mardi 26 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2105587 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | BOUDAILLIEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 octobre 2021, et un mémoire complémentaire, enregistré le 25 février 2022, la région Occitanie, représentée par la SCP Lonqueue Sagalovitsch Eglie-Richters et Associés, demande au juge des référés de prescrire une mesure d'expertise aux fins de constater les désordres affectant la piste d'athlétisme et la voie intérieure de desserte des logements de fonction du lycée Marc Bloch à Sérignan, d'en rechercher l'origine et les causes et de déterminer la nature et le coût des travaux pour y remédier.
Elle soutient que :
- la région a entrepris la construction neuve d'un lycée d'enseignement général, technologique et professionnel sur la commune de Sérignan, dont les travaux ont été réceptionnés avec réserves avec effet au 29 juillet 2013 ;
- postérieurement à la réception des travaux, des désordres sont apparus concernant la piste d'athlétisme et la voie intérieure de desserte des logements de fonction ;
- en l'absence de réponse des intervenants à construire pour remédier aux désordres, une expertise est utile afin de les constater et d'évaluer les préjudices subis ;
En outre, les désordres s'aggravent actuellement, notamment par une amplification des fissures constatées qui ne sont plus uniquement localisées en bordure de piste mais affectent également les couloirs utilisés par les coureurs exposant ces derniers à des risques de chute.
Par un mémoire, enregistré le 4 novembre 2021, la société Averous demande sa mise hors de cause au litige.
Elle soutient que la fourniture et la mise en œuvre d'un géotextile n'étaient pas dans son lot " Travaux préparatoires et terrassements " ; que les sociétés Colas et Sicilia, titulaires du lot VRD, ont pris possession des terrains livrés sans aucune réserve.
Par un mémoire, enregistré le 18 novembre 2021, la société Vertex et la société André Verdier, Ingénieur Conseil, représentées par la SCP d'avocats Levy Balzarini Sagnes Serre Lefebvre, demandent leur mise hors de cause au litige et la condamnation de la région Occitanie au paiement d'une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent qu'elle se sont vu confier les études de structures des bâtiments en superstructure et le génie climatique fluide ; que leurs missions ne portent aucunement sur les ouvrages litigieux.
Par un mémoire, enregistré le 19 novembre 2021, la compagnie SMABTP, représentée par la SCP d'avocats Auché-Hédou, déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée et émet toutes protestations et réserves d'usage.
Par un mémoire, enregistré le 29 novembre 2021, la société Qualiconsult et la société AXA France Iard, son assureur, représentées par la SELARL d'avocats MBA et Associés, formulent les plus expresses protestations et réserves sur la mesure d'expertise sollicitée et demandent que les opérations d'expertise se déroulent également au contradictoire de la société SMA, assureur de la société Qualiconsult à compter du 1er janvier 2014. Elles demandent, en outre, que la mesure d'expertise soit diligentée aux frais avancés de la requérante.
Par un mémoire, enregistré le 30 novembre 2021, la société Fontes Architecture et la société Symétrie, représentées par la SCP Cascio Ortal Dommée Marc Danet, formulent toutes protestations et réserves d'usage sur la mesure d'expertise sollicitée.
Par un mémoire, enregistré le 9 décembre 2021, la compagnie SMABTP, prise en qualité d'assureur de la société Colas Midi Méditerranée et de la société Fontes Architecture, représentée par la SCP d'avocats Auché-Hédou, déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée et émet toutes protestations et réserves d'usage. Elle demande, en revanche, au juge des référés de rejeter la demande de mise hors de cause présentée par les bureaux d'études Vertex et André Verdier Ingénieur Conseil dès lors que la présence de tous les membres du groupement de maîtrise d'œuvre apparaît nécessaire à l'expertise.
Par un mémoire, enregistré le 29 décembre 2021, et un mémoire en intervention forcée, enregistré le même jour, la société Travaux Publics Sicilia Manuel (TPSM), représentée par Me Ruiz Garcia, avocat, déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée mais émet toutes protestations et réserves d'usage. Elle demande, en outre, la mise en cause de la société Allianz Iard en qualité d'assureur décennal.
Par un mémoire, enregistré le 24 janvier 2022, la société Abeille Iard et Santé, représentée par Me Boudailliez, avocate, demande qu'il soit donné acte de son intervention volontaire. Elle émet les protestations et réserves d'usage sur la mesure d'expertise sollicitée.
Par un mémoire, enregistré le 15 février 2022, la société Allianz Iard, représentée par la SCP Coste-Daudé-Vallet-Lambert, formule les protestations et réserves d'usage sur la mesure d'expertise sollicitée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Denis Chabert, vice-président, comme juge des référés par une décision du 1er juillet 2022.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence d'une décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ".
2. La demande d'expertise, présentée par la région Occitanie aux fins de déterminer l'origine des désordres constatés sur la piste d'athlétisme et la voie intérieure de desserte des logements de fonction du lycée Marc Bloch à Sérignan, présente un caractère utile et entre, dès lors, dans le champ d'application des dispositions précitées. Par suite, il y a lieu d'y faire droit dans les conditions précisées au dispositif de la présente ordonnance.
Sur les interventions volontaires de la société Travaux Publics Sicilia Manuel et de la société Abeille Iard et Santé :
3. Il y a lieu d'accueillir les interventions volontaires à l'instance de la société Travaux Publics Sicilia Manuel et de la société Abeille Iard et Santé et de leur rendre communes et opposables les opérations de la présente expertise.
Sur les demandes de mise hors de cause présentées par la société Vertex, la société André Verdier et la société Averous :
4. Il résulte de l'instruction que le groupement de maîtrise d'œuvre, dont la société Vertex et la société André Verdier sont membres, s'est vu confier, suivant marché conclu le 23 octobre 2009, une mission de maîtrise d'œuvre normalisée portant sur une opération de
construction neuve. Pour demander leur mise hors de cause, les exposantes font valoir que leurs missions ne concerneraient pas les ouvrages au titre desquels la région Occitanie allègue des désordres. Cependant, en leur qualité de membres du groupement de maîtrise d'œuvre, la présence de ces deux sociétés, sans préjuger de leur éventuelle responsabilité, apparaît utile au bon déroulement des opérations d'expertise. Par suite, les demandes de la société Vertex et de la société André Verdier tendant à être mises hors de cause ne peuvent qu'être rejetées.
5. Par ailleurs, la société Averous, titulaire du lot " Travaux préparatoires et terrassements ", qui demande également sa mise hors de cause au litige, fait valoir que les sociétés Colas et Travaux Publics Sicilia Manuel ont pris possession des terrains sans émettre de réserves. Cette seule circonstance ne justifie pas, toutefois, la mise hors de cause de la société Averous dont la présence aux opérations d'expertise peut s'avérer utile compte-tenu des désordres allégués qui affectent la piste d'athlétisme et la voirie intérieure desservant les logements de fonction. Par suite, sa demande tendant à être mise hors de cause ne peut qu'être également rejetée.
Sur l'appel en cause des compagnies d'assurance :
6. Eu égard aux conditions d'exercice de l'office du juge des référés, ce dernier peut être saisi de conclusions tendant à ce que l'expertise ordonnée soit réalisée au contradictoire des assureurs des parties, à la condition qu'aucune action n'ait été engagée contre eux devant le juge judiciaire. Il ne résulte pas de l'instruction qu'une telle action aurait été engagée à l'encontre de la compagnie d'assurance SMA, assureur de la société Qualiconsult à compter du 1er janvier 2014, et de la compagnie d'assurance Allianz Iard, assureur décennal de la société Travaux Publics Sicilia Manuel. Par suite, il y a lieu de faire droit aux demandes de la société Qualiconsult et de la société Travaux Publics Sicilia Manuel et de rendre commune et opposable la présente expertise aux compagnies d'assurance SMA et Allianz Iard.
Sur les frais d'expertise :
7. Il n'appartient pas au juge des référés de désigner la partie ayant à supporter la charge des frais d'expertise. Le président du Tribunal déterminera par ordonnance la ou les parties ayant à en supporter la charge lors de la liquidation et de la taxation desdits frais. Dès lors, les conclusions de la société Qualiconsult et de la société AXA France Iard, son assureur, tendant à ce que les frais d'expertise soient mis à la charge de la région Occitanie ne sauraient être accueillies.
Sur les frais liés au litige :
8. En l'état actuel du litige, la requérante ne peut être regardée comme ayant qualité de partie perdante pour l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Les conclusions présentées à cette fin par la société Vertex et la société André Verdier doivent dès lors être rejetées.
ORDONNE :
Article 1er : Les interventions volontaires de la société Travaux Publics Sicilia Manuel et de la société Abeille Iard et Santé sont admises.
Article 2 : Les demandes de mise hors de cause de la société Vertex, de la société André Verdier et de la société Averous sont rejetées.
Article 3 : Les demandes d'appel en cause des compagnies d'assurance SMA et Allianz Iard sont accueillies.
Article 4 : M. A B, architecte DPLG, domicilié 49 bis avenue du Président Wilson, 34500 Béziers, est désigné comme expert avec pour mission de :
* se faire communiquer tous documents qu'il estimera utiles à sa mission, notamment l'ensemble des pièces du marché de construction du lycée Marc Bloch d'enseignement général, technologique et professionnel ;
* se rendre sur les lieux, sur la commune de Sérignan ;
* décrire les désordres et malfaçons affectant la piste d'athlétisme et la voie intérieure de desserte des logements de fonction du lycée, préciser leur nature, leur date d'apparition et leur importance, et réunir les éléments d'information permettant au tribunal de dire s'ils sont de nature à compromettre la solidité des ouvrages ou à les rendre impropres à leur destination ;
* donner un avis motivé sur les causes et origines des désordres et malfaçons dont s'agit, en précisant s'ils sont imputables aux travaux de construction, à la conception, à un défaut de direction ou de surveillance, à leur exécution ou encore aux conditions d'utilisation et d'entretien de l'immeuble endommagé et, dans le cas de causes multiples, d'évaluer les proportions relevant de chacune d'elles ;
* indiquer la nature des travaux nécessaires pour remédier à la situation actuelle, en assurant la solidité de l'ouvrage et un usage propre à sa destination, en précisant s'il en résulte une plus value pour l'immeuble en cause ; prévoir la durée des travaux et en chiffrer le coût ;
* préconiser, le cas échéant, les mesures d'urgence provisoires à mettre en œuvre afin d'éviter, pendant les opérations d'expertise, une aggravation des désordres ;
* d'une façon générale, recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles de nature à éclairer le tribunal dans son appréciation des responsabilités éventuellement encourues et des préjudices subis ;
* l'expert pourra engager, si faire se peut et avec l'accord des parties, une médiation aux fins de concilier ces dernières au cours des opérations d'expertise ou au terme de celles-ci.
Article 5 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 6 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 7 : L'expertise aura lieu en présence de la région Occitanie, de la société Fontes Architecture, de la société Symétrie, de la société Verdier, de la société Vertex, de la société Oteis, de la société SPIE Batignolles Valérian, de la société Averous, de la société Colas Midi Méditerranée, de la société Travaux Publics Sicilia Manuel, de la société Qualiconsult, de la SMABTP, de la société SMA, de la société AXA France Iard, de la société Allianz Iard et de la société Abeille Iard et Santé.
Article 8 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative et déposera son rapport en deux exemplaires au greffe du Tribunal dans le délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 9 : Les frais et honoraires dus à l'expert seront taxés ultérieurement par ordonnance du président du Tribunal qui désignera la ou les parties qui en assumeront la charge conformément à l'article R. 621-11 du code susvisé.
Article 10 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 11 : La présente ordonnance sera notifiée à la région Occitanie, à la société Fontes Architecture, à la société Symétrie, à la société Verdier, à la société Vertex, à la société Oteis, à la société SPIE Batignolles Valérian, à la société Averous, à la société Colas Midi Méditerranée, à la société Travaux Publics Sicilia Manuel, à la société Qualiconsult, à la SMABTP, à la société SMA, à la société AXA France Iard, à la société Allianz Iard, à la société Abeille Iard et Santé et à l'expert.
Fait à Montpellier, le 26 juillet 202Le juge des référés,
D. Chabert
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault, en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 26 juillet 202L'attachée
C. Lemaire
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026