professionnels de l'agent au regard de l'ensemble de la carrière. L'examen du parcours professionnel de chaque agent doit permettre d'apprécier, sur la durée, son investissement professionnel, compte tenu par exemple des éléments suivants : activités professionnelles, implication en faveur de la réussite des élèves et dans la vie de l'établissement, richesse et diversité du parcours professionnel, formations et compétences. L'appréciation de l'IA-Dasen, que ce soit pour le premier ou pour le second vivier, se décline en quatre degrés : / - excellent ; / - très satisfaisant ; / -satisfaisant ; / -insatisfaisant ".
4. D'une part, M. C soutient que l'appréciation littérale portée par l'inspecteur de l'éducation nationale (IEN) de circonscription et celle " insatisfaisant " portée par l'IA-Dasen sont entachées d'erreur manifeste dans l'appréciation de sa valeur professionnelle. Il se prévaut en particulier de la note pédagogique excellente, 20/20 obtenue en 2009, date de sa dernière inspection, et de la conclusion portée par l'inspecteur " inspection très satisfaite ". Toutefois, M. C n'apporte aucun élément permettant d'établir que l'appréciation faisant état notamment de ce qu'il s'acquitte de sa fonction " convenablement " et qu'il propose un enseignement " pas trop en rupture avec celui du titulaire " ne correspondrait pas à sa manière de servir. Par suite, alors qu'il ne ressort d'aucune pièce du dossier qu'il aurait complété et enrichi son CV sur la plateforme I-Prof, en particulier l'onglet fonctions et missions, permettant de mettre en exergue les fonctions particulières prises en compte pour un avancement à la classe exceptionnelle, M. C ne démontre pas que les appréciations portées sur le projet de tableau d'avancement, proposé à l'avis de la commission administrative paritaire, sur le fondement desquelles le recteur a procédé au choix des agents promus, seraient entachées d'erreur manifeste d'appréciation.
5. D'autre part, pour établir le tableau d'avancement final l'administration a procédé à l'analyse des mérites comparés des agents éligibles à la promotion à la classe exceptionnelle du 2ème vivier. Il résulte de l'instruction que le rectorat a produit les documents de la commission administrative paritaire relatifs à la proposition de tableau d'avancement classant les agents promouvables avec mention de l'appréciation littérale de l'IEN et celle du IA-Dasen pour les années 2018, 2019 et 2020.
6. Il résulte de l'instruction que s'agissant de l'année 2018 une seule promotion était contingentée et la comparaison entre les appréciations portées sur la " candidature " de M. C et celles de l'agent promu ne révèle aucune erreur manifeste d'appréciation alors que le requérant avait été proposé en 9ème position.
7. Il résulte de l'instruction que s'agissant de l'année 2019, les agents promus, qualifiés " d'excellent " pour deux d'entre eux et de " très satisfaisants " pour les deux autres, détenaient également des appréciations littérales faisant état d'une manière de servir qualitativement supérieure à celle du requérant.
8. Enfin, pour l'année 2020, l'appréciation littérale de l'IEN portée sur la manière de servir de M. C indique que : " l'enseignant a rencontré, ces derniers mois des difficultés avec ses élèves qui ont été la source de conflits avec les familles. Ces difficultés récentes ne remettent cependant pas en cause un déroulement de carrière satisfaisant ". De telles appréciations au regard de celles portées aux neuf enseignants promus ne sauraient révéler une erreur manifeste d'appréciation dans les mérites respectifs des candidats à l'accès à la " classe exceptionnelle " alors, au demeurant, que deux agents pourtant qualifiés " d'excellent " et un de " très satisfaisant " n'ont pas non plus été promus.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. C ne démontre pas la faute qu'aurait commise le rectorat de l'académie de Montpellier en ne procédant pas à son avancement à la classe exceptionnelle des professeurs des écoles pour les années 2018, 2019 et 2020. Il n'est, ainsi, pas fondé à rechercher l'engagement de la responsabilité de l'Etat à son égard et les conclusions indemnitaires qu'il présente doivent, par suite, être rejetées.
Sur les frais liés au litige:
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. C au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la rectrice de l'académie de Montpellier.
Délibéré après l'audience du 29 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Jean-Philippe Gayrard, président,
Mme Isabelle Pastor, première conseillère,
Mme Eva Delon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 octobre 2023.
La rapporteure
I. BLe président,
J-Ph. Gayrard
La greffière,
B. Flaesch
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 20 octobre 2023.
La greffière,
B. Flaesch.
2
il
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026