vendredi 28 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2105669 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | MANYA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 octobre 2021, M. A B, représenté par Me Manya, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre exécutoire émis le 27 novembre 2020 lui réclamant le remboursement d'une somme de 1 996,44 euros correspondant au montant de l'indemnité de fidélisation qui lui a été indument versée, ensemble le rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le titre est dépourvu de signature de son auteur ;
- le titre de perception contesté est insuffisamment motivé et méconnaît les dispositions de l'article 24 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- la décision du 12 mars 2020 procède au retrait illégal d'une décision créatrice de droit ;
- la créance dont le remboursement est réclamé n'est pas fondée dès lors que le préfet de police de Paris a méconnu l'article 1er du décret du 15 décembre 1999.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 novembre 2021, le directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France demande à être mis hors de cause dès lors que l'objet de la requête tend à la contestation du seul bien-fondé de la créance.
Par une lettre du 2 mai 2022, le préfet de police de Paris a été mis en demeure de produire ses observations.
Par une ordonnance du 19 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 21 novembre 2022 à midi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 2010-1658 du 29 décembre 2010
- le décret n° 99-1055 du 15 décembre 1999 ;
- le décret n° 2004-1439 du 23 décembre 2004 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bayada, première conseillère,
- les conclusions de Mme Moynier, rapporteure publique,
- et les observations de Me Manya, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, fonctionnaire de police, qui indique avoir été affecté quelques mois dans la région Ile-de-France, a reçu le versement du complément de fidélisation police en application de l'article 1er du décret n° 99-1055 du 15 décembre 1999. Après avoir obtenu sa mutation au sein de la circonscription de sécurité publique de Perpignan à compter du 1er septembre 2020, M. B s'est vu notifier un titre exécutoire, émis le 27 novembre 2020, par lequel le préfet de police de Paris lui a réclamé le paiement d'une somme de 1 996,44 euros correspondant à la restitution du complément de fidélisation qu'il a perçu. Par courrier du 21 avril 2021, M. B a formé une opposition au titre exécutoire. Par la requête susvisée, M. B demande l'annulation du titre exécutoire et la décharge de l'obligation de payer la somme de 1 996,44 euros ensemble le rejet de sa réclamation préalable.
2. D'une part, aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant ". Malgré une mise en demeure, adressée le 2 mai 2022, le préfet de police de Paris n'a produit aucun mémoire en défense avant la clôture de l'instruction. Ainsi, cette autorité est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans la requête. Il appartient toutefois au juge de vérifier que ces faits ne sont pas contredits par l'instruction et qu'aucune règle d'ordre public ne s'oppose à ce qu'il soit donné satisfaction au requérant. En outre, l'acquiescement aux faits est en lui-même sans conséquence sur la qualification juridique au regard des textes sur lesquels l'administration s'est fondée ou dont le requérant revendique l'application.
3. D'autre part, l'annulation d'un titre exécutoire pour un motif de régularité en la forme n'implique pas nécessairement, compte tenu de la possibilité d'une régularisation par l'administration, l'extinction de la créance litigieuse, à la différence d'une annulation prononcée pour un motif mettant en cause le bien-fondé du titre. Il en résulte que, lorsque le requérant choisit de présenter, outre des conclusions tendant à l'annulation d'un titre exécutoire, des conclusions à fin de décharge de la somme correspondant à la créance de l'administration, il incombe au juge administratif d'examiner prioritairement les moyens mettant en cause le bien-fondé du titre qui seraient de nature, étant fondés, à justifier le prononcé de la décharge. Dans le cas où il ne juge fondé aucun des moyens qui seraient de nature à justifier le prononcé de la décharge mais retient un moyen mettant en cause la régularité formelle du titre exécutoire, le juge n'est tenu de se prononcer explicitement que sur le moyen qu'il retient pour annuler le titre. Statuant ainsi, son jugement écarte nécessairement les moyens qui assortissaient la demande de décharge de la somme litigieuse.
En ce qui concerne le bien-fondé du titre :
4. Aux termes du dernier alinéa de l'article 1er du décret du 15 décembre 1999 portant attribution d'une indemnité de fidélisation en secteur difficile aux fonctionnaires actifs de la police nationale : " Après la première, la sixième et la 10e année révolue de service continu en secteur difficile, les fonctionnaires du corps d'encadrement et d'application nommés après la réussite au concours national à affectation régionale en Ile de France prévue par le décret n° 2004-1439 du 23 décembre 2004 portant statut particulier du corps d'application et d'encadrement de la police nationale peuvent bénéficier d'un complément d'indemnité de fidélisation ".En vertu de l'article 6 de ce décret du 23 décembre 2004 : " - Les gardiens de la paix sont recrutés par trois concours distincts : 1° Un concours externe ouvert aux candidats, titulaires du baccalauréat ou d'un diplôme ou titre enregistré et classé au moins au niveau 4, âgés de dix-sept ans au moins et de trente-cinq ans au plus au 1er janvier de l'année du concours. ; 2° Un premier concours interne ouvert aux fonctionnaires et agents de l'Etat, des collectivités territoriales, des établissements publics qui en dépendent, aux militaires ainsi qu'aux agents en fonction dans une organisation internationale intergouvernementale qui, au 1er janvier de l'année du concours, sont âgés de quarante-cinq ans au plus et justifient d'au moins quatre ans de services publics ; 3° Un second concours interne ouvert : a) Aux adjoints de sécurité ..b) Aux agents publics mentionnés au troisième alinéa de l' article R. 411-10 du code de la sécurité intérieure qui ont suivi la formation professionnelle initiale du parcours de " cadet de la République, option police nationale " et qui sont en activité à la date de la première épreuve du concours. II. -Les concours mentionnés au I peuvent être ouverts pour une affectation régionale en Ile-de-France. Les gardiens de la paix recrutés par un tel concours sont affectés dans cette région pendant une durée minimale de huit ans à compter de leur nomination en qualité de gardien de la paix stagiaire ".
5. M. B, ainsi qu'il a été dit, s'est vu attribuer une tranche du complément d'indemnité de fidélisation, d'un montant de 3 000 euros à raison de son affectation en Ile-de-France à la suite de sa réussite au concours en affectation régionale en Ile de France. A la date à laquelle cette somme lui a été versée, le requérant remplissait toutes les conditions pour bénéficier du versement dudit complément d'indemnité. Or il ne résulte pas des dispositions citées au point précédent, ni d'aucune autre règle, que cet avantage financier puisse légalement être retiré au motif que le bénéficiaire a rompu son engagement de servir huit années dans la région Ile-de-France. Par suite, M. B est fondé à soutenir que la créance dont le remboursement lui est réclamé par le titre litigieux est dépourvu de caractère certain et à en demander la décharge de l'obligation de la payer.
6. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est fondé à demander l'annulation du titre exécutoire émis le 27 novembre 2020, ainsi que la décharge de l'obligation de payer la somme de 1 996,44 euros.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, à verser au requérant, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Le titre exécutoire, émis le 27 novembre 2020, par lequel le préfet de police de Paris a réclamé le paiement d'une somme de 1 996,44 euros, est annulé.
Article 2 : M. B est déchargé de l'obligation de payer la somme de 1 996,44 euros.
Article 3 : L'Etat versera à M. B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au ministre de l'intérieur et au directeur régional des finances publique d'Ile de France.
Copie en sera adressée pour information au préfet de police de Paris.
Délibéré après l'audience du 6 avril 2023 à laquelle siégeaient :
M. Gayrard, président,
Mme Bayada, première conseillère,
Mme Bossi, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 avril 2023.
La rapporteure,
A. Bayada
Le président,
JP Gayrard
La greffière,
B. Flaesch
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 28 avril 2023.
La greffière,
B. Flaeschil
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026