jeudi 20 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2106304 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | BIDAULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 30 novembre 2021 et le 13 juin 2022, la société Lucara, représenté par Me Bidault, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions des 28 mai, 11 juin, 15 juin et 9 juin 2021 par lesquelles la direction générale des finances publiques (DGFIP) de l'Hérault a rejeté sa demande complémentaire tendant au bénéfice de l'aide au titre du fonds de solidarité pour les mois de janvier à avril 2021 ;
2°) d'enjoindre à la direction générale des finances publiques de réexaminer ses demandes et de lui accorder ces aides dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les décisions :
- ne sont pas signées ;
- ne mentionnent pas les noms prénoms et qualités de leur auteur ;
- sont insuffisamment motivées ;
- à titre principal, sont entachées d'une erreur de droit en ce qu'elles sont dépourvues de base légale ;
- à titre subsidiaire, sont entachées d'une erreur de droit en ce que l'interprétation réalisée par la DGFIP du décret n°2020-371 quant au chiffre d'affaires mensuel moyen de référence pour l'année 2019 est discriminatoire.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 14 février 2022 et le 6 juillet 2022, la direction générale des finances publiques conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 ;
- l'ordonnance n° 2020-705 du 10 juin 2020 ;
- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020, modifié ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A ;
- les conclusions de M. Lauranson, rapporteur public ;
- les observations de Me Gaury, représentant la société Lucara.
Considérant ce qui suit :
1. La société Lucara exerce une activité de restauration rapide depuis 2013 sous enseigne " Mc Donald " dans la commune de Frontignan. En raison de l'impact de l'épidémie de Covid 19 et de l'interdiction de recevoir du public pendant certaines périodes entre janvier et avril 2021, elle a sollicité le bénéfice d'aide au titre du fond de solidarité institué par le décret n°2020-371 du 30 mars 2020 modifié. Par des décisions des 28 mai, 8 juin, 11 juin et 15 juin 2021, la direction générale des finances publiques a respectivement rejeté les demandes d'aides pour les mois de janvier à avril 2021. Par sa requête, la société Lucara demande l'annulation de ces décisions et le réexamen de ses demandes et le versement des aides sollicitées.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Par ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 modifiée, il a été institué, jusqu'au 31 décembre 2020, un fonds de solidarité ayant pour objet le versement d'aides financières aux personnes physiques et morales de droit privé exerçant une activité économique particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour en limiter la propagation. Le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020, plusieurs fois modifié, fixe les conditions à respecter pour bénéficier d'une aide financière.
3. Une décision qui a pour objet l'attribution d'une subvention constitue un acte unilatéral qui crée des droits au profit de son bénéficiaire. Toutefois, de tels droits ne sont ainsi créés que dans la mesure où le bénéficiaire de la subvention respecte les conditions mises à son octroi, que ces conditions découlent des normes qui la régissent, qu'elles aient été fixées par la personne publique dans sa décision d'octroi, qu'elles aient fait l'objet d'une convention signée avec le bénéficiaire, ou encore qu'elles découlent implicitement mais nécessairement de l'objet même de la subvention. Il en résulte que les conditions mises à l'octroi d'une subvention sont fixées par la personne publique au plus tard à la date à laquelle cette subvention est octroyée.
4. Indépendamment des actions indemnitaires qui peuvent être engagées contre la personne publique, les recours relatifs à une subvention, qu'ils aient en particulier pour objet la décision même de l'octroyer, quelle qu'en soit la forme, les conditions mises à son octroi par cette décision ou par la convention conclue en application de l'article 10 de la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000, ou encore les décisions de la personne publique auxquelles elle est susceptible de donner lieu, notamment les décisions par lesquelles la personne publique modifie le montant ou les conditions d'octroi de la subvention, cesse de la verser ou demande le remboursement des sommes déjà versées, ne peuvent être portés que devant le juge de l'excès de pouvoir, par le bénéficiaire de la subvention ou par des tiers qui disposent d'un intérêt leur donnant qualité à agir.
5. Aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci ". Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ". L'article L. 211-5 du même code dispose que : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
6. Il ressort des pièces du dossier que les quatre décisions attaquées, qui se bornent à indiquer que les informations renseignées dans les demandes ne correspondent pas à celles en possession de l'administration sans davantage de précision, ne permettent pas à la société requérante d'en contester le bien-fondé ou de lui permettre de présenter une demande rectifiée comme ces mêmes décisions le suggèrent. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être accueilli.
7. Il résulte de ce qui précède que les décisions des 28 mai, 8 juin, 11 juin et 15 juin 2021 de la direction départementale des finances publiques de l'Hérault rejetant les demandes de la société Lucara doivent être annulées, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Eu égard aux motifs d'annulation retenus par le présent jugement, son exécution implique seulement le réexamen des demandes de la société Lucara. Il y a lieu d'enjoindre à la direction générale des finances publiques d'y procéder dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin de prononcer une quelconque astreinte.
Sur les frais liés au litige :
9. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une quelconque somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions des 28 mai, 8 juin, 11 juin et 15 juin 2021 rejetant les demandes de la société Lucara tendant à obtenir un surplus d'aide pour le mois de janvier et les aides pour les mois de février, mars et avril 2021 au titre du fond de solidarité institué par le décret n°2020-371 du 30 mars 2020 modifié sont annulées.
Article 2 : Il y a lieu d'enjoindre à la direction générale des finances publiques de l'Hérault de procéder au réexamen des demandes de la société Lucara dans le délai de deux mois à compter de la notification de la présente décision.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à la société Lucara et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Copie en sera adressée à la direction départementale des finances publiques de l'Hérault.
Délibéré après l'audience du 6 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Eric Souteyrand, président,
M. Nicolas Huchot, premier conseiller,
Mme Audrey Lesimple, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 avril 2023.
Le rapporteur,
N. A
Le président,
E. Souteyrand La greffière,
M.-A Barthélémy.
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 20 avril 2023,
La greffière,
M.-A Barthélémy.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026