mardi 4 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2105743 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | R |
| Formation | Président BESLE |
| Avocat requérant | BEGUE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrées le 26 octobre 2021, le 19 novembre 2021 et le 22 août 2022, Mme B C, représentée par Me Bégué, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler la décision du 11 mai 2021 par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault a rejeté son recours administratif dirigé contre un indu de revenu de solidarité active d'un montant initial de 10 217,14 euros pour la période du 1er août 2016 au 30 septembre 2017 ;
2°) d'enjoindre au département de l'Hérault et à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault de lui verser les sommes retenues à ce titre sur ses prestations ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au département de l'Hérault de lui verser le montant des retenues excédant les seuils réglementaires ;
3°) de mettre à la charge du département de l'Hérault une somme de 2 000 euros au titre des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- son recours est recevable dès lors qu'elle n'a reçu notification de la décision du 11 mai 2021 que le 25 août suivant ; en outre, son recours administratif était de même recevable dès lors que la décision de la caisse d'allocations familiales de Nice a été retournée avec la mention " destinataire inconnu à l'adresse indiquée " ; elle n'a reçu aucun des courriers suivants et celui du 19 juillet 2018 ne saurait être regardé comme une notification de la décision initiale ;
- l'indu n'est pas fondé dès lors que les revenus de la famille étaient très faibles ; ils s'élevaient à 4 119 euros en 2016 et à 2 933 euros en 2017 ;
- les retenues pratiquées par la caisse d'allocations familiales méconnaissent les articles L. 553-2 et D. 553-1 du code de la sécurité sociale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juin 2022, le département de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir, à titre principal, que la requête est irrecevable et, à titre subsidiaire, qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 17 novembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C a été successivement bénéficiaire du revenu de solidarité active dans le département des Alpes Maritimes puis dans le département de l'Hérault. À la suite d'un contrôle de sa situation ayant abouti à une réévaluation de ses ressources, par une décision du 9 janvier 2018, le directeur de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes a notifié à Mme C un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 10 217,14 euros pour la période du 1er août 2016 au 30 septembre 2017. Par la présente requête, Mme C demande l'annulation de la décision du 11 mai 2021 par laquelle le président du conseil départemental de l'Hérault a rejeté son recours administratif dirigé contre cet indu de revenu de solidarité active.
Sur la fin de non-recevoir opposée par le département de l'Hérault :
2. Aux termes de l'article R. 262-88 du même code : " Le recours administratif préalable mentionné à l'article L. 262-47 est adressé par le bénéficiaire au président du conseil départemental dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision contestée. Il motive sa réclamation () ". Aux termes de l'article R. 421-5 du code de justice administrative : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ". Il résulte de ces dispositions que cette notification doit, s'agissant des voies de recours, mentionner, le cas échéant, l'existence d'un recours administratif préalable obligatoire ainsi que l'autorité devant laquelle il doit être porté. Lorsque la notification ne comporte pas les mentions requises, ce délai n'est pas opposable.
3. Toutefois, le principe de sécurité juridique fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance. Dans le cas où le recours juridictionnel doit obligatoirement être précédé d'un recours administratif, celui-ci doit être exercé, comme doit l'être le recours juridictionnel, dans un délai raisonnable. Sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait excéder un an.
4. En l'espèce, Mme C conteste avoir reçu notification de la décision du 9 janvier 2018 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes lui a notifié l'indu en litige. Il résulte toutefois de l'instruction, en particulier du courrier de cette caisse du 19 juillet 2018, adressé à la même adresse que celle figurant sur la décision de notification de l'indu et produit par la requérante, que l'intéressée a sollicité, par courriels du 2 juillet 2018 indiquant qu'elle ne comprenait pas la décision de la caisse d'allocations familiales, la communication des rapports d'enquête établis par l'agent assermenté de cette caisse, lesquels ont donné lieu au réexamen de sa situation. Mme C ne conteste pas que sa demande de communication des rapports d'enquête révèle qu'elle a eu connaissance de la décision de notification de l'indu mais elle soutient que cette connaissance de l'acte ne signifie pas avoir connaissance des modalités de sa contestation. Toutefois, comme il a été dit au point 3 ci-dessus, alors même que l'intéressée n'aurait pas eu connaissance des voies et délais de recours pour contester la décision de récupération de l'indu du 9 janvier 2018, elle disposait d'un délai raisonnable d'un an à compter de l'envoi de ces courriels du 2 juillet 2018 pour former le recours administratif prévu à l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles. Par suite, le recours administratif préalable obligatoire formé par la requérante le 3 mars 2021 étant tardif, le département de l'Hérault est fondé à soutenir que les conclusions de la requête dirigée contre la décision du 11 mai 2021 rejetant ce recours sont irrecevables.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme C ne peut qu'être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
6. Le département de l'Hérault n'étant pas partie perdante dans la présente instance, les conclusions présentées au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, au département de l'Hérault et à Me Bégué.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2023.
Le président,
D. ALa greffière,
F. Roman
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 4 avril 2023.
La greffière,
F. Roman
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026