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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2105725

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2105725

lundi 17 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2105725
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationVice-Président RABATE
Avocat requérantCLN CONSULT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 1er novembre 2021 et 24 mai 2022, la société Mazières Frères, représentée par Me Castilla-Rouanet, doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) de prononcer la réduction de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2020 dans les rôles de la commune de Sauvian (Hérault) ;

2°) de mettre a` la charge de l'Etat la somme de 2 580 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les travaux de construction de la passe à poissons de la centrale hydraulique de Sauvian ont été réalisés avec la société Beis, exploitant de la centrale hydraulique sise sur la rive opposée de l'ORB ;

- pour mesurer la valeur locative de ces travaux imposables, l'administration aurait dû prendre en compte la quote-part de 45 % revenant à la société Beis en vertu du taux estimatif prévu par l'article 1er de la convention de partenariat conclu avec cette société le 22 mars 2014, de l'annexe à la convention que détaille cette estimation et du tableau de répartition définitif établi sur la base des dépenses et subventions réelles par le syndicat mixte de l'Orb et du Libron qui était le coordinateur du chantier ;

- elle avait procédé par erreur à une comptabilisation de l'intégralité des immobilisations sans distinguer ses constructions de celles revenant à la société Beis, et cette erreur a été corrigée le 31 octobre 2017 ;

- la société Beis ne lui a pas réglé la quote-part lui revenant des travaux ce qui a nécessité la saisine du tribunal judiciaire qui n'a pas encore statué.

Par mémoires, enregistrés les 22 avril 2022 et 17 février 2023, le directeur départemental des finances publiques de l'Hérault conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, désigné M. Rabaté, vice-président, pour statuer sur les litiges visés audit article.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Rabaté, magistrat désigné ;

- et les conclusions de M. Baccati, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Par la présente instance, la société Mazières Frères, exploitante et propriétaire d'une centrale hydroélectrique située sur le seuil du fleuve de l'Orb sur la commune de Sauvian (Hérault), conteste la prise en compte, dans l'assiette de la cotisation de la taxe foncière sur les propriétés bâties mise à sa charge au titre de l'année 2020, de l'intégralité de la valeur locative d'une passe à poisson réalisée entre 2014 et 2016, et demande au tribunal de prononcer la réduction de la taxe.

Sur la demande de réduction :

2. Le calcul de la valeur locative des biens industriels passibles d'une taxe foncière est fixé par l'article 1499 du code général des impôts aux termes duquel : " La valeur locative des immobilisations industrielles passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties est déterminée en appliquant au prix de revient de leurs différents éléments, revalorisé à l'aide des coefficients qui avaient été prévus pour la révision des bilans, des taux d'intérêt fixés par décret en Conseil d'Etat. () Un décret en Conseil d'Etat fixe les taux d'abattement applicables à la valeur locative des constructions et installations afin de tenir compte de la date de leur entrée dans l'actif de l'entreprise) () ". Selon l'article 324 AE de l'annexe III audit code : " Le prix de revient visé à l'article 1 499 du code général des impôts s'entend de la valeur d'origine pour laquelle les immobilisations doivent être inscrites au bilan en conformité de l'article 38 quinquies de la présente annexe ".

3. Il résulte de l'instruction que les sociétés Mazières Frères et Beis respectivement propriétaires d'une centrale hydroélectrique située sur les rives droite et gauche de l'Orb au niveau du barrage de Sauvian, se sont vues imposer par la législation sur l'environnement sur le seuil du moulin Saint Pierre sur l'Orb la réalisation de travaux restaurant la libre circulation piscicole (passe à poisson) en assurant la dévalaison et la montaison. En concertation avec le syndicat mixte des Vallées de l'Orb et du Libron, une convention de partenariat a été passée entre les deux sociétés le 22 mars 2014, désignant la société requérante maître d'ouvrage des travaux, devant régler les factures, à charge de remboursement par la SARL Beis de sa quote-part dans les travaux au fur et à mesure de l'avancement du projet. Pour déterminer la valeur locative de l'installation et l'assujetti, l'administration fiscale s'est fondée sur le montant des immobilisations inscrites à l'actif du bilan de la société Mazières Frères, constatant que l'intégralité des immobilisations correspondant à la passe à poisson avait été payée et inscrite dans son intégralité à l'actif du bilan de la Société Mazières Frères, et comprenant la passe à poissons litigieuse pour les années 2017, 2018, 2019 et 2020.

4. La société requérante fait valoir que l'annexe à la convention détaille l'estimation faite dans le corps de la convention de la répartition à hauteur de 45 % pour la société Beis et de 55 % pour la société requérante, et se prévaut du tableau définitif établi par le syndicat mixte de l'Orb et du Libron qui était le coordinateur du chantier, qui prévoit une répartition sur la base des dépenses et subventions réelles payées et reçues par la Société Mazières Frères. Il résulte toutefois de l'instruction que la dette que pourrait avoir la société Beis au bénéfice de la société requérante est litigieuse, ayant été soumise par la requérante aux juridictions judiciaires qui n'ont pas statué à la date du présent jugement. Si la société requérante soutient enfin avoir commis une erreur en procédant à la comptabilisation de l'intégralité de l'immobilisation, et avoir procédé à la date du 31 octobre 2017 à la correction de cette erreur, les documents qu'elle produit, extraits du grand livre et des comptes généraux, se bornent à transférer cette immobilisation pour 1 014 431,37 euros, depuis le compte n° 214300 d'immobilisations en cours vers le compte n° 215300 d'affectation définitive.

5. Dès lors le service, en se référant pour établir la valeur locative au titre de l'année 2020 à la valeur d'origine des immobilisations inscrites au bilan de la société Mazières Frères, en l'absence d'élément justifiant de façon définitive la répartition de la charge des couts revenant à chaque société, a fait une exacte application des dispositions citées au point 2.

6. Il résulte de ce qui précède que la société requérante n'est pas fondée à solliciter une réduction de taxe foncière au titre de l'année 2020.

Sur les frais liés au litige :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme quelconque au titre des frais exposés par la requérante et non compris dans les dépens.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête présentée par la Société Mazières Frères est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la Société Mazières Frères et au directeur départemental des finances publiques de l'Hérault.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 avril 2023.

Le magistrat désigné,

V. RabatéLe greffier,

F. Balicki

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 18 avril 2023.

Le greffier,

F. Balickifb

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