jeudi 22 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2105912 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Magistrat CRAMPE |
| Avocat requérant | GERENTON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 novembre 2021, Mme D A, représentée par Me Gerenton :
1°) forme opposition à la contrainte émise à son encontre le 5 novembre 2021 par le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault pour le recouvrement d'un indu d'allocation de logement sociale d'un montant de 5 005,25 euros.
2°) demande que soit mise à la charge de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la procédure est irrégulière à défaut d'avoir adressé une mise en demeure précédemment à la contrainte ;
- la dette est prescrite ; elle n'a jamais effectué de manœuvres frauduleuses ni même perçu l'allocation versée à son propriétaire ;
- elle n'est pas débiteur solidaire avec M. B ;
- les conclusions de la caisse d'allocations familiales sur une vie maritale avec M. B ayant conduit à un indu d'allocation adulte handicapé sont erronées, elle a toujours vécu seule, et elle a contesté devant la cour d'appel de Montpellier le jugement rendu par le tribunal des affaires sociales ; elle conteste chaque point du rapport qui relate une situation d'entraide amicale et non une vie maritale ; elle connait une situation dépressive avec idée suicidaires en raison de ces dénonciations et elle a mis un terme au bail depuis mai 2019.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 décembre 2022, la caisse d'allocations familiales de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Crampe, première conseillère, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Crampe, magistrate désignée, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a formulé le 5 mars 2018 une demande auprès de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault, tendant à bénéficier de l'aide au logement, pour un logement occupé depuis le 1er mars 2018. Par courrier du 25 octobre 2021, le directeur de la caisse d'allocations familiales a émis à l'encontre de Mme A une contrainte pour le recouvrement d'un indu d'allocation de logement sociale versé à tort du 1er avril 2015 au 30 novembre 2016 suite à la prise en compte de la vie maritale avec M. B, propriétaire du logement pour lequel elle percevait l'aide au logement directement versée entre les mains du propriétaire. Par la présente requête, Mme A forme opposition à la contrainte émise le 25 octobre 2021 par le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault pour le remboursement d'une somme de 5 005,25 euros.
2. Aux termes de l'article R. 133-9-2 du code de la sécurité sociale, rendu applicable au recouvrement des indus d'aides personnelles au logement par l'article R. 351-28-1 du code de la construction et de l'habitation : " L'action en recouvrement de prestations indues s'ouvre par l'envoi au débiteur par le directeur de l'organisme compétent d'une notification de payer le montant réclamé par tout moyen permettant de rapporter la preuve de sa date de réception. Cette lettre précise le motif, la nature et le montant des sommes réclamées et la date du ou des versements donnant lieu à répétition. Elle mentionne l'existence d'un délai de deux mois imparti au débiteur pour s'acquitter des sommes réclamées et les modalités selon lesquelles les indus de prestations pourront être récupérés, le cas échéant, par retenues sur les prestations à venir. Elle indique les voies et délais de recours ainsi que les conditions dans lesquelles le débiteur peut, dans le délai mentionné au deuxième alinéa de l'article R. 142-1, présenter ses observations écrites ou orales. / A l'expiration du délai de forclusion prévu à l'article R. 142-1 ou après notification de la décision de la commission instituée à ce même article, le directeur de l'organisme créancier compétent, en cas de refus du débiteur de payer, lui adresse par tout moyen permettant de rapporter la preuve de sa date de réception une mise en demeure de payer dans le délai d'un mois qui comporte le motif, la nature et le montant des sommes demeurant réclamées, la date du ou des versements indus donnant lieu à recouvrement, les voies et délais de recours et le motif qui, le cas échéant, a conduit à rejeter totalement ou partiellement les observations présentées ".
3. En premier lieu, au soutien de l'opposition qu'elle forme à la contrainte qui lui a été adressée par le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault, Mme A fait valoir qu'elle n'a jamais été destinataire d'une mise en demeure d'avoir à régler l'indu mis à sa charge. Toutefois, il résulte de l'instruction que la contrainte a été précédée de l'envoi à Mme A d'une mise en demeure en date du 2 août 2019, d'un montant de 5 005,25 euros sous la référence 2C15335265031, réceptionnée par la requérante le 8 août suivant. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure au terme de laquelle a été émise la contrainte en litige en l'absence de notification d'une mise en demeure préalable doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 553-1 du code de la sécurité sociale : " L'action de l'allocataire pour le paiement des prestations se prescrit par deux ans. / Cette prescription est également applicable à l'action intentée par un organisme payeur en recouvrement des prestations indûment payées, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausse déclaration, l'action de l'organisme se prescrivant alors par cinq ans. () ".
5. Il résulte de l'instruction que l'indu mis à la charge de Mme A résulte de manœuvres frauduleuses de la part de celle-ci et M. B, le couple ayant dissimulé sa vie maritale pour bénéficier de prestations sociales, ainsi que l'a retenu le tribunal des affaires sociales par jugement du 24 juillet 2018. L'enquête ayant révélé les manœuvres a conduit à la notification d'une première décision suspendant les droits de Madame A en décembre 2016, puis à la notification d'un indu le 29 mars 2017 pour la période courant à partir du 1er avril 2015. Différentes décisions ont été émises pour l'assiette et le recouvrement de cette dette par la caisse d'allocations familiales les 29 septembre 2017, 2 avril et 2 août 2019, interruptifs de la prescription, laquelle est, en l'espèce, de cinq ans. La contrainte en litige a été émise le 25 octobre 2021, avant l'expiration du délai de prescription dont Mme A ne peut dès lors utilement se prévaloir.
6. En troisième lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'enquête de la caisse d'allocations familiales et du jugement du tribunal des affaires sociales précité que Mme A entretenait avec M. B une vie maritale au domicile de cette dernière et qu'une communauté d'intérêt a été constituée entre eux au moins depuis le mois d'octobre 2012. C'est donc à bon droit que la caisse d'allocations familiales a mis à la charge de Mme A, qui a bénéficié de l'argent reçu au titre d'une allocation de logement dans le cadre de la communauté de vie et d'intérêts qu'elle entretenait avec M. B, et qui ne justifie pas que ce dernier se serait acquitté du remboursement de l'indu en litige.
7. En dernier lieu, Mme A ne peut utilement se prévaloir, pour contester le bien-fondé de l'indu, des circonstances qu'elle est handicapée, et redevable d'un indu d'allocation aux adultes handicapés de 16 123,48 euros, qu'elle connait une situation dépressive avec idée suicidaires et qu'elle a mis un terme au bail depuis mai 2019.
8. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la contrainte émise le 25 octobre 2021 par le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault.
DECIDE:
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A et à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault.
Rendu public par mise à dispositions au greffe le 22 décembre 2022.
La magistrate désignée,
S. Crampe La greffière,
M. C
La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 22 décembre 2022.
La greffière,
M. C
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026